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  • il y a 7 semaines
Le 15 juin 2013, jour de ses 70 ans, Johnny Hallyday est interviewé par Philippe Manœuvre avant son concert. Johnny évoque ce rendez-vous particulier, sa carrière et son retour sur scène dans le cadre du Born Rocker Tour. Une archive MYTF1 réalisée en marge de cette soirée anniversaire de Johnny Hallyday.

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Musique
Transcription
00:00Bonjour Johnny.
00:01Comment tu vas ?
00:02Ça va pas mal.
00:03Monsieur le manœuvre.
00:05Monsieur Hallyday, c'est à vous, c'est à toi qu'il faut dire bravo quand même.
00:0970 ans, dont 59 passés sur scène quand même.
00:13J'ai toujours 20 ans.
00:16Non mais ça se fête quoi.
00:17Là on sort un programme de folie avec des copains, des amis, trois soirs à Bercy.
00:23C'est un grand anniversaire.
00:25Ben écoute, au moins comme ça je suis sûr d'avoir des amis qui viennent me voir mon anniversaire.
00:31Est-ce que c'est Elvis qui t'a refilé, qui t'a donné l'envie de faire du rock
00:38'n'roll en tout cas, oui.
00:40Les premiers disques de Elvis que j'ai entendus, j'étais tout môme, c'était la famille de Lee Hallyday
00:46qui était dans l'Oklorma,
00:48qui m'avait envoyé les premiers disques d'Elvis parce que j'avais jamais entendu de rock'n'roll avant.
00:54Et d'ailleurs comme je le dis sur scène, c'était du rockabilly à l'époque.
00:57Il y avait That's All Right, Mama, et à l'époque il y avait les maracas, contrebasses, guitare et batterie
01:06au ballet.
01:08Et c'est vrai que ça m'avait marqué moi à l'époque ça.
01:12Mais en fait le déclic c'est au cinéma que tu l'as eu en allant voir Elvis.
01:17Oui, dans Amour frénétique.
01:20Voilà, Loving You.
01:22Loving You, ils avaient traduit ça par Amour frénétique, ce qui n'avait rien du tout à voir avec Loving
01:26You.
01:28Mais moi j'avais été, c'était dans un cinéma de quartier, j'avais été pour voir, j'avais vu
01:33des photos à l'extérieur du cinéma,
01:36je vois des cow-boys habillés en cow-boys.
01:39Bon, donc je me dis, putain je vais aller voir Arvestern.
01:42Et puis après je me suis planté, je vois une comédie musicale quoi finalement.
01:48Et puis quand même, je vois Elvis quand même, et puis sa façon de bouger, etc.
01:52Et puis c'était une musique qu'on n'avait pas trop l'habitude d'entendre.
01:56Et ça m'a intrigué.
01:58Et je suis revenu le lendemain revoir ça.
02:01Et puis j'avais, il y avait très peu de gens dans la salle.
02:05Il y avait quand même quelques filles qui criaient quand ils chantaient.
02:07Et j'ai dit tiens, et ça commençait à m'intéresser.
02:11Et à l'époque je jouais de la guitare classique.
02:13Alors, après j'ai troqué ma guitare classique.
02:17Je me suis fait engueuler d'ailleurs par Lee et Destin.
02:21Et puis je suis devenu un fan de Elvis.
02:24Mais entre temps, j'avais écouté beaucoup de chanteurs anglais.
02:29Et moi j'ai une version que j'essaye de retrouver, mais que je n'arrive pas à retrouver.
02:34De Lonnie Donegan au Palladium.
02:37Qui chantait Frankie and Johnny.
02:39Ça durait au moins 20 minutes.
02:41C'est A Tomber Par Terre.
02:43Donc tu étais là, tu étais ce jeune qui avait envie de faire du rock.
02:46Dans un pays qui n'est pas du tout rock.
02:48Oui, parce qu'en plus on était proche des Anglais.
02:49Alors il y avait Tommy Steele.
02:51Il y avait Les Chadors.
02:54Il y avait Marty Wilde.
02:56Il y avait tous ces chanteurs de l'époque.
