00:06– Bonjour Johnny Hallyday.
00:08– Ça va bien ?
00:08– Quel plaisir de se retrouver à Québec.
00:10– Oui, ben oui.
00:11– Un show devant 80, 100 000 personnes, les plaines d'Abraham.
00:15Ici, devant ce public qui aime tant la chanson française
00:18et qui accueille le chanteur français.
00:21– Moi, en tout cas, je suis très heureux d'être là.
00:23– Avec des chansons immortelles.
00:25Et pouvoir les chanter comme ça devant cette foule touchante
00:28de ces Québécois qui parlent français, qui aiment la langue française,
00:31qui aiment la chanson.
00:32– Oui, c'est vrai, c'est vrai.
00:33Le public québécois est un super bon public.
00:36J'ai toujours eu énormément de plaisir à chanter ici au Québec.
00:41– Oui, parce qu'il y a cette émotion, il y a cette chaleur humaine.
00:45Vous connaissez évidemment Céline Dion, vous avez connu tout ce qu'il y a d'ici.
00:48– Bien sûr, bien sûr.
00:49Éric Lapoile qui a chanté ma gueule, notamment.
00:52– Oui.
00:54Donc, quand je chante ma gueule, je pense toujours à Éric.
00:59– Oui, parce que ces chansons-là, et on dira aussi,
01:02il y a de la grande chanson en spectacle qui est évidemment dans toute la France,
01:06mais qui va être présentée intégralement ici au Québec,
01:09avec tous les effets visuels.
01:10– Oui, ce sera le même spectacle qu'au Stade de France.
01:13À l'exception ici, en tout cas, dans les plaines,
01:16il n'y aura pas la boule du début, parce qu'il n'y a rien pour l'accrocher.
01:20Mais la boule sera au Centre Bell quand on refait en octobre.
01:23– Oui, c'est-à-dire un spectacle en plusieurs parties,
01:26avec une partie rockabilly, une partie unplugged symphonique.
01:29– Et une partie rock'n'roll, une partie rockabilly.
01:33Je l'ai voulu comme ça parce que, quand je fais la séquence unplugged,
01:39ça me permet de me rapprocher plus des gens
01:41et d'être un peu au milieu des gens comme ça.
01:44Donc, ça me fait plaisir.
01:45Déjà, je les vois de plus près, eux me voient aussi de plus près.
01:48Et ça me permet de faire des anciennes chansons
01:50que je n'ai pas chantées depuis longtemps,
01:51des chansons comme I'm going to sit right down
01:54and cry over you de Bresley, par exemple.
01:56– Qui est d'ailleurs, et vous dites joli sur scène,
01:58l'une des premières chansons que vous avez entendues
02:00qui vous a donné envie.
02:01– Oui, qui m'a donné envie de chanter du rock'n'roll.
02:03Et à l'époque, on n'appelait pas ça du rock'n'roll,
02:04on appelait ça du rockabilly.
02:06– Oui, et c'est toujours une musique autant touchante,
02:10comme au premier jour,
02:11comme quand vous aviez eu envie d'aller voir Elvis la première fois,
02:13presque gamin.
02:14– Moi, je chantais du Brassens quand j'ai commencé à chanter,
02:17quand j'avais 13 ans.
02:20Et j'ai troqué ma guitare classique pour acheter une guitare électrique
02:24quand j'ai vu Elvis Presley dans Love Me, Tender.
02:27– Oui, et Brassens, c'est quand même là,
02:30parce que toute la chanson, finalement, entre Elvis et Brassens,
02:32c'est la même famille, c'est toujours de la belle musique,
02:35c'est toujours de la…
02:35– Oui, et puis bon, c'est des textes qui touchent les gens.
02:40Les textes qui touchent les gens sont des textes
02:42qui se rapprochent d'eux par rapport à leur vie,
02:45à eux, les moments de bonheur, les moments de désespoir,
02:50enfin, l'amour aussi.
02:52– Oui, il y a une énergie folle dans ce spectacle.
02:55– C'est important.
02:55Ce qui est important, je crois, de donner aux gens,
02:57surtout à l'heure actuelle, c'est de donner de l'amour aux gens.
03:00Je crois que l'amour, de donner de l'amour aux gens,
03:02les gens ont besoin de ça en ce moment-là.
03:03Les gens ont besoin de rêver.
03:05Et moi, ce que j'essaye dans mes spectacles, c'est de donner du rêve.
03:10– Et quand on n'a que l'amour, finalement, c'est l'essentiel.
03:13– Quand on n'a que l'amour, c'est déjà pas mal.
03:16– C'est une chanson qui est dans le spectacle,
03:18c'est aussi un clin d'œil à Jacques Brel.
03:20– Oui, mais j'adore Jacques Brel, c'est un bon ami à moi.
03:22J'ai chanté énormément de chansons de Jacques.
03:26C'était un interprète formidable sur scène.
03:29Je peux même dire que c'est le seul qui m'a fait pleurer.
03:33quand je l'ai vu chanter chez ces gens-là.
03:36C'était un showman.
03:38Enfin, ce n'était pas un showman.
03:39C'était quelqu'un qui donnait des émotions
03:42et qu'on recevait comme ça.
03:44Et moi, je n'ai jamais rencontré…
03:46Quelque part, Brel, pour moi, ce n'était pas musicalement,
03:50mais il avait l'influence du blues.
03:53– Et une force de rock'n'roll avec des chansons,
03:56qu'on voudrait dire classiques, quoi.
03:58Et une force de rock'n'roll, finalement.
04:00Une rébellion de rock'n'roll.
04:01– Amsterdam et tout ça, bon.
04:03– Il y a toujours une rébellion dans le rock.
