00:00On vient de l'apprendre, un enseignant a été menacé de décapitation par un parent d'élèves, ça s'est
00:06passé dans une école primaire Roselyne près de Toulouse.
00:09Voilà, au Foga. Et nous sommes en direct avec la première adjointe à la mairie, Isabelle Bagnéris, et le maire,
00:16merci à tous les deux d'être en direct.
00:19Racontez-nous un peu ce qui s'est passé. Qu'est-ce qui mérite des menaces de décapitation ?
00:25Alors pour moi, rien ne mérite de menaces de décapitation. L'incident qu'il y a eu, c'est qu
00:30'un enfant a été puni par un enseignant et le père ne l'a pas admis. Voilà.
00:35Et donc le père vous a menacé, a menacé l'enseignante verbalement, c'est ça ?
00:40Oui, c'est ça. À la sortie des classes.
00:43Et à quel âge cet enfant ?
00:4610 ans et demi.
00:48Voilà, donc pour un problème CM2 ou 6ème ?
00:52CM2, il enseigne de l'enfant.
00:55Très concrètement, comment s'est déroulé, monsieur le maire, l'enchaînement de cette affaire et la verbalisation de ces menaces
01:01?
01:03En fait, l'enfant a été dissipé dans une classe. L'institutrice l'a envoyé dans une autre classe pour
01:10essayer de le calmer.
01:11Et quand il est arrivé dans la seconde classe, selon l'expression dévoilée par les enseignants, il a continué à
01:18faire le caïd.
01:19Le père a appris, il a attendu à la sortie de l'école l'enseignante et visiblement l'aurait menacé
01:27de lui couper la tête si ça avait été un homme.
01:31Est-ce que c'était un récidiviste ? Est-ce que c'était un habitué de ce genre de menace,
01:36père ?
01:36Alors, concernant la mairie, c'est quelqu'un de très discret, c'est ce que j'ai confirmé à vos
01:41collègues.
01:42On n'a jamais eu de problème avec cette personne-là, donc on ne sait pas plus, d'autant plus
01:48qu'une procédure visiblement judiciaire est en cours
01:50et que je suppose que pour le secret de l'instruction, les informations sont tenues d'une manière un petit
01:57peu, on va dire, confidentielle.
02:01Comment les enseignants ont-ils réagi ?
02:04Mal.
02:05C'est-à-dire, ils ont opposé leur droit de retrait, par exemple ?
02:09Non, oui, ils ont fait leur droit de retrait lundi matin, donc l'inspectrice d'académie s'est rendue sur
02:17place.
02:19Après, si vous voulez, on est un village de 2800 habitants, on est forcément choqués sur ce qui s'est
02:24passé
02:24parce qu'on n'est pas très habitués à subir ce genre de situation.
02:28Et dans la ville ?
02:32Non, ça se passe bien.
02:33Ça se passe bien, les gens sont choqués, ils ont peur, ils ne pensaient pas que ça puisse se commettre,
02:39arriver au faux gars, quoi.
02:41Restez avec nous, monsieur et madame, Maxime Bronstetter du service police-justice nous a rejoint,
02:45ainsi qu'évidemment Véronique Fèvre qui suit les affaires liées à l'éducation nationale.
02:49Cet homme a été arrêté ?
02:50Exactement, il a été arrêté, placé en garde à vue, et là, ça va même plus loin,
02:55c'est qu'il va être jugé cet après-midi en comparution immédiate pour les menaces qu'il a tenues
03:01à cette professe.
03:01Qu'est-ce qu'on risque pour ce genre de menaces ?
03:04Il faut voir à quel point ils étaient caractérisés, je n'ai pas exactement l'échelle des peines,
03:08mais effectivement il peut prendre un peu de surpris ou de prison.
03:11Ce qui est intéressant dans ce que nous dit monsieur le maire et son adjointe,
03:14c'est que cet homme était a priori un homme bien connu du village, sans histoire comme on dit.
03:19Effectivement, c'est pour ça qu'il passe en comparution immédiate,
03:21il peut demander le report pour viser à préparer sa défense, pour jouer la personnalité qu'il est,
03:26parce que c'est vrai qu'il a été en garde à vue, il a sûrement été questionné là-dessus,
03:29il va falloir s'attacher à comprendre la personnalité,
03:32parce que quoi qu'il arrive, les propos sont graves.
03:34Menacer de décapiter une professeure, dans le contexte actuel,
03:37je pense que Véronique en reparlera avec le souvenir de Samuel Paty,
03:41il y a fort à parier que les mots étaient peut-être choisis, vous voyez, de la part de cette
03:44personne.
03:45Mais c'est vrai que ça va être intéressant de voir son passé,
03:47voir est-ce qu'il a un casier judiciaire, est-ce que c'était la première fois.
03:51C'est totalement différent si c'est quelqu'un de violent auquel on peut craindre une réalisation,
03:55ou alors quelqu'un dont les mots ont dépassé la pensée, ce qui n'excuse pas pour autant.
03:59Le recteur et le ministre ont réagi.
04:02Oui, le recteur Karim Bel-Nilout s'est entretenu lundi avec l'enseignante.
04:08Cette enseignante, elle est en arrêt maladie.
04:10La protection fonctionnelle lui a été accordée.
04:13C'est un système qui permet notamment de payer les frais d'avocat par l'éducation nationale.
04:18Une plainte a également été déposée.
04:21Et le ministre de l'Éducation a également réagi aujourd'hui dans un tweet.
04:24Il a dénoncé des menaces inadmissibles.
04:26Il a affirmé tout son soutien, évidemment, à cette enseignante.
