00:03Il est 17h19 et vous connaissez évidemment ce sujet gravissime, les violences sexuelles dans le périscolaire à Paris.
00:10L'actuel maire socialiste de la capitale, Emmanuel Grégoire, a exprimé ce matin devant le Sénat ses profonds regrets.
00:17Il a reconnu un manque de transparence par le passé, tout en défendant l'administration de la ville.
00:24Alors on parle toujours dans ces cas-là d'erreurs collectives.
00:28C'est toujours amusant d'ailleurs ce mot erreur collectif, parce que quand tu gagnes c'est grâce à toi,
00:32mais quand il y a un souci c'est collectif.
00:35Donc écoutons Emmanuel Grégoire, maire de Paris.
00:37La question est aurait-on pu faire mieux ? Ma réponse est oui, indéniablement.
00:43Et je me vois à vrai dire pas d'autres réponses possibles devant vous et devant les familles à cette
00:49question face au constat de la persistance des violences sexuelles
00:52et l'explosion des cas sur les années 2025 et 2026.
00:57Comme l'a dit hier l'ancienne maire de Paris devant vous, il y a eu clairement des dysfonctionnements et
01:03des failles dans les dispositifs mis en œuvre.
01:05C'est le moins qu'on puisse dire. La mairie n'a jamais manqué aux obligations légales, dit également M.
01:10Grégoire.
01:10La ville a-t-elle manqué à ses obligations de contrôle sur les recrutements ?
01:14Au regard de ce qui a été porté à ma connaissance, la réponse est non.
01:18La ville n'a jamais été prise pour défaut des obligations légales de recrutement que lui impose le législateur.
01:25C'est quand même important dans un débat où, pardonnez-moi de simplifier, je suis sûr qu'ici ce n
01:31'est pas le cas dans cette salle,
01:32mais on dit vous avez recruté n'importe qui et vous avez recruté des pédophiles.
01:37Non, je ne dis pas ça. Je parle de signalement, de formation, de recrutement.
01:42Madame la rapporteure, j'ai précisé que vous n'aviez pas dit ça.
01:45Vous n'ignorez pas que c'est un sujet qui quand même circule et c'est un devoir de vérité
01:51et de transparence que nous devons aux parents.
01:53La ville de Paris a-t-elle été prise en défaut de ses obligations légales en matière de recrutement ?
01:59La réponse est non.
02:01Emmanuel Grégoire à 17h21 sur l'antenne d'Europe 1, c'est le maire socialiste de Paris et il était
02:08devant le Sénat ce matin.
02:10Je vous propose enfin d'écouter sa réponse sur la responsabilité.
02:15Oui, il y a des failles collectives dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence,
02:22dans le manque d'application ou de rigueur d'application des procédures, aussi dans la complétude des procédures.
02:27Et c'est notamment un axe sur lequel j'ai souhaité travailler.
02:30Il n'y a jamais de responsable.
02:31C'est toujours des dysfonctionnements collectifs, des failles collectives, une responsabilité collective.
02:36C'est formidable d'ailleurs.
02:37Il n'y a jamais quelqu'un qui est responsable.
02:40Alors, ce qu'on a appris hier dans l'audition de Madame Hidalgo,
02:48c'est qu'il y avait des demandes, effectivement, il y avait des signalements, pardonnez-moi,
02:55qui ne sont pas remontés.
02:58On peut écouter Anne Hidalgo si vous le souhaitez.
02:59Ces signalements ne sont pas remontés.
03:02Et elle a dit simplement, c'est fâcheux.
03:04C'est formidable comme mot.
03:06Elle a dit, voilà, mon administration n'a pas suivi les recommandations de la mairie de Paris,
03:13en l'occurrence de moi.
03:14Ces signalements ne sont pas remontés.
03:16C'est fâcheux.
03:17C'est fâcheux.
03:18Alors, c'est fâcheux, ce n'est pas le mot.
03:19C'est fâcheux si je fais tomber mon portable.
03:21C'est fâcheux si je renverse un café par terre.
03:26Écoutez.
03:27Lorsque j'ai découvert, en préparant cette audition,
03:31qu'à partir de 2021, la direction des affaires juridiques de la ville
03:36et avec, je crois, la direction des affaires scolaires
03:40avaient décidé de ne faire des signalements
03:44que lorsqu'il n'y avait pas d'enquête judiciaire en cours.
