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  • il y a 3 heures
Rencontre des métiers du bois et de la forêt
à travers le paysage Forézien

Ce documentaire part à la rencontre des acteurs
de la filière bois dans le Forez.

De Fibois au pépiniériste sylvicole, en passant par
les charpentiers et les ébénistes, il met en lumière les
savoir-faire de ces métiers, parfois ancestraux, qui valorisent une
matière première aussi précieuse que le bois.

À travers leurs témoignages, le film dévoile les différentes
étapes de la transformation du bois, de la forêt jusqu’à l’objet fini.
Il souligne également l’importance de préserver ces savoir-faire
et de faire vivre une filière essentielle au territoire.

Ce documentaire met également en lumière les problématiques et les solutions mises en place contre un climat de plus en plus complexe.

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Transcription
00:02Nos forêts abritent une biodiversité exceptionnelle,
00:06stockent le carbone, régulent le climat, protègent les sols
00:10et fournissent une ressource renouvelable indispensable à nos sociétés.
00:14A cause de l'évolution des usages et des besoins des hommes,
00:17elles sont à présent confrontées à de nombreuses pressions.
00:20Les sécheresses, les tempêtes, les maladies, les ravageurs, les incendies.
00:28Lorsqu'elle est pensée avec soin, la gestion forestière permet de renouveler les peuplements,
00:33de favoriser leur résilience et de transmettre ce patrimoine aux générations futures.
00:39L'arbre deviendra la charpente d'une maison qui nous protégera de la pluie,
00:44le corps d'une guitare qui nous fera danser,
00:47le fauteuil qui nous permettra de nous reposer,
00:50puis la canne sur quoi nous appuyer.
00:53Le meilleur moyen de comprendre l'état de la forêt,
00:56c'est d'aller à la rencontre de celles et ceux qui apportent leur savoir-faire,
01:01ceux qui tentent de s'adapter pour continuer à vivre avec elles.
01:47Ce matin, un arbre est coupé.
01:54Forestier, c'est sans doute une passion, effectivement.
01:57C'est un monde qui me fascine, qui me fascine toujours,
01:59parce qu'en fait, c'est un milieu très complexe,
02:01dont on ne maîtrise pas tous les tenants et les aboutissants.
02:05Dans notre métier en particulier, je trouve ça passionnant,
02:08d'arriver à convaincre et d'expliquer aussi aux propriétaires.
02:11Donc on a un métier un peu à double facette.
02:13Dans la forêt, il n'y a pas grand monde, mais nous on voit beaucoup de monde.
02:15Et donc c'est un peu cet ensemble qui fait que je trouve mon métier passionnant.
02:21La forêt privée représente près de trois quarts des forêts françaises
02:25et jusqu'à 95% dans les départements de la Loire.
02:29Technicien au CNPF, centre national de la propriété forestière en Auvergne-Rhône-Alpes,
02:35Alain accompagne les propriétaires dans la gestion de leurs parcelles.
02:38Une mission essentielle, puisque son rôle est de former et guider les propriétaires,
02:43afin de préserver les forêts tout en assurant leur renouvellement.
02:49Nous, on vient avec les propriétaires, on fait le tour des parcelles
02:53et on essaie de faire un diagnostic de la parcelle.
02:56Et ici, en l'occurrence, on s'est aperçu, mais le propriétaire le savait,
03:00qu'il y avait un déficit de gestion, c'est-à-dire que depuis plus de 40 ans,
03:04personne n'était passé, donc on avait une forêt qui se dégradait
03:08dans le sens où elle se refermait d'une part,
03:11donc on avait moins de possibilités d'avoir des jeunes arbres par manque de lumière.
03:15On avait des arbres qui s'abîmaient petit à petit.
03:19Le constat étant fait, il fallait effectivement faire une coupe,
03:22et une coupe qui ne soit pas une coupe rase, qui respecte certains usages,
03:25ce qu'on appelle une coupe de jardinage.
03:31Cette coupe de jardinage, elle répond à plusieurs objectifs à la fois.
03:34C'est récolter les arbres mûrs, qu'on va considérer comme arrivés à maturité.
03:38On va aussi s'occuper de tout l'aspect sanitaire,
03:40on va prélever dans la même coupe tous les arbres qui ont des défauts
03:44ou qui sont malades.
03:46Parfois, il y a beaucoup trop de défauts sur beaucoup trop d'arbres,
03:49on ne les préserve pas tous, heureusement, ce sera pour la prochaine fois.
03:52Et puis, en même temps, on va aussi desserrer des bois plus jeunes,
03:54des bois moyens, on appelle ça la partie éclaircive,
03:58pour leur donner de la place pour pousser.
04:00Les arbres, ils ont besoin de place, ils ont besoin de lumière,
04:02donc quand ils sont trop séries, ils concurrencent beaucoup.
04:04C'est une compétition qui n'est pas toujours très favorable
04:07au développement de la forêt et à sa croissance.
04:26Cet arbre, précisément, il a été choisi, et c'est ce que l'on conseille,
04:30c'est-à-dire à partir d'une certaine grosseur, il va falloir les récolter
04:34pour laisser la place aux plus jeunes.
04:35Et ici, en récoltant ce bois-là, on a pu dégager un arbre
04:39qu'on va qualifier de jeune, qui va profiter de l'espace laissé par celui-ci,
04:44et il va donc avoir beaucoup plus de lumière à sa disposition,
04:47et il va relancer sa croissance.
04:48Et si possible, ici, normalement, on ne replantera jamais,
04:52sauf si on voulait introduire une autre essence
04:55pour justement anticiper le changement climatique.
04:58Mais le renouvellement se fait naturellement.
05:00Donc si c'est bien fait, si on enlève rots d'arbres, on n'aura que de la ronce.
05:03Et si on enlève rots d'arbres, on aura de la chaleur qui va rentrer,
05:06et la chaleur maintenant, c'est l'ennemi.
05:07Si on n'en enlève pas assez, on n'aura pas assez de lumière,
05:10on n'aura pas de renouvellement de forêt,
05:12on aura un ralentissement de la croissance des arbres.
05:21D'abord graines, puis pousses, arbustes, puis arbres centenaires.
05:26Cet arbre aujourd'hui abattu n'a pas encore dit son dernier mot.
05:30Il a grandi pendant des décennies,
05:32façonné par son environnement et sans doute par le travail des forestiers.
05:36Il sera scié, coupé, taillé, poncé,
05:40pour enfin devenir autre, en quelque sorte.
05:44Nous cherchons ici à comprendre son parcours,
05:46comme une biographie virtuelle, universelle.
05:49Pour ce faire, il faut remonter le temps,
05:51afin de mieux comprendre les enjeux autour de cet arbre et de tous les autres.
05:56Et pour commencer, il faut partir de la graine.
06:04Justement, Pierre est un enfant du village.
06:08Après dix années passées au sein de cette pépinière sylvicole,
06:10il reprend les rênes en 2019, succédant à son ancien patron.
06:15Fondé en 1886, l'entreprise est implantée à 850 mètres d'altitude,
06:20sur la commune de Saint-Bonnel-Château.
06:22En prenant la relève, il perpétue un savoir-faire centenaire,
06:25dédié à la production de jeunes arbres, destinés aux forêts de demain.
06:29Nous, nous sommes des pépiniéristes forestiers.
06:32C'est-à-dire que notre métier, c'est d'élever des jeunes plants
06:35pour le reboisement des forêts.
06:36Nous sommes environ une trentaine de pépinières pour tout l'hexagone,
06:40donc pour supporter tout le reboisement français.
06:44Il faut planter des espèces, forcément,
06:49qui sont le plus acclimatées possible à leur lieu de plantation.
06:52C'est-à-dire que nous sommes une pépinière d'altitude,
06:54on fait partie des pépinières les plus hautes de France.
06:57Et globalement, nos plants sont destinés plutôt à des reboisements
07:01de moyenne montagne, zone de montagne.
