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  • il y a 7 semaines
Ce lundi 31 août, l'essor des produits anti-smartphones qui vont permettre aux élèves de se déconnecter a été abordé par Anthony Morel, dans Culture IA, dans l'émission Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:00Avec Anthony Morel. Alors Anthony, comment réduire le temps passé par les enfants sur les écrans ?
00:05Alors que les lycéens s'apprêtent à connaître leur première année sans portable à l'école,
00:09vous nous dites que la déconnexion est aussi en train de devenir un vrai business.
00:13Eh oui, appelez ça comme vous voulez, le sevrage numérique, la digital detox.
00:17Certains parlent même du business de l'abstinence, donc mélange d'applications et d'abstinence.
00:21Mais en gros, l'idée c'est qu'après avoir passé des années à dépenser des milliards,
00:25à nous rendre accro à nos smartphones, eh bien maintenant, on a des startups
00:28qui vont essayer de nous en sevrer d'une certaine manière.
00:30Alors, dans les lycées, je vous donne deux exemples très concrets.
00:33Le premier, c'est un outil qui est utilisé dans les lycées américains depuis plusieurs années,
00:36peut-être qu'on va le voir arriver en France, ça s'appelle Yonder.
00:39Yonder, ce sont des pochettes anti-smartphone, ce sont des poches hermétiques,
00:43ça ressemble un peu à une chaussette.
00:44En gros, on arrive en classe, sous l'œil du prof, on va mettre le téléphone dans la chaussette,
00:48ça va se verrouiller magnétiquement, et alors là, on n'a plus du tout accès à son téléphone,
00:52on ne peut plus rien faire, on est sûr que pendant les heures de cours,
00:54les élèves ne touchent pas à leur téléphone.
00:56Le seul moyen de la déverrouiller, c'est de passer cette pochette sur une borne aimantée
01:00qui ne se trouve qu'à la sortie de l'école, évidemment.
01:02Ça, c'est la première chose.
01:03La deuxième chose, c'est un petit outil qui s'appelle The Brick,
01:06qui est devenu viral ces derniers mois aux États-Unis.
01:08La brique, ça transforme votre smartphone en une brique inutilisable.
01:12En gros, c'est ça le principe.
01:13C'est un petit objet qui fait la taille d'un boîtier d'AirPod,
01:15et quand on touche son smartphone avec cet objet,
01:18ça va venir bloquer instantanément toutes les applications les plus addictives.
01:23Les réseaux sociaux, les jeux vidéo, YouTube, tout ce que vous voulez,
01:27c'est paramétrable évidemment.
01:28Et pour pouvoir le débloquer, il faut toucher à nouveau son téléphone avec cette petite brique.
01:32Donc on peut imaginer des scénarios où ce sont les parents qui ont la brique,
01:35et le matin, avant de partir au lycée, on bloque le téléphone,
01:38et on a accès au déblocage que le soir, quand on rentre des cours.
01:42Ou à l'école, effectivement.
01:43Alors là, on parlait d'objets connectés,
01:44mais il existe aussi plein d'applications qui peuvent aider les ados,
01:47voire même les adultes, à se sevrer.
01:49Oui.
01:50Alors le principe, à chaque fois, c'est un petit peu le même,
01:52c'est rajouter ce qu'on appelle en termes d'expérience utilisateur de la friction.
01:56La friction, c'est ajouter une petite complexité,
01:58une petite barrière entre votre téléphone
02:01et le shot de dopamine que vous voulez obtenir
02:05en ouvrant TikTok ou en ouvrant Instagram.
02:07Et cette complexité, ça va être par exemple,
02:09j'essaye d'ouvrir Instagram et on va me proposer un exercice de respiration.
02:14On va me dire, voilà, est-ce que tu es sûr que tu veux vraiment ouvrir Instagram ?
02:17Respire pendant 10 secondes.
02:18Et le simple fait de vous proposer,
02:19parce que c'est un peu pénible en même temps,
02:21si à chaque fois que vous ouvrez une application,
02:22on vous demande de faire un truc,
02:23bon ben voilà, les gens sont dissuadés
02:25et ils arrêtent d'utiliser leur téléphone en mode machinal.
02:27Parce que c'est ça le problème.
02:28On en a tous fait l'expérience.
02:30Vous ouvrez une application et vous vous rendez compte que,
02:32mais en fait, cette application, je l'avais fermée il y a 10 secondes.
