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  • il y a 5 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:03Il est 17h19 et vous connaissez évidemment ce sujet gravissime, les violences sexuelles dans le périscolaire à Paris.
00:10L'actuel maire socialiste de la capitale, Emmanuel Grégoire, a exprimé ce matin devant le Sénat ses profonds regrets.
00:17Il a reconnu un manque de transparence par le passé, tout en défendant l'administration de la ville.
00:24Alors on parle toujours dans ces cas-là d'erreurs collectives.
00:28C'est toujours amusant d'ailleurs ce mot erreur collectif, parce que quand tu gagnes c'est grâce à toi,
00:32mais quand il y a un souci c'est collectif.
00:35Donc écoutons Emmanuel Grégoire, maire de Paris.
00:37La question est aurait-on pu faire mieux ? Ma réponse est oui, indéniablement.
00:43Et je me vois à vrai dire pas d'autres réponses possibles devant vous et devant les familles à cette
00:49question face au constat de la persistance des violences sexuelles
00:52et l'explosion des cas sur les années 2025 et 2026.
00:57Comme l'a dit hier l'ancienne maire de Paris devant vous, il y a eu clairement des dysfonctionnements et
01:03des failles dans les dispositifs mis en œuvre.
01:05C'est le moins qu'on puisse dire. La mairie n'a jamais manqué aux obligations légales, dit également M.
01:10Grégoire.
01:10La ville a-t-elle manqué à ses obligations de contrôle sur les recrutements ?
01:14Au regard de ce qui a été porté à ma connaissance, la réponse est non.
01:18La ville n'a jamais été prise pour défaut des obligations légales de recrutement que lui impose le législateur.
01:25C'est quand même important dans un débat où, pardonnez-moi de simplifier, je suis sûr qu'ici ce n
01:31'est pas le cas dans cette salle,
01:32mais on dit vous avez recruté n'importe qui et vous avez recruté des pédophiles.
01:37Non, je ne dis pas ça. Je parle de signalement, de formation, de recrutement.
01:42Madame la rapporteure, j'ai précisé que vous n'aviez pas dit ça.
01:45Vous n'ignorez pas que c'est un sujet qui quand même circule et c'est un devoir de vérité
01:51et de transparence que nous devons aux parents.
01:53La ville de Paris a-t-elle été prise en défaut de ses obligations légales en matière de recrutement ?
01:59La réponse est non.
02:01Emmanuel Grégoire à 17h21 sur l'antenne d'Europe 1, c'est le maire socialiste de Paris et il était
02:08devant le Sénat ce matin.
02:10Je vous propose enfin d'écouter sa réponse sur la responsabilité.
02:15Oui, il y a des failles collectives dans le dysfonctionnement, dans le manque de transparence,
02:22dans le manque d'application ou de rigueur d'application des procédures, aussi dans la complétude des procédures.
02:27Et c'est notamment un axe sur lequel j'ai souhaité travailler.
02:30Il n'y a jamais de responsable.
02:31C'est toujours des dysfonctionnements collectifs, des failles collectives, une responsabilité collective.
02:36C'est formidable d'ailleurs.
02:37Il n'y a jamais quelqu'un qui est responsable.
02:40Alors, ce qu'on a appris hier dans l'audition de Madame Hidalgo,
02:48c'est qu'il y avait des demandes, effectivement, il y avait des signalements, pardonnez-moi,
02:55qui ne sont pas remontés.
02:58On peut écouter Anne Hidalgo si vous le souhaitez.
02:59Ces signalements ne sont pas remontés.
03:02Et elle a dit simplement, c'est fâcheux.
03:04C'est formidable comme mot.
03:06Elle a dit, voilà, mon administration n'a pas suivi les recommandations de la mairie de Paris,
03:13en l'occurrence de moi.
03:14Ces signalements ne sont pas remontés.
03:16C'est fâcheux.
03:17C'est fâcheux.
03:18Alors, c'est fâcheux, ce n'est pas le mot.
03:19C'est fâcheux si je fais tomber mon portable.
03:21C'est fâcheux si je renverse un café par terre.
03:26Écoutez.
03:27Lorsque j'ai découvert, en préparant cette audition,
03:31qu'à partir de 2021, la direction des affaires juridiques de la ville
03:36et avec, je crois, la direction des affaires scolaires
03:40avaient décidé de ne faire des signalements
03:44que lorsqu'il n'y avait pas d'enquête judiciaire en cours.