07:03On est sur une hauteur d'environ 850 mètres d'altitude
07:08où les arbres sont déjà élevés dans des conditions
07:11qui sont des conditions « rudes », entre guillemets,
07:17et qui derrière vont faire qu'ils seront totalement aptes
07:22à supporter des conditions forestières sans le soin du pépiniériste.
07:26Ces dernières années, les aléas climatiques des saisons
07:30avec des coups de chauds qui sont de plus en plus précoces,
07:33les orages qui sont des fois parfois plus violents qu'habituellement,
07:37ont tendance un petit peu à compliquer ces cultures.
07:49Moi, comme j'aime souvent le dire, je suis un enfant de la campagne,
07:51c'est-à-dire que depuis tout petit, j'ai habité Saint-Maudet-le-Château
07:54et c'est vrai que la nature m'a toujours tenu à cœur.
07:58Quotidiennement, on est confronté à des facteurs
08:00ou à des aléas climatiques qui peuvent faire que la culture
08:04ait bien réussi ou au contraire périclite.
08:06Et à chaque fois, c'est une page blanche,
08:08donc à chaque fois, il faut essayer de se réinventer
08:10et d'être toujours meilleur.
08:20Une fois qu'on a reçu nos graines,
08:22on fait d'abord ce qu'on appelle une stratification,
08:25c'est-à-dire qu'on met les graines au contact de l'humidité
08:29et du froid pour tout simplement recréer des conditions hivernales.
08:34Et au moment où on les sort et on commence à les semer,
08:37elles rentrent en contact avec la chaleur
08:39et c'est ce qui fait un choc thermique qui lève la dormance de la graine.
08:43Ces ombrières, ensuite, nous permettent de recréer une canopée.
08:48La canopée forestière, parce que ce qu'il faut bien se dire,
08:50c'est que le métier de pépiniériste,
08:52c'est vraiment recréer artificiellement la nature.
09:00Quand on définit la filière forêt-bois,
09:02les métiers, ça part de la forêt.
09:03Alors on peut même partir avant avec les pépiniéristes
09:05qui vont cultiver des plants pour les plantations d'arbres.
09:09Les pépiniéristes, les gestionnaires forestiers,
09:11les exploitants forestiers, les bûcherons,
09:13les transporteurs de bois qui transportent le bois
09:15depuis la forêt jusqu'à la scierie.
09:17Donc les scieries, et puis après,
09:19tous ceux qui mettent en œuvre le bois,
09:21constructeurs bois, charpentiers,
09:22les menuisiers, agenceurs, les fabricants de mobiliers.
09:31Avec Fibois 42, Mathieu agit au quotidien
09:34pour structurer et faire vivre la filière
09:36entre le bois et la forêt.
09:38Son rôle est de rassembler les acteurs de terrain,
09:40de créer du lien entre les professionnels
09:43et d'accompagner le développement d'une filière locale,
09:46durable et tournée vers l'avenir.
09:48En partenariat avec la Charte forestière de Loire Forêt Agglomération,
09:51cette action prend une dimension collective.
09:54Animée par Elodie, la Charte fédère les collectivités,
09:57les propriétaires forestiers, les entreprises et les usagers,
10:01afin de mieux valoriser la ressource forestière
10:03tout en conciliant les multiples fonctions de la forêt.
10:07L'objectif, c'est vraiment de garantir la multifonctionnalité des forêts.
10:11Donc d'avoir un peu de tout.
10:13En fait, la forêt, ce n'est pas qu'un espace de production,
10:15mais ce n'est pas un espace seulement de loisirs,
10:18ni c'est seulement un espace à mettre sous cloche.
10:21Elle fait partie intégrante de notre territoire,
10:23de nos paysages, de notre économie.
10:25Et l'idée, c'est vraiment d'arriver à avoir une intervention
10:28qui soit équilibrée et que tout le monde y trouve un peu son compte.
10:33Donc dans l'intérêt du paysage, de l'économie et de l'environnement.
10:40On a une forêt qui est essentiellement constituée de sapins.
10:44L'idée, c'est d'utiliser un peu plus de bois local
10:46et faire en sorte que cette forêt soit vivante.
10:49Donc d'aller prélever nos arbres,
10:51pour pouvoir permettre à la forêt de se renouveler.
10:58Tout ce qui se passe en forêt est parfois méconnu ou mal connu.
11:02Et l'idée, justement, c'est de montrer tout ce qui se fait,
11:05tout ce qui se fait bien, dans l'intérêt de la forêt
11:08et d'expliquer le métier, le travail des gens en forêt
11:14et d'expliquer pourquoi on va aller prélever des arbres en forêt,
11:19vers quoi ces arbres sont destinés
11:21et tout l'intérêt de faire vivre cette forêt de territoire.
11:25On a, je pense, de plus en plus une interrogation du grand public
11:28sur comment on gère les forêts, pourquoi on coupe des arbres.
11:32C'est assez paradoxal là aussi.
11:35Je pense qu'on a de plus en plus de gens qui veulent utiliser du bois
11:37parce qu'ils ont le sentiment que c'est plutôt vertueux,
11:41que c'est une ressource locale, renouvelable,
11:43qu'ils stockent du carbone.
11:44Et à la fois, on a de plus en plus d'interrogations
11:46ou presque de rejets de ne pas vouloir couper d'arbres.
11:50Donc nous, Fibois, c'est aussi de nos missions,
11:52d'arriver à expliquer ça.
11:54On pense que la meilleure façon de convaincre,
11:55de construire en bois, c'est de montrer ce qui existe,
11:58ce qui se fait.
11:59Donc on organise notamment des visites
12:02où on peut emmener des maîtres d'ouvrage,
12:03des architectes, des entreprises pour visiter ces chantiers.
12:07Les visites de l'éco-construction
12:08sont des événements organisés
12:10afin de faire découvrir des bâtiments éco-construits,
12:12donc exemplaires d'un point de vue environnemental,
12:15aux professionnels des métiers du bois.
12:18Sur ce projet, il y a eu plusieurs éléments de réemploi,
12:23notamment un ancien plancher
12:25qui a été réutilisé pour faire des parements intérieurs en bois.
12:28On a du bois local, du bois massif local,
12:31pas uniquement pour la charpente.
12:32Sur ce projet-là, ce qui est un peu particulier,
12:34ce qu'on voit moins couramment,
12:35c'est qu'ils l'ont aussi utilisé pour faire de la menuiserie,
12:37pour faire des meubles à l'intérieur des étagères, des placards, etc.
12:41C'est aussi une démarche qu'on essaye de mettre en place
12:42pour que les menuisiers s'approvisionnent autant que possible
12:46localement dans une démarche de circuit court.
12:59Nous, on achète le bois sur pied,
13:01donc on va en forêt avec le propriétaire forestier ou l'exploitant.
13:06On va vraiment chercher les arbres qui nous intéressent
13:11dans un rayon de 50 kilomètres à la ronde.
13:14Donc là, pour le coup, on est vraiment dans les monts du forêt,
13:17donc c'est juste parfait pour nous en termes de localisation.
13:22Originaire des monts du forêt,
13:24Guillaume est l'un des associés des garçons du bois.
13:26Silleur charpentier, son métier consiste à travailler l'arbre,
13:29en partant de la forêt jusqu'à la réalisation de charpentes,
13:33de bâtiments en ossature bois et d'ouvrages sur mesure.
13:36Le travail du bois est pour lui essentiel,
13:39un équilibre entre nature et œuvre.
13:43Une fois le bois arrivé à la scierie,
13:47on va le scier, le sécher,
13:50parce qu'on est équipé d'un séchoir à bois
13:52qui nous permet d'accélérer le processus de séchage du bois.
13:58Donc là, on va mettre les sondes
13:59qui vont nous permettre de tester l'hygrométrie du bois.
14:03Une fois que le séchoir, il sera en marche.
