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  • il y a 7 semaines
Chaque semaine, nos critiques commentent un film sorti en salles. Aujourd’hui, le deuxième et sulfureux film de Danny Boyle à l’occasion de sa ressortie en salles.
Transcription
00:00Il ressort en salle, alors on l'a vu, et bien Trainspotting a pris 30 ans dans les dents,
00:05Dame Ned, nous aussi.
00:33Flashback, 1996, Trainspotting sort, il est hors compétition à Cannes,
00:37précédé d'une rumeur qui le donne comme un film très choquant.
00:41C'est le long métrage d'un certain Danny Boyle, qui est un petit nouveau,
00:45qui a eu un joli succès avec Petit Meurtre entre amis.
00:49Et là, c'est des grosses défonces entre potes.
00:51C'est assez troublant de le revoir 30 ans après, parce que d'abord, on se demande
00:56comment quelqu'un, un jour, a pu croire que ça faisait la promotion de l'héroïne.
01:01Parce que vraiment, vraiment, le film ne donne pas envie de toucher à la drogue, c'est de la merde.
01:07Dans sa description d'une bande de losers malheureux, qui vont tous plus ou moins mal finir,
01:14la description de leur quotidien sordide, même si c'est montré parfois de manière un peu drôle,
01:20l'enchaînement des larcins, des vols, des trahisons, etc., pour se payer sa dose,
01:25tout ça, c'est vraiment pas complaisant, je trouve, même si ça peut être jugé parfois un peu maladroit.
01:32Alors, mea culpa, mea maxima culpa, je faisais partie des gens dont parlait Marie,
01:37qui, à l'époque de la sortie du film, avait vu dans Trendspotting une forme d'apologie plus ou moins
01:43discrète de la drogue.
01:45Non, effectivement, en le revoyant 30 ans après, j'avoue que j'ai été passé un peu à côté du
01:49film de ce point de vue-là,
01:50parce qu'on ne peut pas faire meilleure publicité contre l'usage de l'héroïne, c'est vraiment terrifiant.
01:57Faire une mise en scène comme ça, tout en coup de force, une espèce d'exploit, de caméras qui tournent
02:01dans tous les sens,
02:02du rythme du montage hyper saccadé, ça dit quelque chose aussi de ce que c'est que la vie des
02:07drogués,
02:07qui vivent constamment au jour le jour, voire dans la minute, d'une existence qui est réglée par le fait
02:13de trouver son prochain shoot.
02:15Et je trouve que la mise en scène vraiment retranscrit très très bien ça.
02:18Et puis autre bon point de Trendspotting, c'est le casting.
02:21Ewan McGregor, il était tout jeune, tout maigre, tout beau, et il fait une performance assez hallucinante,
02:26parce que le personnage, ça aussi je l'avais oublié, il n'est pas sympa du tout.
02:30Et ça, on n'a pas trop l'habitude de voir Ewan McGregor faire des rôles de mec vraiment pas
02:34agréables.
02:35En fait, il est assez fourbe, il trompe ses amis à plusieurs reprises, voire il les escroque.
02:40Il a un discours parfois très très dur contre eux, voilà, et ça c'est vraiment bien d'avoir montré.
02:46Et puis il y a tous les gens qui l'entourent, et notamment Robert Carlyle, qu'on a revu après
02:50dans d'autres rôles,
02:51qui joue le rôle du psychopathe et néanmoins ami.
02:54Il est vraiment psychopathe là pour le coup, une espèce de brute épaisse aux réactions totalement imprévisibles.
03:00Et vraiment sa performance fait beaucoup pour le charme assez destroy du film.
03:25C'est intéressant à mettre en regard d'autres cinéastes,
03:29parce qu'évidemment, ça n'a ni l'engagement, l'humanisme, la colère d'un Ken Loach, très loin de
03:35là,
03:35ni la profondeur d'un Mike Lee, ni même l'élégance cruelle d'un Stephen Frears.
03:41Il est Danny Boyle dans le spectacle, le ricanement,
03:46et le commentaire pas très creusé, pas très fouillé, on va dire.
03:51Et il y a quelque chose de cosmétique, notamment dans la description, un peu toc,
03:57les décors, des espèces de squats ignobles où ils vivent, des moquettes dégueulasses sur lesquelles ils se vautrent,
04:03et sur lesquelles crapahute ce bébé, mon Dieu, mais vraiment, c'est des visions d'horreur.
04:07C'est parfois, évidemment, porté au pinacle avec des séquences un peu inoubliables,
04:13je pense à la séquence des toilettes les plus sales d'Ecosse,
04:17qui me file encore des haut-le-coeur 30 ans après, alors vraiment, je pensais m'être aguerrie.
04:22J'en ai vu des toilettes au cinéma, et bien ça n'a pas suffi à me vacciner.
04:27C'est-à-dire que tu vois le film et tu te dis, ok, j'ai chopé le tétanos, quoi.
04:30Malgré tout, il y a un côté un peu toc, un peu, voilà, oui, cosmétique, superficiel dans le film,
04:36et on voit bien que c'est un film de petits malins, plus qu'un film de quelqu'un qui
04:40voudrait faire un grand geste politique.
04:43Oui, Transpotting est un film vraiment ancré dans son époque,
04:46c'est la fin du thatcherisme, on est encore vraiment dans le suivi du libéralisme extrême
04:51qu'elle a imposé au forceps à son pays dans les années 80.
04:56Et puis c'est un film très ancré, évidemment, dans les styles vestimentaires et musicaux de l'époque.
05:01La bande originale est incroyable, il y a les classiques du rock, de Lou Reed, d'Iggy Pop et Blondie,
05:07et les autres.
05:07Et puis il y a les grands groupes de la Britpop de l'époque qui sont là, tous, notamment Elastica.
05:12Enfin voilà, évidemment, quand on a vécu cette période-là, de le revoir, là pour le coup, ça fait un
05:17shoot qui fait beaucoup de bien.
05:19Transpotting 30 ans après, c'est peut-être moins génial que dans mon souvenir, mais c'est mieux que ce
05:23que je craignais.
05:24Transpotting 30 ans après, contre toute attente, c'est bien.
05:37Transpotting 30 ans après, c'est bien.

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