00:077h46, peut-on toujours faire confiance aux périscolaires après les scandales d'agressions sexuelles sur des enfants à Paris ?
00:12Dans une enquête réalisée par la cellule d'investigation de Radio France et diffusée ce matin,
00:17les 20 plus grandes villes de France ont été passées au peigne fin, dont Rennes.
00:215 cas de violences verbales ou sexuelles déclarés pour cette année.
00:23Pour en parler avec nous ce matin, Léopold, nous recevons la deuxième adjointe à la ville de Rennes, déléguée à
00:28l'éducation et aux droits de l'enfant.
00:30Bonjour Gaëlle Rougier.
00:31Bonjour.
00:32Cette enquête de la cellule d'investigation de Radio France, elle révèle que parmi les 1292 employés dans le périscolaire
00:38que compte Rennes,
00:39il y a eu 5 cas de personnes suspendues ou renvoyées cette année, 3 pour des soupçons de violences sexistes
00:45ou sexuelles.
00:45Est-ce que vous avez davantage de précision à communiquer déjà sur ces affaires ?
00:50Non, parce que les enquêtes sont en cours.
00:52Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'en fait, des signalements ont fait suite à la parole d
00:58'enfants,
00:59soit directement ou soit par le biais de leurs parents.
01:01Et le procès à la ville de Rennes, c'est que dès qu'une personne est nommément mise en cause
01:07pour une violence sexiste ou sexuelle,
01:09à ce moment-là, on suspend à titre conservatoire.
01:12C'est une mesure de protection pour les enfants.
01:14Et après, on fait un signalement au procureur.
01:15Et après, c'est dans les mains de la brigade des mineurs.
01:18Plus globalement, quand on parle de violences sexuelles ou sexistes, de quoi est-ce qu'on parle en fait ?
01:22Alors, c'est un terme très générique.
01:24Les violences sexistes, ça peut être des propos homophobes.
01:27C'est des propos, des comportements discriminatoires en raison du genre avéré ou supposé.
01:34La violence sexuelle est là, en toute transparence, on est plutôt dans des cas de violences sexuelles.
01:40On est dans l'agression sexuelle.
01:42Après, c'est vraiment aux enquêteurs de caractériser le caractère de l'agression.
01:47Justement, vous parliez de transparence.
01:49Certaines villes comme Nice n'ont pas accepté de communiquer les chiffres.
01:52Vous, vous l'avez fait.
01:53Vous avez répondu par mail à Radio France.
01:54Pourquoi l'avoir fait ?
01:55Je trouve que c'est important.
01:58Je pense qu'il n'y a pas d'immunité concernant les violences sexuelles dans les accueils de mineurs.
02:04Je pense qu'il faut être lucide.
02:06Il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas de situation à la ville de Rennes
02:10sur l'ensemble des enfants que nous accueillons.
02:14Et l'ensemble, vous l'avez évoqué, des agents qui sont très nombreux.
02:18Et donc, c'est vraiment un sujet qu'il faut prendre à bras le corps.
02:21Il ne faut pas se voiler la face.
02:23Il faut être courageux.
02:24Et pour les enfants, justement, si on veut changer les choses, il faut absolument traiter ce sujet.
02:30Il faut en parler parce que le système de prédation aussi sur les enfants, il repose aussi sur une forme
02:35d'impunité.
02:36Et le secret de cette impunité, c'est, malheureusement, c'est la chape de plomb et les tabous sur ces
02:42sujets.
02:42Et ça marche parce que les enfants ne parlent pas.
02:46Nous, on veut libérer la parole des enfants.
02:48C'est le préalable avant toute mesure de protection.
02:52Et avant même de parler de libération de la parole, quand la parole, elle, se libère, là, comme pour ces
02:57trois cas,
02:57comment vous réagissez à la ville de Rennes ?
02:59Qu'est-ce qui se met en place, en fait, quand il y a un premier signalement qui est fait
03:02?
03:02Dès qu'un enfant parle, alors si une personne est nommément désignée, c'est plus simple.
03:07Parce qu'à ce moment-là, comme je le disais, la personne est suspendue.
