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  • il y a 2 mois
Soir info - 07/09/2026

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00:05Générique
00:13Mesdames, Messieurs, bonsoir. Merci de vous informer sur Médian TV.
00:16Voici les principaux titres de votre Soirinfo.
00:20Le nombre des inscrits sur les listes électorales générales s'est établi à plus de 15 800 électeurs.
00:27Les hommes représentent 54% contre 46% des femmes.
00:32La carte nationale d'identité demeure le document officiel unique requis pour justifier l'identité de l'électeur lors du
00:39vote le jour du scrutin.
00:42Au Moyen-Orient, le président libanais Joseph Aoun a exhorté Washington et la communauté internationale à faire cesser les attaques
00:49israéliennes,
00:50dénonçant une dangereuse escalade alors que de nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre les deux pays.
00:58Et enfin, l'espoir d'une reprise des négociations tripartites entre Moscou, Kiev et Washington
01:04pour trouver une issue à la guerre en Ukraine se profile ce lundi au lendemain de la visite des émissaires
01:10de Donald Trump auprès des deux belligérants.
01:17A la une de l'actualité, ce lundi, 7 vagues de chaleur et des averses orageuses accompagnées de grêles et
01:23de rafales de vent sous orages
01:24sont attendues de ce lundi à mercredi dans plusieurs provinces du Royaume.
01:28C'est ce qu'a indiqué la Direction Générale de la Météorologie.
01:31Une vague de chaleur avec des températures oscillant entre 38 et 46 degrés est prévue donc de ce lundi à
01:38mercredi
01:38dans les provinces de Tata, Smara, Asazag, Boujdour, Waddahab et Awsard,
01:44Stuka, Eydbaha, Gülmim, Lahyoun, Tarudent, Tantan, Tiznit, Sidi Ifni et Tarfaya.
01:50Par ailleurs, des températures entre 38 et 42 degrés devraient être enregistrées ce lundi.
01:55Dans les provinces de Marrakech, Sidi Slimane, Qnetra, Khribga, Stad, Bnimlal, Fqih bin Salah, Tawnaad, Sidi Qassam, Khnefra, Al-Alayish,
02:03Wazan, Qal'at-Saragna, Khmisat, Meknes, Fes et Moulayakoub.
02:07En outre, des averses orageuses accompagnées de grêles et de rafales de vent sous orages touchent ce lundi jusqu'à
02:1323h.
02:14Les provinces de Midl, Khnefra, Ifran, Fqih bin Salah, Wurzazet, Tarudent, Figuig, Stad, Azelal, Khribga, Bnimlal, Tienghir, Qal'at-Saragna,
02:23Marrakech, Lhawz, Chichawa et Boulmen, selon la même source.
02:30Les élections législatives du 23 septembre au Maroc approchent à grands pas.
02:34A cette occasion, je vous propose de revenir sur les développements du jour.
02:44Le nombre des inscrits sur les listes électorales générales arrêtées au 10 juillet 2026 à l'issue de l'opération
02:50de révision exceptionnelle s'est établi à plus de 15,8 millions d'électeurs.
02:55Les hommes représentent 54% du corps électoral national contre 48% des femmes.
03:01Les hommes représentent 54% du corps électoral national contre 46% des femmes, comme je vous le disais.
03:06Par ailleurs, 55% des inscrits sur les listes électorales sont issus du milieu urbain contre 45% d'électeurs
03:14en milieu rural.
03:15S'agissant de la répartition par tranche d'âge, les personnes de 60 ans et plus représentent 29% du
03:22total des inscrits contre 21% pour les 35-44 ans et autant pour les 45-54 ans.
03:28La tranche d'âge des 25-34 ans représente quant à elle 15% des inscrits contre 10% pour
03:34les personnes âgées de 55 à 59 ans,
03:37tandis que les jeunes âgés de 18 à 24 ans représentent 4% du corps électoral.
03:46Au Maroc, toujours le délai fixé pour le dépôt des déclarations de candidature aux élections des membres de la Chambre
03:52des représentants prendra fin demain mardi à midi.
03:55Pour rappel, il se fait via la plateforme électronique dédiée et la campagne électorale débutera jeudi 10 septembre et prendra
04:03fin mardi 22 septembre à minuit.
04:10Et sachez qu'à partir de ce lundi, l'émission Questions d'actu sera intégralement consacrée aux élections législatives du
04:1823 septembre.
04:19Un rendez-vous à ne pas manquer donc dès 19h05 en direct sur Média TV.
04:31Quelques 8 234 000 élèves devraient rejoindre ce lundi leur établissement scolaire.
04:40C'est ce qu'a annoncé le ministère de l'Éducation nationale et du Préscolaire et des Sports.
04:43L'enseignement public accueillera 7 millions d'élèves encadrés par 313 975 enseignants répartis sur 12 661 établissements scolaires dont
04:547 015 en milieu rural, soit 55,4% de l'ensemble des établissements scolaires.
05:00C'est ce qu'a précisé le ministère dans un communiqué.
05:07Et à l'occasion de la rentrée scolaire, justement, les familles se serrent les dents pour fournir à leurs enfants
05:12tout le matériel nécessaire à leur formation.
05:15Parmi ces fournitures figure l'ordinateur, cet appareil qui permet aux plus jeunes de suivre leurs cours et d'acquérir
05:21de nouvelles compétences.
05:22On voit cela en détail avec Noa Abazir.
05:26À chaque rentrée, une nouvelle liste de matériel et de fournitures scolaires voit le jour.
05:32Les crayons, feutres et manuels scolaires ne suffisent plus.
05:36Les élèves doivent désormais se doter d'ordinateurs.
05:40Pour réaliser ses devoirs, faire des recherches ou suivre certains cours,
05:45les PC portables occupent aujourd'hui une importante place dans la vie de l'élève.
05:52En tant que mère de quatre enfants, je constate que de nos jours,
05:56l'ordinateur est un outil très important, voire essentiel,
05:59pour accompagner tous les changements qui s'opèrent dans le domaine des nouvelles technologies.
06:05L'information circule rapidement, on gagne du temps et on économise beaucoup d'efforts.
06:15En plus de pouvoir suivre leurs cours à travers les plateformes en ligne,
06:18les élèves peuvent également acquérir de nouvelles compétences en faisant usage de l'ordinateur.
06:23Les établissements scolaires mettent à disposition des élèves
06:27des appareils leur permettant de se préparer à l'intelligence artificielle
06:31et plus généralement en informatique.
06:36Nous sommes à une période de la rentrée scolaire
06:38où il est tout à fait normal de constater une forte demande pour les ordinateurs.
06:43Nous essayons de nous adapter aux différents profils et aux différents budgets.
06:50Quelqu'un qui dispose de 1100 dirhams peut acheter un ordinateur
06:53qui lui permettra de travailler, tout comme quelqu'un qui dispose de 10 000 ou 5 000 dirhams.
06:58Chacun peut trouver un équipement adapté à ses besoins.
07:05Avec un enseignement axé de plus en plus vers le numérique,
07:08avoir un ordinateur représente un investissement dans le parcours académique de l'élève.
07:13Malgré le coût de ces appareils,
07:15les familles font des sacrifices pour équiper leur enfant.
07:18Un investissement devenu indispensable
07:20pour accompagner l'enfant dans son parcours scolaire
07:23et le préparer à son avenir professionnel.
07:28Dans l'actualité internationale, l'armée israélienne a averti ce lundi
07:32qu'elle continuerait à mener des opérations
07:34afin d'éliminer les menaces du mouvement pro-iranien Hezbollah au Liban
07:38après avoir mené de nouvelles frappes qui ont fait 11 morts dans le sud du pays.
07:42Dans un communiqué, elle affirme avoir frappé des infrastructures du Hezbollah
07:46en réponse au lancement de deux drones chargés d'explosifs en direction de ses soldats,
07:52ajoutant qu'elle continuerait à agir tout en restant attachée à l'accord de cessez-le-feu.
07:57L'armée israélienne a multiplié d'ailleurs ces derniers jours
07:59des frappes meurtrières dans le sud du Liban.
08:02Selon le ministère libanais de la Santé,
08:04deux enfants et quatre femmes figurent parmi les 11 personnes tuées
08:08dans la nuit de dimanche à lundi
08:10dans les bombardements d'un immeuble résidentiel de Kfar Arimen.
08:17Je vous le disais en titre, le président libanais Joseph Aroun a demandé à Washington
08:22et à la communauté internationale de faire cesser les attaques israéliennes sur son territoire.
08:27Des frappes nocturnes ont déjà fait 12 morts dans le sud du Liban
08:30et des ordres d'évacuation ont été lancés en prévision de nouveaux bombardements.
08:35On voit tout cela en détail avec Nasser Dinouné.
08:40Déjà plusieurs jours de bombardements meurtriers.
08:43Les frappes ont ciblé de nombreuses localités de la région de Nabataïa.
08:47Parmi les blessés, des enfants, selon le ministère libanais de la Santé.