04:05Il y a toujours une envie de dire,
04:07bon sang, il faut que la jeunesse,
04:10il faut que le monde change.
04:11– Oui, il faut surtout que les choses évoluent.
04:17Je crois qu'on a tous besoin d'évoluer vers…
04:20Le rock'n'roll, c'est le même,
04:23mais ça a évolué, disons ça.
04:25La musique avance.
04:26– Oui, il y avait Bilalé pour certains,
04:28puis il y avait Les Rebelles pour d'autres.
04:30– Absolument, moi, j'étais plus Elvis.
04:33– Oui, on a l'impression, Johnny,
04:35toujours d'un gamin qui est devant des rêves d'enfant.
04:37Toujours comme ça, avec cette musique.
04:39– Le rock'n'roll m'a fait rêver au même titre
04:43que quand j'étais au home,
04:44quand j'allais voir des films des westerns, quoi.
04:47– Oui, c'est vrai.
04:48Et c'est la même chose qui continue aujourd'hui.
04:50– C'est la même chose qui continue aujourd'hui.
04:52– Avec des chansons immortelles.
04:54Alors, il y a Gabriel qui est là.
04:56Et alors, toute une scénographie comme ça.
04:58Tout le monde connaît la chanson par cœur.
05:00Et le public est avec vous,
05:02vous porte d'une certaine façon.
05:05– Heureusement qu'il est là, le public.
05:10– Mais qu'il vous porte, je veux dire,
05:12par là qu'il chante plus fort que vous, même, des fois.
05:14– Des fois, je l'ai chanté, d'ailleurs.
05:16– C'est l'heure.
05:16Donc, que je t'aime, vous n'arrivez plus à la chanter, maintenant.
05:19– Je ne suis pas...
05:20Ça fait au moins 7 ou 8 ans que je n'arrive pas à chanter
05:23que je t'aime, que je t'aime.
05:24Les gens le chantent à ma place.
05:26– C'est quoi cet amour, Johnny, finalement ?
05:29Parce que ce soit ici au Québec,
05:30que ce soit à Paris, partout, il y a cet amour.
05:33– Vous savez, je crois que les gens,
05:36les gens ne se trompent pas sur les artistes.
05:44Un artiste qui va sur scène et qui ne se donne pas complètement
05:47et qui fait ça uniquement comme un boulot,
05:50ça ne fonctionne pas.
05:52Je crois que les gens, ils voient la vérité chez quelqu'un.
05:58Et il faut se donner quand on va sur scène.
06:01– Oui, il faut mouiller sa chemise.
06:03– Il faut mouiller sa chemise, oui.
06:04– Et lui dire « je t'aime » à ce public.
06:07Se mettre à genoux devant lui.
06:09Comme au premier jour, on voit Johnny comme ça,
06:11par terre, vous tombez par terre.
06:13– Oui, par terre.
06:15– C'est une magnifique histoire,
06:18une aventure finalement que la musique, Johnny.
06:20C'est quoi la musique pour vous ?
06:21C'est tout ?
06:22– Oui, il n'y a pas de...
06:24Moi, je chante du rock'n'roll parce que j'aime ça,
06:27je chante du blues parce que j'aime ça,
06:29mais moi, j'aime toutes les sortes de musiques différentes.
06:33Je veux dire, il n'y a pas de mauvaise musique,
06:36il y a des mauvaises interprètes par moment.
06:39– C'est vrai.
06:40Et quelle belle interprète, Johnny.
06:41Alors ici, je me suis laissé dire que vous alliez faire
06:44de l'Harley Davidson, c'est vrai ?
06:45– Paraît-il.
06:47– Oui, racontez-moi ça parce que quand même…
06:49– Je ne sais pas, je ne l'ai pas fait encore.
06:50– Johnny en Harley, ça c'est le rêve de tout le monde.
06:53– Oui, je crois que ça fait plaisir aux gens ici.
06:56Il y a pas mal de clubs de Harley.
06:59Et comme ils savent que moi, j'aime bien les motos
07:02et je fais souvent de la moto,
07:04je crois qu'ils ont envie que je fasse un tour avec eux.
07:07– Il y a toujours eu l'idée du rêve américain,
07:09ce qui a fait rêver Johnny, les Westpies et tout,
07:11mais le rêve américain.
07:12– C'est vrai, le rêve américain.
07:14Alors même, je ne sais pas, depuis que je suis beau,
07:18c'était un petit peu la passion que je partageais
07:21avec mon ami Edi Bichel.
07:23On avait tous les deux cette espèce de rêve
07:25de western, d'horizon, d'espace.
07:29– C'est ça.
07:29Et on a l'impression, Johnny, sur scène,
07:32chaque soir, c'est la première fois pour vous.
07:35C'est comme la première fois.
07:37C'est toujours la même émotion.
07:38– C'est toujours la première fois quand on monte sur scène.
07:43Parce que c'est toujours sur une scène différente,
07:45avec un public différent.
07:48Je crois que quand ça ne devient plus la première fois,
07:51je crois qu'il vaut mieux s'arrêter.
07:52Parce que je sais qu'on n'y croit plus.
07:53– Oui, merci Johnny.
07:55Nous, on y croit.
07:56Et alors, ici à Québec, il y aura 100 000 personnes
07:59qui vont y croire, qui vont avoir des badges
08:01qui clignotent comme ça, pour vous dire
08:02qu'on vous aime, qu'on t'aime, Johnny.
08:05Ça, c'est touchant.
08:06– Merci beaucoup.
08:07– Merci Johnny Hallyday.
08:09pour ce festival d'été ici,
08:11de porter la grande chanson.
08:13Merci.
08:13– Merci à vous.
08:14– Sous-titrage Société Radio-Canada
08:18Musique
Commentaires