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Le 9 juin 2024, lors des élections européennes, plus d'un demi-million de jeunes de 18 à 24 ans ont voté pour la liste menée par Jordan Bardella. D'autres, plus radicaux, ont préféré celle de Marion Maréchal.
À la tête de cet électorat se forme une nouvelle génération de cadres en devenir. Arborant un visage pluriel et séduisant, cette jeune élite rafraîchit un logiciel idéologique qui n'a rien de nouveau.
Pierre-Romain, 29 ans, dirige le mouvement de jeunesse du Rassemblement National ; Kaïna, 19 ans, gère la communication de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant proche du RN ; Stanislas, 24 ans, a fondé Génération Zemmour, la branche jeunesse du parti Reconquête : nous les avons suivis pendant plusieurs mois, au coeur de la campagne pour les élections européennes. Aujourd'hui aux portes du pouvoir, ils représentent la nouvelle garde de l'extrême droite française.
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À la tête de cet électorat se forme une nouvelle génération de cadres en devenir. Arborant un visage pluriel et séduisant, cette jeune élite rafraîchit un logiciel idéologique qui n'a rien de nouveau.
Pierre-Romain, 29 ans, dirige le mouvement de jeunesse du Rassemblement National ; Kaïna, 19 ans, gère la communication de la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant proche du RN ; Stanislas, 24 ans, a fondé Génération Zemmour, la branche jeunesse du parti Reconquête : nous les avons suivis pendant plusieurs mois, au coeur de la campagne pour les élections européennes. Aujourd'hui aux portes du pouvoir, ils représentent la nouvelle garde de l'extrême droite française.
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00:03...
00:12Ce soir, c'est notre première soirée,
00:14l'événement important de la campagne.
00:16On réunit quand même un nombre important de jeunes.
00:19Et donc, moi, ce que je veux vous donner comme mission ce soir,
00:21vous êtes libre de votre soirée,
00:23mais c'est bien sûr d'aller un peu discuter avec les gens
00:25qui sont en dehors du RNG, en dehors du RN.
00:27Des gens, d'ailleurs, qui ne connaissent absolument personne
00:29dans la soirée, donc il ne faut pas qu'ils viennent juste
00:31écouter Jordan et qu'ils s'en aillent, ce serait dommage.
00:34C'est à vous d'aller vers eux, de les faire se sentir bien
00:37dans la soirée, qu'ils restent longtemps après,
00:38jusqu'à 2h, 3h, 4h, peu importe.
00:46Bonsoir à tous.
00:47Pour nos adversaires, pour ceux qui nous caricaturent
00:50à longueur de journée, les jeunes, ça doit emmerder
00:54le Front National.
00:57Les choses ont bien changé.
00:59Elles vont dans notre sens, pas dans le leur.
01:02Derrière Jordan Bardella, vous êtes le nouveau monde
01:05qui gouscule l'ancien et qui va les remplacer.
01:08Vous assumez vos idées publiquement.
01:10Vous en parlez autour de vous.
01:12Vous le dites sur vos réseaux, en vidéo.
01:15Vous défendez la France et les Français,
01:17la tête est haute et le sourire aux lèvres.
01:19À partir de maintenant, vous faites partie
01:22des jeunes avec Bardella.
01:24Chacun d'entre nous.
01:30Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun, Chacun.
02:08Dans les élections européennes, plus d'un demi-million de jeunes de 18 à 24 ans ont voté pour la
02:13liste menée par Jordan Bardella.
02:19D'autres, moins nombreux mais plus radicaux, ont préféré celle de Marion Maréchal.
02:26A la tête de cet électorat se forme une nouvelle génération de cadres en devenir.
02:34Arborant un visage pluriel et séduisant, cette jeune élite rafraîchit un logiciel idéologique qui n'a rien de nouveau.
02:42Pendant la campagne des élections européennes, nous avons suivi trois responsables au cœur des organisations de jeunesse de l'extrême
02:48droite française.
02:51Stanislas, 24 ans, est le fondateur de GZ, pour Génération Zemmour.
02:57Pierre Romain, 29 ans, est le président du RNJ, le mouvement de jeunesse du Rassemblement National.
03:04Kaina, 19 ans, est militante à la Cocarde étudiante, un syndicat étudiant d'extrême droite.
03:12Leur trajectoire s'inscrit dans la capitale, où ils pourraient rapidement gravir les échelons.
03:17Ils représentent aujourd'hui la nouvelle garde de l'extrême droite.
03:39Bien, bonjour à tous.
03:40Merci au Parlement des étudiants et à vous tous pour permettre ce temps d'échange, de débats et de rencontres.
03:46Ni le Rhin, ni les Pays-Bas, ni les Alpes, ni les Pyrénées, ni la Manche, ni la Méditerranée,
03:51pour lesquels ils se sont battus si longuement et si terriblement.
03:54Derrière cet air réservé, et ce verbe un peu hésitant, se cache l'un des proches conseillers de Jordan Bardella.
04:04Depuis qu'il a été nommé président du RNJ, le mouvement de jeunesse du Rassemblement National,
04:10Pierre Romain arpente les assemblées étudiantes pour y défendre les idées du parti.
04:15Passionné d'histoire, il a un penchant assumé pour les citations du général de Gaulle.
04:19Je ne viens pas de lire un extrait des mémoires de Jacques Delors, de Jean Monnet ou de Robert Schumann,
04:24mais un passage de l'allocution du 31 mai 1960 du général de Gaulle.
04:28Alors, je vois que le RN comprend les valeurs du paulisme.
04:32Je suis très choqué d'entendre ça.
04:34Je voudrais vraiment savoir concrètement qu'est-ce que vous avez fait pour l'Europe.
04:37Et sortez un petit peu de la démagogie, merci.
04:41Sur de Gaulle, écoutez, c'est quand même pas nouveau qu'il y a des gens au RNJ qui parlent
04:45du général de Gaulle.
04:46Je pense qu'on est en 2024, la fin de la guerre d'Algérie c'est 62, et on peut
04:52peut-être passer à autre chose.
04:54Au fil des débats étudiants, Pierre Romain a appris l'art de répliquer à ceux qui refusent la normalisation de
04:59ses idées.
05:03Il a quitté son jura natal pour étudier l'histoire à la Sorbonne,
05:07où sa vie a pris un nouveau tournant lorsqu'il a été recruté par la coquard d'étudiante.
05:13Il y a un jour, je suis dans un amphithéâtre, dans un cours de relations internationales,
05:18et un ami à moi, qui est devenu ami maintenant, mais on ne se connaissait pas les autres,
05:21il s'appelait Gabriel, il regarde mon fond d'écran.