08:51Ces offensives ont également endommagé des bâtiments gouvernementaux.
08:55A Nabataïa al-Fauqa, l'ancien hôpital Randour, hors service depuis des années, est détruit.
08:59Le ministère de la Santé dénonce une nouvelle grave violation du droit international humanitaire.
09:04D'autres raids ont ciblé un parking dans la même région,
09:06ainsi qu'un édifice historique de la ville,
09:08endommageant les bureaux des autorités chargées des finances et de l'agriculture.
09:12Le président libanais Joseph Aoun appelle Washington et la communauté internationale
09:16à faire stopper les attaques israéliennes sur son territoire.
09:20Ces frappes dans le sud du pays constituent une dangereuse escalade,
09:23touchant les institutions de l'État libanais, ainsi que des établissements de santé.
09:27Nous appelons les États-Unis et la communauté internationale à agir d'urgence
09:30pour faire cesser ces violations.
09:32Tel Aviv reste de marbre.
09:34L'armée israélienne lance un nouvel ordre d'évacuation dans le sud Liban.
09:37Les habitants d'un secteur de la localité de Dair Zahrani sont appelés à partir au plus vite.
09:42Des frappes imminentes sont prévues dans la zone.
09:44L'armée israélienne affirme riposter aux attaques du Hezbollah.
09:47Malgré les différents cesser le feu et les protocoles d'accord,
09:49Tel Aviv a maintenu ses opérations militaires dans le sud,
09:52où il occupe toujours une bande frontalière d'une dizaine de kilomètres.
09:55De nouveaux pourparlers sont attendus ce mois-ci entre responsables libanais et israéliens.
09:59Aucune date n'a été annoncée.
10:02On reste au Moyen-Orient, où la Syrie de Bachar el-Assad avait presque achevé
10:06la construction d'un réacteur nucléaire susceptible de contribuer à la fabrication d'armes.
10:12C'est ce qu'a annoncé ce lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique,
10:17Raphaël Grossi.
10:18Le réacteur était presque achevé.
10:20Il ne restait plus qu'à charger le combustible, a déclaré Grossi,
10:23lors d'une conférence de presse à Vienne, où se réunit cette semaine le conseil des gouverneurs de l'agence
10:30onusienne.
10:31Ces déclarations interviennent quelques jours après qu'un rapport de l'AIEA a révélé que des infrastructures
10:36découvertes à Der Ezzor dans l'est de la Syrie étaient compatibles avec celles d'un réacteur nucléaire.
10:46L'espoir d'une reprise de négociations tripartites entre Moscou, Kiev et Washington
10:50pour trouver une issue à la guerre en Ukraine se profile ce lundi au lendemain de la visite
10:56des émissaires du président américain Donald Trump auprès des deux belligérants.
11:00Des progrès substantiels ont été faits, y compris des évolutions en vue de l'organisation
11:05de pourparlers tripartites supplémentaires, a écrit sur le réseau social X l'émissaire américain Steve Witkoff
11:11qui a effectué cette visite avec Jared Kushner, gendre de Donald Trump,
11:15en référence à des futures discussions américano-russo-ukrainiennes.
11:19Des représentants européens, français, britanniques et allemands ont également participé
11:23à ces cycles de négociations dimanche à Kiev.
11:26L'objectif était de relancer les efforts diplomatiques sous médiation américaine visant à mettre fin au conflit.
11:34Plus de 60 guerres impliquant au moins un État sont actuellement en cours
11:40dans le monde, un niveau inédit depuis la Seconde Guerre mondiale.
11:44C'est ce qu'a alerté ce lundi le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme Volker
11:48Turc,
11:49dénonçant une dangereuse érosion du respect du droit international
11:52et appelant à une action urgente face aux risques liés à l'intelligence artificielle.
11:58Le Haut-Commissaire a appelé à un retour urgent aux négociations,
12:01estimant qu'il n'y a qu'une seule issue à cette folie,
12:05à savoir des négociations de paix qui respectent la charte de l'ONU.
12:15Il est l'heure à présent de notre entretien avec l'invité de la rédaction.
12:28Le Maroc dispose de nombreux atouts pour devenir une puissance maritime,
12:32une position géographique stratégique, deux façades maritimes,
12:36des infrastructures portuaires de premier plan et plusieurs projets structurants,
12:40comme Nador Westmed et Dahla Atlantique.
12:43Mais entre ces atouts et l'émergence d'une véritable industrie maritime,
12:47le chemin reste encore à parcourir.
12:49Dans un secteur mondial en pleine transformation,
12:51marqué par la décarbonisation, la digitalisation,
12:54le renouvellement des flottes et les nouvelles exigences technologiques,
12:58le Maroc veut aujourd'hui franchir une nouvelle étape
13:01avec une stratégie à l'horizon 2030 et une ambition à l'horizon 2040.
13:05Alors comment transformer ce potentiel en une véritable filière industrielle compétitive
13:10et intégrer ?
13:11Quels investissements, quelles infrastructures et quelles compétences faut-il mobiliser ?
13:15Et surtout, quelle place pour la construction et la modernisation des navires de pêche ?
13:20Pour tenter de répondre à ces questions,
13:22nous avons le plaisir de recevoir Moustapha Fakhir,
13:25directeur du cluster naval marocain
13:26et expert international en logistique et aussi expert en maritime.
13:31Moustapha Fakhir, bonsoir et merci d'être avec nous.
13:38Bonsoir et merci pour votre invitation.
13:41Soyez le bienvenu.
13:42Alors commençons par le diagnostic.
13:44Où se situe aujourd'hui l'industrie navale et maritime marocaine ?
13:48Est-ce qu'on dispose déjà d'un véritable écosystème industriel
13:51ou bien sommes-nous encore face à une juxtaposition d'entreprises et de compétences ?
14:00Très bien, alors merci encore pour l'invitation.
14:03Alors ma réponse sera un peu nuancée.
14:05C'est pour vous dire que l'industrie navale est une industrie historique au Maroc.
14:10Nous avons la zone chantier navale du port de Casablanca.
14:13Elle date des années 40, du siècle dernier, 1940.
14:17Donc c'est une industrie où le Maroc a une certaine historicité.
14:20Mais l'état actuel des choses, on doit se le dire,
14:25elle est encore à l'état embryonnaire.
14:28Malheureusement, malgré cette histoire dont nous disposons,
14:30et on avait des florants dans l'industrie navale, au port de Casablanca, au port d'Egadir,
14:35et dans d'autres ports du Royaume,
14:38malheureusement cet écosystème de l'industrie navale au Maroc ne s'est pas développé.
14:43On va dire comme ça, les choses comme ça.
14:45C'est un écosystème qui existe,
14:47qui a montré à l'âge d'or de la flotte de la pêche maritime
14:53et à l'âge d'or de la flotte de commerce marocaine
14:55qui savait répondre d'une manière très importante
14:58à la demande en matière de construction ou de réparation navale.
15:03Malheureusement, la dégradation de la flotte nationale,
15:05que ce soit au commerce ou de la pêche,
15:07n'a pas permis à cette industrie de se développer.
15:10Aujourd'hui, il y a une renaissance qu'on est en train de constater,
15:15surtout avec les investissements significatifs
15:17que le Maroc est en train de faire dans son infrastructure portuaire
15:21qui a beaucoup aidé.
15:22Aujourd'hui, au niveau du port de Casablanca,
15:24nous avons une zone de chantier navale de classe mondiale.
15:28La région de Gadir, Sous-Messa, présente un haut potentiel
15:31avec des compétences avérées.
15:33Tout cela nous rend confiant dans l'avenir de cette industrie navale,
15:38que ce soit pour le secteur du transport maritime,
15:41que ce soit pour le secteur portuaire.
15:43Et aujourd'hui, le plus important,
15:44c'est qu'il y a un volontarisme public et privé.
15:47Et c'est ça, je crois, que le déterminant
15:48qui est en train de booster le secteur,
15:51c'est qu'aujourd'hui, après la réussite de l'industrie automobile
15:55et l'industrie aéronautique, le Maroc se sont poussés des ailes
15:58et à une ambition maritime qui est consacrée.
16:02Alors, justement, revenons-en sur ces points et ces industries.
16:05Le Maroc dispose d'atouts considérables, on le sait,
16:08à savoir une façade maritime stratégique,
16:10des ports de dimension internationale
16:12et une industrie qui a fait ses preuves,
16:14comme vous l'avez dit, dans l'automobile ou l'aéronautique.
16:16Pourquoi est-ce que ces atouts ne sont-ils pas encore traduits
16:19par une industrie navale de même niveau, selon vous ?
16:27J'ai envie de dire qu'aujourd'hui, l'industrie navale,
16:31c'est peut-être l'industrie la plus complexe
16:32et qu'il fallait que le Maroc, dans son niveau d'industrialisation,
16:36c'est vrai que le Maroc est passé par plusieurs étapes.
16:40L'industrie automobile, qui était peut-être l'industrie
16:43la plus abordable, la plus accessible,
16:46il faut dire qu'une voiture, c'est à peu près 30 000 pièces.