02:35Vous le faites juste mécaniquement, de manière complètement débile, j'allais dire,
02:39mais c'est simplement parce que notre cerveau est fait comme ça.
02:42Et donc, on va ajouter cette petite complexité.
02:44On verra tout à l'heure avec notre pitch du jour.
02:46Ça peut être un problème de maths.
02:47On vous propose de faire un petit problème
02:48avant de pouvoir ouvrir votre réseau social préféré, par exemple.
02:51On a aussi les outils qui sont intégrés maintenant directement dans les téléphones en natif,
02:55j'allais dire, le mode bien-être sur Android
02:57ou temps d'écran sur iPhone,
02:59où on vous montre le temps que vous passez sur le smartphone.
03:01Vous pouvez bloquer un temps d'usage maximum de certaines applications.
03:05C'est une manière pour ces grands groupes technologiques,
03:07j'allais dire, de se donner bonne conscience,
03:09mais surtout d'éviter des méga-procès.
03:10On a parlé la semaine dernière de Meta,
03:12qui avait payé des milliards de dollars,
03:14parce que ça y est, voilà.
03:1516 milliards.
03:15Voilà, 16 milliards.
03:16On a admis que ça y est, ils étaient très nocifs pour les ados.
03:19Je pense que les grands groupes technologiques
03:20qui fabriquent les smartphones se disent,
03:21ça nous pend au nez.
03:22Et donc, ils commencent à mettre en place l'antidote
03:25pour le poison qu'ils nous ont proposé,
03:28d'une certaine manière.
03:29Poison, qu'on a acheté de manière tout à fait consentante.
03:32En connaissance de cause, oui.
03:33Oui, c'est ça.
03:34Ce qui est intéressant, c'est vraiment,
03:35l'addiction, c'est devenu un marché dans les deux sens.
03:37D'un côté, il y a le business de l'attention, comme on dit.
03:39Donc, les réseaux sociaux, leur but,
03:40c'est qu'on passe le plus de temps possible sur notre téléphone.
03:43Et puis, de l'autre côté,
03:44toutes ces entreprises qui essayent maintenant
03:45de nous vendre du matériel ou des applications
03:47pour nous déconnecter.
03:49Voilà, et il y a plein de propositions.
03:50La dernière option, c'est de revenir au téléphone
03:52qui ne sert qu'à téléphoner.
03:53Oui, à l'ancienne, j'allais dire.
03:55Mais alors, ne sortez pas forcément le Nokia 3310
03:57dans vos placards.
03:58Maintenant, ce qu'on vous vend,
03:59ce sont des smartphones minimalistes
04:01vendus au prix des smartphones.
04:02C'est-à-dire qu'en gros, vous allez avoir un téléphone
04:03qui ne sert qu'à téléphoner,
04:05mais qu'on vous vend 400 ou 500 euros.
04:07Alors, ils sont très jolis,
04:07avec un écran en noir et blanc,
04:09parce que le noir et blanc,
04:09c'est beaucoup moins addictif aussi que la couleur.
04:12Vous avez un certain nombre de fonctionnalités,
04:14mais c'est très, très minimal.
04:15Donc, vous pouvez passer des appels,
04:16envoyer des SMS.
04:17Vous avez un GPS,
04:18mais vous n'avez pas d'appareil photo,
04:19pas de réseaux sociaux, pas de jeux.
04:21Et ces téléphones assez jolis
04:23et qui sont là encore assez viraux
04:25sur les réseaux sociaux,
04:26se vendent très, très cher,
04:27alors qu'ils ne coûtent pas très, très cher
04:28à fabriquer.
04:29Donc là aussi, business très intéressant.
04:31Ça fonctionne ?
04:31Non, non, ça fonctionne très, très bien.
04:32Celui-ci s'appelle le Light Phone, par exemple.
04:34Non, mais je veux dire, ça a du succès ?
04:35Oui, ça a du succès.
04:37Il y a un certain nombre d'influenceurs
04:38qui se sont un peu emparés de tout ça,
04:40parce qu'il y a le côté
04:40« je montre que j'essaye de me sevrer »,
04:43tout en postant ça sur ces réseaux sociaux.
04:44Donc, il y a un côté complètement paradoxal,
04:46mais bon, c'est pas grave.
04:47Merci, Anthony Morel.

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