05:26J'avais le général de Gaulle sur une fresque, quelque chose comme ça,
05:30et il m'a interpellé au sujet de mon fond d'écran en disant « est-ce que tu es
05:34de droite ? »
05:35Ça m'a un peu surpris qu'on me demande ça en plein cours de relations internationales,
05:39et je lui ai dit « oui, je suis plutôt de droite, mais je n'ai pas pu se répondre
05:43à ça. »
05:44Il m'a dit « si tu veux, on fait un apéro, demain ou après-demain, avec des gens dans
05:49un syndicat étudiant. »
05:51C'est comme ça que j'ai été recruté, entre guillemets.
05:54C'est à une soirée de la cocarde étudiante que Pierre Romain a rencontré Jordan Bardella.
05:59Si la cocarde ne se revendique d'aucun parti, elle entretient des liens étroits avec le RN,
06:04auxquels elle fournit régulièrement de nouvelles recrues.
06:09Créé sur les bancs d'Assas en 2015, le syndicat étudiant s'est entre-temps implanté dans 22 universités françaises.
06:16Il défend une ligne antilibérale, fermement opposée à l'immigration,
06:20et entend briser ce qu'il considère comme une emprise de l'extrême gauche sur le milieu étudiant.
06:24« Bonjour ! Bonjour, c'est la cocarde étudiante ! Bonjour ! Bonjour ! Merci ! »
06:34Kaina est en deuxième année de licence en droit à la Sorbonne.
06:38Née d'une mère française et d'un père marocain, elle a grandi dans le 94, en banlieue parisienne.
06:43« Bonjour, c'est la cocarde étudiante ! Bonne journée ! »
07:00En arrivant à la fac, Kaina découvre la cocarde sur les réseaux sociaux.
07:05« Pourquoi nous fuir ? Bonjour ! Bonne journée ! »
07:09Elle admire les actions du syndicat, mais hésite longtemps avant de le rejoindre.
07:12« Bonjour ! Bonne journée ! Bonjour ! »
07:16« Wouhou ! Fini ! »
07:18« Attends ! »
07:21« Voilà ! »
07:22« Acte de militantisme du jour. »
07:23« Yeah ! »
07:25« Devant les fachos. »
07:26« Il s'envole jouent les deux, camarades ? »
07:29« Adrien ? Tu peux nous prendre un photo, s'il te plaît ? »
07:32« On est là ! »
07:34« On est là ! On est là ! »
07:36« Même si Macron ne le veut pas, nous, on est là ! »
07:39« Quand j'ai rejoint la cocarde, je me suis demandé si, justement, j'étais pas un extraterrestre, parce que
07:49j'aime la japonimation, les mangas, etc. Les premières actions, j'étais toute timide. C'était un monde totalement différent.
07:57Je connaissais pas du tout le militantisme. Et bon, maintenant que ça fait six mois que je suis dans le
08:02mouvement, et très rapidement, je me suis fait beaucoup d'amis à la cocarde.
08:07Et maintenant, je suis totalement naturelle. Et c'est vrai qu'au naturel, je fais un peu de bruit. Ça
08:14fait cinq jours qu'il vit avec de la K-pop.
08:16« Tu vois bien, mais tu vois bien ! »
08:17« Et très vite, j'ai compris que j'allais vraiment apprécier ce mouvement. On peut être jeune, étudiante, et
08:24avoir ce genre d'idées, et les assumer, et ne pas se cacher et se terrer, parce que nos idées
08:30ne sont pas acceptées. Non, au contraire. C'est en se montrant que nos idées vont commencer à être acceptées.
08:37« Ici, on est très ouvert d'esprit, non ? Un protestant, c'est déjà beaucoup. »
08:44« C'est déjà bien, franchement. »
08:46« Pourquoi vous vous êtes retrouvés à la cocarde ? »
08:49« Je pense que le socle commun, c'est déjà le patriotisme. C'est vraiment ce qui nous réunit tous.
08:55Enfin, c'est vraiment ça. Ensuite, il y a...
09:00Il y a l'identité, la méritocratie, un petit peu, quand même. Il y a aussi également le volet social
09:10et écologique. »
09:11« Au-delà de l'aspect militant, c'est aussi l'aspect social qui est vachement important. Enfin, il y
09:15a des gens qui ont les mêmes valeurs que toi.
09:17Juste, on débarque dans une grande ville, en quelque sorte. Moi, je n'étais pas de Paris de base. Je
09:21ne débarque pas. Je n'ai aucune connaissance, aucune base, quoi. »
09:25« Quand on arrive dans le secteur universitaire, on est vraiment plongé dans un monde purement que la gauche s
09:30'approprie, en fait, directement. »
09:32« Et c'est vrai qu'on va pouvoir, on va certainement se retrouver assez isolé. Moi, ça a été
09:36le cas. Au départ, j'ai fait compter beaucoup de gens de gauche. »
09:39« Mais on se retrouve en conflit, généralement avec. Alors que si on sait qu'on peut retrouver d'autres
09:44étudiants qui ont même pensé que nous, avec quelqu'un, on peut s'entendre sur l'avenir de la faculté,
09:49sur les dispositions à mettre en place ou autre, ça va énormément aider. »
09:53« C'est pour ça, je pense qu'aussi, on est beaucoup à avoir rejoint la cocarde ici. »
09:58Les militants de la cocarde se présentent comme les exclus d'une société gauchisée dont les valeurs seraient en danger.
10:10Ce sentiment d'être méprisé par des élites bien-pensantes a été exploité par Éric Zemmour, le président du parti
10:17Reconquête.
10:17« Alors, en préambule, comme vous le savez, la France a gagné son match d'ouverture face à la Nouvelle
10:24-Zélande, ce qui explique ma petite voix et le fait que ce micro m'est particulièrement utile,
10:29puisque quand on écrase les All Blacks dès le premier match de la Coupe du Monde, forcément, la voix ne
10:34suit pas nécessairement à la fin du match.
10:36Si nous croyons réellement que le pays est en danger, nous devons être actifs, actifs et actifs. »
10:40Stanislas a fondé GZ pour rassembler les jeunes qui souhaitaient voir l'ancien polémiste s'engager en politique.
10:46« Le sujet qui préoccupe particulièrement les Français, c'est l'identité nationale, c'est la lutte contre l'immigration
10:51de masse, et comme vous le voyez, partout en Europe, un vent se lève. »
10:56Depuis, son mouvement est devenu la branche jeunesse officielle du parti.
11:00« Ce vent, c'est celui des identitaires, c'est le vent des anti-walks. »
11:04Ancien scouts unitaires de France, férus de rugby et catholiques pratiquants, Stanislas affirme qu'il a toujours été de droite.