03:48C'est-à-dire, la direction des affaires juridiques
03:51avait considéré, sans validation politique,
03:55sans validation ni par moi-même, ni par mon cabinet,
03:58ni par une quelconque autorité politique de la ville,
04:03que lorsque les enquêtes judiciaires étaient en cours,
04:08le signalement au titre de l'article 40 était redondant.
04:12C'était leur...
04:15Ils ont modifié la doctrine, sans validation politique.
04:19Mais donc, en fait, c'est une administration,
04:22comment dire, en roue libre,
04:23qui ne vous informe pas d'un changement de doctrine,
04:28encore une fois, extrêmement grave.
04:30Mon administration n'a pas suivi ma consigne.
04:32Mais pourquoi ?
04:33C'est plus que fâcheux.
04:34Mon administration n'a pas suivi ma consigne,
04:37donc elle se dédouane,
04:38c'est plus que fâcheux.
04:40Donc, vraiment, moi je suis scandalisé de ça.
04:42Je ne peux pas vous dire autre chose,
04:43je suis scandalisé de cet extrait.
04:45Il est 17h23, nous sommes avec Marie.
04:47Bonjour Marie.
04:48Oui, bonjour M.
04:50Votre voix est déformée,
04:51vous êtes mère d'un petit garçon,
04:52victime d'agressions sexuelles dans le périscolaire parisien,
04:55quand il avait 3 ans.
04:55Vous avez souhaité témoigner sous anonymat.
04:58Aujourd'hui, il a 4 ans.
05:00Que s'est-il passé ?
05:03Alors, d'abord, je voudrais vous remercier,
05:04parce que je n'avais pas forcément besoin de ça
05:08pour être remonté.
05:09Mais alors, le chlorinage que vous venez de repasser,
05:13ça m'a bien préchauffé encore plus.
05:18Ce qui s'est passé, c'est que déjà,
05:23on a reçu un mail le soir soir,
05:28un lundi soir,
05:29pour nous annoncer qu'un animateur était suspendu
05:34parce qu'il y avait une plainte contre lui
05:37pour agressions sexuelles.
05:40Donc, forcément, dans la foulée,
05:43on se pose des questions,
05:45on jauge notre enfant,
05:49et puis on lui pose quelques questions.
05:52Et donc, on découvre l'impensable.
05:57Et qu'est-ce que vous avez découvert ?
06:04Au début, on essaie de poser des questions
06:09les plus larges et ouvertes possibles.
06:12Donc, je lui demande,
06:14cet animateur, est-ce qu'il est gentil ?
06:17Et là, il me dit non tout de suite.
06:21Donc, j'ai peur.
06:23J'ai peur de poser d'autres questions.
06:25Et je lui demande, est-ce qu'il t'a touché ?
06:27Et là, il me dit oui.
06:29Donc, il me montre, je lui dis,
06:31ah bon, mais où ça ?
06:32J'ai pas soigné ?
06:34Quand t'es tombé ?
06:35Je sais pas, j'ai passé quelque chose.
06:38Et en fait, là, mon fils me montre ça.
06:42On va marquer une pause à 17h25.
06:44Et pardonnez-moi, j'imagine que c'est extrêmement douloureux
06:48pour vous de témoigner, de rapporter ce témoignage.
06:51Émilie Dèze va être là dans une seconde.
06:53Et puis, on précisera effectivement
06:56ce qui est parfaitement inadmissible
06:58et à peine audible,
07:00le calvaire que vous avez vécu.
07:09Il reste effectivement quelques minutes
07:12et vous pouvez toujours nous appeler d'ailleurs.
07:14Je vous rappelle que c'est votre émission
07:16avec vos témoignages, vos coups de gueule,
07:17vos coups de cœur.
07:18Et on était avec Marie.
07:19Et on veut peut-être, Marie, pardonnez-moi,
07:21écourter ce témoignage
07:23parce que c'est vrai que la liaison
07:24n'est pas extraordinaire.
07:26Je rappelle que vous êtes une maman
07:27d'un petit garçon victime d'agression sexuelle
07:29dans le périscolaire parisien
07:30quand il avait trois ans.
07:32Il y a un an, votre petit garçon
07:33a été victime d'agression
07:35précisément dans le septième arrondissement.
07:38Et cet agresseur,
07:41avant de se retrouver dans le quinzième,
07:43où il a agressé votre fils,
07:44pardonnez-moi,
07:45c'est dans le quinzième que ça s'est passé,
07:47mais avant il travaillait dans le septième arrondissement.
07:49Et au lieu d'être suspendu
07:51dans le septième arrondissement,
07:53il a simplement été déplacé,
07:54il s'est retrouvé dans le quinzième arrondissement.
