00:00Ça y est, on va y aller.
00:04Je suis très heureuse de vous avoir tous à bloc.
00:09Il faut qu'on reste comme une bonne équipe de foot.
00:12On reste soudés.
00:13Prenons la chose avec concentration et détente.
00:17Et solidarité.
00:18On reste tous liés les uns aux autres où qu'on soit dans la prairie.
00:23Donc, de toute façon, si ça se passe mal, c'est de ma faute.
00:26Si ça se passe bien, c'est de votre faute.
00:28D'accord ?
00:30Ça va aller.
00:30Je suis très fière de vous tous.
00:32Et je vous adore.
00:34Yes !
00:34Yes !
00:41Ah, ils sont dégoûtés.
00:43Ils allaient quoi ?
00:43Maître, merci beaucoup.
00:45Attends, tu rigoles ?
00:47Merde.
00:48Merde.
00:56Moi,
00:57Moi,
00:58Dès que j'ai les yeux ouverts,
01:00je ne peux plus échapper.
01:03Non pas que je sois par lui cloué sur place,
01:05puisque je peux bouger et remuer.
01:06Je peux non seulement bouger et remuer.
01:08Mais je peux aussi le bouger.
01:09Je peux aussi le bouger.
01:10Le remuer.
01:12Le changer de place.
01:14Seulement, voilà,
01:14je ne peux pas me déplacer sans lui.
01:16Je ne peux pas le laisser là où il est
01:19et m'en aller, moi, ailleurs.
01:21Mon corps, topie, imputoyable.
01:25Tous les matins, même présence,
01:27même blessure.
01:29Sous mes yeux se dessine l'inévitable image
01:31qu'impose le miroir.
01:33Sous cette peau croupie.
01:35Mon corps,
01:37c'est le lieu sans recours
01:38auquel je suis condamné.
01:41Je pense même que c'est contre lui
01:43et pour l'effacer
01:44qu'on a fait naître des utopies.
01:47Les merveillements,
01:48les prestiges de l'utopie,
01:50la beauté,
01:51l'adoption,
01:52à quoi sont-ils dus ?
01:53À quoi sont-ils dus ?
01:55Les merveillements de l'utopie,
01:57à quoi sont-ils dus ?
02:10Mais il y a une utopie
02:11qui est faite pour effacer les corps.