11:10« Vive Eric Zemmour, vive Mario Maréchal, et surtout, surtout, vive la France ! »
11:21« Merci, c'est gentil. »
11:23« Pastille Valda, pastille Valda, pastille Valda ! »
11:26« J'ai trop hurlé pendant le match, c'est pour ça. »
11:29« On ne peut pas sauter en l'air le samedi soir. »
11:34« C'est dur, hein ? »
11:36« Ben oui, et puis la bière, ça est temps, plus on peut. »
11:38« Il faut que vous fassiez de la propagande pour l'immigration, mais pas que. »
11:43« Bien sûr, c'est pour ça que j'ai parlé avec ton Étoile-Ti-Walks, attaché à l'Ibère
11:46Tectonomique. »
11:47« L'école, l'école. »
11:52« Je vais faire un point de départ de cette campagne européenne que nous lançons. »
11:58« C'est magnifique. »
12:00« Bien sûr, mais ça ne me dérange pas, ça va être plaisir. »
12:03« C'est pour mon petit-fils qui est de gauche. »
12:05« On l'embrasse. »
12:12« Mais vous savez ce qu'on dit, vous connaissez la phrase. »
12:15« Si on n'est pas de gauche à 20 ans, on n'a pas de cœur. »
12:18« Si on n'est pas de droite à 40 ans, c'est qu'on n'a pas de cerveau.
12:36»
12:36« Et deuxièmement, que si nous voulons un terme arriver au pouvoir, il faut vous mobiliser partout sur le terrain.
12:41»
12:41« Alors cette année, avec en plus l'élection, plus notre stratégie de campagne permanente, »
12:45« je ne vois pas comment, un, on peut s'ennuyer, de deux, comment on peut être inaudible. »
12:49« Merci à vous. »
12:51« Merci. »
12:51« Bon, ça te va ? »
12:53« Ça, tout se passe bien ? T'as besoin de rien ? »
12:55« Franchement, tout se passe super bien. Les gens sont super accompagnants d'après. »
12:59« Stanislas est aujourd'hui la coqueluche de la nouvelle presse d'extrême droite, dont Livre noir et le fer
13:04de lance. »
13:05« Trop fort, le live tweet, c'est bien, vous avez été ultra efficace. »
13:07« C'est toi ? »
13:07« Fondé par des proches de Marion Maréchal en 2021, ce média donne la parole à tous ceux qui partagent
13:12la même obsession pour l'immigration. »
13:14« Ouais, ça cartonne en ce moment, ça reprend bien. »
13:16« C'est un bon lancement, on essaie vraiment d'être sur tous les pôles. »
13:19« Ça permet vraiment de ça. »
13:20« Ouais, super. »
13:21« Quand t'es interviewé par la meilleure journaliste de Livre noir, forcément... »
13:24« Ouais, ok. »
13:26« Ça va, deux branleurs ? Ça bosse ? »
13:29« C'est le mec avec sa bière à la main, t'sais. »
13:31« Alors les gars, ça bosse un petit peu. »
13:36Cumulant près de 700 000 abonnés sur ses réseaux sociaux, Livre noir est pour Stanislas une solide caisse de résonance.
13:49Cette sphère médiatique n'était pas aussi développée lorsque Stanislas étudiait le droit à l'Institut catholique de Vendée.
14:04« J'ai créé un journal à l'époque, Les Tures Libres, avec des copains, qui partent d'un constat
14:11très simple. »
14:13C'est que médiatiquement, il y a plus de médias de gauche que de droite,
14:17qu'il y avait beaucoup plus de médias de gauche pour les jeunes, qu'il y en avait très peu
14:21à droite.
14:21Donc on s'est dit, il manque ce truc-là.
14:25Et surtout, on voulait faire du papier, donc on a lancé un journal papier, un mensuel,
14:28que j'ai tenu pendant près de 2-3 ans.
14:32Et à quel moment ces idées-là, tu te les ai formées ?
14:34Moi, j'ai toujours été de droite, toujours considéré de droite, mais très tôt.
14:37J'ai très tôt été politisé, pour le coup.
14:39Premier souvenir politique, c'est 2005, les émeutes, pour le coup.
14:43Parce que non pas que je les ai vues, non pas qu'il y avait des chaînes d'info en
14:46continu qui les m'aidaient.
14:47Simplement, à la radio, on entend qu'il y a des voitures qui ont cramé pendant toute la nuit,
14:50et de se réveiller tous les matins quand on va dans la voiture à l'école et on entend que
14:53ça crame, ça crame, ça crame.
14:54Donc à l'époque, savoir que c'est Nicolas Sarkozy qui est ministre, c'est évidemment très lointain.
14:59Et puis après, je me suis toujours considéré droite, par bon sens.
15:04Mais, bon alors, t'as cité 2005, t'avais 6 ans, je calcule bien.
15:08Souvenirs, oui.
15:10Ça, en 2005, j'ai 6 ans, et c'est là où je me rends compte qu'il y a
15:12de l'actualité, en gros.
15:13C'est mon premier souvenir à l'actualité.
15:14Il y a de la violence, les policiers, nan, nan, nan, qu'il y a un état d'urgence, qu
15:17'il y a mis en place.
15:19C'est pas bon, et donc les parents en parlent, en plus.
15:20Les parents disent, ah oui, c'est dangereux.
15:22Et donc, tu dis que t'es très vite défini de droite, tu t'es toujours défini de droite,
15:26Ouais.
15:27Tu t'es jamais défini d'extrême-droite ?
15:29Moi, je trouve pas, parce que, encore une fois, ce que je viens de décrire à l'instant,
15:32à savoir être inquiet par la violence du monde dans la société, les attentats, l'islamisation du pays,
15:37j'ai pas l'impression de soit des choses extrêmes.
15:45L'extrême-droite n'aurait donc plus rien d'extrême.
15:53Selon Stenislas, elle relèverait du bon sens.
15:57Pour Kaina, elle allierait le patriotisme à l'écologie et la solidarité sociale.
16:03Un programme bien éclectique, où chacun pourrait trouver son compte.
16:08Ça va la forme ?
16:09Ça va ?
16:10Ça va la forme ?
16:11C'était bien ?
16:12Ah, il y a du monde hein, putain.
16:18J'en ai marre aujourd'hui que dire qu'on est fier d'être d'un pays,
16:22ce soit vu comme du racisme ou de l'extrême-droite.
16:24Voilà.
16:25Pour moi, la normalité, c'est pouvoir être fier de ses origines,
16:28pouvoir être fier de l'histoire de son pays.