16:50Après, on est passé à une industrie qui est plus complexe,
16:54c'est l'aéronautique, qui est à peu près 1 million de pièces.
16:57Il faut savoir qu'un navire, c'est entre 1 million
16:59et 3 millions d'équipements.
17:01Donc, je crois que c'est un développement naturel.
17:05Aujourd'hui, il fallait également l'industrie navale
17:11pour se développer.
17:12Il lui faut une infrastructure,
17:13qui sont les zones industrielles navales,
17:16qui sont domiciliées principalement au sein des ports.
17:20Malheureusement, nos ports étaient designés,
17:23étaient conçus pour le moment pour accueillir du commerce.
17:26C'était principalement des ports de commerce.
17:29Aujourd'hui, nos ports, et à l'exemple de ce qui se fait
17:32à Nador Westmed, ce qui se fait au port de Casablanca et à Gadir,
17:35on intègre de plus en plus le côté industrie dans nos ports.
17:42Et je crois que c'est un changement significatif.
17:45Et j'ai cité tout à l'heure que la zone chantier navale du port de Casablanca,
17:49qui a été inaugurée par sa majesté le roi Mohamed VI,
17:52que Dieu l'assiste, est vraiment une rupture
17:55en termes d'infrastructures disponibles.
17:58Et c'est ce qui permet aujourd'hui au Maroc d'avoir ces nouvelles ambitions.
18:03Alors, les professionnels parlent aujourd'hui d'un potentiel
18:05pouvant atteindre 17 à 33 milliards de dirhams à l'horizon 2040,
18:09avec plus de 25 000 emplois directs.
18:12Est-ce que c'est un potentiel réaliste,
18:13ou il faut encore créer les conditions industrielles
18:17pour pouvoir réellement l'atteindre ?
18:23Alors, c'est le scénario que vous citez.
18:26Il est issu d'une étude, d'un diagnostic sectoriel,
18:29qui a été organisé par la FIM,
18:31la Fédération des industries mécaniques, métallurgiques et électromécaniques,
18:34avec la participation du cluster industrie navale
18:37et tout l'écosystème public et privé.
18:40C'est vrai que vous citez le scénario le plus optimiste,
18:44et tant mieux pour nous.
18:46Parce qu'aujourd'hui, quand on voit les succès du Maroc
18:48dans le secteur maritime,
18:50il n'y a qu'à voir le port de Tangemede.
18:52Le port de Tangemede, dans sa configuration initiale, en 2002,
18:56c'était un port qui avait une taille critique de 3 millions de VP.
19:01Aujourd'hui, 20 ans après, nous sommes à 12 millions.
19:05Ça veut dire que l'ambition initiale a été multipliée par 4.
19:08Aujourd'hui, quand on veut avoir une vision
19:12dans le secteur maritime pour le Maroc,
19:14qu'il y ait un secteur naturel pour le Maroc,
19:17il faut avoir grand.
19:17Et aujourd'hui, on peut se targuer d'avoir vu grand
19:21dans l'industrie navale.
19:22Et les chiffres que vous citez sont conditionnés
19:26à la réalisation de plusieurs facteurs,
19:32notamment avoir une zone industrielle au niveau de Casablanca,
19:36ce qui est fait,
19:37requalifier et avoir une zone chantier navale importante
19:41au niveau de Agadir.
19:42Et nous croyons fermement au cluster industrie navale du Maroc
19:44que la région de Sous-Massa a un potentiel énorme
19:48en termes d'industrie navale.
19:50La région de Tintin, dans les provinces du Sud,
19:52également a un potentiel.
19:54Il y a déjà un écosystème existant.
19:56On voit le chantier naval d'Afrique.
20:00On voit d'autres chantiers navals
20:02comme celui de Sahara Monitoring.
20:05à Agadir, il y a le chantier naval de Sous-Massa
20:09qui sont en train de faire de très belles réalisations.
20:12Nous construisons des navires de pêche,
20:14nous construisons des vedettes pour le sauvetage,
20:18nous construisons de plus des barges.
20:21Jacob, aujourd'hui, le Maroc est vraiment en train
20:24de crever un plafond.
20:25Et c'est ce qui nous rend confiants.
20:26Mais à condition que certains...
20:32Voyons, Grand, justement, avec un petit saut dans l'avenir,
20:35vous avez participé aux travaux
20:37qui ont conduit au diagnostic stratégique
20:40de la filière et à la feuille de route 2026-2030.
20:43Quelles sont, selon vous, les trois ou quatre priorités absolues
20:47à traiter dans les prochaines années ?
20:52Alors, aujourd'hui, clairement, c'est densifié
20:55l'infrastructure dédiée à l'industrie navale
20:58dans les ports marocains.
20:59Aujourd'hui, nous avons le port de Casablanca,
21:02le port d'Agadir, il va être requalifié,
21:05mais ce n'est pas suffisant.
21:07Aujourd'hui, des ports comme Jorf-Losfar,
21:09le port de Tantan, le port de Nador-Westmed
21:12et éventuellement le port de Tangemed
21:16présentent un potentiel significatif
21:19pour l'industrie navale.
21:20Heureusement que le port de Darla-Atlantique,
21:23dès sa conception, on a pensé à avoir
21:25une zone d'industrie navale
21:27qui est en train d'être construite
21:28et qui va être une réponse importante.
21:30Donc, la question de l'infrastructure
21:32est en train d'être réglée
21:33et nous remercions chaleureusement
21:36le ministère de l'Équipement et de l'eau
21:37qui a pris le sujet en main.
21:41Deuxième facteur de compétitivité
21:43pour l'industrie navale, c'est la commande publique.
21:45Aujourd'hui, le plus grand
21:49atout que l'industrie navale au Maroc,
21:50c'est qu'on ne va pas adresser une demande extérieure.
21:53Il faut qu'on réponde d'abord à la demande nationale.
21:56Nous avons dans la pêche côtière,
21:59rien que dans la pêche côtière,
22:00plus de 2000 navires côtiers,
22:02de pêche côtière qui doivent basculer
22:04d'une fabrication en bois
22:06à une fabrication en acier.
22:08Rien que ce potentiel,
22:09il représente un carnet de commandes de 100 ans.
22:12Nous produisons bon an, mal an,
22:14une dizaine de navires par an.
22:16Si demain, on commence à produire une vingtaine
22:18pour renouveler la flotte de pêche côtière,
22:21rien que la flotte de pêche côtière,
22:22il nous faudrait 100 ans.
22:24En plus, il y a eu la flotte de pêche auturière
22:27qui est plus importante,
22:28c'est à peu près 300 navires.
22:30Donc, le marché national, il est là,
22:32mais il faut qu'il y ait des incitations fiscales
22:37et de financement
22:39pour que les armateurs de pêche puissent se renouveler.
22:42Deuxième facteur également,
22:44c'est l'ambition maritime
22:45dans la reconstitution de la flotte,
22:47de la marine marchande,
22:48forte et compétitive,
22:50dont le discours de sa majesté a appelé.
22:52Et aujourd'hui, le Maroc veut assurer sa souveraineté
22:55sur tout ce qui est logistique maritime.
22:57Et ce potentiel, on est en train de parler
22:59entre 50 et 100 navires de commerce à construire.
23:02Ces navires, on ne pourra pas les construire ailleurs.
23:05Pourquoi ?
23:06Parce que tous les chantiers navals au niveau international,
23:08principalement en Chine, en Corée et au Japon,
23:12les chantiers navals en Asie, sont saturés.
23:15Ils ont des carnets de commandes jusqu'en 2030.
23:17Donc, le Maroc, pour constituer sa flotte,
23:20il doit se compter uniquement
23:23sur sa propre industrie navale.
23:26Troisième facteur à lever,
23:27et là, on appelle clairement
23:29à ce que la commande publique
23:31soit un moteur de cet investissement.
23:33Troisième facteur,
23:36c'est tout ce qui est réglementaire
23:37et tout ce qui est fiscal.
23:39C'est vrai, aujourd'hui,
23:39construire un navire au Maroc,
23:42il est pénalisé par une TVA
23:44sur les intrants de 20%.
23:46Alors qu'importer un navire neuf
23:49de l'étranger,
23:50il est exonéré de TVA.
23:51Et ça, c'est un différentiel fiscal
23:53qui n'est pas normal.
23:55Au lieu, moi, je suis armateur,
23:57j'ai le choix entre construire
23:59un navire au Maroc et importer.
24:01Quand j'importe un navire
24:02construit à l'étranger,
24:03il est exonéré de TVA à l'importation.
24:05Et quand je le construis au Maroc,
24:07je dois subir une TVA de 20%
24:09sur tous les équipements
24:10que je dois importer.
24:11Donc, aujourd'hui,
24:12tous ces facteurs réunis.
24:14Si on arrive à les dépasser,
24:19on aura un grand potentiel
24:21pour l'industrie navale au Maroc.