14:06Donc derrière, on a un système informatique
14:08qui est relié en direct au niveau des paquets de bois
14:11et on sait en instantané à quelle hygrométrie est notre bois.
14:17Donc là, Christophe est en train de mettre les sondes
14:18et après, on va le retrouver derrière sur le poste de pilotage.
14:23On peut suivre les paquets de bois en temps réel,
14:27en termes d'hygrométrie.
14:28Nous, le but, là, pour être dans les normes,
14:30c'est de descendre à 20, même 18 %, c'est bien.
14:34Une pièce de charpente,
14:36si on la laissait sécher à l'air libre, par exemple,
14:39ça pourrait durer plusieurs mois, voire années.
14:44Et là, on peut arriver à 18 %
14:48en 15 jours, à 3 semaines de séchage.
15:01Ça a été un peu le rôle de Fibrois 42
15:03de mettre en relation les silleurs d'un côté
15:07et les menuisiers agencieurs de l'autre
15:10pour qu'il y ait des échanges
15:11et que derrière, on puisse proposer du pain au menuisier
15:16et que ce pain, il soit local
15:18parce qu'on l'a à côté de chez nous.
15:21Donc, autant s'en servir et l'employer dans l'ameublement.
15:26D'ailleurs, au niveau de la chapelle Durieux,
15:29à Roche-la-Molière,
15:30c'est l'école de La Plagne qui a usiné le parquet.
15:34On peut avoir du local de partout.
15:36C'est juste une question de volonté.
15:56Bien plus au sud, installé au cœur du Haut-Forêt,
15:59l'écomusée est un lieu de mémoire et de transmission.
16:02Il retrace la vie quotidienne d'autrefois,
16:04met en lumière les métiers, les traditions
16:07et le patrimoine local,
16:09tout en créant un lien entre l'histoire du territoire
16:11et les enjeux d'aujourd'hui.
16:13Loïc y est chargé des publics et de la médiation.
16:18Le charron est un métier qui était présent
16:20quasiment dans tous les villages de France.
16:21Son savoir-faire, ça va être de réaliser les roues en bois.
16:24Donc, les roues des charrettes, des calèches en bois,
16:26des tombereaux, etc.
16:28Donc, il va réaliser tout ce qui est roues
16:31et aussi réparation des roues.
16:33Parce que, vous imaginez bien que les fermiers,
16:35à l'époque, n'avaient pas forcément beaucoup d'argent.
16:37Donc, ils préféraient réparer à l'infini les roues
16:41plutôt que de les remplacer.
16:42Donc, le charron, lui, va commencer par fabriquer
16:44ce qu'on appelle le moyeu,
16:45qui est l'axe, en fait, de la roue.
16:48Donc, ici, vous avez un moyeu.
16:49Donc, là, c'est un double moyeu.
16:51Donc, ce moyeu, ensuite,
16:53qui va être d'abord tourné avec un tour à bois.
16:56Il va être ensuite fraisé.
16:58Donc, fraisé, on va venir y faire les encoches
17:00pour les rayons.
17:01Donc, les rayons que vous avez ici.
17:04Alors, je précise que, du coup,
17:06le moyeu, lui, était réalisé en orme.
17:08Donc, l'orme qui est un bois très résistant,
17:10extrêmement dur, très solide.
17:13Ensuite, on va faire les rayons.
17:14Donc, les rayons, eux, sont faits en acacia.
17:17Donc, l'acacia a l'avantage d'être relativement souple.
17:20Et c'est un bois aussi qui est très, très fibreux,
17:22très résistant, très dur.
17:24Dans les monts du forêt,
17:25on avait plutôt essentiellement des pains sylvestres
17:28qui recouvraient plutôt les massifs,
17:30les massifs qui étaient, on va dire,
17:32difficiles d'accès
17:32ou difficilement exploitables par l'agriculture.
17:35Donc, on avait essentiellement ces pains sylvestres
17:37qui, petit à petit, ont eu tendance à disparaître,
17:41qui ont été remplacés aujourd'hui
17:43par une silviculture, on va dire, un peu plus intensive.
17:46Ça vient avec le déclin de la population
17:48dans les zones rurales,
17:49notamment le déclin aussi d'exploitation agricole.
17:52Il y a eu beaucoup de pâturages, etc.
17:55Donc, il y a eu beaucoup de personnes
17:56qui ont hérité de pâturages
17:58qui ne savaient pas trop quoi en faire
17:59et qui ont eu tendance, en fait, à les planter,
18:02à les planter, donc, en silviculture,
18:04essentiellement avec des épicéras.
18:10Les nouvelles essences sont apparues,
18:12notamment pour une question de rendement,
18:15de rentabilité forestière.
18:17On va dire que si vous plantez une forêt de chênes,
18:21ce n'est pas la génération qui l'a plantée
18:23et qui va profiter, notamment, de son exploitation.
18:25Ce sera éventuellement plutôt les petits-enfants,
18:29voire des générations encore plus loin, futures.
18:32On est arrivés dans cet atelier
18:33qui a toujours été un atelier de menuiserie.
18:37On est remontés à 1870, 1880.
18:43Dans les archives départementales,
18:45on est allés chercher quand on a acheté la maison,
18:47en effet, oui.
18:47Donc, c'est une maison de menuisiers depuis toujours.
18:49Elle a été construite par des menuisiers.
18:51On en parle beaucoup, beaucoup, beaucoup,
18:52beaucoup des menuisiers qui sont passés ici,
18:54avant, de la dernière génération
18:56et des précédentes aussi,
18:58parce qu'il y a quand même une mémoire aussi.
19:00Les maisons seront encore...
19:02Jean-Guillaume et Joanne ont repris ensemble
19:05l'atelier Griffon, ancien atelier d'ébénisterie.
19:07Ils sont déterminés à faire de leur passion
19:09une aventure familiale.
19:11D'abord compagnons, puis ébénistes,
19:13Jean-Guillaume apporte son savoir-faire artisanal,
19:16tandis que Joanne met ses compétences
19:18en gestion de développement au service de l'atelier,
19:20ainsi qu'aux finitions des créations.
19:23Ensemble, ils donnent vie à une entreprise
19:26où le bois se conjugue avec transmission,
19:28complémentarité et esprit de famille.
19:32Quand on parle local, nous, on parle régional,
19:35principalement.
19:36Un de nos plus gros fournisseurs se trouve en Isère,
19:39donc là, on sort du département.
19:41Par contre, on achète aussi du bois hyper local.
19:44Cette semaine, il est allé acheter du frein
19:46dans une Syrie qui est à 4 km d'ici.
19:49Le bois, il faut qu'il ait quand même
19:50une certaine stabilité.
19:53Il a le droit de bouger,
19:54on ne va pas non plus le contraindre
19:55parce que de toute façon,
19:56il finira par prendre sa place,
19:58mais le bois sec en ébénisterie,
20:03c'est hyper important.
20:26A l'époque, quand on abattait un arbre,
20:29dans le tronc d'arbre,
20:30dans l'ébénisterie, on va dire,
20:33traditionnelle rustique,
20:35dans le même arbre,
20:36on prévoyait de faire les quatre pieds,
20:39les panneaux, le plateau,
20:41tout dans la même bille de bois.
20:43À l'époque, on essayait de trouver des pièces,
20:45on sciait vraiment chaque bille de bois
20:47par rapport à ce qu'on voulait en faire
20:49en produit final.
20:51Donc, ça permet d'avoir des pièces
20:52parfois un peu extraordinaires
20:56qui ont poussé au milieu d'un champ
20:57et avec une flamme de bois,
21:00un veinage de bois
21:01qui est très particulier
21:02et propre à lui-même.
21:07Là où on te retrouve,
21:08c'est qu'en effet,
21:08tu as commencé par dessiner
21:10et par beaucoup dessiner.