02:58Et c'est vrai que les Anglais déménageaient bien aussi.
03:00C'est vrai.
03:01Mais en France, ce n'était pas le pays du rock'n'roll du tout.
03:04Tout de suite.
03:05Ce qui n'y avait plus rock'n'roll, c'était Chachet Distel.
03:07A l'époque.
03:08Avec Scooby-Doo-Boo.
03:11Et puis c'est vrai que quand j'ai commencé, j'étais très controversé.
03:16Les parterres des salles, c'était des gens qui étaient plus bourgeois.
03:23Ils ne comprenaient pas très bien ce que je faisais.
03:25Par contre, j'avais les Balkans.
03:26Où c'était les mômes qui, eux, me soutenaient à mort.
03:30Et puis voilà.
03:31Je crois que j'étais le premier à faire ça en France, en tout cas.
03:36Et alors, il fallait adapter.
03:38A l'époque, on voulait adapter le rock.
03:40On ne pouvait pas chanter Bimbo Peloula.
03:42Il fallait que quelqu'un explique, fasse les textes français.
03:45C'est-à-dire qu'on n'a pas chanté des choses très géniales en tant que paroles quand j
03:49'ai commencé.
03:50Mais on ne pouvait pas chanter Bimbo Peloula, c'est pas un baby en français.
03:53Ou Blue Sweat Shoes ne marchent pas sur mes chaussures en train bleu.
03:59Donc, ce n'était pas facile.
04:00Et puis, la langue française n'était pas la même qu'en anglais.
04:06Dans le sens des pieds.
04:09La métrique.
04:10Les mots en français sont plus longs qu'en anglais.
04:12Donc, il fallait adapter aussi des paroles qui puissent aller sur la mélodie.
04:16Parce que le rock'n'roll, c'est quand même une musique où il y a besoin d'un certain
04:20nombre de pieds.
04:21Qui a besoin pour le tempo, en tout cas.
04:24Pour le phrasé, surtout.
04:26Tu as sorti des 45 tours tout de suite, en 60-61.
04:30Et le premier n'a pas tellement marché.
04:32T'aimais follement.
04:33Mais le deuxième, Souvenir, Souvenir, c'était de la folie.
04:36C'était le raz-de-marée.
04:37C'était l'explosion.
04:40Souvenir, Souvenir est une chanson qui m'a fait démarrer.
04:43Mais le premier disque, il y avait surtout les sliffies.
04:46Qui avait marché.
04:50Mais uniquement par rapport aux gens de ma génération.
04:53Et d'ailleurs, à l'époque, j'écrivais toutes mes musiques.
04:55Parce que je n'arrivais pas vraiment à trouver des...
04:58Les français n'écrivaient pas ce style de musique.
05:01Oui, c'est vrai.
05:02Est-ce que tu as eu des moments de doute dans une carrière de 50 années de carrière ?
05:08Comme ça, il y a eu des moments de doute ?
05:10On doute toujours quand on fait ce métier.
05:12Mais tu sais, moi, au départ, je pensais chanter à peut-être un été ou deux étés.
05:16Je ne savais pas si ça allait marcher ou pas.
05:18Moi, je me...
05:20Je pensais surtout à être acteur à l'époque.
05:23Donc, si tu veux, je faisais ça par passion.
05:27Le rock'n'roll, c'était plutôt une passion.
05:28Mais je ne pensais pas en faire mon métier à l'époque.
05:31Et il y a eu des phénomènes incroyables autour de toi.
05:35Je souviens-toi quand il y a eu la fête de la nation, le général de Gaulle.
05:38On n'était pas content.
05:39Il y avait un million de gamins qui étaient venus voir les toits, en particulier, sur la place de la
05:44nation.
05:45C'était en 1963, autour de la fête de Salut les Copains.
05:48Et le général de Gaulle avait dit, ça ne va pas du tout, s'ils n'ont rien à faire,
05:52qu'ils aillent construire des routes.
05:54Tu avais été touché d'énerver le vieux comme ça ?
05:57Qu'est-ce que tu avais ressenti ?
05:58On a quand même aidé à ce que les routes se construisent.