24:23Et c'est pour ça que,
24:24durant le Forum national,
24:25et vous me permettrez
24:26d'en parler un petit peu,
24:27le Forum national
24:28de l'industrie navale au Maroc
24:30qui va se tenir du 9 au 12 septembre
24:33à Casablanca, à l'OFEC,
24:35à l'occasion du SISTEP,
24:37le salon qui est organisé par la FIM
24:40relatif à l'industrie des IMME.
24:42Durant ce forum,
24:44tout l'écosystème naval
24:46va faire la promotion,
24:47va discuter entre nous.
24:49On a prévu un programme scientifique
24:51très riche pour accompagner
24:53cette industrie navale
24:54à améliorer sa compétitivité,
24:57à améliorer les contraintes
24:58réglementaires et fiscales
25:00qui sont là.
25:01Et vous avez parlé tout à l'heure
25:02de décarbonation.
25:03Ça, c'est un driver
25:04qui va permettre d'amener vers
25:07l'industrie navale
25:08ou l'écosystème de l'industrie navale
25:09marocaine
25:10beaucoup de commandes
25:12parce qu'il faut savoir
25:13que la plupart de la flotte mondiale
25:15va être obligée
25:17pour se décarboner
25:19d'être renouvelée.
25:21Et là, on voit un gros potentiel
25:23pour le Maroc
25:24pour se positionner
25:25à travers le potentiel
25:28du marché national
25:29qui va nous permettre
25:30après d'adresser
25:31les marchés à l'export
25:33africains et européens.
25:36Et je crois qu'aujourd'hui,
25:37nous avons toutes les cartes.
25:41Alors, le cluster défend
25:43une approche fondée
25:44sur l'intégration industrielle locale.
25:46Jusqu'où, selon vous,
25:47peut-on aller
25:48dans le Made in Morocco ?
25:49Est-ce qu'on peut progressivement
25:51produire localement
25:52davantage d'équipements,
25:53de composants
25:54et de systèmes embarqués ?
25:59Très bien.
26:00Alors, c'est une très bonne question
26:01et je vous remercie.
26:02Aujourd'hui,
26:03si on fait une carte
26:05ou une image de l'existant
26:07sur les vedettes,
26:09les petites vedettes multifonctions
26:11et sur les navires de pêche,
26:13parce qu'aujourd'hui,
26:14on ne construit pas malheureusement
26:15de navires de commerce,
26:17si on va sur ces deux segments
26:18où on a une dizaine
26:20de chantiers navals
26:20qui travaillent dessus,
26:22nous sommes à un taux
26:23d'intégration local
26:23de 30%.
26:24Ça veut dire,
26:25pour un navire de pêche
26:27côtière de 90 tonneaux,
26:29120 ou 150 tonneaux,
26:31on a un taux d'intégration
26:33de 30%.
26:35Nous construisons la coque
26:37et la superstructure,
26:38mais tous les équipements
26:40de propulsion électronique,
26:42électrique
26:42et tout le matériel de sécurité,
26:44il est importé.
26:46Sur les petites vedettes également,
26:48quand on parle de petits navires
26:49de moins de 12,
26:5012 mètres et demi,
26:51nous sommes à un taux d'intégration
26:53également de 40%.
26:55Alors, notre ambition,
26:56c'est de porter ce taux d'intégration
26:57à au moins 50%.
26:59Mais aujourd'hui,
27:00pour un tas de ce taux,
27:01il faut qu'on mutualise,
27:04qu'on normalise ces navires
27:06et c'est un sujet
27:08sur lequel nous travaillons.
27:09Dieu merci beaucoup
27:10avec le ministère de l'Industrie
27:11et du Commerce
27:12qui nous soutient
27:13et qui nous apporte
27:14beaucoup de financement
27:17pour réaliser ses ambitions.
27:20Et je crois qu'aujourd'hui,
27:21il y a un annulement désastre
27:23favorable pour l'industrie navale
27:25et que le taux d'intégration
27:26va aller en montant crescendo
27:28et nous sommes convaincus
27:30qu'un minimum de 50%
27:31de taux d'intégration
27:32pour certains types de navires,
27:34moi je ne parle pas
27:35des navires de commerce,
27:36je parle essentiellement
27:38pour les navires de pêche
27:39et le navire de servitude,
27:40comme on appelle
27:41pour les petites fonctions,
27:43on est capable
27:44d'atteindre 50%
27:45avec une industrie locale
27:47qui va aller en se développant.
27:49Monsieur Fakhir,
27:50est-ce que d'après vous,
27:51il faudrait concentrer
27:52l'industrie navale à Casablanca
27:53ou bien construire
27:54un véritable réseau
27:55de pôles navales,
27:56à savoir Casablanca,
27:58Tangier, Agadir,
27:59Nador, Dakhla,
28:00avec justement
28:01une spécialisation
28:02de chaque territoire ?
28:07Alors, c'est une question
28:09très pertinente.
28:10Je crois aujourd'hui
28:12que la stratégie nationale portuaire
28:14elle a défini
28:15ce qu'on appelle
28:15les pôles portuaires,
28:17chaque région.
28:18Aujourd'hui,
28:18c'est une stratégie
28:19qui a bien marché
28:20au niveau de la région
28:21de Tangier,
28:22Tangier,
28:23Tietouan,
28:23le port de Tangier-Med,
28:25la région de l'Oriental,
28:26il y a le port
28:27de Nador-Ouest-Med
28:29pour l'Oriental,
28:30pour le port de Casa
28:31et pour la région
28:33de Sous-Messey,
28:34il y a le port de Gadir
28:35et pour les autres régions
28:36du sud,
28:37il y a le port
28:38d'Akla Atlantique.
28:39Aujourd'hui,
28:41nous,
28:41ce qu'on dit,
28:42c'est que l'industrie navale
28:43est une manière
28:44d'améliorer
28:46la valeur ajoutée
28:47créée par nos ports
28:48parce que jusqu'à maintenant,
28:49nos ports
28:50étaient uniquement
28:52destinés
28:52à faire du commerce.
28:53Ça veut dire
28:53qu'ils recevaient
28:54de la marchandise
28:55qui était déchargée
28:56et cette marchandise
28:57transitait
28:58et elle sortait.
28:58Ça veut dire
28:59qu'il n'y avait pas
28:59un traitement
29:00à forte valeur ajoutée
29:01alors que si on prend
29:02les autres ports
29:03européens et asiatiques,
29:04quand un navire
29:05rentre,
29:06on lui offre
29:06beaucoup de services
29:07et c'est ce qu'on appelle
29:08la valeur ajoutée locale.
29:10Aujourd'hui,
29:11nous croyons
29:12que dans chaque port marocain,
29:14on est capable
29:14d'offrir des services
29:16à haute valeur ajoutée
29:17dans l'industrie navale,
29:18soit à travers
29:19des travaux de réparation
29:20parce qu'un navire,
29:22il ne doit pas
29:23s'arrêter longtemps,
29:24donc dès qu'il rentre
29:26dans un port,
29:27il doit faire des travaux,
29:28soit à travers la construction.
29:30Donc aujourd'hui,
29:32peut-être que le port
29:33des Gadiers
29:34va se spécialiser
29:35dans les navires
29:36de pêche,
29:36le port de Casablanca
29:37dans les navires
29:38cargo,
29:39Nador Westmed
29:40dans des tankers,
29:42le port de Zürfelsfahrt
29:43peut-être dans le démantèlement
29:44et le recyclage,
29:46tout ça,
29:46c'est une vision
29:47qui va être construite,
29:49mais à travers
29:50des pilotes.
29:51Ce que nous faisons
29:52avec le ministère
29:53de l'Industrie
29:53et du Commerce
29:54aujourd'hui,
29:55c'est que nous testons
29:56pour chaque port
29:58des projets pilotes
29:59et après,
30:00on voit la maturité
30:01de chaque port.
30:03Parlons justement
30:04d'un autre sujet
30:05tout aussi déterminant
30:06qui sont les compétences.
30:08De quel profil,
30:08selon vous,
30:09le Maroc manque-t-il
30:10aujourd'hui ?
30:14Alors,
30:15il faut savoir
30:16pour construire
30:17un navire,
30:18c'est comme une petite ville.
30:19Il a besoin
30:20de produire
30:20sa propre électricité,
30:22il a besoin
30:22de produire
30:23sa propre énergie
30:24de propulsion,
30:25il a besoin
30:26de produire
30:26sa propre eau douce.
30:29Donc,
30:29on a tous les corps
30:30de métier.
30:31C'est comme le bâtiment
30:32et bien plus.
30:33Donc,
30:33on a recensé
30:35à peu près
30:35120 corps de métier
30:38différents
30:39qu'on peut intégrer
30:40dans l'industrie navale.
30:41Donc,
30:42aujourd'hui,
30:42on a besoin
30:43de toutes les compétences.
30:44On a besoin
30:44de la compétence
30:45du soudage,
30:46on a besoin
30:47de tout ce qui est
30:47mécanique,
30:48chaudronnerie,
30:49tuyauterie,
30:50électricité,
30:51électronique,
30:52intelligence artificielle,
30:53digitalisation,
30:54tous ces corps
30:55de métier,
30:56on en a besoin.