21:11Tu as fait des lignes de meubles
21:12parfois avec des piétements,
21:13vraiment à chercher,
21:15à travailler les questions de portée,
21:17par exemple,
21:18être plus dans une recherche technique.
21:21Et là, avec le temps,
21:22plus ça va
21:23et plus en effet,
21:24ils se ressentent plutôt
21:25sur la valorisation
21:26de la matière première.
21:27On veut travailler le mobilier
21:28en bois massif,
21:29c'est dans un souci évidemment écologique
21:31de se dire que c'est une matière
21:33qu'on peut exploiter jusqu'au bout.
21:35Mais c'est vrai que dans les villages,
21:36presque tout le monde avait
21:41un père, un oncle manusiaire
21:43en termes de génération.
21:46J'ai découvert le métier
21:48en le pratiquant.
21:49C'est un métier qui est long
21:50à apprendre au niveau de...
21:53On parle de savoir-faire,
21:54mais le terme est exact
21:57dans le sens où le savoir-faire,
21:58c'est long,
21:59ça prend du temps
22:00avant de scier un morceau de bois droit,
22:03avant d'utiliser un ciseau correctement,
22:05de ne pas faire d'éclats,
22:06de comprendre le sens du fil du bois, etc.
22:09Le bois est un matériau
22:11qui demande beaucoup,
22:12j'allais dire, d'humilité.
22:14C'est toujours lui qui gagne.
22:21Ce qui est finalement très compliqué,
22:24c'est qu'il y a beaucoup de scieries
22:25qui ne font plus sécher le bois,
22:28qui font du bois d'œuvre.
22:30Ils sont exploitées beaucoup maintenant,
22:32plutôt pour de l'ostature bois,
22:34pour de la charpente et de la construction.
22:38À quelques kilomètres de là,
22:40l'entreprise Palanche incarne
22:42une autre facette du territoire.
22:44Consciente des enjeux d'aujourd'hui,
22:46elle s'attache à concilier le développement
22:47d'une grande entreprise
22:48avec les réalités et les défis locaux.
22:51Alexis est aujourd'hui co-gérant
22:52de l'entreprise fondée par son père
22:54en 1976.
22:56Installé à Sainte-Agathe-la-Boutresse,
22:58Palanche rayonne désormais bien au-delà
23:00de son territoire d'origine
23:01et intervient dans toute la France.
23:03Si je prends l'exemple du petit village
23:05duquel on est,
23:06il y a beaucoup de petites forêts
23:08parce que chaque famille avait sa forêt.
23:12Mais c'est des petits bois,
23:13pour faire du bois de chauffe,
23:15sortir quelques poutres.
23:17Mon père nous a transmis la passion
23:20des métiers du bois
23:21et des métiers du bâtiment.
23:23À notre siège sociale,
23:25la maison de mes parents
23:26est sur le même terrain
23:27que celle de l'entreprise.
23:28Du coup, j'ai passé toute mon enfance
23:30dans les bâtiments de production.
23:32Le bois est invisible.
23:34C'est un matériau noble,
23:35agréable à travailler,
23:36multi-usage,
23:37tant structurel qu'esthétique.
23:40Dans un tas de projets,
23:42le bois est utilisé en structure,
23:44comme du métal
23:45ou comme du béton.
23:48Et du coup,
23:48vous ne le voyez pas du tout.
23:50Il présente plein d'avantages aussi
23:51pour les établissements
23:53en ressent du public,
23:54pour la stabilité au feu.
23:56C'est-à-dire qu'un bâtiment en bois
23:58va mettre beaucoup plus longtemps
23:59à s'effondrer qu'un bâtiment construit en métal.
24:22Alors aujourd'hui,
24:23pour gérer des parcelles de forêt en France,
24:26on a quasiment l'obligation
24:27d'avoir un plan simple de gestion.
24:29Ce plan simple de gestion,
24:30c'est un contrat avec l'État
24:32qui garantit une exploitation pérenne de la forêt.
24:35Ce plan simple de gestion,
24:37donc ce contrat avec l'État,
24:38permet de gérer durablement la forêt.
24:40Et c'est vraiment un garant actuel
24:44du process global
24:46pour le bois massif chez nous.
24:48Sinon, on pourrait se dire
24:49que dès que le cours du bois
24:51va fortement augmenter,
24:53on va se retrouver
24:53avec des montagnes complètement rasées
24:56pour du bois qui part à l'export.
24:57Donc c'est pour éviter ce phénomène.
25:01Avant, on venait tracer
25:03les charpentes par terre,
25:04les formes des charpentes par terre.
25:06Aujourd'hui, on les trace
25:07via des outils informatiques.
25:10Les gestes intellectuels restent les mêmes.
25:21Avec ses multiples fonctions,
25:22le bois est présent partout.
25:24À Montbrison, par exemple.
25:26Michel Alli est l'outil réparateur.
25:28Après plusieurs années passées en usine,
25:30il choisit de changer de vie
25:31pour renouer avec sa passion musicale.
25:34Cette reconversion fut guidée
25:35par l'envie de vivre de son savoir-faire
25:37et travailler à sa façon.
25:39Avec le respect des matières premières
25:41et une grande envie de faire bouger les choses.
25:44On est en train de monter un projet
25:45pour fabriquer une guitare
25:47made in forêt.
25:48Alors là, vraiment, on insiste,
25:50c'est vraiment une guitare du coin
25:51avec des bois qu'on récupère
25:53à la ressourcerie de Montbrison.
25:56Donc on récupère des meubles,
25:58des vieux meubles,
25:59souvent des meubles qui ont un demi-siècle.
26:01Donc là, en l'occurrence,
26:03j'ai collé une table
26:05sur un merisier,
26:07sur trois couches en fait.
26:08On a un bout de freine
26:10et deux bouts de merisier
26:11qu'on est venu coller.
26:12Donc ça, pareil,
26:13ça vient d'un meuble
26:13et ça, c'est une planche de freine
26:16qu'on a récupérée aussi.
26:19Sur ce corps,
26:21je suis venu poser
26:22ce qu'on appelle une table.
26:24C'est le panneau qu'on voit ici.
26:25On reconnaît un peu le dessin ici.
26:29En fait, c'est le panneau
26:30qu'il y avait sur les portes
26:31d'un vieux meuble en fait.
26:33J'ai récupéré ça
26:34que je suis venu coller ici
26:36et on voit,
26:37c'est juste magnifique,
26:38c'est super beau.
26:41Donc le manche, c'est pareil.
26:43Un vieux lit en noyé
26:44qu'on a récupéré,
26:45qu'on a débité en planche,
26:47en petite planche.
26:51Le client, il vient avec une certaine demande
26:53en termes de forme,
26:55en termes éventuellement de couleur.
26:57Il y a plein de choses
26:58qui rentrent en compte.
26:59Le client, il vient avec cette idée
27:01de j'aimerais une guitare
27:04de cette forme-là
27:05en termes de corps, tête,
27:08parce que c'est important,
27:08la tête et le corps,
27:10c'est vraiment l'esthétique aussi
27:11de la guitare,
27:12l'identité de la guitare.
27:13Et après, on va partir sur,
27:16là pour le coup,
27:17sur les bois,
27:18les essences de bois
27:19qu'on va utiliser.
27:20Donc c'est là que j'essaye
27:21d'intervenir pour,
27:23parce que le client,
27:24il n'a pas forcément
27:24cette connaissance
27:25en termes de bois.
27:49J'essaye aussi
27:50d'influencer le client
27:51pour les finitions,
27:54au lieu de mettre
27:54de la peinture,
27:56de faire des finitions huilées
27:58ou des finitions gomme-lac.
28:00Travailler le bois,
28:02travailler cette matière,
28:03ça fait vraiment quelque chose
28:04parce qu'en fait,
28:05on est dans du vivant.
28:07Même en tant que végétarien aussi,
28:10j'ai à cœur aussi
28:11de respecter le vivant,
28:14pour le coup.
