00:00Merci de nous rejoindre ici à Orléans, il est 8h moins le quart, Marie Dorcel, les dossiers sont nombreux et
00:06dansent sur le bureau du directeur général du CHU d'Orléans.
00:09Il a pris ses fonctions, on le rappelle, en janvier dernier et il est notre invité pour la première fois
00:13ici ce matin.
00:14Bonjour Sébastien Vial.
00:15Bonjour.
00:16Votre premier été au CHU d'Orléans marqué par un enchaînement de canicules et le déclenchement du plan blanc.
00:23Quel est le bilan, là en septembre, de cette période sous tension que nous venons de vivre ?
00:27Alors, on n'a pas complètement terminé le bilan, mais globalement, effectivement, ça a été une phase assez lourde pour
00:33nos soignants,
00:34puisque notamment sur la première phase avant la période du 14 juillet, on a eu un surplus d'activité.
00:43C'est 150 hospitalisations en quelques jours supplémentaires qui se sont ajoutées à l'activité normale.
00:49Il a fallu pousser les murs, il a fallu effectivement déclencher le plan blanc, rappeler des personnels.
00:55Mais moi, je tiens à souligner, je l'ai écrit récemment à l'ensemble des personnels, il y a eu
01:00une mobilisation extraordinaire.
01:02Et voilà, on a montré qu'on était au rendez-vous par rapport à cet événement.
01:08Le personnel a fait face, est-ce que le bâtiment a fait face aussi ? Il y avait la grande
01:11question de la clim dans les établissements hospitaliers.
01:14On a une grande chance, on a un établissement qui est neuf, il a 10 ans, mais il est extrêmement
01:20récent par rapport à la moyenne des hôpitaux en France,
01:22entièrement climatisé. Je ne dis pas que ça ou là, il n'y a pas quelques petits soucis.
01:27Et en fonction de l'exposition solaire, il a pu faire chaud dans certains services, mais quand même, l'intégralité
01:34de l'hôpital est rafraîchie.
01:36Notre inquiétude s'est plutôt portée sur le secteur de nos EHPAD, où on en a été plus en difficulté.
01:41Et il y a un témoignage qui a fait beaucoup de bruit cet été, celui de Nino-Hann Dupieux, une
01:45orléanaise de 85 ans,
01:47qui a passé 6 jours, 5 nuits sur un brancard aux urgences.
01:51C'est un exemple terrible du manque de moyens de l'hôpital en général, pas forcément du CHU d'Orléans
01:56?
01:56Alors, c'est un parcours qui est effectivement assez atypique.
02:00Ce n'est pas si fréquent que ça, que cela arrive.
02:03Mais quand ça arrive...
02:05On est extrêmement émus par rapport à ça.
02:07Après, moi, j'ai envie de dire, ça ne fait que confirmer la stratégie qu'on porte.
02:12C'est-à-dire, il faut réouvrir des lits.
02:14Il faut qu'on ait un peu plus de moyens pour le post-urgence.
02:19Après, je rappelle que les urgences, c'est le résultat aussi de ce qui se passe avant les urgences.
02:24Et puis, nous, il faut qu'on trouve des solutions d'aval.
02:28Donc là, on va mettre en place des lits supplémentaires.
02:30Donc, la semaine prochaine, on ouvre une deuxième unité polyvalente de prise en charge des patients post-urgence.
02:37Donc, 20 lits vont ouvrir.
02:395 lits de surveillance continue aussi.
02:41Et la patiente que vous citez aurait pu relever, notamment de ce type de lits.
02:46Et puis, on a des lits de spécialité aussi,
02:49puisque, en fonction des pathologies, il faut ouvrir des lits de spécialité.
02:53Donc, au total, c'est près de 42 lits supplémentaires qu'on ouvre entre la mi-septembre et les vacances
03:00de la Toussaint.
03:01Et est-ce qu'il y aura le personnel recruté pour aller avec ces lits supplémentaires ?
