00:00J'avais six ans. Je me souviens surtout du silence. Pas celui qu'on entend, mais celui qui s'installe
00:06à l'intérieur. Celui qui colle à la peau. Ce jour-là, le temps tournait trop vite. J'attendais.
00:16Puis doucement, le silence a pris toute la place.
00:35J'avais dix ans, quand on m'a dit qu'il fallait essayer encore. Je suis venue, lui aussi.
00:42Mes quatre ans, c'est long. Trop long pour savoir comment commencer.
00:47Nous étions deux, assis face à face, à chercher des mots qui ne venaient pas, de silence, qui se ressemblaient
00:55trop.
00:58L'adolescence, c'est une période fragile. Autour de moi, la vie continuait. Les rires, les histoires, les liens.
01:05Et le plus étonnant, c'est que les autres m'acceptaient. On me parlait. On m'invitait. On me respectait.
01:12Je n'étais pas à l'écart du monde. Mais à l'intérieur, quelque chose restait immobile.
01:17Un mur que personne ne voyait. Un mur qui ne faisait de mal à personne. Sauf à moi.
01:25Parfois, quand tout s'arrête, mes pensées voyagent.
01:29Elles retournent là-bas, à mes grands-parents.
01:33Ils n'ont pas seulement été des grands-parents. Ils ont été une présence.
01:38Quand ma mère devait être forte, ils étaient là.
01:41Ils ont été une cause, un appui silencieux.
01:46Quelque chose de solide qui m'a permis d'avancer.
01:54Un jour, quelqu'un s'est assis à côté de moi, juste pour être là.
01:59Il m'a parlé du destin, pas comme une idée abstraite, comme une réalité.
02:04Il m'a dit que certaines choses sont écrites, que rien n'arrive sans la volonté d'Allah.
02:08Et que ce que je fais de ce qui m'arrive, m'appartient.
02:12Pour la première fois, quelque chose a bougé en moi.
02:15J'ai compris que je n'étais ni perdue, ni oubliée.
02:18Que tout avait un sens, même ce que je ne comprenais pas.
02:21Et pour la première fois, j'ai su quoi dire.
02:25Adhara Allah
02:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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