06:01Ah oui, parce qu'on circulait beaucoup.
06:04Pour aller d'une ville à l'autre.
06:06Oui.
06:08Mais non, c'était une époque.
06:12Tu sais, Elvis, quand il a commencé, à l'époque, dans le sud des États-Unis, les gens étaient très
06:20racistes.
06:22Et quand il est passé aux radios, il y a Adi Joquet qui a cassé en direct son disque en
06:29disant, vous ne entendrez plus jamais ce chanteur avec sa musique de nègre à l'antenne.
06:36Et c'était assez dur quand même.
06:38C'était assez violent comme réaction.
06:41Et moi, j'ai eu la même chose avec...
06:45Avec...
06:45Lucien Maurice.
06:46Lucien Maurice, qui a cassé mon disque à l'antenne.
06:49Mais on est deux.
06:50Mais je ne lui en veux pas parce qu'on est devenus très amis par la suite.
06:54Et il défendait Dalida.
06:55Bon, c'était le compagnon de Dalida à l'époque.
06:57Ça peut m'excuser des choses.
06:59Mais je me souviens, quand tu es parti au service militaire, tout le monde disait, Johnny Hallyday, vous avez bien
07:04profité les gamins, il ne reviendra pas.
07:08Les croulants étaient très contents de ce départ.
07:11D'abord, le service militaire, je l'ai fait comme tous les Français, comme tous les jeunes de mon âge.
07:16Et c'est vrai que quand je suis revenu du service militaire, j'ai eu un peu de mal.
07:21Parce qu'il y avait d'autres gens qui sont arrivés entre-temps.
07:24Et quand j'ai repris mes concerts en sortant de l'armée, c'est vrai que je me rappelle, il
07:30y avait des demi-salles.
07:31Ce n'était pas complet à l'époque.
07:33J'ai changé un peu, j'ai travaillé sur le style musical que je faisais.
07:39Et puis c'est là que j'ai commencé à travailler avec Mick Jones et Tommy Brown.
07:43Et on a commencé à faire des jolies sarades et des choses comme ça.
07:46Et puis tu as trouvé un certain Jimi Hendrix qui faisait ta première partie.
07:50Et puis après il y a eu Jimi qui est parti en tournée avec moi.
07:53Ça, c'était gonflé.
07:54Parce que personne en Angleterre ne voulait.
07:56Tout le monde disait, attention, s'il arrive, il fait votre première partie, plus personne passe derrière.
08:00Donc les OU avaient la trouille.
08:02Les Stones n'en voulaient pas.
08:03Et toi, Johnny Hallyday, tu dis, bon, moi je vais le prendre, mon gars.
08:06Mais oui, parce que je trouvais, d'abord je trouvais ça formidable ce qu'il faisait.
08:10Je n'avais jamais entendu un guitariste comme ça.
08:13Moi, j'ai toujours été un grand fan de guitare-héros.
08:16Pour moi, il en faisait partie.
08:18Et en plus, on était devenus très potes, Jimi et moi.
08:22Et quand on est partis, il devait partir avec moi 15 jours.
08:24On est resté 6 mois en tournée, on semble.
08:29Et vraisemblablement, s'il n'était pas parti en tournée avec moi, j'aurais vraisemblablement jamais enregistré Hey Joe.
08:37Qui a été la clé d'un nouveau public aussi.
08:40C'était à chaque 45 tours, on décrochait des nouveaux fans.
08:46Il y a eu des 45 tours un peu scandaleux.
08:49Est-ce que tu pourrais rechanter Jésus-Christ est un hippie ?
08:52Avec le temps, oui, bien sûr.
08:54Parce qu'à l'époque, ça n'avait pas...
08:57Il faut se remettre dans le contexte de l'époque.
09:00À l'époque, les gens étaient beaucoup moins ouverts qu'aujourd'hui.
09:04On parlait de Hendrix.
09:06Quand on parle comme ça, je pense à tous les guitaristes qui ont accompagné Johnny Hallyday.
09:10Il y a quand même une bande de pointures absolument incroyable.
09:14J'ai toujours aimé les guitaristes.