03:04Bien sûr.
03:06Il n'est pas imaginable.
03:07Et si on attend, justement, les sorties d'école et la période estivale,
03:11c'est parce qu'on attend un renforcement de nos équipes.
03:14Donc là, globalement, c'est près de 45 recrutements liés à l'ouverture des lits.
03:19Et on essaye de se mobiliser, mais l'hôpital, il faut, sur la même période,
03:25arriver à regrouper l'ensemble des compétences, des compétences médicales,
03:30des compétences paramédicales, pour arriver à ouvrir des lits.
03:34Puisqu'il ne s'agit pas que de faire du chiffre,
03:37mais il faut aussi s'assurer de la qualité de nos prises en charge dans ces lits nouveaux.
03:41Donc, deux nouveaux lits et 45 recrutements d'ici la fin de l'année ?
03:44D'ici les vacances de la Toussaint.
03:46Les recrutements sont déjà réalisés.
03:47Et comment est-ce qu'on finance ça,
03:49alors que la situation financière du CHU, on le sait,
03:52est très compliquée depuis plusieurs années ?
03:54Le dernier chiffre que nous avions, c'était 2024, 50 millions d'euros de déficit.
03:58Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ?
03:59Alors, 2024, c'était en réalité 36,6 millions d'euros de déficit pour le CHU.
04:05Sur la clôture de l'année 2025, qu'on a arrêtée mi-juin 2026,
04:10puisqu'il y a toujours six mois de décalage pour s'assurer de la fiabilité des chiffres,
04:15donc on clôture à moins 25 millions d'euros.
04:17Et l'objectif pour l'année 2026, c'est qu'on tiendra ce cap d'être en dessous des 20
04:22millions de déficits.
04:23Mais alors, comment on fait ces économies-là, tout en ouvrant des lits et en recrutant du personnel ?
04:28Aujourd'hui, on a un fonctionnement qui est à l'activité.
04:30Donc, les lits supplémentaires, c'est de l'activité supplémentaire.
04:34J'ai fait un premier chiffrage, ça vaut ce que ça vaut,
04:37mais on estime à peu près 9 millions de recettes supplémentaires liées à l'ouverture de ces lits.
04:41Donc, vous voyez bien qu'il y a quand même, et c'est la stratégie,
04:45c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des charges qui sont importantes par rapport à cet hôpital,
04:48et on peut faire plus d'activités.
04:50Et si je compare avec la période d'avant Covid, on a fermé 150 lits et qu'on n'a
04:55pas réouvert depuis le Covid.
04:57Donc, il faut absolument qu'on retrouve le niveau d'activité d'avant Covid,
05:01et ça nous permettra de retrouver notre équilibre financier notamment.
05:04Et à quelle échéance est-ce que vous espérez retrouver cette activité d'avant Covid ?
05:07Écoutez, là, c'est déjà une première étape.
05:10Après, comme je l'ai dit tout à l'heure, les recrutements, ils sont extrêmement liés aux sorties d'école.
05:15Donc, les sorties d'école ont lieu au mois de juillet et au mois de décembre.
05:18On va essayer probablement de réouvrir quelques lits encore supplémentaires en début d'année prochaine.
05:25Et puis après, on a aussi d'autres sujets.
05:29Là, je vous parle surtout des lits d'hospitalisation complète,
05:31mais on peut avoir aussi une offre ambulatoire qui est moins coûteuse en nombre de personnel,
05:36mais qui permet de...
05:38L'évolution des prises en charge médicales fait qu'on a aussi beaucoup de prises en charge ambulatoires qu'il
05:43faut développer.
05:44Beaucoup de dossiers sur votre bureau, Sébastien Vial.
05:47Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
05:49Je rappelle que vous êtes le nouveau depuis le mois de janvier, directeur général du CHU d'Orléans.
05:53Bonne journée.
05:54Merci de votre accueil.
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