00:00C'est plus un précipice politique qu'un précipice économique, quand même.
00:04Il faut rappeler ça, c'est-à-dire que la situation macroéconomique,
00:06elle n'est pas extraordinaire, mais on n'est pas dans la situation
00:10qu'ont connue les pays d'Europe du Sud début de la décennie 2010.
00:13En revanche, on a une crise budgétaire, une crise politique,
00:16et aujourd'hui, ce que font payer les marchés, c'est cette incertitude.
00:19C'est-à-dire qu'on ne sait pas quelle est la France dans 5 ans, dans 10 ans,
00:23et la crédibilité qu'on peut donner au scénario budgétaire.
00:26Effectivement, aujourd'hui, dans le débat politique,
00:27on sent des choses extrêmement radicales,
00:33qui ne sont pas de nature à rassurer les marchés,
00:36et on sait que dans les prochaines années,
00:37il va falloir faire un effort budgétaire d'une centaine de milliards d'euros.
00:41Donc, dans une élection présidentielle ou extrêmement ouverte,
00:44on voit que ce sujet-là est quand même assez difficile à intégrer,
00:50et donc ce que font payer les marchés, c'est surtout ça.
00:52Et puis, on voit que depuis la dissolution, on a ouvert la boîte de Pandore,
00:55qu'on n'a pas de compromis sur les mesures budgétaires à adopter,
00:58et qu'on a du mal à trouver une ligne, ne serait-ce que pour maintenir le déficit à 5%.
01:03Aujourd'hui, le défi, ce n'est même pas de réduire le déficit,
01:05c'est faire éviter qu'il dérape, alors que nos partenaires sont tous à 3%.
01:09Et en maintenant à 5%, ce n'est pas en plus des investissements dans l'avenir.
01:13On est en train de décoper ce qu'on peut.
01:15Donc, ces taux d'intérêt qui remontent, aujourd'hui, on n'est pas en risque de défaut,
01:20mais ces taux d'intérêt à plus de 4% nous coûtent beaucoup plus cher que ce qu'on a
01:22connu
01:23les années et la décennie précédente, où on avait des taux d'intérêt proches entre 0 et 1%.
01:28Donc, toute tranche de dette nouvelle nous coûte plus cher que celle d'avant.
01:31Et donc, mécaniquement, les charges d'intérêt vont augmenter.
01:33Donc, ça veut dire que stabiliser le déficit, c'est déjà faire des économies
01:36pour compenser cette hausse de charge d'intérêt.
01:39Et puis après, on a nos efforts de défense, on a un certain nombre de priorités.
01:42Donc, et la croissance n'est pas au rendez-vous.
01:45Et la croissance n'est pas au rendez-vous.
01:46Et sans croissance, vous n'avez pas de recette fiscale.
01:47Donc, on voit que le gouvernement est face à des ventes contraires
01:50et qu'atteindre 5% de déficit devient un objectif ambitieux.