28:15Et le bois,
28:17c'est quelque chose de vivant
28:18et c'est méditatif en fait,
28:20des fois,
28:20de travailler sur son instrument
28:22ou sur la fabrication
28:23de l'instrument d'un client.
28:26C'est quelque chose,
28:26oui,
28:26qui donne de l'énergie en fait,
28:29qui donne de l'énergie,
28:30qui apaise aussi.
28:45Depuis des siècles,
28:46la main de l'homme
28:47accompagne le bois
28:48à chaque étape de son histoire.
28:50Le charpentier
28:51assemble les pièces
28:52avec précision,
28:54le silleur
28:54révèle la matière cachée
28:56au cœur du tronc
28:57et le semeur
28:58prépare les forêts de demain.
29:00Des gestes façonnés par le temps,
29:03répétés,
29:04perfectionnés,
29:05qui relient les hommes d'hier
29:06à ceux d'aujourd'hui
29:07et donnent au bois
29:08une histoire
29:09qui continue de s'écrire.
29:13Là, on est sur un geste
29:15qui est, j'ai envie de dire,
29:16ancestral.
29:17C'est le geste
29:19auguste du semeur
29:20qui a été répété
29:22par des milliers
29:25d'hommes et de femmes
29:28agriculteurs
29:29depuis des décennies,
29:32même des centaines d'années.
29:34On a toujours eu ce geste,
29:37essayer de faire tomber
29:38les graines
29:40de la façon
29:41la plus éparse possible
29:43pour créer une densité
29:46qui sera parfaite
29:48pour un bon développement
29:49du plan.
29:49Bien sûr qu'on est fier
29:52de participer
29:53ou au moins d'aider
29:54à la participation
29:55du renouvellement
29:57de la forêt française,
29:58bien entendu.
29:59Et puis je pense que
30:00quand on est pépiniériste forestier,
30:02bien sûr qu'on aime les forêts,
30:04on aime aller se balader,
30:05mais le fait de s'y balader
30:07nous permet aussi
30:09de voir certaines choses,
30:10nous permet de voir
30:12certains dépérissements,
30:13nous permet de voir
30:15que telle essence
30:16se comporte très bien
30:17sur tel type de sol,
30:19sur telle altitude.
30:20Donc bien sûr
30:21qu'on travaille
30:22pour les forêts de demain
30:23et souvent,
30:25on ne verra pas
30:26le travail final
30:28à l'instant T.
30:29On a essayé de trouver
30:31des espèces
30:32principalement nord-américaines
30:35qui ont le climat actuel
30:37de notre climat
30:38du massif central
30:39d'ici 2050.
30:41On s'est mis en étroite collaboration
30:42avec l'Office national des forêts
30:44qui allait nous chercher
30:45de la graine
30:47pour que nous,
30:48on puisse les mettre en culture,
30:49pour qu'on puisse commencer
30:51un élevage,
30:51voir déjà si on arrive
30:53à les cultiver,
30:53si elles résistent
30:55au climat de Saint-Monelle-Château.
30:56Et après,
30:57derrière,
30:57la suite du projet,
30:58c'est vraiment
30:58de les envoyer en forêt
31:00et suivre les plantations,
31:02voir comment elles grandissent,
31:03voir comment elles se comportent.
31:08Donc là,
31:09on est sur une opération
31:10qui nous prend quand même
31:11beaucoup de temps
31:11pendant la période estivale.
31:13c'est vraiment
31:14d'aller faire un désherbage
31:15qui est manuel
31:16pour que,
31:18donc par exemple,
31:19les jeunes plants
31:20qui sont en train de germer ici
31:23puissent pousser
31:24dans des conditions
31:25qui sont vraiment
31:25les plus optimum
31:27pour qu'il n'y ait pas du tout
31:28de concurrence
31:29tant à la fois
31:30au niveau
31:31donc du stress hydrique
31:33mais aussi avec la concurrence
31:35au niveau des engrais.
31:38Là,
31:38sur du désherbage,
31:40on n'a aucune autre solution
31:41que de désherber manuellement.
31:46Alors,
31:47moi,
31:47je me sens vraiment
31:48comme un forestier
31:49comme je pense
31:52les paysans des forêts
31:53d'hier,
31:54les paysans des forêts
31:55d'aujourd'hui
31:56et les paysans des forêts
31:57de demain.
31:58C'est-à-dire
31:59qu'on a tous
32:00un rôle à jouer
32:01dans cette transmission,
32:03dans ce maillon
32:04de la chaîne.
32:05C'est-à-dire
32:06que quand vous allez
32:06couper des arbres
32:07pour en faire
32:08une charpente,
32:09pour en faire
32:09des parquets,
32:10pour en faire
32:10de l'ameublement,
32:11il y a sûrement
32:12quelqu'un
32:13qui a entretenu
32:14cette forêt,
32:15qui a été élagué
32:15les arbres,
32:16qui a été les planté.
32:17Et donc,
32:18c'est le rôle
32:18justement de pérenniser
32:20tout ça.
32:20C'est le rôle
32:21du forestier.
32:22Moi,
32:22au final,
32:23je ne suis qu'un petit
32:24maillon
32:24de toute cette chaîne,
32:26mais c'est vrai
32:26que notre rôle
32:27est déterminant
32:28pour autant.
32:35le bois a été exploité
32:38depuis des millénaires.
32:39On retrouve,
32:40par exemple,
32:41à l'époque romaine,
32:42des indices
32:42de l'exploitation forestière,
32:44qui nous indiquent
32:44d'ailleurs qu'on avait
32:45sûrement beaucoup
32:47de pain sylvestre
32:48ici sur la région,
32:49déjà à l'époque romaine,
32:49parce qu'on a retrouvé
32:50en fait des traces
32:51de four à poids,
32:52de four à poids gallo-romain,
32:54sur la commune
32:54du soin en forêt.
32:55Le four à poids,
32:56lui, va servir
32:56à récolter
32:57ce qu'on appelle
32:59la poids,
33:00qui est le goudron
33:00présent dans les pains sylvestres.
33:03C'est la résine,
33:04ni plus ni moins
33:04que la résine.
33:05Les arbres,
33:06quand ils sont verts,
33:07quand ils viennent
33:08d'être coupés,
33:09on va les chauffer
33:09très vulement
33:09pour récupérer
33:10la sève
33:12qui, avec la chaleur,
33:13va s'écouler
33:13dans un puits
33:14et en récupérant
33:15cette sève,
33:16ce qu'on appelle
33:16la poids,
33:17va servir
33:17à l'époque gallo-romaine
33:19plutôt
33:20à l'étanchéité
33:21des amphores,
33:22notamment les amphores
33:24utilisées pour le transport du vin.
33:26Il faut savoir
33:26qu'on allait enduire
33:27les amphores
33:28pour les rendre étanches.
33:30Et ensuite,
33:30cette poids a servi
33:31pendant des siècles
33:32notamment à l'étanchéité
33:33des bateaux.
33:34Donc les bateaux
33:34de la marine marchand,
33:35de la marine royale,
33:36on allait enduire
33:37les coques des bateaux,
33:38ce qui était également
33:39le cas pour les fameuses
33:41rambertes
33:41qui naviguaient
33:42sur la Loire
33:42à Saint-Just-à-Rambert.
33:43Dans le forêt,
33:45certains pains sylvestres
33:46attirent immédiatement
33:46le regard.
33:47Leurs troncs courts,
33:49noueux
33:49et leurs branches tortueuses
33:50semblent être
33:51l'œuvre de la nature.
33:53Pourtant,
33:53ces arbres singuliers
33:54sont le fruit
33:55du travail des hommes.
33:56Appelés
33:57arbres de boulanges,
33:58ils étaient taillés
33:59pour produire
33:59de nombreuses petites branches
34:01afin d'être vendus
34:02ou échangés
34:03pour alimenter
34:03les fours à pain.
