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00:00Du début du SPAS, demain à Rennes, on s'intéresse ce matin à l'eau et à son usage en
00:04agriculture.
00:05C'est le thème d'ailleurs de la 40e édition du Salon international de l'élevage au Parc Expo.
00:10Et on en parle ce matin avec le directeur opérationnel et porte-parole d'Eau et Rivière de Bretagne.
00:16Bonjour Arnaud Clugéry.
00:17Bonjour.
00:17Alors on le sait, les agriculteurs bretons souffrent encore de l'été caniculaire que l'on a vécu en Bretagne.
00:22La région est d'ailleurs toujours en crise sécheresse.
00:24On voit bien que l'eau est et sera l'un des enjeux majeurs de ces prochaines années, décennies.
00:30Vous n'allez pas nous dire le contraire j'imagine ce matin ?
00:33Non, je vais faire un peu mon Jean-Covici, tout se passe comme prévu.
00:36C'est-à-dire que c'était annoncé et ça se produit malheureusement.
00:40J'ajoute qu'il n'y a pas que les agriculteurs qui souffrent.
00:43La nature souffre énormément de cette sécheresse qui n'en finit plus.
00:47Et puis d'autres usagers aussi bien sûr dans les milieux économiques mais aussi dans la vie de tous les
00:53jours.
00:53Alors on le disait, c'est l'eau qui est le thème de ce SPACE cette année.
00:56On voulait entendre la vision d'Eau et Rivière de Bretagne.
00:59Demain on recevra la ministre de l'Agriculture à ce même micro.
01:02On voulait vous entendre sur justement comment partager cette eau.
01:06Les agriculteurs, on l'a beaucoup entendu aussi sur notre antenne, ont besoin de cette eau pour leurs champs, pour
01:10leurs plantations, leurs animaux.
01:13Certains veulent pouvoir faire des réserves d'eau, stocker l'eau qui tombe en hiver.
01:16Qu'est-ce que vous leur répondez ?
01:18D'abord que la réponse doit être collective.
01:21Il y aurait une sorte de, comment dire, d'anomalie à réclamer des droits en agriculture, notamment en Bretagne.
01:30Alors que près de 300 captages et forages ont été abandonnés ces 40 dernières années en lien direct avec l
01:37'activité agricole.
01:38Donc en fait aujourd'hui, la question de la quantité, elle ne peut pas être complètement détachée de la question
01:45de la qualité et de la pollution de ces ressources en eau.
01:47Aujourd'hui, il y a des secteurs en Bretagne où si on n'avait pas été dans l'obligation d
01:52'abandonner les prises d'eau, finalement, on passerait le cap de cet été beaucoup plus facilement.
01:59Donc en fait, il faut en parler collectivement et pas seulement sous le prisme d'un seul usager.
02:04Il faut vraiment un tour de table qui pose les choses, non pas dans l'urgence et dans l'émotion,
02:09mais avec une vision de long terme.
02:11Donc vous dites oui pour du stockage de l'eau, mais pas n'importe où et n'importe comment, c
02:15'est ça qu'on dit à Haute-Rivière-de-Bretagne ?
02:17Alors, on ne dit pas non au stockage de l'eau, mais pas pour n'importe quel usage.
02:21C'est-à-dire qu'aujourd'hui, avec ce qui est annoncé à 2050, avec des étés comme celui de
02:282006, qui pourraient avoir un taux de retour quasi biannuel,
02:31avec des événements qu'on n'a pas encore rencontrés.
02:34C'est-à-dire, qu'est-ce qui se passe si cet hiver, on a un hiver sec ?
02:39Comment on passe le cap de l'année suivante ?
02:41Et ce sont des événements qu'on va rencontrer.
02:43Donc en fait, il faut se préparer à ça, et la réponse retenue n'est pas suffisante.
02:50Et puis j'ajoute, des retenues pour faire quoi ?
02:53Parce que, est-ce que ce sont des retenues pour alimenter le bétail ?
02:58Une vache consomme 20 à 30 fois plus d'eau qu'un être humain.
03:02Est-ce que ce sont des retenues pour arroser, et quel type de culture ?
03:06Est-ce que c'est pour arroser des cultures légumières, des cultures qui vont directement à l'usager ?
