00:08Salut tout le monde, comment ça va ?
00:10Je vais parler à cette vitesse parce que ça va être très très long.
00:15Oulala, il est piquant Daniel, allez on y va.
00:18Coucou tout le monde, trop content d'être là pour cette troisième chronique, elle
00:21s'est contée ouf.
00:23Je ne vais pas m'éterniser parce qu'après il faut absolument que je vais me faire tester
00:25parce que j'ai fait la bise à Xavier.
00:33L'intelligence ne se transmet pas de cette manière-là.
00:37Je pense que quand on met 35 secondes à répondre, on ne peut pas parler d'intelligence.
00:43Aujourd'hui, on va parler de pleurer dans l'avion et oui, ce n'est pas plus con qu'un
00:48sujet
00:48de Raphaël.
00:50Ça aussi c'est gratuit mais c'est juste que ça me permet de montrer que cette fois
00:54je connais tous les prénoms !
01:01L'avion, c'est mon endroit préféré pour pleurer.
01:04Moi, avant chaque vol, je ne sais pas si vous le faites aussi, je fais un point sur ma vie
01:07au cas où l'avion se crache et je meurs.
01:10Enfin, tout le monde meurt mais je meurs.
01:13Et je me pose les vraies questions, les questions de la vie.
01:16Est-ce que j'ai aidé les gens ? Est-ce que j'étais une bonne personne, généreuse,
01:20loyale, bienveillante ?
01:21Et bien justement, je suis là « Non ! Non ! Non ! Non ! Non ! Non ! »
01:27Et je suis là « C'est bon, je peux partir en paix ! »
01:31En avion, tu es quand même à 10 000 mètres d'altitude dans une sorte de capsule qui vole.
01:34Tu n'as rien à faire, tu n'as personne qui te dérange sauf moi qui pleure.
01:37Et dans une époque où il faut tout le temps aller vite, il faut tout le temps aller bien,
01:40c'est un peu le seul moment où tu ne peux juste rien faire.
01:42Regarder tous les « Fast and Furious » et pleurer et personne ne trouve ça bizarre.
01:46Et déjà, en soi, pleurer, c'est une belle activité, c'est bien pour la santé mentale.
01:50Il faut le faire de temps en temps mais pleurer dans l'avion, c'est incroyable.
01:54Moi, j'aime trop ça.
01:56Je pense que j'aime autant ça que les personnes âgées aiment fixer les gens trans.
01:59C'est comme si ma vie en dépendait ! Je me mets des musiques intenses et je m'imagine
02:11que c'est peut-être mes derniers instants et je me fais ma vie comme ça au ralenti.
02:15Moi à la plage, moi dans un bar, moi à la plage, moi dans un bar, moi dans un bar
02:20de plage.
02:21Et je suis là mais quelle vie de malade et je pleure comme ça.
02:24Et après, j'éteins quand même l'écran de l'avion qui m'indique juste en dessous de ma table,
02:28le déplié avec des Pringles, du Sprite et le clip de Magic System sur mon iPhone,
02:31il y a là, Siri ! Je pleure très souvent dans l'avion, déjà parce que ça te ressemblera
02:42à moi.
02:42T'es émotif Daniel, t'es émotif.
02:45Et du coup, je pleure souvent dans l'avion, déjà parce que je suis là mais ça pollue,
02:48pourquoi je fais ça ? Je suis un monstre ou quoi ? Mais après, je me rappelle que ça
02:51va, que pour l'environnement, j'ai déjà fait ma part, j'ai avorté de rien.
02:57Donc voilà, tu sais, dans les airs, t'es un peu nulle part, ou t'es un peu à deux
03:00endroits au même temps.
03:03Attention, elle va dire un truc smart, j'ai appris un mot, ça s'appelle un état liminal.
03:06C'est quand t'es entre deux états, entre deux trucs.
03:09Voilà, c'est un peu comme quand tu vas faire des tests témestés et que t'as pas encore
03:11le résultat.
03:13T'es entre rien et le sida.
03:17Tu sais, tu fais Paris-New York, à Paris t'es la toit de Paris, à New York t'es
03:21la toit
03:25! Et pour maximiser cette sensation, les gens, ils ont inventé un truc qui s'appelle
03:29le « raw dogging » pour la prononciation à l'axave.
03:35Et en fait, c'est une pratique, peut-être que vous la connaissez, qui consiste à s'interdire
03:38d'utiliser des divertissements pendant l'avion.
03:41Voilà, ça consiste à en gros rien faire.
03:43S'ennuyer, oui.
03:43Rien faire.
03:44Un peu comme Daniel pendant l'émission.
03:47Salut, pour qui ?
03:49Et le « raw dogging », en fait, c'est que tu prends l'avion et t'as le droit
03:52de
03:52rien faire.
03:52Pas de film, pas de musique, pas de téléphone, pas le droit de parler.
03:55Voilà, pendant six heures, t'es une femme en Afghanistan mais avec un hublot.
03:58Rires
04:00Enfin voilà, il est tôt, donc on va quand même finir sur un truc un peu plus light.
04:04Faut vite...
04:06Non, c'est bien là.
04:06Non, on est bien là, vraiment.
04:08Ah ouais, on continue là.
04:09Il y a le hublot, ça va ?
04:10Oui, après le Canada.
04:11Non.
04:12Conclusion, il faut vivre ses émotions, pleurer un peu.
04:15Pleurer, ça peut créer des beaux souvenirs, il faut juste le faire au bon endroit et au bon
04:18moment.
04:19Par exemple, un premier date, dans une file d'attente, au travail ou dans un Uber qui
04:23te regarde dans le rétroviseur, ça c'est parfait.
04:25Ou le classico à un enterrement, c'est classique quand même.
04:29Mais bon, là c'est un peu différent.
04:30C'est surtout que si tu le fais pas, si tu pleures pas, tu te sens un peu con quoi.
04:33Ouais, c'est sûr.
04:34Ouais, t'es un peu là, bon.
04:35Tu te sens comme Patrick, 54 ans devant Miss France qui ne traite pas une seule mannequin
04:38de 20 ans de gros tas de cellulite avec une bouche.
04:42Rires
04:43Et je finis sur une histoire d'enterrement.
04:44Moi, j'oublierai jamais, ça m'a beaucoup marquée.
04:46Un jour, je suis à l'enterrement de ma grand-mère et je pleure et je pleure.
04:49Et à un moment, je vais me recueillir toute seule dans une sorte de salle de bain.
04:51Et je tombe sur un miroir et je me vois comme ça pleurer.
04:54Et je reste baisable.
04:56Rires
04:56C'était cathartique.
04:59Rires
04:59Merci, thank you.
05:01Bravo.
05:01Nous avons quelques punchlines mythiques pour nager vraiment.
05:06...
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