07:56On peut vraiment s'interroger sur cette question.
07:59Comment un animateur,
08:00déjà mis en cause pour maltraitance,
08:02dans une école du septième,
08:04a-t-il pu être exfiltré
08:05et muté
08:06dans une école du quinzième ?
08:08Ces questions,
08:08il faudra un jour
08:10qu'on y réponde.
08:10Est-ce par la justice pénale ?
08:14Est-ce par les commissions d'enquête ?
08:15En tout cas,
08:16on a besoin de ces réponses.
08:18Et avant de se faire entendre
08:19et d'être auditionné,
08:20une longue attente,
08:22on a attendu,
08:23vous avez attendu 45 jours
08:24avant d'être auditionné.
08:25Pendant ces 45 jours,
08:26on s'est interdit de parler des faits
08:28avec votre fils.
08:29Pendant ces 45 jours,
08:30on l'a entendu pleurer
08:31toute la nuit,
08:32dites-vous.
08:32Et pendant ces 45 jours d'attente,
08:35ce sont 45 jours de torture.
08:37et l'enfant a subi des sévices.
08:40Il s'agit de douleurs anales
08:41et il a subi d'autres sévices
08:44assez crus
08:44dans les termes
08:46que je ne dirai pas ici.
08:47Mais je vous remercie grandement,
08:49Marie,
08:49et c'est vrai que
08:50vous pouvez peut-être ajouter
08:52un dernier mot
08:53sur ce que je viens de dire
08:54parce que,
08:54je le répète,
08:55la liaison
08:56et l'anonymat
08:57que vous avez souhaité garder
08:59fait que la liaison
09:00n'est pas extraordinaire.
09:04Oui, écoutez,
09:05moi,
09:06ce que je voudrais dire,
09:06je vais rebondir
09:07sur ce que vous avez dit
09:08précédemment
09:09par rapport aux témoignages
09:11de M. Grégoire
09:12et de Mme Hidalgo
09:14dans cette commission.
09:16Moi,
09:17ce que je sais,
09:17c'est qu'il y avait un plan
09:18en 2015.
09:19Le plan,
09:20il n'était pas signé
09:21par toute l'administration.
09:22Il n'était pas signé
09:23par juste la ville de Paris.
09:25Parce que la ville de Paris,
09:26c'est quoi la ville de Paris ?
09:28Ce plan de 2015,
09:29il était signé
09:30par M. Emmanuel Grégoire.
09:32Il y avait trois grandes thématiques.
09:33Le recrutement,
09:35l'information,
09:36les liens entre la ville
09:37et la justice.
09:38Aujourd'hui,
09:39M. Emmanuel Grégoire
09:40est maire de Paris
09:41et il propose
09:43des mesurettes,
09:45du vent, etc.
09:46Mais,
09:47trois grandes thématiques.
09:49Le recrutement,
09:50l'information,
09:51les liens avec la justice.
09:52Donc, moi,
09:53je pose la question
09:53qu'est-ce qu'on a fait
09:56pendant 11 ans ?
09:57Qu'est-ce qui s'est passé ?
09:58Je vois
09:59des extraits
10:01du Conseil de Paris
10:02où des élus
10:05de l'opposition
10:05alertent
10:06et où elles empêchent
10:07de parler,
10:08où Mme Hidalgo
10:09ne veut pas
10:10que ça se sache
10:12manifestement,
10:12où elle se sent
10:15agressée personnellement,
10:16peut-être,
10:16alors qu'il ne s'agit pas d'elle,
10:17en fait,
10:18il s'agit des enfants.
10:19Et qu'est-ce qu'on a fait
10:20pendant tout ce temps ?
10:21Et combien,
10:22combien de victimes
10:23auraient pu être épargnées ?
10:24Moi, si j'avais pu entendre
10:25ce que disait
10:26Mme de Raguel
10:27en novembre 2025,
10:30je me serais peut-être
10:30posé plus de questions,
10:32je me serais peut-être
10:32retirer mon enfant
10:33du périscolaire,
10:34vous voyez ?
10:35Mais non,
10:36il ne fallait pas
10:36qu'on entend,
10:37il ne fallait pas
10:37qu'on sache.
10:38Merci,
10:39merci de ce témoignage,
10:41évidemment,
10:42qu'il faut entendre.
10:44Et merci,
10:45et puis,
10:46on souhaite surtout,
10:48on pense à votre petit garçon,
10:50bien évidemment.
10:50comment.
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