09:16Puis j'ai eu la chance aussi d'enregistrer énormément à Londres.
09:19d'être reconnus par énormément de musiciens en Angleterre.
09:24Et donc d'avoir eu beaucoup de ces guitaristes qui sont venus jouer dans mes séances.
09:29Jimmy Page.
09:30Donc Jimmy Page.
09:31Big Jim Sullivan.
09:33Oui, et puis il y avait aussi Clapton.
09:37Et sur scène, tu tournais.
09:39Donc il y avait Mickey Jones qui a été faire Foreigner après.
09:42Après, il y a eu Rowling.
09:44Après, il y a eu Nono.
09:45Et aujourd'hui, il y a Yarol Poupot.
09:47Aujourd'hui, Yarol Poupot et puis Robin Lemesurier.
09:49Et Robin Lemesurier.
09:50Que j'ai connu d'ailleurs à l'époque quand il jouait avec Andy Stewart.
09:55Comment t'as rencontré Yarol ?
09:57Alors Yarol, je l'ai rencontré quand j'ai tourné Jean-Philippe, le film.
10:03D'accord.
10:04Le film qui parle de si Johnny Hallyday n'existait pas.
10:08Ce monde où Johnny n'existerait pas.
10:10Et donc le concert du Stade de France à la fin, où je dois aller sur scène, où je redeviens
10:16Johnny Hallyday, ils avaient demandé à de la figuration, à des gens de venir.
10:22Et puis ils avaient demandé à Yarol de faire le guitariste.
10:25Et Yarol, sur scène pour le film, a joué le guitariste.
10:30Et c'est comme ça qu'on s'est connus.
10:32Et tu t'es dit...
10:33Parce qu'on attendait beaucoup.
10:34Au cinéma, on attend beaucoup.
10:35Il faut bien le savoir.
10:37Le temps qui change de lumière, etc.
10:38Des fois, on attend 2-3 heures avant de retourner la suite de la scène.
10:44Et alors quand elle est toute sur scène et qu'il y avait un public, parce qu'il y avait
10:46un public de Figueron, mais enfin c'était quand même un public.
10:50Et on a commencé à faire des boeufs.
10:53Et on a commencé à faire des trucs, des chansons comme...
10:57I found my trail.
10:58Puis lui, il me suivait toujours.
11:00Bluebird Hill.
11:01Puis on a parlé, on a discuté, on a fait le boeuf comme ça pendant 2-3 heures sur scène.
11:06On est devenus potes.
11:08Et puis voilà, c'est venu naturellement après.
11:11Si on regarde les disques de Johnny, il y a eu tous ces grands guitaristes.
11:14Puis il y a eu des paroliers.
11:16Il y a eu des garçons, des gens qui sont venus.
11:19Ça commence avec Jill et Jan.
11:20Et puis après, il y a Philippe Labreau, Michel Mallory, Pierre Billon, Long Chris, Michel Berger, Goldman.
11:27Tout le monde a écrit...
11:28Enfin, il y a mille chansons au répertoire de Johnny Hallyday.
11:32Et maintenant, Milieu Sec.
11:33Et maintenant, Milieu Sec.
11:35Comment ils font ces gens-là ?
11:36Ils viennent beaucoup chez toi, ils t'écoutent, ils te regardent.
11:39Parce qu'ils collent les mots qu'il faut.
11:42Ils font des ébauches.
11:43Puis après, je leur dis ça va, ça ne va pas.
11:45Et puis après, on travaille ensemble.
11:47Mais souvent, ils me demandent des idées.
11:49Alors, je leur donne des idées.
11:51Et puis, ils écrivent de leur côté.
11:54Et je finalise avec eux.
11:57Là, par exemple, en ce moment, je travaille avec Milieu Sec sur un éventuel album.
12:02Où j'ai envie de refaire un disque sur les prisonniers.
12:06Sur les Toilards.
12:09Donc, je lui ai dit, il faut qu'on trouve...
12:11Il faut trouver une histoire.
12:13Vous savez, une chanson, c'est comme un film.
12:17Il faut un début, un milieu, une fin.