16:29Éric Zemmour avait parlé d'inscrire les racines chrétiennes de la Constitution dans la Constitution.
16:34Moi, je suis désolé, je suis juif.
16:35Je trouve ça normal.
16:36Quand il y a Charlie Hebdo et tous les attentats de 2015, je suis en 6ème.
16:41Donc, en fait, on a grandi.
16:42J'ai 12 ans.
16:43J'ai grandi dans une France où tous les 4 matins, il y a 200 personnes qui se font roulées
16:48dessus.
16:49Et j'ai grandi dans une France où tes parents te disent, quand t'es dans le métro, range ton
16:54téléphone,
16:54fais attention, évite certaines rues.
16:57Et puis voilà, on est cette génération qui évite des quartiers, qui évite des rues,
17:04qui éventuellement change de trottoir quand ce qui se passe en face.
17:08Vous craignez une guerre de civilisation ?
17:12Une guerre de civilisation, je ne sais pas.
17:14En tout cas, le grand remplacement, je pense qu'on ne peut que le craindre
17:17puisqu'on voit qu'il est déjà en place.
17:21Donc, tout simplement, de voir notre civilisation disparaître plus qu'autre chose.
17:25Par exemple, autour de chez moi, il n'y a pas de boucherie non halal, il n'y en a
17:28pas.
17:29Il n'y a pas de fromager, il n'y a pas tout ça.
17:31Et je suis dans Paris, je suis dans le 19ème.
17:34Donc, il y a une islamisation, il y a un grand remplacement de population.
17:37Beaucoup de kebabs, beaucoup de populations vraiment qui ne s'assimilent en rien,
17:44qui continuent à parler l'arabe, qui s'habillent comme oblèdes,
17:48qui mettent des tongs de l'hiver.
17:51Moi, je viens d'Ibri, sur Seine.
17:52Il faut savoir que c'est une ville à 80% remplacée.
17:55Dans ta famille, ils ont les mêmes idées politiques que toi ?
18:00Mes grands-parents pensent comme moi, oui.
18:02Il faut savoir que mes grands-parents sont des pieds noirs de Tunisie.
18:07Et donc, ils ont connu toutes les discriminations qui ont été faites aux Français
18:12qui étaient présents à cette époque-là.
18:14Ils connaissent très bien la communauté musulmane.
18:18Ils connaissent très bien, voilà, les bienfaits et les méfaits.
18:22Mais aujourd'hui, on est en France.
18:24Et ce qui compte en France, c'est les Français.
18:27Et c'est pour ça que je me suis engagé au Parti Reconquête.
18:29C'est pour défendre la France, les Français contre l'islamisation.
18:32La ville d'Ibri, sur Seine, que ce militant considère à 80% remplacée,
18:36comptait 25% d'étrangers en 2020, selon les derniers chiffres de l'INSEE.
18:42Les militants GZ semblent craindre un ennemi ouvertement désigné, les musulmans.
18:48Qui, pour rappel, ne représentent qu'environ 10% de la population française,
18:52selon le même institut.
18:54On s'en s'en s'en s'en s'en s'en...
19:01C'est bon !
19:14C'est bon !
19:16Zemmour, Zemmour, Zemmour, Zemmour, Zemmour, Président, Zemmour, Président !
19:22Il y a seulement quelques mois, les propos d'Éric Zemmour lui valaient une condamnation pour provocation à la haine
19:27raciale.
19:29Aujourd'hui, ces jeunes militants reprennent sa rhétorique incisive à visage découvert,
19:33jouant un rôle de premier plan dans la normalisation de l'extrême droite.
19:37Pour diffuser leur discours, Stanislas peut compter sur la réactivité de ses réseaux.
19:43Les gars, il y a envoyé des vidéos à Karen, il va les poster avec Libre Noir.
19:46On va envoyer des belles vidéos. Attends, on va en envoyer plein.
19:57Libre Noir prend parfois les atours d'une agence de communication, plus que d'un média d'information.
20:02Éric Zemmour, son succès, c'est un succès idéologique.
20:04Et il n'est pas le seul.
20:06Je crois que l'Union Européenne a besoin d'une bonne droite.
20:09Occidentis, Boulevard Voltaire, Radio Courtoisie.
20:12Vous pouvez me retrouver dans quelques secondes sur la matinale de Radio Courtoisie.
20:14Les réseaux sociaux offrent à ces médias un terrain de jeu privilégié
20:17pour diffuser des idées simples et tranchantes, légitimant toutes les discriminations.
20:22C'est quoi ne pas être assez musulman, finalement ?
20:24Finalement, ça vient nous poser la question.
20:25Il y a vraiment une différence entre musulman et islamiste.
20:28On est d'accord sur ce constat qu'aujourd'hui, on n'arrive pas à appliquer des OQTF.
20:30Il n'est pas question que des jeunes comme Thomas à Crépaule soient massacrés par des hordes maghrébins.
20:36Ces propos sont également devenus le fond de commerce d'une nouvelle génération d'influenceurs réactionnaires.
20:40Bien sûr que je considère que l'immigration de masse est une menace pour les femmes.
20:44La promotion d'un agenda politique d'extrême droite est relayée par les féministes identitaires.
20:48Nous sommes la génération de Claire, violée par un centre africain sous OQTF.
20:53Nous sommes la génération de Luna, petite suédoise de 10 ans, supplicée par un migrant dans un square et laissée
20:59pour morte.
20:59Aux féministes identitaires s'ajoutent les antiféministes qui souhaitent rétablir un ordre patriarcal.
21:04Je ne suis pas féministe. Bien sûr que les hommes et les femmes ne sont pas égaux, ne le seront
21:10jamais et qu'il n'est pas souhaitable qu'ils le soient.
21:13Et les influenceurs virilistes qui voient leur masculinité menacée par la modernité.
21:17La société occidentale produit des hommes individualistes coupés de leur famille et des femmes masculinisées dégoûtées de la maternité.
21:24Au sein de cette sphère, tout le monde se connaît et se soutient réciproquement.
21:29Moi j'ai toujours été à fond derrière Zemmour et maintenant Marion.
21:33Tous partagent un objectif commun, l'arrêt total de l'immigration et la restauration d'une société conservatrice.
21:43Kaina aimerait elle aussi jouer un rôle.
21:51Elle souhaite monter en grade au sein de la cocarde et prend l'initiative d'organiser une conférence à Assas.
22:09L'événement provoque une manifestation dont Kaina semble s'amuser.
22:15La colère qu'elle suscite ne fait que renforcer ses convictions et lui fournit l'occasion de fustiger l'extrême
22:21gauche qui, selon elle, piétine la liberté d'expression.