30:56C'est vrai qu'on doit
30:57se spécialiser
30:58sur des métiers
30:59à forte valeur ajoutée,
31:00mais pour le moment,
31:02je crois que
31:02le terrain
31:04est très vaste.
31:05C'est vrai
31:06qu'on va profiter
31:08du vivier
31:09de compétences
31:10qui ont été déjà formés
31:11dans l'industrie automobile
31:12et dans l'industrie
31:13aéronautique
31:14parce qu'il y a
31:14beaucoup de similarités
31:15entre les deux industries
31:17dans le côté technique
31:18et je crois
31:19qu'aujourd'hui
31:20le Maroc,
31:22il faut savoir
31:23que l'industrie navale
31:24est une industrie
31:25à forte intensité
31:26de main d'oeuvre.
31:27Un chantier naval,
31:29il emploie
31:30des milliers
31:31de collaborateurs
31:33et d'ouvriers
31:34parce qu'il n'y a pas
31:36beaucoup de robotisation
31:38dans l'industrie navale
31:40et ce n'est pas
31:41l'automobile
31:41ou l'aéronautique
31:42ou la tendance
31:43de la robotisation.
31:44Oui.
31:45Justement,
31:45on le sait,
31:46la Chine,
31:46la Corée du Sud
31:47ou encore le Japon
31:47concentre l'essentiel
31:49de la construction
31:50navale mondiale.
31:51La Chine représente
31:52à elle seule
31:52environ 55%
31:53de la production mondiale
31:55en 2024.
31:56Le Maroc,
31:56on le sait,
31:57ne peut évidemment
31:57pas les concurrencer,
31:59du moins pas tout de suite
31:59sur les mêmes segments
32:00mais ma question
32:02est la suivante.
32:02Sur quel créneau
32:03doit-il donc
32:04le Maroc
32:05se positionner
32:06selon vous ?
32:10Alors nous avons
32:11une stratégie
32:11qui est déjà identifiée
32:13que sur les navires
32:14de pêche,
32:15sur les navires
32:16de servitude,
32:16ça veut dire
32:17le remorquage,
32:18le dragage,
32:19les vedettes
32:20de sauvetage,
32:21les petits navires
32:23militaires
32:23et tout ce qui est
32:24navires de commerce
32:25de moins de 120 mètres
32:28et navires militaires
32:29de moins de 120 mètres,
32:30c'est un potentiel
32:31qu'on peut adresser.
32:33Alors aujourd'hui,
32:34nous avons clairement,
32:35nous avons fait
32:35une cartographie
32:36des navires
32:38que nous pouvons
32:39construire au Maroc
32:40avec de l'ingénierie.
32:41Surtout aujourd'hui,
32:42ce qui est important,
32:43c'est que nous avons
32:44un savoir-faire marocain,
32:46nous avons des chantiers
32:47navals
32:47pour mettre en place
32:50l'industrie automobile,
32:51il nous faut un grand
32:52fabricant automobile
32:53européen
32:54ou asiatique
32:55ou étranger.
32:56Alors qu'aujourd'hui,
32:57l'avantage que nous avons
32:58au Maroc,
32:59c'est que nous avons
32:59des chantiers navals
33:00purement marocains
33:01qui sont capables
33:02de construire
33:03des bateaux
33:04made in Morocco.
33:05ça veut dire que
33:06le constructeur final,
33:07il est marocain
33:08et aujourd'hui,
33:09sur ce segment de navires
33:11que je viens de citer,
33:12nous avons une commande
33:13publique qui est là,
33:14nous avons un marché
33:15national qui est là.
33:16Donc pour les navires
33:17de pêche,
33:18les navires de commerce,
33:20du transport maritime
33:21de moins de 120 mètres,
33:22c'est un potentiel
33:23que nous pouvons adresser
33:25et que nous pouvons exporter
33:27parce que c'est des produits
33:29qui sont demandés
33:30également pour l'Afrique
33:31de l'Ouest
33:31et pour la zone du Maghreb.
33:34Alors revenons à présent
33:35sur cette feuille de route
33:372026-2030
33:38que vous avez
33:38et une ambition
33:39à l'horizon 2040.
33:40Qu'est-ce qui doit,
33:41selon vous,
33:42absolument être réalisé
33:43dans les quatre prochaines années
33:45pour que justement
33:45en 2030,
33:46on puisse dire
33:47que l'industrie navale marocaine
33:49a véritablement changé
33:50de dimension ?
33:55Alors aujourd'hui,
33:56nous devons atteindre,
33:57on l'a dit tout à l'heure,
33:58un niveau d'intégration locale
34:00d'un minimum de 50%.
34:00Et nous avons
34:02les moyens d'y atteindre.
34:04Aujourd'hui,
34:05nous devons
34:06le port d'Egadir
34:07qui présente
34:08un haut potentiel
34:09pour l'industrie navale
34:11et la région
34:11de Sous-Messa.
34:13En général,
34:14on doit disposer
34:15également
34:16d'une infrastructure
34:17pour l'industrie navale
34:18au port d'Egadir
34:19qui soit,
34:20on ne va pas dire
34:21équivalente
34:21à celle du port de Casablanca,
34:23mais au moins
34:24ayant la même ambition.
34:25Au niveau
34:26de la zone
34:28de Tantan,
34:29la région de Tantan,
34:30il y a également
34:31un haut potentiel.
34:32Donc aujourd'hui,
34:33le plus important,
34:34c'est qu'on doit avoir
34:35une infrastructure
34:36dédiée à l'industrie navale
34:38qui puisse permettre
34:39de concrétiser
34:40ces réalisations.
34:41En plus de ça,
34:43nous insistons
34:43sur la commande publique,
34:45sur la commande nationale.
34:46Aujourd'hui,
34:47nous devons lancer
34:49un nouveau
34:49IBHAR 3,
34:50un nouveau plan
34:51de renouvellement
34:52de la flotte
34:53de pêche.
34:53Parce qu'aujourd'hui,
34:55ce que nous entendons
34:56au niveau des armateurs
34:57de pêche,
34:58c'est que la flotte
34:59est devenue vieillissante.
35:00Elle a atteint
35:00plus de 40 ans,
35:02entre 30 ans et 40 ans.
35:03C'est une flotte
35:04qui est en bois,
35:05qui a des risques
35:10sur la navigation.
35:12Malheureusement,
35:12on entend
35:13de plus en plus
35:14de navires
35:14de pêche côtière
35:15qui coulent
35:18parce qu'ils ne sont
35:19pas bien entretenus.
35:21Et aujourd'hui,
35:22la décarbonation,
35:24parce qu'aujourd'hui,
35:25les moteurs
35:27dont sont équipés
35:28les navires de pêche
35:29sont vieux,
35:30ils sont énergivores
35:32et ils doivent être
35:33remplacés.
35:34Et dernier élément,
35:35aujourd'hui,
35:36le secteur de la prêche
35:37n'arrive plus
35:38à recruter suffisamment
35:40de marins.
35:40Ça veut dire que
35:41demain,
35:41sur un navire
35:42où on avait
35:43entre 20 et 30
35:44membres d'équipage,
35:45maintenant,
35:46puisqu'on a la pénurie
35:47de main d'oeuvre,
35:48on doit automatiser
35:49de plus en plus
35:50ces navires
35:51pour qu'il y ait
35:51moins d'équipage
35:52entre 10 et 20.
35:53Donc,
35:54tout cela fait
35:55que demain,
35:56principalement,
35:57la flotte de pêche
35:58côtière sera appelée
36:00à être renouvelée.
36:01Et je crois
36:02que ce marché
36:03doit bénéficier
36:04en priorité
36:05à l'industrie
36:06navale nationale,
36:07en plus
36:07de l'ambition
36:09du Maroc
36:09de développer
36:10sa propre flotte
36:11nationale
36:12de la marine marchande.
36:13Et là,
36:13il y a beaucoup
36:14à boire et à manger.
36:16Alors,
36:16pour terminer,
36:17est-ce qu'on peut
36:17résumer votre ambition
36:18de cette manière ?
36:19Faire du Maroc
36:20non seulement
36:21un pays
36:21qui dispose
36:22de grands ports,
36:23mais aussi un pays
36:24qui construit,
36:25répare,
36:26équipe
36:26et exploite
36:27ses propres navires ?
36:31Alors,
36:32effectivement,
36:33et merci
36:33de m'offrir
36:34ce mot de clôture,
36:36aujourd'hui,
36:37on doit monter
36:39dans la chaîne
36:40de valeur
36:40de l'industrie
36:41du transport maritime
36:42en général.
36:43On ne doit plus
36:44avoir uniquement
36:45des ports,
36:45mais également
36:46une flotte
36:47et une industrie
36:48pour assurer
36:49la souveraineté.
36:50Aujourd'hui,
36:51c'est un maître
36:52mot-clé
36:53dans la vision royale
36:55pour le secteur maritime.