12:19Donc, il faut trouver des histoires.
12:21Mais il faut trouver des sujets pour ça.
12:23Donc, moi, les Toilards, moi, c'est...
12:26J'ai beaucoup de tendresse pour ces gens qui sont en prison.
12:29Et qui ne sont pas toujours de leur faute.
12:31Qui ont une enfance malheureuse.
12:34Et voilà.
12:35Donc, moi, quand j'ai chanté à Beauches, c'était en Suisse.
12:37J'avais fait un concert pour eux.
12:39Et quand je suis sorti avec mes musiciens dans la cour.
12:44Où il y avait les moiteurs qui nous attendaient.
12:45Pour les dire au revoir avec des gobelets en métal.
12:48Contre les barreaux.
12:49Il nous disait au revoir en tapant sur les barreaux.
12:51Et moi, dans le noir, en plus.
12:54De la nuit.
12:55Et moi, j'en garde un souvenir très...
12:57Mais il y a beaucoup de chansons qui parlent de ça.
12:59Depuis les portes du Pénitentier.
12:59Et d'abord, celui qui m'a donné envie de faire ça, d'ailleurs, c'est Jody Cash.
13:02Eh oui.
13:03Qui était allé jouer...
13:04Ah oui, à Saint-Quentin.
13:05À Saint-Quentin.
13:06Mais il t'a beaucoup de chansons.
13:07Depuis les portes du Pénitentier, jusqu'à Mirador.
13:10Il y en a énormément.
13:12Il t'a joué à Fleury-Mérogis au tout début.
13:15C'est des choses formidables.
13:17C'est des histoires d'hommes, quoi.
13:22Je suis content de faire ça.
13:23Je suis content de leur donner un petit peu de mon temps.
13:26Si on parle des albums, il y a un album que j'ai toujours adoré.
13:29C'est Rivière, ouvre ton lit.
13:30C'est un disque incroyable où il y a les Small Faces, il y a Steve Marriott, il y a
13:35Peter Frampton.
13:36Tout le monde joue derrière...
13:37C'est là que j'ai rencontré Rowling sur cet album-là.
13:39Ah d'accord.
13:40C'est un album prodigieux.
13:42Le voyage au Pays des Vivants, incroyable.
13:45On l'a fait souvent.
13:47On essaie de changer les chansons.
13:49Quand on fait des spectacles, pas toujours faire les mêmes.
13:52Mais on l'a fait souvent, le voyage au Pays des Vivants.
13:54Et puis, il y a 3-4 ans, j'avais refait Rivière, ouvre ton lit.
14:01Ça, c'était génial.
14:02Mais est-ce que Réclamation pourrait un de ces 4 revenir ?
14:06Oui, bien sûr.
14:08Oui, je laissais une petite surprise.
14:10Moi, j'adorerais.
14:11Moi, j'aime bien Réclamation.
14:12C'est énorme.
14:13Appelez-moi le chef de rayon.
14:15Le chef de rayon.
14:17Pardon.
14:18Et puis, dis-tu que je ne suis pas d'accord ?
14:24Et puis, il y a eu des plantades.
14:25Il y a eu des disques qui ont été comme en pleine vague punk.
14:29Qu'est-ce qui t'a pris d'adapter Hamlet alors que tout le monde était en train de faire
14:33du Sex Pistols ?
14:34Toi, tu dis non, moi, je vais prendre une section de cuivre et faire un double album en adaptant Shakespeare.
14:38Moi, je suis un fan de Shakespeare.
14:43Je n'ai pas l'air comme ça, mais je lis beaucoup.
14:45Et moi, j'ai toujours été traumatisé, quelque part, poursuivi par le personnage de Hamlet.
14:56Et moi, ce que je voulais faire, c'était faire un disque hors norme, de faire un album de mélangeant
15:03classique avec du rock'n'roll.
15:05C'est-à-dire des guitares électriques et tout ça, avec un orchestre symphonique.
15:08Voilà.
15:09Ce qu'on fait de plus en plus, d'ailleurs.
15:10Mais à l'époque, on ne le faisait pas, ça.