22:24En fait, ils n'acceptent pas le fait qu'on puisse avoir une opinion différente de la leur.
22:29Comme elle le dit, c'est en assumant haut et fort ces idées que celles-ci pourront être acceptées.
22:34Alors, Kaina s'affiche de plus en plus sur les vidéos de la cocarde étudiante.
22:38Tout comme toi, nous constatons que la situation étudiante actuelle est inquiétante.
22:42De nombreux étudiants sont en situation de précarité, ont du mal à se loger et n'ont pas forcément les
22:47moyens de se nourrir.
22:48Tandis que les étudiants étrangers sont favorisés.
22:51Nous devons mettre un terme à cette situation.
22:53Car la jeunesse patriote française se réveille.
22:55Et ils ne comptent pas céder aux injonctions des gauchistes, des immigrationnistes et des pseudoprogressistes.
23:09J'ai perdu beaucoup d'amis avec cette simple vidéo.
23:14Je suis blacklistée littéralement de mon lycée, de mon ancien lycée,
23:20dans lequel ce professeur qui m'appréciait auparavant,
23:25maintenant, il ne veut plus du tout entendre parler de moi.
23:28Qu'est-ce qu'il t'a dit ?
23:30Qu'est-ce qu'il m'a dit ?
23:31Il m'a envoyé tout d'abord un message
23:34m'expliquant qu'il était tombé sur la vidéo
23:37et qu'il était extrêmement déçu,
23:40que son enseignement n'avait donc servi à rien
23:43et qu'il fallait que je me reprenne en main
23:46et que ce n'est pas normal de s'engager dans un syndicat avec de telles idées
23:53et qu'en vidéo, défendre notamment la priorité nationale
24:00dans l'attribution des logements de course,
24:04c'est inacceptable.
24:07En plus de ça, il m'a expliqué que j'étais utilisée,
24:11que je n'étais qu'un pion
24:12et qu'il déteste viscéralement ce que je suis.
24:15Pourquoi, à ton avis, il a dit que tu étais qu'un pion ?
24:19Pourquoi, j'étais ?
24:20Il a dit que tu étais qu'un pion.
24:26En fait, malheureusement, il a cette idée
24:29que beaucoup de personnes à gauche ont
24:32que lorsqu'on se dit de droite,
24:36il y a cette idée de
24:38on est de droite, donc on est raciste,
24:41ce qui est évidemment faux.
24:43Pour lui, j'étais un peu, entre guillemets, leur caution, en fait.
24:46Regardez, on a quand même une fille qu'on met sur la vidéo
24:50et qui a des origines.
24:53C'est lamentable de penser comme ça, sincèrement.
24:56La préférence nationale que Cahina défend dans sa vidéo
24:59est l'un des principes historiques de l'extrême droite.
25:03Cette mesure,
25:04qui entend exclure les étrangers des aides sociales,
25:06a été popularisée dans les années 80 par Jean-Marie Le Pen.
25:11Elle a longtemps marqué la division
25:12entre le Front National et la droite républicaine,
25:15respectueuse de l'universalité des droits garantie par la Constitution.
25:29Depuis, Marine Le Pen l'a habilement rebaptisée.
25:32La préférence est devenue la priorité,
25:35un terme plus facile à défendre dans le débat public.
25:37C'est ton premier meeting, non ?
25:45Oui !
25:58Banalisé,
25:59ce concept de priorité nationale
26:01a trouvé un écho auprès de nombreux jeunes comme Cahina.
26:04En s'appropriant ce nouveau lexique,
26:06ces jeunes entretiennent et accélèrent sa diffusion.
26:09berg amée de l'universalité massive.
26:22Générique
26:25...
26:26...
26:54Sous-titrage MFP.
26:57Derrière les discours militants, quelles convictions intimes poussent cette jeunesse dans les rangs de l'extrême droite ?
27:04Pierre Romain vient d'une région privilégiée et sans insécurité, comme il aime à le rappeler.
27:09Il s'est politisé dans ses livres d'histoire en rêvant d'une gloire passée qu'il n'a jamais
27:14retrouvée dans la France d'aujourd'hui.
27:18C'est bon ?
27:20Ouais, nickel.
27:21Pourquoi tu penses que c'est vraiment l'histoire militaire, de la conquête, etc., des civilisations qui t'a le
27:29plus attiré ?
27:30Ouais. Alors il y a peut-être des raisons purement liées aux sentiments, sensations, un peu le côté épique.
27:38Donc là, c'est pas tellement réfléchi, c'est un peu instinctif.
27:43Moi, ça me...
27:45Voir des scènes épiques ou lire des choses, des récits de bataille, etc., ça me procure des émotions et c
27:52'est quelque chose qui m'attire.
27:55Ensuite, a posteriori, parce qu'on se pose pas ces questions-là quand on est plus jeune, mais c'est...
28:00Pour moi, c'est là où se concentrent les décisions dans l'histoire.
28:04C'est par la guerre, par les affrontements entre armées, entre puissances, que se font les décisions des peuples, des
28:12civilisations.
28:13Que certaines disparaissent, que certaines vont renaître, que certaines vont décliner.
28:18Pour moi, c'est dans l'affrontement, dans l'histoire militaire, qu'on a quand même la clé de compréhension
28:23du monde, de son évolution.
28:26Pierre Romain a un temps envisagé une carrière militaire, mais a préféré le champ des idées pour mener son combat.
28:35Stanislas aurait lui aussi pu finir dans l'armée plutôt qu'en politique.
28:38C'est quoi le hashtag ?
28:41À 15 ans, il entre à l'internat du lycée national militaire de La Flèche, en Pays de Loire, sur
28:46les traces de son père.
28:48Est-ce que tu peux nous parler un peu de ton père ?
28:51Si vous voulez, que mon père est militaire, mais après, j'ai pas de...
28:55J'ai pas... Je suis pas encore, comment dire, sur le divan de Marc-Olivier Fogiel.
29:01Mais non, non, de mon père, je m'entends très bien avec lui.
29:03Je suis très fier de ce qu'il fait. Je suis très heureux d'avoir un père militaire.
29:05Forcément, quand son père part en mission...
29:09On comprend aussi ce que ça veut dire d'envoyer des gens au front.
29:13Même si on est jeune, même si on est plus petit, on sait ce que c'est d'avoir un
29:15père qui part X mois à X endroit.
29:19Forcément, ça joue.
29:20Mais après, je pense que beaucoup de parents non militaires sont aussi patriotes
29:24et inculquent des valeurs similaires à celles d'un père militaire.
29:27Ça, c'est évident.
29:29Quelle valeur, tu dirais, est un inculqué ?
