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  • il y a 27 minutes
Vif échange lors de l’audition des ministres Gérald Darmanin et Aurore Bergé à l’Assemblée nationale ce mercredi 16 septembre. La députée écologiste Clémentine Autain a utilisé son temps de parole pour évoquer « l’éléphant dans la pièce », selon ses mots, et rappeler l’accusation de viol ayant visé le ministre de la Justice.

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Transcription
00:00Vous avez été accusé de viol alors que vous auriez...
00:02Excusez-moi, mais ça, ça ne va pas.
00:04Comment ça, ça ne va pas ?
00:05Non, je suis désolé, on ne peut pas...
00:06Ah, je n'ai pas le droit de m'exprimer.
00:07Non, vous avez le droit de vous exprimer, mais je ne peux pas.
00:10Vous savez, il y a déjà Mme Catalac qui a dit...
00:11Je n'ai pas le droit de parler de ça ?
00:13Alors que le projet de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles contre les femmes et les enfants
00:17démarre son chemin législatif à l'Assemblée nationale,
00:20la ministre déléguée à l'égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Berger,
00:23a été auditionnée en commission par les députés,
00:26aux côtés du ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
00:28Une présence qui a mis mal à l'aise la députée du groupe écologiste et social,
00:32Clémentine Autain, qui l'a fait savoir.
00:34Je vais commencer par l'éléphant dans la pièce.
00:37Monsieur Darmanin, vous avoir en face de nous,
00:39comme ministre de la Justice, pour discuter de la loi dite intégrale
00:43contre les violences sexistes et sexuelles,
00:45nous place dans une situation de profond malaise.
00:49Vous avez été accusé de viol alors que vous auriez...
00:51Excusez-moi, mais ça, ça ne va pas.
00:53Comment ça, ça ne va pas ?
00:54Non, je suis désolé, on ne peut pas...
00:55Ah, je n'ai pas le droit de m'exprimer ?
00:56Non, vous avez le droit de vous exprimer, mais je ne peux pas...
00:59Vous savez, il y a déjà une même catalogue qui a dit...
01:00Je n'ai pas le droit de parler de ça ?
01:01Mais vous avez tout à fait le droit de...
01:02Mais je vous demande juste, par respect, de ne pas attaquer...
01:07Oui, je respecte.
01:08Vous allez voir ce que je vais dire, je n'invente rien.
01:09...qui sont quand même là pour répondre à nos questions.
01:11Oui ? Eh bien, j'ai le droit de m'exprimer.
01:14Elle a mis au passé.
01:17Précisément, je veux parler de ça.
01:19Donc j'espère que le temps m'est décompté,
01:21mais je suis désolée, je suis parlementaire.
01:23Ça fait décompté, c'est juste une règle.
01:25Je suis parlementaire et j'ai le droit de m'exprimer.
01:27Et notamment pour ça, et si vous m'écoutez,
01:29vous allez comprendre pourquoi je parle de ça.
01:32Voilà.
01:33Donc, M. Darmanin a été accusé de viol,
01:35alors qu'il aurait promis son appui à une femme
01:38pour faire annuler une condamnation moyenne en relation sexuelle.
01:41Le juge d'instruction a motivé un non-lieu avec ces mots
01:44qui apparaissent, pardonnez-moi, mais vraiment d'un autre temps.
01:47Le défaut de consentement ne suffit pas à caractériser le viol.
01:51Encore faut-il que le mis en cause ait eu conscience d'imposer un acte sexuel.
01:54Une autre plainte contre vous, M. Darmanin, a également été classée sans suite.
01:58D'où la question lancinante.
02:00Alors que l'impunité est massive en France,
02:02que seuls 10% des plaintes pour viol ou agressions sexuelles
02:05aboutissent à une condamnation,
02:07êtes-vous vraiment innocent
02:09ou avez-vous bénéficié de l'impunité dominante ?
02:11Vous allez me répondre que la justice a tranché.
02:14Mais c'est précisément l'une des raisons d'être de la proposition de loi,
02:18sortir de l'impunité.
02:19Et tant que l'impunité sera massive,
02:21nous aurons toujours des doutes sur les délibérés de classement sans suite.
02:25Je ne suis pas juge, je ne sais pas ce qui s'est passé,
02:28mais je sais que politiquement, votre crédibilité est entamée.
02:32Le garde des Sceaux est notamment accusé d'avoir profité de sa position d'élu
02:35en échange de faveurs sexuelles en 2009.
02:37Des accusations dont il a été mis hors de cause en 2024
02:40par un non-lieu définitif de la cour de cassation,
02:42ce qu'il a tenu à rappeler à la députée.
02:44– D'abord, je permettez-moi de vous corriger.
02:47Il avait fallu 7 ans, entre 2017 et 2024,
02:52d'enquête puis d'instruction pour ce qui me concerne.
02:56On ne peut pas dire que la justice a été expéditive.
02:59Il y a eu, je précise des choses,
03:01vous me permettez de vous répondre comme vous m'avez interpellé vertement.
03:05Mais madame, ma parole est toute aussi libre que la vôtre.
03:08Et si vous me le permettez, je vais vous répondre.
03:10Maintenant, si vous souhaitez que je ne vous réponde pas,
03:12il ne fallait pas m'interroger, mais je vous réponds vraiment.
03:15Je vous le dis, puisque vous n'avez pas précisé 7 ans.
03:18Vous avez raison, si on s'était limité au classement sans suite,
03:20le doute existait pour ma part.
03:22Mais comme il y a eu 2 non-lieues,
03:23avec une soixantaine de pages de rédaction
03:25et 2 arrêts de la cour de cassation,
03:27j'espère que j'ai répondu à votre question à ce qui me concerne.
03:30Vous avez le droit, effectivement, de ne pas vimer et de combattre.
03:32Je pense que la question de la légitimité politique
03:34se passe dans les urnes
03:36et éventuellement dans les solutions de justice
03:37qui vont être toutes favorables.
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