04:31Et chose très intéressante, il a annoncé qu'en parallèle de l'action judiciaire en cours,
04:37cette situation allait donner lieu, pour la première fois,
04:40à l'application d'un décret qu'il a pris avant la fin de l'été
04:46et qui prévoit qu'un élève dont le parent aura été menaçant
04:53pourra être déplacé à l'issue d'un dialogue.
04:57Absolument.
04:57Donc cet article, si je vous le lis, il dit
04:59« Le comportement d'un membre de la famille d'un élève en lien avec la scolarité,
05:02s'il fait peser un risque caractérisé sur la sécurité ou la santé
05:06d'un membre de la communauté éducative,
05:08eh bien, le directeur académique peut ainsi saisir le maire
05:14et lui demander de procéder à la radiation, à condition qu'on trouve une autre école.
05:18Mais ce qu'on me dit au ministère, c'est que cette procédure est d'ores et déjà engagée.
05:22Monsieur le maire, on vous retrouve en direct.
05:24Est-ce que vous pouvez nous confirmer que la professeure qui a été menacée,
05:27qui est donc en arrêt maladie maintenant,
05:28c'est bien celle qui avait puni l'élève ?
05:33Je ne sais pas si c'est elle ou son enseignante.
05:36Les deux ont repris l'élève.
05:39Monsieur le maire, vous avez peut-être parlé à l'enseignante.
05:42Les faits remontent à vendredi.
05:43Est-ce que vous avez pu parler à cette enseignante ?
05:46Et que vous a-t-elle dit ?
05:48Non, je n'ai pas pu m'entretenir avec elle dans le sens où elle est en arrêt
05:55pour au minimum un mois, d'après mes informations.
06:00Moi, j'ai eu l'occasion de l'avoir.
06:02Elle est très infectée.
06:03Elle préfère se tenir à l'écart de tout.
06:07Et est-ce que cette idée du ministre de déplacer l'enfant,
06:10le changer d'école pour protéger sa maîtresse,
06:13c'est quelque chose qui pourrait se faire dans la ville ?
06:16Alors nous, c'est quelque chose que nous, on a déjà demandé à l'inspection académique.
06:21Pour le bien des enseignants
06:23et pour retrouver une sérénité à l'école,
06:25mais aussi pour ces enfants-là, pour le petit en question.
06:30Parce que le petit va être montré du doigt.
06:32Vous savez, les parents parlent, les enfants entendent.
06:35Et des enfants...
06:37Je pense que pour l'enfant, c'est bien aussi.
06:39C'était un petit garçon turbulent ?
06:44Turbulent, il bouge.
06:46Il bouge, il a un petit caractère bien trompé.
06:50Il y avait d'autres enfants scolarisés de cette famille dans cette école ?
06:55Oui, il y a une autre petite fille, oui.
06:57Il y a une autre petite fille.
06:58Donc il est à imaginer, Véronique, que si on déplace un enfant,
07:01on va déplacer évidemment...
07:02Oui, on déplace la patrie, oui.
07:03C'est toute la difficulté pour l'instant,
07:05c'est-à-dire qu'on ne sait pas comment va s'appliquer ce décret.
07:07Parce qu'effectivement, on imagine que la petite fille,
07:10malheureusement, elle y est pour rien.
07:11Mais qu'elle peut en pâtir, elle aussi.
07:13Maxime, donc procès cet après-midi devant le tribunal de Toulouse.
07:15Comparation immédiate, exactement.
07:16Comparation immédiate.
07:18Vous avez pu regarder ?
07:19Oui, j'ai vérifié la peine encourue pour menace de mort.
07:22C'est trois ans de prison et 45 000 euros d'amende.
07:24Donc c'est une peine assez importante.
07:26Est-ce qu'il peut y avoir la moindre réparation pour cette femme
07:28qui est traumatisée, choquée ?
07:29Un mois d'arrêt, c'est quand même beaucoup.
07:31Alors si elle est traumatisée, elle pourra tout à fait...
07:33Alors ce sera une autre audience.
07:34Elle pourra demander au civil, effectivement,
07:36des réparations, voire des indemnités.
07:38Là, d'abord, l'urgence, c'est la comparation immédiate.
07:41C'est le pénal.
07:42Et donc, c'est de déterminer la peine que doit avoir cet homme.
07:45Monsieur le maire, l'école a repris normalement...
07:47Les faits remontent à vendredi.
07:49Est-ce que l'école a repris normalement lundi ?
07:51Là, nous sommes jeudi.
07:52Est-ce que les enseignants ont été amenés à expliquer
07:55aux autres enfants ce qui s'est passé ?
07:56Puisque ça s'est déroulé dans une petite école,
07:58à une petite école primaire.
08:00C'est une école où il y a 320 élèves à peu près.
08:0514 classes.
08:06Alors ce qui s'est passé à l'intérieur de l'école,
08:08si vous voulez, on n'a pas, entre guillemets,
08:10trop accès.
08:11Ça concerne l'éducation nationale,
08:13ce qui concerne la mairie.
08:15La police municipale est présente
08:18à l'entrée et à la sortie des classes.
08:22Honnêtement, on n'a pas eu de mauvais retour.
08:27Il y a des psychologues qui sont présents ?
08:30Alors je sais qu'il y a la brigade mobile
08:33de l'éducation nationale qui est sur place depuis hier.
08:36Voilà.
08:37Et elle est remplacée, cette maîtresse ?
08:39Oui, la remplaçante a été nommée.
08:41Le lendemain, il y avait la remplaçante, oui.
08:44Un élément aussi qui peut être important,
08:46est-ce qu'au moment de ces menaces,
08:48le professeur a touché, frappé cette enseignante ?
08:52Est-ce qu'il était équipé d'une arme, d'un couteau ?
08:54Non, rien.
08:55Uniquement des menaces verbales.
08:57Oui, oui.
08:58Merci.
08:58Merci.
08:58Merci.