03:11Ou est-ce que ce sont de l'irrigation pour arroser du maïs, qui va lui-même nourrir des animaux,
03:17qui eux-mêmes vont souffrir de la fêle ?
03:18Donc il va falloir faire des choix, et vous avez l'impression qu'en ce moment, tous les agriculteurs réclament
03:22de l'eau, et que ces choix ne sont pas posés sur la table ?
03:24Quand on réfléchit, on réfléchit les questions agricoles, les questions d'alimentation, les questions du vivre ensemble, de façon sectorielle,
03:31par silo.
03:32Or, aujourd'hui, on a des problèmes de marée verte, on a des problèmes d'alimentation en eau potable liée
03:38aux pesticides,
03:38on a souffert, et on l'a vu en pleine face, les agriculteurs, les éleveurs ont souffert, pas seulement de
03:44la sécheresse, mais des températures.
03:46Parce que quand bien même on arroserait un certain nombre de cultures, au stade floraison,
03:50les températures, parfois, ne permettent même pas au maïs, ont grillé les cultures.
03:54Donc la réponse retenue à Rosage, elle n'est pas suffisante.
03:58Et aujourd'hui, dans cette réalité, dans ce mur climatique que plus personne ne peut nier,
04:04il faut revenir autour de la table et se demander qu'est-ce qu'on peut faire collectivement.
04:08Et y compris comment économiquement on crée les bons signaux.
04:12Très récemment, la Cour des comptes a publié un rapport sur l'utilisation de l'argent de la politique agricole
04:17commune.
04:18C'est de l'argent public, c'est la plus grosse somme d'argent public pour orienter l'agriculture.
04:25Qu'est-ce qu'on nous dit ?
04:25On nous dit que finalement, elle n'a absolument pas servi, cette dernière Pâques, à réorienter l'agriculture
04:30conformément aux besoins, aux attentes de ces mêmes agriculteurs.
04:34En tout cas, de leur adaptation au mur climatique.
04:38C'est ce que vous avez dénoncé, je crois, début juillet, dans un communiqué, d'ailleurs,
04:42pour dire qu'il y a eu des discussions.
04:43Vous étiez autour de la table, mais que c'est une certaine agriculture toujours qui est mise en avant en
04:47Bretagne.
04:48C'est ce que vous dites encore ce matin ?
04:49Oui, l'épisode loi du plomb, loi d'urgence agricole, le démontre.
04:54D'ailleurs, simplement, je tiens à signaler qu'au SPAS, on parle d'eau, sans inviter aux rivières de Bretagne.
05:01Donc vous n'y serez pas cette semaine, d'accord ?
05:03Oui, mais que 15 jours après, on a le salon de l'agriculture biologique qui va aussi parler des questions
05:09d'eau.
05:09En fait, il est vraiment temps qu'on se parle tous et que l'on écoute, puisque vous aurez la
05:14ministre,
05:15qu'elle cesse de n'écouter que le syndicat majoritaire et ceux qui, finalement, nous ont déjà amenés dans le
05:20mur.
05:20La FNSEA, syndicat majoritaire agricole, c'est ça ?
05:23Bien sûr, à la Confédération Paysanne, dans l'agriculture bio, dans les SIVAM et plein d'autres organisations paysannes bretonnes,
05:28on a déjà pensé l'après.
05:31Et donc, il faut absolument, et dans les associations, et souvent collectivement d'ailleurs,
05:35donc en fait, il faut absolument que les conditions du dialogue des écoutes soient rétablies, établies.
05:42C'est ce qu'on a dit d'ailleurs à la préfète qu'on a rencontré cette semaine, parce qu
05:45'on a des propositions à faire.
05:46Juste un chiffre, 45 000 retenues d'eau existent déjà en Bretagne, de plus de 1 000 m².
05:51Et la plupart d'entre eux, de ces retenues, n'ont pas d'usage.
05:54Eh bien, il faut commencer par en faire l'inventaire et regarder comment on peut les réutiliser avant d'en
05:58créer des nouvelles.
05:59Eh bien, merci beaucoup Arnaud Clugéry pour toutes ces précisions.
06:02Et on posera vos questions demain à la ministre, donc Annie Gennevard, qui est invitée d'ici à Armory,
06:07qu'elle vient inaugurer effectivement le SPAS qui débute demain au Parc Expo de Rennes.

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