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  • 7 weeks ago
Ils avaient envie d’inventer un théâtre qui leur ressemble, un théâtre plus libre et plus proche du public. Alors ils ont construit un plateau en bois sous l’ombre bienveillante d’un clocher torsadé, dans le jardin d’un petit village du Maine et Loire à Fontaine Guérin. Et le rêve d’un Nouveau Théâtre Populaire a pris corps au milieu des champs. C’est l’histoire d’une génération de comédiens trentenaire qui ont vieilli ensemble et qui prennent conscience 10 ans plus tard, de l’audace et de la fragilité de leur rêve. Pour sa dixième édition, la troupe s’attaque à la comédie humaine de Balzac et nous plonge dans les affres et illusions de leurs vies d’artistes à travers le récit rocambolesque de Lucien de Rumbempré, un jeune poète qui rêve de monter à Paris. Comment ne pas perdre son âme lorsque l’on est artiste ? Le voilà le tiraillement intérieur.
Transcript
00:00Ça y est, on va y aller.
00:04Je suis très heureuse de vous avoir tous à bloc.
00:09Il faut qu'on reste comme une bonne équipe de foot.
00:12On reste soudés.
00:13Prenons la chose avec concentration et détente.
00:17Et solidarité.
00:18On reste tous liés les uns aux autres où qu'on soit dans la prairie.
00:23Donc, de toute façon, si ça se passe mal, c'est de ma faute.
00:26Si ça se passe bien, c'est de votre faute.
00:28D'accord ?
00:30Ça va aller.
00:30Je suis très fière de vous tous.
00:32Et je vous adore.
00:34Yes !
00:34Yes !
00:41Ah, ils sont dégoûtés.
00:43Ils allaient quoi ?
00:43Maître, merci beaucoup.
00:45Attends, tu rigoles ?
00:47Merde.
00:48Merde.
00:56Moi,
00:57Moi,
00:58Dès que j'ai les yeux ouverts,
01:00je ne peux plus échapper.
01:03Non pas que je sois par lui cloué sur place,
01:05puisque je peux bouger et remuer.
01:06Je peux non seulement bouger et remuer.
01:08Mais je peux aussi le bouger.
01:09Je peux aussi le bouger.
01:10Le remuer.
01:12Le changer de place.
01:14Seulement, voilà,
01:14je ne peux pas me déplacer sans lui.
01:16Je ne peux pas le laisser là où il est
01:19et m'en aller, moi, ailleurs.
01:21Mon corps, topie, imputoyable.
01:25Tous les matins, même présence,
01:27même blessure.
01:29Sous mes yeux se dessine l'inévitable image
01:31qu'impose le miroir.
01:33Sous cette peau croupie.
01:35Mon corps,
01:37c'est le lieu sans recours
01:38auquel je suis condamné.
01:41Je pense même que c'est contre lui
01:43et pour l'effacer
01:44qu'on a fait naître des utopies.
01:47Les merveillements,
01:48les prestiges de l'utopie,
01:50la beauté,
01:51l'adoption,
01:52à quoi sont-ils dus ?
01:53À quoi sont-ils dus ?
01:55Les merveillements de l'utopie,
01:57à quoi sont-ils dus ?
02:10Mais il y a une utopie
02:11qui est faite pour effacer les corps.

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