00:00Et bonjour Claude Ascolovitch.
00:02Bonjour.
00:02Vos mots du jour parlent d'amitié.
00:04Ce beau mot l'amitié, mais qui ne serait qu'un mot vide de sens pour l'ENA Situation.
00:09L'immense influenceuse que lundi le journaliste Paul Gassnier dans l'émission quotidien a épinglé.
00:15Si l'ENA Situation doit sacrifier ses amis pour ne pas perdre trop de followers,
00:19elle le fera et elle le fera sans vergogne.
00:21Et pourtant ce soir-là, l'ENA Situation remplit ses berçies.
00:2520 000 personnes parmi les millions de jeunes gens qui depuis 10 ans se sont retrouvés en elle
00:30et la suivent comme une amie choisie.
00:32Oui, mais dans la vraie vie, que vaut l'amitié de l'ENA ?
00:35C'est demandé Gassnier qui a raconté l'histoire de Gisèle Journeau.
00:38Gisèle Journeau, c'est une agente d'influenceurs, une proche de l'ENA,
00:42mais qui a posté en ligne des vidéos d'amitié pour Israël et depuis, elle subit un harcèlement en ligne.
00:48L'eurodéputé Rima Hassan appelle à la boycotter et les influenceurs ont obtempéré, y compris l'ENA.
00:53L'ENA Situation like le message de Rima Hassan qui appelle au boycott de son amie.
00:58Elle se désabonne du compte de Gisèle Journeau et elle efface toute trace de leur amitié en ligne.
01:04Alors après sa chronique, Gassnier à son tour a subi en ligne des attaques venues des amis de la Palestine
01:09et surtout des amis de l'ENA Situation, ce qui fait du monde.
01:12Car l'ENA Situation est une femme puissante.
01:14Très puissante, mais cette histoire raconte peut-être une limite.
01:18D'abord, qu'est-ce qu'on a vu ?
01:19On a vu une influenceuse, l'ENA, se faire rappeler à l'ordre par un vieux média traditionnel,
01:23et lui quotidien, c'est de la télé, et avec elle, le monde de l'influence qui préférerait le buzz
01:28à la vertu.
01:30Gassnier de la télé, à 36 ans, l'ENA Situation du web en a 28,
01:34dans les médias, ça fait une génération d'écart.
01:37Le rappel à l'ordre raconte aussi la fin d'une innocence.
01:40Le monde de l'influence, jusqu'ici, pouvait se croire loin des polémiques politiques.
01:44C'est fini.
01:45Déjà l'an dernier, l'ENA Situation avait porté au Festival de Cannes une robe ample et un foulard dans
01:50les cheveux.
01:51Aussitôt, la télévision CNews l'avait étiqueté agent d'influence islamiste.
01:56Elle est habillée un peu à la mode des frères musulmans, si vous permettez l'expression.
02:00Ce sont des marques qui la payent pour se vêtir de cette façon-là.
02:05C'est-à-dire comment, au nom des affaires, on participe à l'entrisme.
02:09Alors, sur notre antenne en novembre dernier, l'ENA Situation avait répondu ainsi.
02:14Le racisme est tellement décomplexé, l'islamophobie est tellement décomplexée.
02:18Et elle évoquait ensuite le sort des femmes musulmanes voilées.
02:21Elles vont rentrer chez elles avec leur voile où il va y avoir du crachat dessus parce que c'est
02:25ma copine qui me racontait ça.
02:26Quand on vivait cette histoire, ma copine qui porte le voile, elle nous racontait ça.
02:29Et je me dis, en fait, je ne peux pas me taire et je ne peux pas faire comme si
02:32de rien n'était.
02:32Quand on l'entend, surtout en ce moment, ce choix des mots montre que l'ENA Situation, en fait, elle
02:37est mûre pour afficher des engagements.
02:39Et la Palestine en fait partie, Claude ?
02:41Possiblement, et ce sera alors pour cela que l'ENA a rompu avec Gisèle Journeau.
02:45Mais comme elle n'en dit rien, on reste avec un malaise.
02:48L'an dernier, on a vu l'ENA Situation arborer un bijou en forme de pastèque, fruit qui symbolise la
02:53Palestine.
02:54Elle interrogeait alors l'actrice américaine Jenna Ortega qui défend la Palestine et qui avait apprécié le bijou.
03:05La pastèque, c'est pour la Palestine ? Oui, wonderful.
03:08Bon, à l'époque, des militants avaient quand même ironisé sur cet engagement qu'Holi fichait.
03:12Ils suggéraient que l'ENA voulait juste plaire à son invité.
03:14Et c'est ce procès en densité, ce doute sur sa constance, que l'ENA Situation va devoir dissiper en
03:20vieillissant.
03:21Car une grande influence, comme disait je ne sais plus qui, c'est une grande responsabilité.
03:25Merci, Claude Ascolovitch. A la semaine prochaine pour d'autres mots.