15:14Et voilà.
15:14Et puis, donc, Gilles Thibault m'avait présenté tous les textes qui me plaisaient.
15:19Et puis, voilà.
15:20Bon, ça n'a pas suivi, mais ce n'est pas grave.
15:22Moi, je suis content de l'avoir fait.
15:23Et les modes ?
15:24Parce qu'à un moment, il faut, quand tu veux durer, tu es obligé de te coltiner.
15:29Toutes les modes qui arrivent des États-Unis, d'Angleterre, ça a été difficile.
15:32À l'époque, je devançais plutôt les modes.
15:36C'est-à-dire qu'avant que le twist arrive, je chantais le twist.
15:40Un petit peu comme Claude François.
15:41D'ailleurs, Claude François, c'était quand même le précurseur de la danse-musique.
15:46Oui, oui.
15:46Il était sur les 45 tours motos des Four Tops.
15:50Hop.
15:50Oui.
15:51C'était direct.
15:53Si j'avais un marteau, il l'avait sorti en France avant Trini Lopez.
15:59Et puis après, il y a un autre disque important, c'est Rock'n'roll Attitude.
16:02Là, Michel Berger, comment il a imaginé le Johnny moderne, celui qui vit devant nous ?
16:11Michel est arrivé à faire, à mélanger un certain style de Rock'n'roll avec des paroles.
16:22Avec des paroles d'un niveau supérieur à ce qu'on avait l'habitude dans la Carole de faire.
16:28Je crois que c'est ça, au départ, qui avait marché.
16:30On n'en a pas vendu autant que ça avec Michel.
16:32On avait vendu 550 000 albums à l'époque qui étaient peu par rapport à ce que j'avais vendu
16:38avant et après.
16:40Ce n'est pas mon plus gros score.
16:43Mais c'est le disque tournant.
16:44J'en ai beaucoup plus vendu, par exemple, juste après, avec Goldman, avec L'Envie et tout ça, L'Aura,
16:49L'Envie, etc.
16:51Mais c'est le disque tournant parce qu'il a défini le Johnny adulte.
16:57C'était la première fois qu'il y avait le chanteur abandonné, on parlait de tes goûts, justement.
17:03Il y a toujours Tennessee, pour moi, qui est une chanson formidable.
17:06On a souvent parlé, moi, j'adore Tennessee et Williams.
17:10Il m'avait demandé qui j'aimais.
17:12J'ai dit, j'adorais les pièces de Tennessee et Williams.
17:14Tous les films que j'ai aimés, moi, dans ma jeunesse, étaient en général d'après des pièces de Tennessee
17:20et Williams.
17:21Et l'idée de quelque chose de Tennessee est venue comme ça.
17:24Alors, c'est vrai qu'au début, les gens ne savaient pas très bien.
17:26Ils croyaient que je parlais de Tennessee, le fleuve.
17:29Et je leur ai expliqué, mais non, je parle de l'auteur.
17:33Ça, c'est magnifique, ça.
17:35Il y a peut-être des gens qui ont été acheter des livres de Tennessee et Williams.
17:38Ça pose le toit, tu vois.
17:40Et après, c'est les stades.
17:42Après, c'est vraiment...
17:43Après, il y a gang et puis c'est la porte, c'est Johnny Hallyday qui se met à tourner
17:47dans les stades.
17:48Après, je voulais faire des spectacles pour donner un petit peu des rêves aux gens, pour donner un petit peu
17:53de l'immensité.
17:55Un petit peu comme les films, moi, que je voyais, où je disais, bon, on n'a pas l'habitude
18:01de faire ça sur scène, pourquoi pas essayer ?
18:04Et moi, j'essaye toujours de faire des choses pour faire rêver les gens, pour que les gens passent une
18:09soirée, qu'ils n'en aient plus à l'émirette.
18:11Ah ben, ils en ont eu, parce qu'en te voyant arriver en hélicoptère, en te voyant descendre sur scène
18:16au bout d'un filet, en te voyant traverser...
18:18Dans le métier de chanteur, ce n'est pas être derrière un micro et de chanter ses chansons.
