00:00Oui, c'est totalement inédit. Pour la première fois, ce sont bien les sondages qui vont faire l'élection.
00:05Alors, ça peut étonner, interloquer, dit comme ça, mais ce sont les candidats eux-mêmes qui en ont décidé ainsi.
00:11Et les candidats les moins bien placés dans les sondages sont ceux qui en ont le plus besoin.
00:15On a rarement vu une élection où les partis politiques sont à ce point dans la capacité de remplir leur
00:19fonction première, finalement,
00:21c'est-à-dire produire un leader avec un programme.
00:24La primaire, ça fait peur à tout le monde, sauf à ceux qui n'ont rien à perdre.
00:28Il faut dire qu'il y a un léger trauma quand on regarde les précédents, à chaque fois qu'il
00:32y a eu une compétition entre plusieurs candidats.
00:34Regardez ce tableau récapitulatif, spoiler, ça n'a marché qu'une seule fois.
00:38À chaque fois, les mêmes débats sur les modalités, les règles, des éléments qui peuvent tout changer du résultat.
00:43Et avec un type qui ne veut plus de primaire aujourd'hui.
00:44Bref, beaucoup trop risqué, en effet, un certain François Hollande.
00:46Voilà, mais cela dit, les sondages, ils ont toujours influencé le choix du candidat.
00:51Oui, évidemment, ça aide, ça peut même porter une candidature.
00:54Mais à la fin, c'est tranché par la démocratie interne, au moins au sein d'un parti, en tout
00:59cas en temps normal.
01:00Soit par une primaire, soit par un vote en congrès, comme on dit, des seuls militants.
01:03Oui, les sondages, les responsables politiques ne vont pas se mentir.
01:06Les décortiques au quotidien, ça, ce n'est pas nouveau.
01:08Mais c'est pour cerner l'évolution de l'opinion, pour savoir comment on se positionne en termes de stratégie
01:12par rapport à ses adversaires.
01:13Pas pour se dessaisir totalement du dossier.
01:15Après tout, ça peut être au moins une solution efficace.
01:18Là, le problème, c'est qu'ils sont tous dans un mouchoir de poche.
01:20On le voit encore ce matin avec notre sondage Elab pour BFM TV, la tribune, dimanche.
01:24D'où cette grande tension qui règne.
01:25Personne ne peut se payer le luxe de dire « je m'en fous », mais personne ne peut dire
01:29non plus « tiens, je vais me débrancher maintenant »,
01:31c'est ce que me dit un pilier du bloc central.
01:33Il y en a qui peuvent voir leur destin, leur passer sous le nez de peu, et forcément, c'est
01:37difficile à accepter.
01:38D'autant que tout n'est pas réglé.
01:40À quel moment, finalement, on décide d'appuyer sur le bouton pour dire « stop », pour arrêter le compteur
01:45? »
01:45C'est là que ça devient la loterie, et franchement, ce n'est pas très sérieux pour une élection à
01:49la fonction suprême.
01:50Et puis, quels critères dans les sondages, on regarde ?
01:51Celui qui est le mieux placé au second tour, le mieux placé au premier tour.
01:55Vous voyez, tout ça, ça reste à déterminer.
01:57C'est la dynamique qui compte en politique.
01:59Vous pouvez être haut à trois mois du scrutin, et puis ne faire que stagner, voire régresser.
02:04Et à l'inverse, vous pouvez ne pas être le favori, et puis ne faire que grimper, et finir en
02:08position d'où ce gros problème soulevé par une ministre.
02:11Une primaire sauvage, ça suscite les mêmes divisions qu'une primaire, sans aucune raison d'être fermée à la fin,
02:16puisqu'il n'y a pas de règle.
02:17Et à leurs yeux, en fait, c'est la moins pire des solutions.
02:20Le risque, c'est que la solution des sondages, ça ne pousse pas les candidats à s'entendre.
02:23Il n'y a pas besoin.
02:24Ou alors, trop tardivement, il n'y a pas besoin de discuter, puisqu'on a admis que ce sont les
02:27instituts de sondage qui détermineront notre candidat,
02:30résumé par un proche du Premier ministre, qui regarde tout ça quand même de façon assez inquiète.
02:34C'est comme les enfants, je le réviserai plus tard, et ça finit la veille de l'examen, quand il
02:38est souvent trop tard.