34:05Cette pratique
34:05était une ressource
34:06économique essentielle
34:07pour les familles rurales.
34:09Les pains boulangers,
34:10ils étaient utilisés
34:11pour l'exploitation
34:12plutôt de fagots.
34:14Donc ce sont des arbres
34:15en fait
34:15qui comme
34:16quand vous allez tailler
34:17comme un platane,
34:19vous allez tailler
34:19au fur et à mesure,
34:20il va repousser
34:21et les repousses
34:22en fait
34:22vous allez pouvoir
34:23les exploiter en bois.
34:24Ils se rémunéraient
34:25en allant vendre
34:25les fagots de bois
34:26aux boulangers du village.
34:28Donc ça leur faisait
34:29un petit complément de revenu.
34:31Cette tradition disparaît
34:33progressivement
34:33à partir des années 1950.
34:37Aujourd'hui,
34:38les pains à boulanges
34:39ne sont plus exploités
34:40mais leur silhouette étonnante reste.
34:43Témoin d'un savoir-faire disparu,
34:44elle constitue
34:45un patrimoine paysager unique
34:47que l'on ne retrouve en France
34:48que dans le forêt
34:49et le velet.
35:03historiquement,
35:04l'homme a toujours utilisé le bois
35:06pour construire,
35:06pour se chauffer.
35:08On a du coup
35:09des entreprises
35:10qui se sont toujours installées
35:11au plus près de la ressource,
35:12des scieries notamment.
35:13Nous, on pense
35:13qu'il faut qu'il y ait un équilibre
35:14entre des grosses scieries
35:17industrielles,
35:17puisque les scieries
35:18on a vraiment
35:18des très très grosses scieries
35:19industrielles
35:20et des toutes petites
35:21scieries artisanales.
35:22Nous, on pense que c'est assez important
35:22d'avoir un équilibre
35:23des deux
35:24parce qu'elles répondent
35:25à des besoins
35:26qui sont différents.
35:27Les grosses scieries,
35:28si aujourd'hui,
35:28on n'avait pas les grosses scieries,
35:30probablement qu'on importerait
35:31beaucoup de bois
35:32de l'étranger.
35:33Et les petites et moyennes scieries,
35:34elles ont aussi un vrai atout
35:36c'est qu'elles sont souvent
35:36plus adaptées au territoire.
35:39Elles répondent
35:39à des besoins locaux,
35:40elles répondent
35:40à des besoins spécifiques.
35:42Donc, je pense qu'il y a
35:43vraiment un équilibre
35:45entre les deux
35:45à avoir.
35:50On pourrait dire des fois
35:51qu'on est un peu arriéré
35:52parce qu'on n'a pas
35:53de centre de taille numérique.
35:55Mais aujourd'hui,
35:56je pense que
35:57la main de l'homme
35:58est capable
35:59de faire tout aussi bien.
36:01On a quand même
36:01une phase en bureau
36:03où on modélise
36:05sur des logiciels
36:06de 3D,
36:07on fait du dessin
36:08avec ces fiches de taille.
36:10nos charpentiers
36:12sont capables
36:13de tailler,
36:14confectionner
36:14une charpente,
36:16un mur au saturbois.
36:17Ça nous permet aussi
36:18de vraiment s'adapter
36:20au type de chantier.
36:22Il y a certains ouvrages
36:23qu'on ne peut faire
36:25qu'à la main,
36:27qu'en traditionnel.
36:29Clairement,
36:30quand on entre
36:31dans une scierie
36:32ou dans un atelier
36:33et qu'on travaille le bois,
36:36il y a vraiment
36:37un côté chaleureux,
36:38un côté vivant
36:40et une odeur
36:41qu'on n'a pas ailleurs.
36:43Dans la famille,
36:44on est silleur
36:45depuis trois générations.
36:47Mon grand-père
36:48avait fondé
36:49la scierie Trunel
36:50à Samonelle-Courou
36:52en 1928.
36:53Mon père a suivi.
36:55Il est venu
36:55à Issyartine-en-Châteneuf
36:57en 1978.
36:59On a pris la suite
37:00avec mes frères
37:01et on a fusionné
37:02ensuite en 2016
37:04pour devenir
37:04les garçons du bois
37:05avec les jeunes.
37:07Je me rappelle
37:08les gamins
37:09avoir vu
37:09les arbres arriver
37:10tirés avec des bœufs.
37:12Mon père,
37:13il achetait du bois.
37:14Il l'achetait
37:15au printemps.
37:16Le bois se conservait.
37:17Maintenant,
37:18le bois,
37:18il faut qu'il soit
37:18scié dans les trois mois.
37:20Il ne se conserve plus
37:22comme maman
37:22avec les épisodes
37:24caniculaires.
37:25On voit beaucoup
37:26d'arbres morts
37:27dans les forêts
37:29dus au réchauffement
37:30climatique.
37:33Pour ma part,
37:34je trouve ça inquiétant.
37:35Ça fait peur.
37:36J'aurais été tout seul.
37:37Je n'aurais pas continué.
37:39C'était trop compliqué.
37:41J'aurais jeté l'éponge
37:43et maintenant,
37:43il n'y aurait plus rien.
37:45Et là,
37:45de voir que les jeunes
37:46ont repris ça
37:46et tout ce qu'ils font
37:47et tout ce qu'ils ont amélioré,
37:49le séchage du bois,
37:51le taillage,
37:51tout ce qu'ils font,
37:52c'est modifié.
37:53Et j'en suis vraiment
37:54très fier.
37:55Au niveau de l'œuvre
37:57qui est présente
37:59au château de Goutelot,
37:59Mementopi,
38:00on a été contacté
38:01par le château de Goutelot
38:02pour participer
38:03au projet.
38:05Et donc,
38:06l'idée,
38:06c'était que nous,
38:09on fournisse le bois
38:10du projet,
38:11qu'on l'emmène
38:12à l'éméphère du parc,
38:13que les apprentis
38:14travaillent sur le projet.
38:16Il y avait vraiment
38:16une cohésion
38:19entre,
38:20d'un côté,
38:21l'entreprise
38:21et de l'autre,
38:22les apprentis.
38:23C'était vraiment
38:24super enrichissant.
38:31En effet,
38:33c'est à l'entrée
38:33du château de Goutelot
38:34qu'une sculpture
38:35convie les visiteurs
38:36à prendre de la hauteur.
38:38Baptisée Mementopi,
38:40cette sculpture belvédère
38:41a été imaginée
38:42par l'artiste
38:42Vincent Monger,
38:44dont le travail
38:44explore les liens
38:45entre espace,
38:46paysage
38:47et imaginaire.
38:49Cette œuvre
38:50met en avant
38:50l'importance
38:51du geste partagé
38:52et du savoir-faire
38:53ensemble.
38:55Pour donner vie
38:56à cette création,
38:57Vincent Monger
38:58s'est entouré
38:58des acteurs du territoire
38:59car le chantier
39:00a réuni
39:01des entreprises locales
39:02comme les Garçons du Bois
39:03et des apprentis
39:04en charpente
39:05de la MFR du parc.
39:07Nous regardons ici
39:08une œuvre collective
39:09où patrimoine,
39:11transmission
39:11et création contemporaine
39:13se rencontrent.
39:20J'essaye de mettre
39:22en valeur
39:22le côté
39:23le plus naturel
39:23possible
39:24du bois,
39:25du vénège du bois
39:25et de respecter.
39:26Ça peut être
39:27une fente
39:28sur un plateau,
39:29la traiter
39:30et la mettre
39:30en valeur
39:31plutôt que d'essayer
39:32absolument
39:32de la recouper
39:34et de la camoufler.
39:37C'est exactement
39:38ce que nous apprend
39:39aussi le travail du bois.
39:41C'est que déjà,
39:41avant de le travailler,
39:42lui,
39:43il faut lui laisser
39:43le temps
39:45de pousser,
39:46de sécher,
39:47de s'adapter
39:48à l'endroit
39:49où il se trouve.