03:11C'est-à-dire, mais dans l'heure, quand je dis c'est vraiment dans l'heure, elle n'est
03:13plus au contact des enfants.
03:15Et après, il y a donc un signalement procureur qui peut être le fait soit de la ville de Rennes,
03:20soit aussi de la direction d'école ou de l'équipe enseignante du côté de l'éducation nationale.
03:25Ce qui est important, c'est qu'il y ait une réponse immédiate.
03:28Et que l'enfant comprenne qu'il est entendu, qu'on le croit,
03:33et que sa situation ne va pas rester sans réponse.
03:37Il est 7h49.
03:38Gaëlle Rougier, deuxième adjointe à la ville de Rennes et déléguée à l'éducation et au droit de l'enfant,
03:42est en studio pour parler des violences dans le périscolaire.
03:45Est-ce que vous comprenez cette crainte des parents à laisser leur enfant dans le périscolaire aujourd'hui ?
03:50Alors, bien sûr, c'est légitime.
03:52Après les scandales du périscolaire, dit du périscolaire de Paris ou de l'affaire Liana,
03:58mais il y a eu des scandales aussi avant.
04:00C'est comme si on avait déjà oublié Bétarame, par exemple.
04:04Mais évidemment, je comprends l'inquiétude des parents.
04:06Après, on passe beaucoup de temps à l'école à recevoir aussi des paroles d'enfants qui sont victimes à
04:11la maison.
04:11La civise l'a dit, le premier lieu de violence sexuelle, malheureusement, c'est le domicile.
04:16Ça se passe au sein de la famille et ensuite, effectivement, dans un second temps, dans les accueils de mineurs.
04:22Dans les accueils de mineurs, on est quand même en capacité d'avoir des organisations qui vont pouvoir protéger les
04:27enfants,
04:28que ce soit depuis le recrutement, la façon dont on recrute les agents,
04:31la façon dont on les forme aussi et dont on les déprécarise.
04:34Ça, c'est aussi une clé.
04:35Il faut déprécariser aussi les métiers de l'animation pour pouvoir mieux recruter, mieux former.
04:40Et aussi mieux contrôler.
04:42Il y a des animateurs qui sont recrutés par défaut, des encadrants qui sont recrutés par défaut.
04:46À la ville de Rennes, tous les animateurs, mais aussi les ATSEM,
04:49c'est-à-dire toutes les personnes qui travaillent auprès des enfants,
04:52font l'objet d'une vérification de ce qu'on appelle l'honorabilité.
04:55C'est le casier judiciaire, savoir si on ne s'est pas inscrit sur un fichier délinquant sexuel.
05:00Mais c'est l'organisation, en fait, qui va permettre aussi d'être vigilant.
05:04C'est-à-dire de savoir repérer les signaux faibles,
05:06de savoir bien accueillir la parole de l'enfant,
05:08si elle s'exprime à un moment au périscolaire,
05:11et de savoir aussi bien travailler avec l'éducation nationale,
05:14justement pour avoir une réponse bien coordonnée.
05:16Une dernière question, justement, sur cette libération de la parole.
05:18Comment la mairie peut accompagner les enfants à dénoncer ce qui leur est arrivé ?
05:24Je pense que c'est déjà une philosophie, c'est une culture de la protection.
05:27Il faut avant tout protéger les enfants,
05:29et non pas se dire, en tant qu'institution,
05:32si une parole s'exprime, on va protéger les agents.
05:34Non, il y a un droit du travail,
05:36mais le droit du travail ne doit pas contrevenir à la protection des enfants.
05:40Donc c'est déjà une philosophie,
05:42et puis après, c'est de la formation,
05:44et c'est aussi évidemment l'éducation,
05:46les varses, en tout cas,
05:48l'éducation des enfants aussi,
05:49à ce qu'il est acceptable aussi,
05:52quand ça concerne leur intimité et leur corps.
05:54Merci Gaëlle Rogier.
05:56Je rappelle que vous êtes la deuxième adjointe à la Ville de Rennes,
05:58déléguée à l'éducation et aux droits de l'enfant.
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