36:57Le Maroc doit être
36:58souverain
36:58avec une capacité
37:00industrielle
37:00et de transport
37:01maritime
37:02et logistique
37:03et de stockage
37:04et tout cela
37:04peut se réaliser
37:06à travers
37:06l'industrie navale
37:07et tous ces sujets
37:10vont être débattus
37:11durant le prochain
37:12Forum national
37:13de l'industrie navale
37:14auquel je vous convie
37:15et qui va démarrer
37:17le mercredi prochain,
37:19le 9 septembre
37:19avec une ouverture
37:21officielle du salon
37:22mais durant lequel
37:23il y aura
37:24beaucoup de conférences,
37:26séminaires.
37:27Nous avons des exposants
37:29qui vont présenter
37:30leurs produits
37:31et leurs services
37:32et nous avons également
37:33des...
37:34On va discuter,
37:36échanger
37:36sur beaucoup de sujets
37:37et je crois
37:38qu'avec également
37:39des rencontres B2B
37:41et j'invite
37:42tous les investisseurs
37:44dans le secteur industriel
37:45et tout le secteur maritime
37:47à participer
37:48à ce Forum
37:48qui se tient
37:49à l'occasion
37:50du système
37:50le salon des industries
37:52et des technologies
37:53des IMME.
37:55Merci beaucoup
37:56Moustapha Fakhir
37:57pour votre analyse
37:57et d'avoir répondu
37:58à nos questions
37:59depuis Rabat.
37:59Je rappelle
38:00que vous êtes directeur
38:01du cluster naval marocain,
38:02expert international
38:03en logistique
38:04et aussi expert maritime.
38:06Merci infiniment.
38:09Votre Soir Info
38:10se poursuit
38:10avec l'invité culture.
38:12Méliem Khamlichy
38:13reçoit aujourd'hui
38:14Salma Moumni,
38:15danseuse,
38:16chorégraphe et comédienne.
38:27Mesdames et messieurs,
38:28bonsoir
38:29et bienvenue
38:29dans l'invité culture.
38:31Mon invitée ce soir
38:32est danseuse,
38:34chorégraphe,
38:35comédienne,
38:35fondatrice
38:36de la compagnie
38:37de danse contemporaine
38:38Les Pieds Nus.
38:39Depuis 2011,
38:40elle utilise la force
38:41du mouvement
38:42pour transformer,
38:44rassembler
38:44et offrir
38:45à la jeunesse marocaine
38:46un espace d'expression
38:48libre et engagé.
38:49Elle défend
38:50une vision
38:51de l'art accessible
38:52à tous
38:52où la création
38:54devient un formidable
38:55levier de changement social.
38:57Salma Moumni,
38:58bonsoir à vous.
38:59Vous êtes professeure
39:00également.
39:00D'ailleurs,
39:01j'ai oublié de le dire.
39:02C'est un plaisir
39:03de vous avoir
39:03comme invitée ce soir.
39:05Merci,
39:05merci de l'invitation.
39:07Alors,
39:08je le disais à l'instant,
39:10vous êtes chorégraphe,
39:11danseuse,
39:12comédienne,
39:14professeure.
39:14Qu'est-ce qui vous a poussé
39:16en 2011
39:17à créer justement
39:19Les Pieds Nus ?
39:21Alors,
39:22Les Pieds Nus
39:22ou autrement dit
39:23l'Aqadam El Hafia,
39:25n'est-ce pas ?
39:25Parce que c'est une compagnie
39:26de danse contemporaine
39:27marocaine.
39:28Après,
39:29alors,
39:29en fait,
39:30c'est venu
39:31d'une surprenure
39:32suite logique.
39:33J'ai créé
39:33une école de danse
39:34à Rabat,
39:35dans Cité.
39:36Puis,
39:36de cette école de danse,
39:38j'ai beaucoup enseigné
39:40aux enfants,
39:41aux adolescents,
39:41aux adultes,
39:42mais vraiment beaucoup
39:42pendant plus de 15 ans.
39:44Puis,
39:44j'ai rencontré
39:46Jawet Sounani
39:47et Driss Ksikès
39:48qui fondaient
39:49Daba Théâtre
39:50en 2009
39:51et ils m'ont demandé
39:53d'intervenir,
39:53de faire partie
39:54de cette équipe
39:54en tant que danseuse
39:56et professionnelle
39:57du mouvement,
39:58on va dire,
39:58en tout cas,
39:58une approche du mouvement.
40:00Et donc,
40:00on a créé Daba Théâtre.
40:01Pourquoi je parle
40:02de Daba Théâtre
40:03parce que c'est important,
40:04ça a été
40:05mon immersion
40:07dans le milieu
40:08artistique marocain
40:09parce que j'étais
40:10un petit peu isolée.
40:11Et donc,
40:11Daba Théâtre
40:12m'a fait rencontrer
40:13tout un tas
40:13de comédiens,
40:14de danseurs.
40:15J'ai commencé
40:16à comprendre
40:16comment fonctionnait
40:17le milieu culturel.
40:18L'écosystème,
40:19un petit peu.
40:20On ne parlera pas
40:20encore d'écosystème,
40:21mais disons
40:22le milieu culturel
40:22à Rabat,
40:23essentiellement.
40:25Un petit peu Casablanca,
40:26mais c'était sur Rabat
40:27que ça se développait.
40:28Et puis,
40:29en 2011,
40:30après avoir travaillé
40:33et évolué
40:34avec Daba Théâtre,
40:35je me suis aperçue
40:35que j'avais besoin
40:36de créer
40:36ma propre compagnie
40:38de danse contemporaine
40:39puisque Daba Théâtre,
40:40c'était du théâtre,
40:41de l'écriture,
40:42de la danse.
40:44Et j'avais vraiment besoin,
40:45après un parcours
40:45d'études en danse,
40:47j'avais vraiment besoin
40:48de créer
40:48ma structure
40:49qui allait me permettre
40:50de développer
40:51des projets corporels.
40:53Une structure
40:53qui défend
40:54des valeurs fortes.
40:55L'égalité des chances,
40:57la liberté créatrice,
41:00la transmission,
41:01c'est important pour vous ?
41:04Oui, c'est capital.
41:06Les pieds nus,
41:08pourquoi avoir choisi
41:09déjà le titre
41:10de cette compagnie ?
41:11Parce que quand on est
41:12en danse contemporaine,
41:13on travaille pieds nus,
41:14on a un rapport au sol
41:15qui est très, très important.
41:16Et symboliquement,
41:18c'était aussi
41:19le démuni.
41:21Symboliquement,
41:22c'est les pieds nus
41:24du défunt
41:24ou le pieds nus
41:25du nouveau-né.
41:27Donc, il y avait
41:27une espèce
41:28d'importance pour moi
41:29d'être en rapport
41:30avec une pluralité
41:32d'humains.
41:35Comment dire ?
41:36C'est-à-dire que
41:38j'ai beaucoup enseigné
41:39dans différentes régions
41:41du Maroc,
41:42en parallèle
41:43de mon école de danse,
41:44en parallèle
41:44de Dabat Théâtre,
41:45quand j'ai créé
41:46Les pieds nus,
41:46j'ai beaucoup enseigné
41:48partout,
41:49du nord au sud,
41:50à l'est,
41:50vraiment des étudiants.
41:52J'ai rencontré
41:53beaucoup de jeunes
41:54qui témoignaient
41:55vraiment l'envie
41:56de danser.
41:58Et donc, voilà,
42:00c'est comme ça
42:00que mon parcours
42:01de mon école,
42:02je suis commencé
42:02à un peu toucher
42:03le territoire au Maroc
42:06jusqu'à ce que
42:08j'ai une demande
42:10incessante
42:11de jeunes
42:12qui me demandaient
42:13« Madame,
42:14où est-ce que je peux
42:14me former ?
42:15Madame,
42:15où est-ce que je peux
42:16apprendre la danse
42:17contemporaine ? »
42:18Madame,
42:19où est-ce que je peux
42:19avoir des ateliers
42:20gratuits ?
42:21Donc, un besoin
42:21d'abord.
42:22Un besoin
42:23évident.
42:24Évident,
42:25criant,
42:26oui,
42:26tout à fait.
42:27Et donc,
42:27le projet
42:28d'Athi Druk,
42:30c'est comme ça
42:31qu'il a vu
42:31un petit peu
42:32le jour aussi ?
42:33Complètement.
42:33il est vraiment
42:34issu de ce constat.
42:36Après,
42:36je vous parle
42:37de 15 ans
42:38d'enseignement
42:39et de constat
42:41que ces jeunes
42:41me réclamaient
42:42beaucoup,
42:43beaucoup,
42:43beaucoup.
42:44Alors,
42:44ce qui est intéressant,
42:45c'est qu'il y a
42:46le monde
42:47de la danse urbaine,
42:48il y a le monde
42:49de la danse
42:50un petit peu
42:51plutôt commerciale,
42:52on va dire.
42:52Tout ça s'est développé
42:53ces dix dernières années.