29:31Le patriote, je pense, essentiellement, oui.
29:33Bien sûr, le travail et le sens de l'État, de son service.
29:38Je pense que c'est important de dire qu'on voue sa vie, ou en tout cas sa profession, à
29:42une cause précise.
29:43Et en l'occurrence, là, c'est la défense des intérêts français, des Français ici en France et en métropole
29:49et partout ailleurs dans le monde.
29:50Je pense que c'est important d'avoir cette envie de défendre son pays.
29:56Je pense que c'est une belle valeur.
29:59Je pense que toute une partie de ma génération a été marquée par 2015.
30:02En 2015, il y a deux événements marquants.
30:04Il y a évidemment Charlie Hebdo et il y a le Bataclan.
30:07Et Charlie Hebdo, je suis en troisième.
30:11Et le Bataclan, je le suis fait au lycée à la flèche.
30:14Et tout le monde se souvient.
30:15Je pense que, honnêtement, pour notre génération, c'est quasiment à 11 septembre,
30:18où chacun se souvient à peu près de là où il était ou de comment il l'a appris.
30:21Et ce qui m'a frappé, c'est le manque de réaction, en réalité.
30:23Tout le monde est effaré, tout le monde fait des marches blanches, tout le monde pose des bougies.
30:28Et quoi d'autre ?
30:29Rien n'a changé, ça s'empire.
30:30Et donc, moi, je me suis dit très tôt qu'il fallait justement se battre pour que ça change.
30:35Si Stanislas s'est construit dans un milieu où l'extrême droite est surreprésentée,
30:39Kaina a grandi dans le 94, un département historiquement à gauche.
30:53Sa mère gère une association sportive et son père est ingénieur en informatique.
31:06Ils n'ont jamais parlé politique à table, alors Kaina dit s'être politisée seule,
31:10en regardant à la télé les débats des présidentielles de 2017.
31:16Est-ce que je peux te demander de faire plein de photos ?
31:18Oui, oui, oui, carrément.
31:35Les origines de son engagement remontent à ses années de collège.
31:42Juste, je regarde...
31:43Donc, je venais de Maison-Alfort, donc j'ai fait toute ma scolarité jusqu'en 6e à Maison-Alfort.
31:51Et donc, c'était dans un quartier pavillonnaire, très tranquille, voilà.
31:56Et ensuite, donc, j'ai déménagé en 5e à Choisy-le-Roi.
32:00Et ça m'a vraiment fait sortir de cette petite bulle où je pensais que tous les enfants sont comme
32:06moi
32:06et ont la même vie que moi.
32:08Je n'avais pas vraiment pris conscience que juste à côté, il y avait une cité.
32:12Dès le premier jour, je me souviens, j'ai senti que c'était différent.
32:16En fait, il n'y avait aucun élève blanc de peau.
32:20Il n'y avait que des personnes issues de l'immigration et plutôt venant d'Afrique ou du Maghreb.
32:29Et je ne sais pas pourquoi, je me suis dit...
32:32C'est bizarre, c'est la première fois que je vois ça.
32:35Et c'est bizarre, je ne suis pas habituée à avoir une classe comme ça.
32:38Et j'ai l'impression, justement, moi, de ne pas être à ma place.
32:46Et lorsque j'étais nouvelle, les premiers jours, il y avait énormément de personnes qui venaient vers moi.
32:49Mais en fait, la première question de ces personnes-là, à chaque fois, c'était « Tu es de quelle
32:55origine ? »
32:56Et ça m'avait vraiment marquée parce que je me suis dit « Mais... Qu'importe ! »
33:03Enfin, ce n'est pas important de savoir mes origines.
33:06La première question devrait être « Comment tu t'appelles ? Tu es en quelle classe ? »
33:10Mais non, là, c'était « Tu es de quelle origine ? »
33:13Et en fait, lorsque je disais mes origines, il y avait des « sortes de tribus ».
33:19Si la personne en face de moi était d'origine marocaine également, c'était « Oh, mais ma soeur, tu
33:25fais partie de la communauté ! »
33:28« Viens avec nous, traîne avec nous, n'hésite pas à venir nous parler ! »
33:31Mais si, à l'inverse, c'était une personne qui était plutôt d'origine algérienne, vu qu'il y avait
33:36vraiment cette rivalité entre ces deux « tribus », entre guillemets,
33:42et bien là, c'était « Ah, bon, ok, bah... »
33:47Voilà !
33:48Et la personne partait et n'allait plus jamais s'intéresser, en fait, à moi.
33:57Et si je peux rajouter un dernier truc...
34:00En fait, on m'a fait une réflexion qui m'a beaucoup marquée, aussi, encore.
34:05C'était une année un peu compliquée, on va dire.
34:07Mais en fait, on m'a reproché d'être trop blanche.
34:13Et ça, pareil, c'était quelque chose que je n'avais jamais entendu.
34:18Je me suis dit, bon, il y a des gens qui ont une haine envers la France,
34:23il y a des gens qui ont une haine envers la culture française, la langue française,
34:27et également les Français et les Blancs.
34:30Et quand on se rend compte de ça, c'est un peu déroutant.
34:39Et effectivement, une conscience politique se fait naturellement.
34:59Face aux difficultés que Kaina a traversées cette année-là,
35:02les discours fermes de Marine Le Pen lui apportaient une solution toute faite.
35:08J'ai choisi de rejoindre la cocarde et pas une autre association,
35:11parce que je pense que le combat dans les universités est primordial.
35:13et que c'est l'association qui représente le mieux mes valeurs, celle du camp national.
35:17En fait, c'est bien pour la version horizontale, mais pas pour la version verticale.
35:22Rejetée par les tribus de son collège,
35:25elle semble avoir trouvé en la cocarde sa propre tribu.
35:32Dévouée et investie,
35:34elle est rapidement nommée responsable de la communication.
35:483, 2, 1...
35:52Bonjour, je m'appelle Kaina, j'ai 19 ans,
35:55et j'étudie le droit à l'université parisien Panthéon-Sorbonne.
35:58J'ai rejoint la cocarde en fin septembre 2023.
36:023, 2, 1...
36:05Au sein de la cocarde, je suis responsable communication nationale,
36:08je souhaite m'engager encore plus dans le mouvement,
36:09et travailler plus tard en politique.
36:16Pour faire carrière en politique,
36:18l'extrême droite est un secteur prometteur.
36:21Tous savent qu'en faisant bonne figure,
36:23ils pourraient briguer des postes clés
36:25si leur camp parvenait un jour au pouvoir.
36:27Oui, messieurs.
