00:00J'ai décidé de présenter ma candidature à la présidence de la République.
00:06Le 18 janvier 1995, en direct de Matignon,
00:10Edouard Balladur met fin à plusieurs mois de suspense en se déclarant candidat à la présidentielle.
00:15Calme, posé, ne laissant transparaître aucune émotion, son style un peu vieille France rassure.
00:21Dans les sondages, Edouard Balladur bénéficie d'une cote de popularité insolente
00:25avec 58% d'opinions favorables, tandis que Jacques Chirac,
00:29qui a renoncé à une deuxième cohabitation avec François Mitterrand,
00:33stagne dans ses mêmes enquêtes d'opinion.
00:35Edouard Balladur a 66 ans, pour lui qui a fait une grande partie de sa carrière
00:40dans les antichambres du pouvoir à l'ombre des grands hommes.
00:43Cette occasion unique d'un destin national ne se refuse pas.
00:47C'est une expérience, enfin une expérience.
00:50C'est une période qui a été pleine d'intérêts pour moi,
00:53dans laquelle j'ai pu faire un certain nombre de choses,
00:56mais qui ne s'est pas terminée comme je l'aurais souhaité.
01:00Jacques Chirac n'était pas très désireux de me voir réussir.
01:04Retour en arrière, on est en 1964,
01:07Edouard Balladur a 35 ans,
01:09il entre au cabinet du Premier ministre de l'époque,
01:11Georges Pompidou, il a fait l'ENA
01:13et a suivi la filière de la haute fonction publique.
01:16Mai 68, les accords de Grenelle,
01:18il est dans les coulisses du pouvoir.
01:20Georges Pompidou est élu président de la République,
01:23le nom secrétaire général de l'Elysée.
01:24Il y restera jusqu'au décès du chef de l'État.
01:27Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing,
01:29Edouard Balladur se retrouve au Conseil d'État,
01:31puis dans le privé.
01:33Retour en politique en 1986.
01:35Jacques Chirac devenu Premier ministre de François Mitterrand
01:37lors de la première cohabitation,
01:40le nom ministre de l'Économie et des Finances.
01:42À ce poste, il va mener une politique libérale,
01:45privatiser Suez, Paris-Bas, la Société Générale, TF1.
01:47Le chômage baisse, tout comme les déficits.
01:50Le FMI va lui décerner le titre de ministre des Finances de l'année.
01:55En 1988, la gauche revient au pouvoir.
01:58Il faudra attendre 1993 pour revoir Edouard Balladur aux commandes,
02:02cette fois en tant que Premier ministre,
02:04pour la deuxième cohabitation avec François Mitterrand.
02:08D'un commun accord, c'était l'objet de la conversation
02:10que nous avons eue le premier jour où je l'ai vue,
02:13le soir où il m'a nommé.
02:16Il m'a dit que je me comporterais comme un notaire.
02:19Je lui ai dit que je n'en croyais rien.
02:21Vous n'avez pas cru ?
02:22Que je n'en croyais rien.
02:23D'ailleurs, ça n'a pas été le cas.
02:25Allez-y.
02:26À l'approche de la présidentielle de 1995,
02:29l'image d'une droite qui s'entre-déchire,
02:32caricaturée ici par les guignols,
02:33n'est pas très éloignée de la réalité.
02:37Jacques Chirac et Edouard Balladur,
02:39les amis de 30 ans, sont à couteau tiré,
02:41même si, aux journées parlementaires de l'UMP,
02:44ils maintiennent une unité de façade.
02:46Au-delà des convictions partagées.
02:48Le style des deux candidats est diamétralement opposé.
02:51La campagne sera rude.
02:56La fin, on la connaît.
02:58Edouard Balladur, devancé au premier tour par Jacques Chirac,
03:01s'efface et appelle à voter pour son rival.
03:03Une séquence restée célèbre va désormais lui coller à la peau.
03:07Les Français l'ont décidé.
03:09C'est M. Jospin et M. Chirac qui seront présents.
03:17Je vous demande de vous arrêter.
03:20Je vous demande de vous arrêter.
03:22Après sa défaite, Edouard Balladur va petit à petit
03:25prendre ses distances avec la vie publique.
03:27Il écrit des livres, endosse le rôle de sage
03:29et conservera un regard toujours affûté
03:32sur ce monde politique auquel il a si longtemps appartenu.
03:36des luxeurs de.»
03:36Oh, OK!
03:38Après sa défaite de quatre
03:38Maintenant, vous voyez…
03:42Je vous demande de vousmène en premier élède.
03:42Je vous remercie de votre
03:42C'est parti !