42:55Mais à l'époque,
42:56il n'y avait pas grand-chose.
42:57Donc,
42:57on se déplaçait
42:57dans les différentes villes
42:58pour donner des ateliers.
43:00Du coup,
43:00Dati Drouk,
43:01c'est vraiment,
43:02vraiment répondre
43:03à un besoin
43:04qui est de former,
43:06de créer une formation
43:08professionnelle
43:09en danse contemporaine
43:11et en animation
43:13socio-culturelle.
43:14Parce que l'objectif,
43:15c'est de former
43:16des danseurs
43:16qu'ils dansent,
43:18qu'ils créent
43:18leur compagnie
43:20ou leur auto-entrepreneuriat
43:22ou faire partie
43:24des circuits de danse
43:25au Maroc
43:26parce que ça commence
43:27à vraiment,
43:28maintenant,
43:28il commence à exister
43:29un début
43:30d'écosystème au Maroc
43:31mais également
43:33d'enseigner
43:34et de transmettre
43:34aux petites générations
43:35les bienfaits de la danse
43:37ô combien
43:38il y en a.
43:39Pour qu'ils aient leur place
43:40et justement,
43:41quelle place de la danse
43:42aujourd'hui au Maroc ?
43:43Alors,
43:44elle est en train
43:45vraiment de prendre
43:45une place importante.
43:48Le ministère
43:49a un objectif
43:51qui est très,
43:52très clair,
43:52c'est le développement
43:53des industries culturelles
43:54et créatives
43:55et ça,
43:56c'est capital.
43:57Nous entrons,
43:58la danse,
43:58entre dans ces six essais,
44:01le théâtre,
44:02le cinéma,
44:03la musique,
44:04évidemment,
44:04tout ce qui touche
44:05à développer la culture.
44:06La danse contemporaine
44:08est particulière
44:08parce qu'elle touche
44:09à des valeurs.
44:10Alors,
44:11la danse contemporaine
44:11en particulier,
44:12mais j'ai envie de dire
44:13la danse en général,
44:14la contemporaine en particulier
44:16parce qu'on travaille
44:17le cognitif,
44:18on va travailler
44:19la concentration,
44:21on va travailler
44:22la coordination,
44:23on va travailler
44:24le sens de l'équilibre,
44:25on va travailler
44:26le physique,
44:27on va travailler
44:27de la force physique,
44:29de la souplesse,
44:29de l'équilibre.
44:30Et ça demande
44:31une certaine rigueur
44:32quand même
44:32et une ténacité aussi.
44:35Oui,
44:36complètement.
44:37Je termine
44:37sur les valeurs,
44:38ça apporte aussi
44:39de la sociabilité,
44:40comment je travaille
44:41avec l'autre,
44:41comment je travaille
44:42en collaboration,
44:43comment je trouve
44:44ma place
44:44et comment je m'inclus
44:46dans un corps collectif,
44:47on va dire.
44:48D'accord ?
44:48Donc,
44:48c'est vraiment important.
44:49D'Athidro
44:50qui a été créé
44:50en 2024
44:52et c'est six heures
44:52de danse par jour
44:53pendant un an.
44:55le mercredi
44:55est destiné
44:56à l'éducation
44:57socio-culturelle
44:58avec de la théorie
44:59et de la pratique
45:00l'après-midi
45:00dans différents espaces.
45:03Et justement,
45:04comment la danse contemporaine
45:05permet aujourd'hui
45:07d'impulser
45:08un changement social ?
45:10Parce que c'est un petit peu
45:11de cela qu'il s'agit
45:12chez les jeunes.
45:13Si vous voulez,
45:15le travail du mouvement,
45:15la puissance du travail,
45:17c'est incroyable.
45:18C'est un vecteur
45:18d'épanouissement individuel.
45:20D'expression par le corps.
45:22D'expression par le corps.
45:22Mais clairement,
45:23c'est un épanouissement individuel
45:25qui après va amener
45:26de la cohésion sociale.
45:28C'est très très important.
45:29Dans D'Athidro
45:29nous avons trois axes.
45:31L'axe formation professionnelle
45:32du danseur.
45:33L'axe accompagnement
45:35vers l'insertion professionnelle.
45:37Celui-ci est capital.
45:38L'objectif c'est vraiment
45:39d'insérer professionnellement
45:40les jeunes.
45:41Le troisième axe
45:42c'est la médiation.
45:43Ça veut dire quoi la médiation ?
45:44C'est justement ça.
45:45C'est aller vers des publics
45:46qui sont très éloignés
45:47de la danse,
45:48très éloignés
45:48de l'offre culturelle au Maroc.
45:49Donc sortir un peu
45:51des grandes villes,
45:52aller un peu dans le rural.
45:53On n'a pas besoin
45:54d'aller très loin.
45:55Aïna Aouda n'est pas très loin
45:56mais a besoin
45:57d'une offre culturelle,
45:58a besoin de développer
45:59vraiment l'enfance.
46:03Et voilà.
46:05Et parlez-nous justement
46:06du dernier spectacle.
46:08Alors le dernier spectacle,
46:10la formation dure dix mois.
46:12Nous serons sur un programme
46:14dans les années à venir
46:15sur deux ans
46:16parce qu'il faut vraiment
46:16du temps pour former
46:18un danseur.
46:19Amen,
46:20c'est le spectacle
46:20de fin de formation,
46:22du projet pilote,
46:23ce qu'on appelle
46:23le projet pilote,
46:25qui a été vraiment
46:26un succès, sincèrement,
46:27c'est-à-dire un succès
46:28en termes de formation
46:29et d'insertion professionnelle,
46:30ce qui est notre objectif
46:31numéro un.
46:32Alors en fin d'année,
46:34on a...
46:35On, je dis on,
46:36nous sommes une équipe.
46:38Donc je suis à la direction
46:39du projet,
46:40mais j'ai ma collaboratrice
46:41Teresa Morera-Teas
46:43qui est collaboratrice
46:44qui a monté le spectacle,
46:45le projet avec moi.
46:46Et puis j'ai une équipe
46:47de chorégraphes,
46:48danseurs,
46:49ici au Maroc,
46:50qui ont leur compagnie
46:52tous au Maroc.
46:53Donc ce sont tous
46:53des professionnels
46:54et ils enseignent tous
46:55à Datidruk
46:56et font...
46:56On fait partie évidemment
46:57de la création du spectacle.
46:58Moi j'ai fait la mise en scène,
47:00j'ai chorégraphié
47:01la continuité du spectacle
47:02à partir de la matière
47:05de tous les professeurs
47:06chorégraphes
47:07qui sont dans Datidruk.
47:09Et justement,
47:10quand vous observez
47:11un petit peu vos danseurs
47:13qui soient professionnels
47:14ou juste amateurs
47:15puisque vous vous entraînez
47:17également,
47:17vous accompagnez
47:18les danseurs
47:19qui ont un potentiel
47:20mais qui ne sont pas encore
47:22professionnalisés,
47:24juste après un spectacle
47:25ou pendant un spectacle,
47:28qu'est-ce que vous espérez
47:30que le public
47:31puisse repérer
47:33et qu'il retienne aussi
47:35de ce qu'il voit sur scène ?
47:38C'est une grande question.
47:39Qu'est-ce qu'apporte l'art ?
47:41Bon, selon moi,
47:42c'est particulièrement le corps.
47:46Lorsqu'il y a un corps devant soi,
47:47un comédien ou un danseur,
47:51a priori devrait se dégager
47:52de l'émotion
47:54ou de la réflexion
47:56ou du questionnement.
47:58la danse contemporaine
47:59elle est faite pour ça
48:00et la richesse
48:01de la danse contemporaine
48:02c'est qu'elle peut
48:04aller s'inspirer
48:05de tout ce qui existe
48:07au monde.
48:07On peut s'inspirer
48:08de l'animal,
48:09on peut s'inspirer
48:09de la nature,
48:10on peut s'inspirer
48:11des danses urbaines,
48:12on peut s'inspirer
48:13des danses traditionnelles marocaines,
48:14on peut s'inspirer
48:15de la danse buto au Japon.
48:16Je veux dire,
48:17la danse contemporaine
48:17est tellement riche
48:18qu'elle va puiser partout
48:20et du coup,
48:23voilà,
48:23je ne sais plus
48:24ce que vous m'avez dit.
48:25En tout cas,
48:26vous le disiez tout à l'heure,
48:28oui,
48:29on parlait en fait
48:30de ce que le public
48:30pourrait retenir.
48:32Oui,
48:32alors oui,
48:33c'est de l'émotion,
48:34c'est de l'émotion
48:35et il m'est déjà arrivé
48:36de monter un spectacle,
48:38c'est à Daba Théâtre
48:39à l'époque,
48:39sur les subsahariens
48:41et leur parcours,
48:42très très difficile
48:42pour arriver au Maroc
48:43et à la fin du spectacle,
48:45c'est vraiment important,
48:46une dame est venue me voir
48:46en me disant,
48:47mais vous savez,
48:48je travaille avec les subsahariens
48:49depuis 10 ans,
48:50elle m'a dit,
48:50mais nous nous étions habitués
48:52à leur souffrance,
48:53le spectacle
48:54m'a fait revivre
48:55et m'a fait reprendre
48:56en considération
48:56la souffrance de ces jeunes.