36:28En recherche de profils compétents,
36:31leurs partis respectifs offrent aux jeunes les plus qualifiés
36:33l'opportunité d'une ascension fulgurante.
36:36À 28 ans, Jordan Bardella en est l'incarnation.
36:40Pierre Romain et Stanislas pourraient suivre sa voie.
36:46Tous deux sont candidats aux élections européennes,
36:48avec de grandes chances d'être élu député.
36:52Si vous pouviez me faire un peu plus mat,
36:53j'ai l'air bronzé revenons de vacances.
36:55D'accord.
36:56Alors, on est en campagne européenne,
36:58il est bon de le rappeler.
36:59On va parler d'abord de votre campagne
37:00avant de parler des autres.
37:01Le slogan, si j'ai bien vu sur les affiches,
37:04c'est la France fière.
37:05Exactement.
37:05Pour gagner des voix,
37:07Stanislas et Pierre Romain jouent un rôle clé,
37:09celui de former leur base militante.
37:11Si vous avez tous le devoir d'aller chercher
37:1410, 15 électeurs.
37:15Et sinon, ce qui serait bien,
37:16c'est que tous ceux qui viennent
37:17profiter de ce bon moment de cohésion samedi,
37:19viennent au tractage vendredi matin.
37:21C'est notre boulot d'aller convaincre
37:23et puis évidemment rassembler.
37:25Il faut dire aux gens,
37:25écoutez, si vous considérez,
37:26au moment du 9 juin prochain,
37:28que l'islam est incompatible avec la République,
37:30qu'il y a un sujet ou autre,
37:30si vous pensez tout ça,
37:32le seul parti qui propose ça,
37:34c'est reconquête.
37:36Les éléments de langage préparés
37:37dans les QG parisiens
37:38sont répétés sur le terrain
37:39par les jeunes militants.
37:41Bonsoir, monsieur.
37:53Le RNJ et GZ disposent de délégations départementales
37:57dans toutes les régions de France.
38:06Chaque responsable est chargé
38:08de quadriller le territoire.
38:09Et la bataille électorale
38:14se joue aussi sur les réseaux sociaux.
38:16Il faut envoyer, envoyer, envoyer, envoyer.
38:19Je veux qu'il y ait beaucoup, beaucoup de reels,
38:21de vidéos sympas, justement, qui tournent
38:22où il y a une très bonne ambiance chez GZ, etc.
38:25Il n'y a pas besoin de beaucoup forcer.
38:26On fait ça à l'iPhone, très simplement,
38:28de la story, de la story.
38:30TikTok, on a encore un peu des brelles.
38:31Il y a de la chose.
38:32Toutes les vidéos classiques, sans montage,
38:35ça fait des vues comme pas possibles sur TikTok.
38:38Et je vois tout le temps ça avec Bardella et compagnie.
38:40Ils font des millions de vues sur des conneries.
38:42Ils se prennent en vidéo avec Marine Le Pen.
38:44En milieu de vues, enfin...
38:45Et ça fait des stats.
38:47Et donc, je pense qu'il faut qu'on balance tout ça.
38:49Ils font même pas de montage, en plus, ils balancent tout ça.
38:50Ouais, on balance et...
38:52Et surtout que, contrairement à ce qu'on pourrait croire,
38:54TikTok, il y a un élector infavorable.
38:55Vous savez, plusieurs de suivis.
38:56Beaucoup, TikTok, vous bombardez tant que vous voulez.
38:58J'en ai rien à faire.
38:59Vraiment, vous mettez ce que vous voulez sur TikTok.
39:02Dans la limite du légal.
39:04Mais sinon, il n'y a pas de sujet.
39:06Mais voilà, on ne perd pas de temps, quoi.
39:25On a déjà laissé rentrer, là, pour un moment.
39:27Ouais, ouais, c'est ça y est, ça rentre.
39:28Ça commence à devenir rentré.
39:31Ça met 3 000 d'euros.
39:323 000 d'euros, pas 2 000 d'euros.
39:33Montre.
39:34C'est là, maintenant, il y a 6 minutes.
39:36Là, il y a déjà plein.
39:37Laissez.
39:41J'aimerais être très bronzé.
39:44Je comprends, je rentre du ski.
39:46Stanislas est également porte-parole de Reconquête
39:48et bénéficie à chaque meeting d'un temps de parole.
39:51C'est pour lui l'occasion de mettre en scène un message fort
39:54qui sera relayé à grande échelle sur les réseaux sociaux.
39:57Combien de jours, exactement, il reste ?
39:5980 ans, aujourd'hui.
40:02Un peu moins de 100 jours, puisque personne ne pense à eux.
40:06Je tenais, avant de commencer, ce grand rassemblement politique
40:08d'observer une minute de silence
40:11pour les victimes de l'immigration, des francocides,
40:14de notre culture chrétienne attaquée.
40:17J'aimerais que vous le vouliez,
40:18que tous ensemble nous observons ce temps de silence
40:19qui n'est jamais, jamais, jamais, jamais pris
40:22pour les victimes de tout cela.
40:24Bah, trip de silence, j'ai un peu au visage dessus.
40:27Ah ouais, il faut juste tomateau.
40:29Après, merci, merci.
40:31C'est pour ces personnes-là que nous combattons.
40:33La première partie, merci.
40:34Deuxième partie, à 11 minutes de silence.
40:36Troisième partie, pourquoi on se bat.
40:38Quatrième partie, vous êtes responsable.
40:40Et après, cinquième fois, on finit.
40:42Merci beaucoup, vive la France.
40:43Pareil, si je dépasse et qu'on est à 2 minutes, 15,
40:46à partir de 2 minutes, tu lèves la main.
40:48De toute façon, c'est très court.
40:49Je pense que tu as Olivier qui va te faire des gros...
40:50Oui, oui, oui, mais...
40:52Non, mais justement, avant qu'Olivier me casse tes couilles,
40:55il ne faut pas me casser tes couilles, il fasse son truc, là.
40:57Dos en l'air, et voilà.
41:05Merci.
41:07Merci à tous, chers amis.
41:09Merci à tous d'être aussi nombreux aujourd'hui au Paris des Sports.
41:12Pardon de redescendre un petit peu l'atmosphère,
41:15mais pour commencer ce grand lancement de campagne des européennes,
41:19je voulais avec vous partager un instant de silence,
41:22rendre hommage à toutes les victimes de l'immigration de masse,
41:25rendre hommage à toutes les victimes de francocides,
41:27rendre hommage à tous les actes antichrétiens.
41:30Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, avec vous au Paris des Sports,
41:33je voudrais que l'on prenne un moment de silence,
41:35tous ensemble, debout,
41:36pour penser à toutes ces victimes,
41:38trop souvent oubliées par la vindicte médiatique
41:40et par le pouvoir en place.