18:22Pour moi, c'est d'animer les chansons, c'est un petit peu comme si on était au cinéma.
18:28Et j'essaie de donner aux gens ce que moi, j'aimerais qu'on me donne si je voyais un
18:33autre artiste sur scène.
18:34J'essaie toujours de faire des choses comme ça.
18:36Oui, tu as fait des trucs risqués, gonflés, traversé le Parc des Princes pour monter sur scène.
18:41On a cru que tu ne reviendrais jamais quand tu voyais les 60 000 personnes qui essayaient de te toucher
18:46en même temps.
18:47Tu étais là avec tes trois gardes du corps.
18:49Le premier jour, c'était surprenant, mais après, il a fallu le faire le lendemain.
18:51C'était moins marrant, ça.
18:54Non, et puis, tu es arrivé sur scène en Harley avec les côtes cassées.
18:57Enfin, tu nous as tout fait.
18:59Et c'était toujours cette volonté du spectacle, du show.
19:01Oui, mais le spectacle, c'est important.
19:04Mais c'est ta vie, non ?
19:07Moi, j'aime bien surprendre.
19:08Et puis, j'aime bien faire des choses que les autres n'ont pas fait.
19:09Alors, ce n'est pas toujours facile de trouver les choses que personne n'a fait.
19:15Mais on y arrive, mais c'est moins en vrai facile.
19:18Parce qu'on a fait beaucoup de choses, quand même.
19:20Comment on choisit quand on a un répertoire de mille chansons ?
19:26Je ne choisis pas un peu.
19:27Je teste des fois des chansons, et puis je vois un petit peu ce que les gens, d'après leur
19:33réaction,
19:33ce qu'ils aiment ou ce qu'ils aiment moins.
19:36Alors, je refais, après un tour d'horizon, par rapport à ceux qui ont été le plus applaudis ou ce
19:41qu'ils aiment le mieux.
19:42En général, c'est comme ça que je fonctionne.
19:44Là, samedi soir, tu vas faire un concert spécial, ce qui va se passer au théâtre de Paris.
19:48Ce que je fais à Bercy, ce n'est rien à voir avec ce que je vais faire au théâtre
19:52de Paris.
19:52Tu peux nous donner quelques idées ?
19:54Au théâtre de Paris, je vais refaire des trucs comme, je ne sais pas, je ne peux pas trop dire,
19:59mais je suis un rock'n'rollman que je n'ai pas fait depuis longtemps.
20:03« Dead or Alive » de Lonnie Donegan, mais version rock, pas version skiffle.
20:12« Bebop » à Lula avec Brian Selzer, pour des « Blue Sweat Shoes », des trucs comme ça.
20:18Des trucs qui m'ont donné envie de faire ce métier.
20:22Ce soir, ça va être ça.
20:24Mais alors, sur TF1, en 2009, quand tu es venu dire « J'arrête, c'est ma dernière tournée, c
20:30'est le Tour 66,
20:31ce sera le dernier. Qu'est-ce qui s'est passé ? T'as changé d'avis depuis ? »
20:35Tout le temps, j'ai eu mon accident et puis j'ai arrêté forcer.
20:40Et puis ensuite, j'ai commencé à paniquer en me disant, je tournais en rond,
20:44j'ai dit « Mais qu'est-ce que je fais là ? »
20:47C'est pas possible, j'ai besoin d'aller, j'ai besoin de faire le métier que je fais,
20:51j'ai besoin d'aller sur scène. Ou alors je m'ennuie à mourir.
20:53Mais rien ne vaut le contact avec le public.
20:56Est-ce que t'as retrouvé ça quand t'as fait du théâtre ? Sur scène, au théâtre ?
20:59Est-ce qu'il y a un contact ?
20:59Oui, mais différemment. Parce qu'il y a une pièce, parce qu'il y a une histoire,
21:04parce qu'il y a un texte, un dialogue à respecter.
21:08Mais c'est vrai que de jouer devant une caméra, en tant qu'acteur,
21:13et puis de jouer devant un public, même la même chose,
21:20il y a quand même le contact avec le public,
21:24et les réactions qu'on entend quand même sur scène du public,
21:27qui ne sont pas les mêmes que quand il y a une caméra,
21:30juste avec la caméra main derrière.