48:58Donc vous voyez,
48:59en fait,
48:59c'est ça,
48:59ça suscite une émotion,
49:01ça suscite un ressenti
49:02et forcément,
49:03en tout cas,
49:04c'est ce qu'on espère,
49:05que ça suscite
49:05une réflexion derrière.
49:07Et puis on le disait
49:08tout à l'heure,
49:08quand on parlait de la danse
49:10et de la danse urbaine
49:11particulièrement,
49:12vous disiez que
49:13ça avait permis aussi
49:14de démocratiser
49:15l'accès
49:17pour la jante masculine
49:18au Maroc
49:19par rapport aux mentalités,
49:20le fait de s'ouvrir,
49:22à se professionnaliser
49:24également ?
49:25Complètement.
49:26La danse urbaine
49:27est très importante
49:28parce qu'elle est d'abord
49:29masculine,
49:30elle est également féminine,
49:31mais en termes de pourcentage,
49:32ce sont beaucoup plus
49:33de jeunes hommes.
49:34Il y a également le cirque,
49:35le cirque Chemsi
49:36de Salé,
49:37qui forme des circassiens
49:39et des circassiennes.
49:41Et beaucoup,
49:41beaucoup sont très,
49:42très, très attirés
49:44par la danse contemporaine
49:45qu'ils utilisent d'ailleurs
49:46au sein même
49:46de leur spectacle de cirque.
49:49Oui,
49:50il y a beaucoup d'hommes,
49:51de jeunes hommes.
49:52Nous,
49:52sous la première promotion,
49:5318 étudiants,
49:54nous avions 12 jeunes hommes
49:56et 6 jeunes femmes.
49:57Il est important aussi,
49:58justement,
49:59de travailler
49:59sur le terrain
50:00des femmes
50:00parce que
50:02quand on va
50:03dans des milieux
50:04vulnérables,
50:05la jeune fille
50:06est souvent amenée
50:08à aller vers
50:09des tâches domestiques,
50:10vers éventuellement
50:11des mariages précoces,
50:12mais certainement pas
50:13de se mettre en avant
50:14et surtout pas
50:15de travailler son corps
50:16en public.
50:17Donc,
50:17il y a tout un travail
50:18d'ouverture d'esprit
50:19qu'apporte aussi
50:19la danse contemporaine
50:20là-dessus
50:21parce qu'on travaille
50:22le corps comme matière.
50:23On ne le travaille pas
50:24de manière charnelle.
50:25On le travaille,
50:27c'est une matière
50:28et du coup,
50:28il y a toute une prise
50:29de conscience des jeunes,
50:30que ce soit hommes ou femmes.
50:31Et comme moyen d'expression
50:33aussi et de libération.
50:34Complètement.
50:35D'expression des émotions aussi
50:38parce qu'on a tendance
50:40à les rétracter,
50:41à ne pas les laisser s'exprimer.
50:43Donc,
50:43l'expression,
50:43l'émotion,
50:44le travail du collectif,
50:45c'est très important
50:46et du coup,
50:48les jeunes
50:49qui viennent de milieux
50:50vraiment assez disparates
50:51du Maroc,
50:52ils viennent de toutes
50:53les régions d'ailleurs,
50:54au départ sont assez
50:56chétifs,
50:57timides,
50:58n'osent pas
50:58et comprennent après
50:59que c'est un langage,
51:00c'est un langage universel
51:01et alors ça donne
51:02des résultats fabuleux.
51:04Et à quel défi
51:05justement ces jeunes
51:06aujourd'hui
51:06qui sont dans la danse
51:08contemporaine au Maroc
51:09se heurte-t-il
51:10pour se professionnaliser ?
51:13Comment répond-il aussi
51:15aux exigences
51:16du marché ?
51:17On va dire un marché
51:18qui jusque-là
51:20était assez restreint.
51:21Oui,
51:21il y a un marché limité,
51:22on est d'accord.
51:23Mais il faut quand même
51:25voir que depuis
51:26une vingtaine d'années,
51:27il y a beaucoup de choses
51:27qui ont été faites.
51:30Pour essayer
51:30de tisser cette toile
51:31d'un écosystème
51:33à l'échelle nationale
51:34de la danse,
51:35il faut évidemment
51:36parler des festivals
51:37qui existent.
51:38Ils sont très importants.
51:39Il y a le festival
51:39En Marche de Marrakech,
51:41il y a le festival RCC,
51:43Rencontre chorégraphique
51:44de Casablanca,
51:45il y a le festival
51:45qui est tout nouveau,
51:46le FIDRE de Rabat,
51:47il y a un petit festival
51:48aussi de jeunes chorégraphes
51:50à Agadir.
51:50Tout ça,
51:51c'est important
51:51parce que ça permet
51:52des lieux de rencontres
51:53autour de la danse.
51:54Mais également,
51:55il y a les fondations.
51:56La fondation Hiba Rabat
51:57avec le Hiba Lab
51:58qui permet toute une série
52:00d'ateliers,
52:00donc déjà démocratiser
52:01l'accès à la danse
52:02pour des prix
52:04vraiment très bas.
52:05Vous avez Tatmin
52:06qui est un autre espace
52:07à Rabat
52:07qui permet des rencontres
52:08d'artistes.
52:09Anyway,
52:10il y a plein de...
52:12Il y a la fondation ENAIA
52:13qui nous a hébergés,
52:15c'est important
52:15parce qu'elle a un très bel espace
52:16et du coup,
52:17il y a pu y avoir
52:17des échanges d'artistes
52:18au sein de l'espace.
52:19Tout ça pour vous dire
52:20que si on crée
52:22cet écosystème
52:23entre les festivals,
52:24les lieux qui existent,
52:25la formation
52:25que nous nous donnons,
52:26il existe aussi
52:27des formations ponctuelles
52:28à Marrakech,
52:29à Casablanca,
52:30elles sont ponctuelles
52:31mais elles sont importantes.
52:32Et puis cette vague
52:32de solidarité aussi
52:33entre les acteurs du secteur.
52:34Essayer complètement
52:35de créer...
52:36Si on veut un écosystème,
52:37il faut que nous travaillions
52:38tous vraiment en lien
52:39les uns avec les autres
52:40et d'ailleurs,
52:42nous existons
52:42au ministère
52:43de la Jeunesse,
52:44de la Culture,
52:45de la Communication,
52:46MJCC, bien sûr.
52:47Il y a le département
52:47art chorégraphique
52:48qui est très important
52:49qui octroie des subventions
52:50pour les jeunes chorégraphes.
52:52Donc, voilà,
52:53les institutions,
52:55le privé,
52:55les fondations,
52:57les initiatives citoyennes
52:59comme la nôtre,
53:00moi je suis une association,
53:01voilà,
53:02et tout ce...
53:03On est en train
53:04de tisser une toile,
53:05j'ai envie de dire,
53:06de l'écosystème de la danse.
53:08Mais il est encore...
53:09Il est encore à développer
53:11beaucoup,
53:11parce qu'on reste
53:12sur Khazars,
53:13Rabat,
53:14Marrakech,
53:15un petit peu Fès,
53:16un petit peu Agadir,
53:17mais c'est timide
53:18et c'est important.
53:19C'est important d'ouvrir
53:20sur le territoire.
53:21En tout cas,
53:21une belle dynamique
53:22qui est créée.
53:23On espère qu'elle va
53:24se poursuivre.
53:25Merci à vous,
53:25Ali Mamouni,
53:26d'avoir été mon invité.
53:27Un dernier mot,
53:27si vous me permettez.
53:28Un dernier mot,
53:28oui, bien sûr.
53:29Nous espérons relancer
53:31très prochainement
53:32en octobre
53:32la deuxième promotion
53:33de Dati Druk.
53:34Nous avons des bailleurs
53:35de fonds,
53:36nous avons le ministère
53:37MJCC en partenaire,
53:38c'est très important.
53:39Mais nous sommes quand même,
53:40je fais un petit appel
53:41à la recherche
53:42de fonds,
53:43si possible,
53:44marocains,
53:45parce que nous essayons
53:46de développer
53:46la jeunesse marocaine
53:48et nous essayons
53:50de leur donner
53:50leur place
53:51dans leur société
53:52pour aider
53:53au développement du pays.
53:54C'est très important.
53:54plein de succès
53:56dans cette initiative.
53:56Merci infiniment.
53:57Merci à vous.
53:58C'est la fin
53:58de l'Invité Culture
53:59pour ce soir.
54:00Je vous souhaite
54:01une très bonne soirée.
54:06Et c'est aussi
54:07la fin de ce journal.
54:08Merci à vous de nous suivre.
54:09L'information revient
54:10dans un instant
54:10sur Média en télé.
54:11Sous-titrage Société Radio-Canada

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