39:51Voilà,
39:51donc en effet,
39:52cette notion de temps
39:52elle est importante
39:53à tout niveau
39:54mais il est là aussi
39:54pour durer encore
39:56bien longtemps.
39:57C'est vrai qu'en le transformant
39:58et en en faisant un objet
39:59justement
40:00qui nous est cher
40:01ou avec lequel on vit,
40:04c'est une façon
40:05de donner à l'arbre
40:06encore, je ne sais pas,
40:07des centaines d'années de vie.
40:08C'est vrai.
40:10Vous avez une très belle scie
40:12à ruban
40:12avec un bâti entièrement
40:13en bois
40:14qui a été réalisé
40:15en fait dans un fût,
40:16dans un tronc de sapin.
40:17Pour la belle histoire,
40:19c'est le grand-père
40:20qui a planté l'arbre.
40:21Le fils ensuite
40:22a guidé l'arbre
40:23tout au long de sa croissance
40:24pour lui donner
40:25cette courbure
40:25et c'est le petit-fils
40:28qui, alors âgé
40:29de 47 ans,
40:30a réalisé en fait
40:31la scie entièrement.
40:33Donc la scie à ruban
40:33qui elle,
40:34va plutôt servir
40:34au délignage
40:35et au chantournage
40:36des gros plateaux de bois.
40:38Donc là,
40:38c'est vraiment
40:38un très bel exemple
40:39de transmission
40:41justement de ces histoires
40:42des exploitations forestières
40:43de génération en génération.
40:46Parce que ce qui s'est passé
40:48historiquement aussi,
40:49c'est que chaque personne
40:50qui naissait
40:51avait sa petite parcelle
40:52de forêt
40:54et voilà,
40:54petit à petit,
40:55avec le temps,
40:56elles ont été rassemblées
40:58et donc ça a fait
40:59des plus grosses parcelles
41:00et on a un petit peu
41:01sorti de ces propriétés privées.
41:04Mais du coup,
41:04essayer quand même
41:05de retrouver
41:06les petits propriétaires forestiers
41:08particuliers
41:09pour pouvoir éventuellement
41:11être mis en relation
41:12et pourquoi pas
41:13de se rassembler aussi
41:14entre ébénistes,
41:16entre menuisiers.
41:17Ça, ça fait partie aussi.
41:18Recréer des fédérations
41:19de travailleurs du bois
41:21à notre niveau aussi.
41:23Mais ça fait partie
41:23des choses
41:24qu'on aimerait mettre
41:25en place effectivement,
41:27de pouvoir choisir
41:27l'arbre en forêt,
41:28de dire celui-là, oui,
41:29celui-là, quand ?
41:31Peut-être dans 10 ans,
41:32peut-être dans 5 ans,
41:33peut-être pas d'ailleurs
41:34ou plus,
41:36mais voilà,
41:37l'aspect vraiment forêt,
41:39c'est quelque chose
41:40qu'on aimerait mettre en place.
41:50Chez Fibois 42,
41:51c'est accompagner le territoire,
41:53ses intervenants,
41:54les humains en fait
41:55qui vivent ce territoire
41:58à travers en fait
42:00l'espace naturel
42:01qu'est la forêt
42:01et donc ce paysage
42:02et ce patrimoine vivant.
42:03Il y a de la place
42:04pour tout le monde,
42:04mais il faut que les choses
42:05soient équilibrées.
42:06C'est un peu l'enjeu
42:07de nos missions en fait.
42:09Les chantiers forestiers
42:10peuvent créer deux impacts,
42:12on va dire,
42:12à la fois les machines
42:14qui passent,
42:14parce qu'on a des fois
42:15des chantiers forestiers
42:16qui sont faits par des bûcherons
42:17manuels avec la tronçonneuse,
42:19des fois par des abatteuses
42:21et dans tous les cas,
42:24le bois,
42:24il est débardé,
42:25il est sorti de la forêt
42:26avec des machines.
42:27Par contre,
42:27le fait qu'il y ait les branches
42:28qui restent sur place
42:29en forêt,
42:30donc une fois que le bûcheron
42:31a ébranché l'arbre
42:32pour que la grume
42:34puisse être emmenée,
42:35que les branches
42:35restent sur place,
42:37c'est plutôt une très bonne chose
42:38parce qu'elles vont se décomposer
42:39et c'est ça qui va
42:41renourrir en fait
42:42le sol de la forêt
42:43et entretenir le sol de la forêt.
42:44Si on voulait tout enlever
42:45pour que ça soit propre,
42:47en fait,
42:47ça serait assez néfaste
42:48pour la forêt
42:49puisque petit à petit,
42:50en fait,
42:50on va exporter
42:51toute la matière organique
42:53et donc du coup,
42:53la forêt,
42:54le sol va s'appauvrir.
42:55Quand on se promène
42:56dans la forêt,
42:56on a plus de 9 chances
42:58sur 10
42:58de se promener
42:59chez quelqu'un,
43:00donc d'expliquer
43:01que la forêt,
43:02elle est ouverte
43:02à tout le monde
43:03mais néanmoins,
43:03elle appartient
43:04à des personnes privées
43:05qui s'en occupent
43:06et qui laissent
43:07l'accès libre
43:08à ces parcelles forestières.
43:10Donc voilà,
43:11c'est un peu
43:12toutes ces explications
43:13qu'on essaye
43:14de partager
43:15pour apaiser aussi
43:19parfois certaines tensions
43:21qui peuvent naître
43:23à notre époque actuelle.
43:24Donc l'idée,
43:25c'est que les gens
43:27apprennent à partager,
43:29à communiquer
43:30et ça passe par ces missions
43:31justement
43:31de la charte forestière.
43:34Tout comme la vision
43:36d'une coupe-rase
43:36lorsque l'on traverse
43:37une montagne
43:38en voiture
43:38ou à pied
43:39et qu'il reste
43:40un moment
43:40de questionnement
43:41et de confusion.
43:42Cette pratique
43:43qui s'intensifie
43:44avec les années
43:45n'est fréquemment
43:46pas bénéfique
43:47mais parfois
43:48demeure inévitable
43:49pour sauver
43:50une forêt entière.
43:53La coupe-rase,
43:54c'est effectivement
43:54on enlève 100%
43:55des arbres
43:56qui sont sur une parcelle.
43:57Alors ça sert à quoi ?
43:58Ça sert à récolter du bois.
43:59Alors effectivement
44:00pour des industriels
44:02ça peut être très intéressant.
44:03Dans certains cas
44:04ces coupe-rases
44:04sont légitimes.
44:05On est arrivé
44:06au bout de la vie
44:06d'un peuplement,
44:07on est arrivé
44:07sur un peuplement
44:08qui dépérit,
44:09on n'a pas d'autre solution
44:10et puis il y a
44:11des essences
44:13qu'on a des difficultés
44:14à faire régénérer
44:15sans passer
44:16par une plantation
44:16donc à renouveler
44:18ces peuplement
44:18sans les planter
44:19donc il faut couper
44:20les arbres effectivement
44:21pour les récolter.
44:22Mais dans certains cas
44:23ces coupe-rases
44:24ne sont pas légitimes
44:25parce que les arbres
44:25soit ne sont pas
44:26arrivés à maturité
44:27soit parce qu'on peut
44:28gérer autrement.
44:30Donc c'est à nous
44:32de faire la part
44:32des choses
44:33pour essayer
44:34d'expliquer ça
44:35aux propriétaires
44:36et quels seraient
44:37en fonction de leurs objectifs
44:38les meilleurs choix
44:38à prendre.
