00:00Blandine Lirondel a gagné l'UTMB malgré une pathologie qui va la forcer à se faire opérer.
00:04Elle a même bien failli ne pas prendre le départ.
00:06Quand j'ai pris le départ, je ne savais pas du tout ce que ça allait donner en fait.
00:09Alors en fait, depuis plusieurs semaines, elle est limitée par une pathologie qu'on appelle endofibrose iliaque.
00:13C'est quelque chose qu'on voit surtout chez des sportifs d'endurance,
00:16comme des cyclistes ou des ultra-trailers qui vont répéter le même mouvement où la hanche se fléchit.
00:20Et ça va créer un problème d'afflux sanguin dans leurs jambes quand les intensités d'effort augmentent trop.
00:24Parce que l'artère iliaque qui irrigue leurs jambes va se retrouver un petit peu pliée.
00:28Ça va leur créer, quand les intensités d'effort augmentent trop, des douleurs.
00:31Si vous imaginez un peu quand une jambe n'a plus de sang qui passe,
00:34je ne sais pas si vous avez déjà eu des douleurs vasculaires,
00:36mais c'est vraiment comme un étau, comme une énorme crampe avec une perte de puissance, etc.
00:41Et donc ainsi pour l'UTMB, Blandine Lirondel devait rester dans une zone d'effort contrôlée,
00:44pas trop intense, et c'est passé.
00:46Je l'ai senti un peu au début, c'était prévu.
00:48Je la sentais un peu quand je courais sur le flop-la-montant.
00:50Je savais aussi que le début, on a une intensité qui est quand même un peu plus élevée que sur
00:55le reste de la course.
00:56Donc je l'ai un peu senti, mais au moins ça me permettait d'avoir un repère,
00:59parce que j'avais la fréquence cardiaque qui augmentait très haut,
01:01pourtant j'avais la consigne du coach de ne pas dépasser les 147, j'étais déjà à 160.
01:04Alors que le ressenti d'effort était assez agréable,
01:07donc j'avais un peu du mal à jauger si j'allais trop vite ou pas.
01:10Par contre au moins la cuisse était un bon repère,
01:12de me dire « Ah là, ça commence à faire un peu mal, donc on ralentit. »
01:15Après, elle ne m'a pas dérangée finalement, pendant toute la course.
01:17Mais vraiment, croyez-moi que je n'étais pas du tout partie pour ça.
01:22Je vais le faire à la sensation, on va voir, ça peut marcher,
01:25comme ça ne peut pas marcher, mais même si ça marchait bien,
01:27je n'aurais jamais imaginé faire quelque chose comme ça.
01:30Alors finalement, ce qu'elle nous a expliqué,
01:32c'est que cette pathologie avait pu l'aider dans son approche mentale de la course,
01:35en lui enlevant de la pression.
01:36Ce n'était pas vraiment du bluff,
01:38mais ça m'a permis aussi de ne pas avoir trop de pression d'extérieur,
01:41en disant « J'ai ça qui m'embête. »
01:43Effectivement, physiquement, ça peut passer,
01:45mais c'est aussi mentalement.
01:46À chaque entraînement, je sentais cette cuisse.
01:48C'est fatigant aussi.
01:50Je pense que c'était une grosse fatigue que j'avais envie de partager
01:52pour montrer que je ne pars pas dans les super conditions.
01:56Et pour moi, à l'heure actuelle, un UTMB,
01:58normalement, si on veut le gagner,
02:00il faut être à plus de 100% même.
02:02Après, chaque personne est différente.
02:04Et moi, je pense que ça ne m'a jamais réussi
02:06de mettre un objectif et de me dire « Là, j'y vais pour gagner. »
02:09Je l'ai fait une fois et je n'ai pas gagné.
02:11Parce qu'il faut que je reste dans mes sensations
02:12et que je me détache de ça.
02:15Alors, Blandine va quand même se faire opérer à la fin de l'année,
02:17comme elle l'avait fait déjà en 2022
02:18pour la même pathologie sur sa jambe droite
02:21pour lui permettre de refaire de la très haute intensité.
02:23C'est comme une opération très lourde,
02:26mais je pense que je vais quand même passer par l'étape opération
02:28parce que le sport, ça fait quand même partie de ma vie.
02:31Je suis adepte aussi, par exemple, de faire des crosses l'hiver.
02:34Ça, c'est quelque chose que je ne pourrais pas faire
02:35avec cette pathologie.
02:36Donc, je me dis que c'est vrai que ça tombe bien
02:38à la fin d'année, après avoir fait l'UTMB,
02:40je vais me faire opérer.
02:41Comme ça, je pourrais repartir sur de bonnes bases.