21:33C'est vrai, je comprends qu'il y ait beaucoup d'acteurs de théâtre
21:37qui préfèrent faire du théâtre que du cinéma.
21:39Alors là, moi je suis obligé un peu de tirer le bilan.
21:4150 ans de carrière, 182 tournées.
21:44J'ai plus de 50 ans de carrière.
21:46J'ai commencé à 16 ans, j'en ai 70.
21:48Oui, oui, oui.
21:50Donc, moi j'avais calculé 59 ans.
21:53Si on calcul que tu as commencé à 11 ans
21:55à chanter cette chanson de David Croquette,
21:57est-ce que tu t'en souviens ?
21:58Oui, David, David Croquette, l'homme qui n'a jamais peur.
22:03Donc là, tu as 11 ans,
22:04et qu'est-ce qui te traversait l'esprit quand tu jouais ?
22:07Tu étais pétrifié de trac ?
22:08Je ne connaissais pas le rock'n'roll encore à cette époque-là.
22:11Et puis moi, je chantais une ou deux chansons
22:13dans le numéro de danse de Desta, Ellie Hallyday,
22:18pendant qu'ils changeaient de vêtements.
22:20Mais j'étais pétrifié de peur.
22:22Alors là, on est là, 59 ans de carrière,
22:25182 tournées,
22:261000 chansons enregistrées,
22:2748 albums studios,
22:29100 millions de disques vendus.
22:31Et il paraît que tu vas attaquer l'Amérique ?
22:34Non, je ne vais pas attaquer l'Amérique.
22:35Je vais faire un album en anglais,
22:37je vais faire une tournée aux États-Unis.
22:38Ça ne veut pas dire attaquer.
22:41Mais c'est une super bonne idée !
22:43Et donc, on va faire des villes mythiques pour moi,
22:45des villes comme Austin, Texas,
22:47Nashville, Tennessee,
22:49Miami,
22:50enfin bon,
22:51toute une série de concerts aux États-Unis.
22:55Pour ça, je vais faire un album en anglais avant.
22:58Et puis ensuite, de partir en Asie.
23:01Partir en Asie pour faire des concerts
23:04pour l'école que Laetitia,
23:09mon épouse,
23:09monte pour les enfants malades des SIDA,
23:12qui ne peuvent pas aller dans les écoles normales.
23:14Donc nous, on crée des écoles,
23:15je paye des écoles,
23:16pour construire des écoles,
23:17pour que ces enfants puissent aller à l'école.
23:19C'est chic, ça !
23:22Ça me touche de près.
23:24D'abord parce que mes filles viennent du Vietnam,
23:27et que pour moi, c'est quelque chose que je leur dois.
23:29Est-ce que les Chinois auront le droit à Johnny Hallyday un jour ?
23:32Oui, on doit chanter en Chine aussi.
23:34Mais donc, c'est un programme formidable.
23:37Qu'est-ce que Johnny a appris toutes ces années
23:40au service du rock'n'roll ?
23:41Ce sera ma question finale.
23:44Écoute, je suis un bon militaire.
23:47Je suis au service du rock'n'roll,
23:49j'obéis au rock'n'roll,
23:52et le rock'n'roll qui a fait de Johnny Hallyday ce qu'il est.
23:55Et donc, pas besoin de lutter
23:57pour garder en toi une rock'n'roll attitude.
24:00Non, je ne lutte pas, je laisse aller les choses.
24:03Dans une autre chanson, tu dis
24:04« Je ne recommencerai jamais ce que j'ai fait ».
24:06C'est faux, je recommencerai toujours.
24:09Merci Johnny.
24:10Il ne faut pas croire ce que je dis.
24:12Merci Johnny.
24:13Merci.
24:13Merci Rocker.
24:16Merci à mes Tipeurs et sous-titrage ST' 501 et sous-titrage ST' 501 et sous-titrage ST' 501 et
24:16sous-titrage ST' 501.
24:16Merci.

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