44:39Et dans certains cas
44:40en plus
44:41ils sont encadrés
44:41par le code forestier
44:43et on doit leur rappeler
44:44qu'il y a des règles
44:44et qu'on ne fait pas non plus
44:45tout à fait ce qu'on veut
44:46en forêt
44:47et on essaye
44:48dans la mesure du possible
44:49de limiter
44:50le développement
44:51des coupe-rases
44:52et ça c'est aussi
44:53quelque chose
44:53qu'on voit de plus en plus
44:54c'est-à-dire
44:54des grandes coupe-rases
44:56qui posent d'ailleurs
44:57beaucoup de questions
44:57et en tout cas
44:58en sapinière
44:59c'est pas un mode de gestion
45:00là nous on est très clair
45:01là-dessus.
45:02C'est un équilibre
45:02entre l'ombre et la lumière
45:03et c'est relativement délicat.
45:06Quand on abat un arbre
45:06comme ça
45:07on essaie de pas l'abattre
45:07sur des jeunes bois.
45:11Stop !
45:12Revenons en arrière.
45:14Concentrons-nous
45:14sur cet arbre justement.
45:20Donc l'arbre que je vais abattre
45:21c'est un gros arbre
45:22c'est un sapin
45:23il doit avoir
45:25peut-être 140 ans
45:28et c'est un sapin
45:30qui est pas de bonne qualité
45:31il va partir pour l'emballage
45:33palette emballage
45:34parce qu'on a des gros nœuds
45:37on a des défauts
45:38et peut-être qu'à l'intérieur
45:40il sera pas très beau.
45:44Installé dans le forêt
45:45depuis 25 ans
45:46Franck exerce aujourd'hui
45:47aux côtés de son fils
45:48Pierre
45:49perpétuant ainsi
45:50un savoir-faire familial.
45:52Leur métier de bûcheron
45:53s'inscrit dans une gestion
45:54durable de la forêt
45:55car ici
45:56pas de coupe rase
45:57dans les sapinières.
45:59Les arbres sont sélectionnés
46:00avec soin
46:01en prélevant uniquement
46:02les troncs arrivés à maturité
46:03présentant des défauts
46:05ou freinant le développement
46:06des autres.
46:09En sapin
46:10on fait jamais de coupe rase
46:12nous on travaille
46:13qu'en coupe d'éclaircie
46:15on peut faire
46:15on prélève les bois
46:17qui sont mûrs
46:19qui gênent
46:20qui ont des défauts.
46:21Essentiellement
46:21on travaille dans
46:22des forêts de sapin
46:23comme on dit chez nous
46:24en jardinage.
46:26Les bois qui poussent plus
46:28il faut les enlever
46:29pour que les petits arrivent.
46:32C'est le jardinage
46:33c'est le travail d'une forêt
46:34c'est tout un travail.
46:36C'est couper un arbre
46:38pour qu'il y en ait dix
46:39qui repoussent
46:40dix ans après.
46:41Ici des engins trop gros
46:44n'iraient pas
46:45parce qu'on a tendance
46:47à rouler sur les petits.
47:15voilà.
47:16C'est un métier
47:17quand on aime le faire
47:18on le fait bien.
47:20C'est pas un métier d'art
47:21mais presque.
47:21Il faut faire ce métier
47:22avec passion
47:23et courage.
48:19C'est une réalité
48:20que nous partageons tous.
48:22Le climat évolue déjà.
48:24Et ces changements
48:25sont désormais engagés.
48:26Impossible d'appuyer sur pause
48:28et de faire marche arrière
48:29comme pour arrêter
48:30un mauvais film.
48:31La durabilité
48:32ne peut se différencier
48:33de la proximité.
48:35S'accorder,
48:36comprendre,
48:37réduire.
48:38Ce sont aussi
48:39nos mots de demain.
48:40Et mieux comprendre
48:41les métiers du bois
48:42c'est aussi singulièrement
48:43connaître les idées de demain.
48:45Alors le changement climatique
48:47il est là.
48:48Clairement.
48:49Si on est un tantinet
48:50proche de la nature
48:51on a des illustrations
48:53qui sont pratiquement quotidiennes.
48:56Nous, ça nous complique
48:57d'autant plus notre métier
48:59parce que les aléas
49:00sont plus intenses,
49:02plus réguliers,
49:02plus fréquents
49:03qu'auparavant.
49:04Donc derrière,
49:05ça nous oblige
49:06à mettre en place
49:06des parades
49:07pour protéger nos cultures.
49:08L'idée de la durabilité
49:10c'est d'avoir une forêt
49:12aujourd'hui
49:13et de l'avoir encore demain.
49:14Donc ça veut dire
49:15prélever moins
49:16que ce qui repousse
49:17chaque année.
49:18Ça aujourd'hui
49:19c'est globalement le cas
49:20dans la Loire
49:21et en France.
49:21On prélève
49:22depuis très longtemps
49:22beaucoup moins
49:23que ce qui pousse.
49:24En fait,
49:24la forêt
49:25elle s'en sortira
49:25toujours sans nous.
49:28Après,
49:28ça dépend
49:28de ce qu'on veut
49:29sur nos forêts.
49:31Donc moi,
49:31je pense qu'il faut
49:32qu'on soit là
49:32pour l'accompagner
49:34parce que le choc
49:35il est quand même
49:35un peu brutal.
49:36Donc c'est important
49:37que la forêt soit accompagnée
49:40pour pouvoir
49:42mieux résister.
49:43On se dit
49:44il faut aussi
49:45que nous
49:45on mette
49:46notre petite pierre
49:48à l'édifice
49:49comme le colibri
49:50un peu
49:50et se dire
49:51nous à notre niveau
49:52aussi
49:53on peut peut-être
49:54changer
49:56certaines perceptions
49:57certaines pratiques
49:58en fait
49:58dans la fabrication
49:59de nos instruments.
50:00La forêt
50:01c'est un temps très long
50:01et le réchauffement climatique
50:02malheureusement
50:03il va trop vite
50:04par rapport à la forêt
50:04donc on sait
50:06qu'il y a une partie
50:06des forêts
50:06qui vont
50:08mourir
50:09au-delà
50:09encore une fois
50:10de juste l'aspect économique
50:10il va y avoir un aspect
50:13paysager
50:13biodiversité
50:14qui malheureusement
50:15risque peut-être
50:15d'être assez fort
50:17assez impactant.
50:19Les espèces d'hier
50:20ne seront pas
50:20les espèces de demain
50:21parce que ce qu'il faut
50:22bien se dire
50:23c'est que le bois
50:23que vous récoltez
50:24maintenant
50:25c'est un bois
50:26ou une espèce
50:27qui a poussé
50:28avec le climat
50:28des 60 ou 70 ans
50:29passés.
50:31L'arbre
50:32ou le plan
50:33que vous plantez
50:33maintenant
50:34c'est un arbre
50:35qui va connaître
50:35le climat
50:36des 60-70 ans
50:37futurs.
50:38Et entre ce delta
50:38de 120-140 ans
50:40il y a un changement
50:41qui est énorme
50:42et il faut bien être conscient
50:43qu'il faut adapter
50:44les espèces
50:45à ce changement.
50:47Donc là aussi
50:48c'est arriver à trouver
50:49cet équilibre
50:50et faire en sorte
50:50d'optimiser
50:52d'utiliser notre ressource
50:54sans la dégrader
50:55donc en fait
50:56c'est arriver
50:56à l'accompagner
50:57et faire en sorte
50:58que cet espace
50:58soit toujours
50:59un espace
51:00de vie
51:03tant pour la biodiversité
51:04pour les animaux
51:06qui vivent
51:08et puis pour tout le plaisir
51:09qu'elle nous apporte.
51:11La forêt
51:11elle sera toujours là
51:13avec une forme différente
51:14probablement
51:16et l'idée
51:17c'est qu'on soit
51:17à ses côtés
51:18et pour qu'elle continue
51:20d'être à nos côtés également.
51:24Ainsi
51:24la plus belle forêt
51:25n'est pas celle
51:26que l'on laisse disparaître
51:27mais celle
51:28que l'on est capable
51:28de transmettre.
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