03:48C'est-à-dire, la direction des affaires juridiques
03:51avait considéré, sans validation politique,
03:55sans validation ni par moi-même, ni par mon cabinet,
03:58ni par une quelconque autorité politique de la ville,
04:03que lorsque les enquêtes judiciaires étaient en cours,
04:08le signalement au titre de l'article 40 était redondant.
04:12C'était leur...
04:15Ils ont modifié la doctrine, sans validation politique.
04:19Mais donc, en fait, c'est une administration,
04:22comment dire, en roue libre,
04:23qui ne vous informe pas d'un changement de doctrine,
04:28encore une fois, extrêmement grave.
04:30Mon administration n'a pas suivi ma consigne.
04:32Mais pourquoi ?
04:33C'est plus que fâcheux.
04:34Mon administration n'a pas suivi ma consigne,
04:37donc elle se dédouane,
04:38c'est plus que fâcheux.
04:40Donc, vraiment, moi je suis scandalisé de ça.
04:42Je ne peux pas vous dire autre chose,
04:43je suis scandalisé de cet extrait.
04:45Il est 17h23, nous sommes avec Marie.
04:47Bonjour Marie.
04:48Oui, bonjour M.
04:50Votre voix est déformée,
04:51vous êtes mère d'un petit garçon,
04:52victime d'agressions sexuelles dans le périscolaire parisien,
04:55quand il avait 3 ans.
04:55Vous avez souhaité témoigner sous anonymat.
04:58Aujourd'hui, il a 4 ans.
05:00Que s'est-il passé ?
05:03Alors, d'abord, je voudrais vous remercier,
05:04parce que je n'avais pas forcément besoin de ça
05:08pour être remonté.
05:09Mais alors, le chlorinage que vous venez de repasser,
05:13ça m'a bien préchauffé encore plus.
05:18Ce qui s'est passé, c'est que déjà,
05:23on a reçu un mail le soir soir,
05:28un lundi soir,
05:29pour nous annoncer qu'un animateur était suspendu
05:34parce qu'il y avait une plainte contre lui
05:37pour agressions sexuelles.
05:40Donc, forcément, dans la foulée,
05:43on se pose des questions,
05:45on jauge notre enfant,
05:49et puis on lui pose quelques questions.
05:52Et donc, on découvre l'impensable.
05:57Et qu'est-ce que vous avez découvert ?
06:04Au début, on essaie de poser des questions
06:09les plus larges et ouvertes possibles.
06:12Donc, je lui demande,
06:14cet animateur, est-ce qu'il est gentil ?
06:17Et là, il me dit non tout de suite.
06:21Donc, j'ai peur.
06:23J'ai peur de poser d'autres questions.
06:25Et je lui demande, est-ce qu'il t'a touché ?
06:27Et là, il me dit oui.
06:29Donc, il me montre, je lui dis,
06:31ah bon, mais où ça ?
06:32J'ai pas soigné ?
06:34Quand t'es tombé ?
06:35Je sais pas, j'ai passé quelque chose.
06:38Et en fait, là, mon fils me montre ça.
06:42On va marquer une pause à 17h25.
06:44Et pardonnez-moi, j'imagine que c'est extrêmement douloureux
06:48pour vous de témoigner, de rapporter ce témoignage.
06:51Émilie Dèze va être là dans une seconde.
06:53Et puis, on précisera effectivement
06:56ce qui est parfaitement inadmissible
06:58et à peine audible,
07:00le calvaire que vous avez vécu.
07:09Il reste effectivement quelques minutes
07:12et vous pouvez toujours nous appeler d'ailleurs.
07:14Je vous rappelle que c'est votre émission
07:16avec vos témoignages, vos coups de gueule,
07:17vos coups de cœur.
07:18Et on était avec Marie.
07:19Et on veut peut-être, Marie, pardonnez-moi,
07:21écourter ce témoignage
07:23parce que c'est vrai que la liaison
07:24n'est pas extraordinaire.
07:26Je rappelle que vous êtes une maman
07:27d'un petit garçon victime d'agression sexuelle
07:29dans le périscolaire parisien
07:30quand il avait trois ans.
07:32Il y a un an, votre petit garçon
07:33a été victime d'agression
07:35précisément dans le septième arrondissement.
07:38Et cet agresseur,
07:41avant de se retrouver dans le quinzième,
07:43où il a agressé votre fils,
07:44pardonnez-moi,
07:45c'est dans le quinzième que ça s'est passé,
07:47mais avant il travaillait dans le septième arrondissement.
07:49Et au lieu d'être suspendu
07:51dans le septième arrondissement,
07:53il a simplement été déplacé,
07:54il s'est retrouvé dans le quinzième arrondissement.