41:42Merci beaucoup.
41:52Merci à tous.
41:54Le terme francocide a été inventé par Éric Zemmour
41:57pour désigner le meurtre d'un Français commis par un immigré.
42:01En oubliant de préciser que plus d'un tiers des immigrés
42:04ont la nationalité française.
42:08L'ancien polémiste voudrait propager l'idée
42:10qu'il existe une violence systématique
42:12commise par les étrangers contre les blancs et les chrétiens.
42:20A reconquête, la guerre culturelle passe par une bataille linguistique.
42:24Il s'agit d'imposer un nouveau vocabulaire dans l'opinion publique.
42:41Sous-titrage Société Radio-Canada
43:17L'engagement de Kaina lui a ouvert des portes.
43:23Elle a décidé de rejoindre le RNJ
43:25sur les traces de Pierre Romain.
43:28Une aubaine pour un mouvement
43:29cherchant à camoufler ses liens
43:31avec les profils les plus violents et radicaux.
43:46En recrutant des visages lisses,
43:49Pierre Romain construit un nouveau personnel politique
43:51légitime et présentable
43:53qui ne lui reste plus qu'à former.
43:56S'il vous plaît, juste, toute petite consigne,
43:58vous avez les hashtags qui sont là.
44:00Ça, c'est celui de BFM, le débat,
44:02le nôtre habituel depuis le début de la campagne vivement le 9 juin.
44:04Vous avez la boucle WhatsApp
44:05que vous avez pu en flasher en QR code
44:07qui est là ou sur le mur ici.
44:09Donc vous aurez un peu tout un tas de tweets
44:11qui vont passer tout au long de la soirée.
44:12Vous n'êtes pas obligés de reprendre l'intégralité,
44:14mais essayez d'en prendre les meilleurs,
44:16récupérer les visuels, faire vos propres tweets
44:18avec vos comptes personnels
44:19ou avec les comptes de vos sections RNJ.
44:21Gardez aussi vos portables de temps en temps
44:23pour qu'on fasse monter les hashtags
44:24et les meilleurs moments du débat.
44:25Moi, je crois.
44:30En mettant un pied au Rassemblement National,
44:33Kayna s'ouvre des perspectives pour l'avenir.
44:36Elle souhaiterait dégoter un stage
44:37auprès d'un député ou d'un sénateur du parti.
44:41Bien placé sur la liste,
44:43Pierre Romain est quasiment assuré d'être élu
44:44et disposera alors d'une enveloppe budgétaire
44:47pour recruter ses assistants.
44:59Rien ne semble pouvoir freiner le phénomène Bardella.
45:06Le jeune président du RN est devenu une icône
45:09pour une partie de la jeunesse.
45:12Des jeunes comme Kayna,
45:14qui depuis 2017 n'ont jamais connu
45:16une élection présidentielle
45:17où l'extrême droite n'est pas arrivée au second tour.
45:27C'est absolument bon.
45:29Merci.
45:30Mademoiselle.
45:30Merci, monsieur.
45:31Merci, monsieur.
45:31Merci, monsieur.
45:32Merci beaucoup.
45:34Allez-y.
45:36À voter.
45:42Le 9 juin 2024,
45:44le RN privatise un grand pavillon
45:46dans le bois de Vincennes
45:47pour sa soirée électorale.
46:00Pierre Romain,
46:01qui jusqu'ici travaillait dans l'ombre de son patron,
46:04commence à prendre la lumière.
46:06Bonsoir.
46:07Marion, je suis votre ombre.
46:09Votre ombre ?
46:10Oui, je vais vous suivre.
46:11Ah, d'accord.
46:12Vous êtes avec France 3.
46:13D'accord, d'accord.
46:165, 3, 2, 1,
46:24Le RN obtient plus de 31% des voix.
46:27Un score historique.
46:30Avec 30 députés,
46:31c'est le parti qui envoie la plus importante délégation
46:33au Parlement européen.
46:36Comme prévu,
46:38Pierre Romain fait partie des élus.
46:39C'est la réussite du parti,
46:42mais évidemment,
46:43il y a de la satisfaction personnelle.
46:44Et je crois que le plus important ce soir,
46:46c'est le score inédit
46:47qu'on fait au niveau national
46:48et la nouvelle dimension
46:50que prend le RN en France et en Europe.
46:53On m'a fait l'association.
46:54Merci.
46:55Oh, bonjour.
46:56L'association, monsieur le député.
46:58Bravo.
47:02Corban, Corban, Corban, Corban.
47:04Les chers compatriotes.
47:08À Vincennes,
47:10la soirée électorale
47:11prend déjà l'air d'une investiture.
47:15Corban, Corban, Corban.
47:18Quelques instants plus tard,
47:20Emmanuel Macron s'adresse aux Français.
47:22J'ai décidé de vous redonner
47:24le choix de notre avenir parlementaire
47:27par le vote.
47:29Je dissous donc ce soir
47:31l'Assemblée nationale.
47:34Des élections législatives
47:36auront lieu dès la fin du mois.
47:39Au siège de reconquête,
47:41l'ambiance est nuancée.
47:47Avec près de 5,5% des voix,
47:49le parti réalise un score
47:51en dessous de ses attentes,
47:53mais remporte tout de même
47:54cinq sièges au Parlement.
47:58C'est la première fois
47:59qu'il obtient des élus
48:00depuis sa fondation.
48:04Ça va, ça va, ça va, ça va ?
48:09Ça va ?
48:10Ça va ?
48:11Bonjour.
48:12Stanislas,
48:13sixième sur la liste,
48:14rate de peu sa chance
48:16de devenir député.
48:19Mais il n'a pas le temps
48:20d'être déçu.
48:21Il faut déjà préparer
48:22une nouvelle campagne.
48:27Les élections législatives
48:29pourraient lui offrir
48:30d'autres possibilités.
48:34Le temps où Pierre Romain
48:35débloquait les universités
48:37avec ses camarades
48:37de la cocarde
48:38semble bien lointain.
48:40Aujourd'hui,
48:41il devient cadre
48:42de son parti.
48:48Derrière lui,
48:49une nouvelle élite
48:50se tient prête
48:51à investir des postes clés.
48:54Une jeunesse
48:55dont la parole libérée
48:56et éloquente
48:57pourrait presque faire oublier
48:59les racines du projet
49:00qu'elle défend.
49:01Un projet
49:02résolument d'extrême droite.
49:25Sous-titrage Société Radio-Canada
50:06Sous-titrage Société Radio-Canada
50:09...