07:56On peut vraiment s'interroger sur cette question.
07:59Comment un animateur,
08:00déjà mis en cause pour maltraitance,
08:02dans une école du septième,
08:04a-t-il pu être exfiltré
08:05et muté
08:06dans une école du quinzième ?
08:08Ces questions,
08:08il faudra un jour
08:10qu'on y réponde.
08:10Est-ce par la justice pénale ?
08:14Est-ce par les commissions d'enquête ?
08:15En tout cas,
08:16on a besoin de ces réponses.
08:18Et avant de se faire entendre
08:19et d'être auditionné,
08:20une longue attente,
08:22on a attendu,
08:23vous avez attendu 45 jours
08:24avant d'être auditionné.
08:25Pendant ces 45 jours,
08:26on s'est interdit de parler des faits
08:28avec votre fils.
08:29Pendant ces 45 jours,
08:30on l'a entendu pleurer
08:31toute la nuit,
08:32dites-vous.
08:32Et pendant ces 45 jours d'attente,
08:35ce sont 45 jours de torture.
08:37et l'enfant a subi des sévices.
08:40Il s'agit de douleurs anales
08:41et il a subi d'autres sévices
08:44assez crus
08:44dans les termes
08:46que je ne dirai pas ici.
08:47Mais je vous remercie grandement,
08:49Marie,
08:49et c'est vrai que
08:50vous pouvez peut-être ajouter
08:52un dernier mot
08:53sur ce que je viens de dire
08:54parce que,
08:54je le répète,
08:55la liaison
08:56et l'anonymat
08:57que vous avez souhaité garder
08:59fait que la liaison
09:00n'est pas extraordinaire.
09:04Oui, écoutez,
09:05moi,
09:06ce que je voudrais dire,
09:06je vais rebondir
09:07sur ce que vous avez dit
09:08précédemment
09:09par rapport aux témoignages
09:11de M. Grégoire
09:12et de Mme Hidalgo
09:14dans cette commission.
09:16Moi,
09:17ce que je sais,
09:17c'est qu'il y avait un plan
09:18en 2015.
09:19Le plan,
09:20il n'était pas signé
09:21par toute l'administration.
09:22Il n'était pas signé
09:23par juste la ville de Paris.
09:25Parce que la ville de Paris,
09:26c'est quoi la ville de Paris ?
09:28Ce plan de 2015,
09:29il était signé
09:30par M. Emmanuel Grégoire.
09:32Il y avait trois grandes thématiques.
09:33Le recrutement,
09:35l'information,
09:36les liens entre la ville
09:37et la justice.
09:38Aujourd'hui,
09:39M. Emmanuel Grégoire
09:40est maire de Paris
09:41et il propose
09:43des mesurettes,
09:45du vent, etc.
09:46Mais,
09:47trois grandes thématiques.
09:49Le recrutement,
09:50l'information,
09:51les liens avec la justice.
09:52Donc, moi,
09:53je pose la question
09:53qu'est-ce qu'on a fait
09:56pendant 11 ans ?
09:57Qu'est-ce qui s'est passé ?
09:58Je vois
09:59des extraits
10:01du Conseil de Paris
10:02où des élus
10:05de l'opposition
10:05alertent
10:06et où elles empêchent
10:07de parler,
10:08où Mme Hidalgo
10:09ne veut pas
10:10que ça se sache
10:12manifestement,
10:12où elle se sent
10:15agressée personnellement,
10:16peut-être,
10:16alors qu'il ne s'agit pas d'elle,
10:17en fait,
10:18il s'agit des enfants.
10:19Et qu'est-ce qu'on a fait
10:20pendant tout ce temps ?
10:21Et combien,
10:22combien de victimes
10:23auraient pu être épargnées ?
10:24Moi, si j'avais pu entendre
10:25ce que disait
10:26Mme de Raguel
10:27en novembre 2025,
10:30je me serais peut-être
10:30posé plus de questions,
10:32je me serais peut-être
10:32retirer mon enfant
10:33du périscolaire,
10:34vous voyez ?
10:35Mais non,
10:36il ne fallait pas
10:36qu'on entend,
10:37il ne fallait pas
10:37qu'on sache.
10:38Merci,
10:39merci de ce témoignage,
10:41évidemment,
10:42qu'il faut entendre.
10:44Et merci,
10:45et puis,
10:46on souhaite surtout,
10:48on pense à votre petit garçon,
10:50bien évidemment.
10:50comment.
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