00:00Il y a des surprises, il y a quelques retournements de situation, en tout cas il y a forcément des choses qui vont vous étonner dans ce sondage.
00:07Donc il y a une question, toute simple, qui a été posée à un panel de Français.
00:13Pour qui voteriez-vous si l'élection présidentielle avait lieu dimanche prochain ?
00:17Oui, à la fin de ce mois, nous serons, Émilie, à 500 jours de l'élection présidentielle.
00:21Et donc c'est loin, mais en même temps, évidemment, c'est dans l'esprit des Français.
00:24C'est demain aussi.
00:25Et c'est dans l'esprit, vous l'avez dit à l'instant, des différents candidats.
00:28Alors le premier enseignement, il est très net, c'est que le Rassemblement national caracole en tête de ses intentions de vote,
00:35que ce soit Jordan Bardella, 35%, ça veut dire plus d'un tiers des électeurs, 4 points de plus qu'au mois d'avril.
00:41Début avril, nous avions fait cette dernière vague de sondages.
00:44C'était, vous vous en souvenez peut-être, juste après que Marine Le Pen ait été déclarée inéligible.
00:49Marine Le Pen ne pâtit pas de cette condamnation.
00:51Elle est testée, dans une autre hypothèse que l'on va voir tout de suite, à 34%.
00:55Donc les deux candidats du Rassemblement national, quand ils sont testés, évidemment séparément, font largement la course en tête.
01:01C'est le premier enseignement.
01:02Pourquoi ? Parce que d'abord, ils parvaient à mobiliser parfaitement leur camp.
01:05Et deuxièmement, ils réussissent à attirer déjà un quart des électeurs issus des Républicains ou de la droite républicaine
01:11qui avaient voté pour ces partis aux élections législatives.
01:14Donc on l'a vu, il y a des grands gagnants, ce sont plutôt les leaders du Rassemblement national.
01:20On va peut-être revoir l'autre graphique pour voir qu'il y a aussi des perdants.
01:26Et notamment, un ancien Premier ministre, c'est Édouard Philippe.
01:30Oui, le camp présidentiel sort distancé, affaibli de ses six mois.
01:34Six mois d'instabilité politique.
01:36Six mois où la critique du bilan du président se fait très forte.
01:39Et six mois également où on a entendu Édouard Philippe réclamer le départ inciter, et plus qu'inciter,
01:44à la démission du président de la République.
01:46Eh bien ça, l'électorat ensemble, l'électorat de l'ex-majorité présidentielle,
01:50pour l'instant, ça lui reste, si vous me passez un peu l'expression, un peu en travers.
01:53Et Édouard Philippe, il ne rassemblerait qu'un électeur sur deux de cette ex-majorité présidentielle,
01:58ce qui est un score très faible.
02:0015,5, il serait décroché de 5 points en six mois, c'est extrêmement important.
02:04Vous voyez, ça fait une...
02:04Alors on est au début d'une campagne qui n'a pas encore véritablement commencé,
02:08mais il y a 20 points d'écart dans cette intention de vote entre Jordan Bardella et Édouard Philippe.
02:13Et on voit bien que même dans les zones de force du bloc central,
02:17le Rassemblement national fait des scores stratosphériques.
02:19Je vais vous citer un seul chiffre.
02:21Les retraités, ça a toujours été une zone de force de l'électorat macroniste,
02:24ou de l'électorat de la droite.
02:25Eh bien Jordan Bardella et Marine Le Pen rassembleraient près d'un tiers de l'électorat retraité,
02:31là où Édouard Philippe n'en rassemblerait que 15 à 17%.
02:33Donc Édouard Philippe, sa stratégie ne s'est pas montrée gagnante en tout cas ces dernières semaines,
02:39voire ces derniers mois.
02:41En revanche, on voit que Jean-Luc Mélenchon progresse dans ce sondage.
02:44Oui, c'est le troisième enseignement de ce sondage.
02:47Jean-Luc Mélenchon, comme le Rassemblement national,
02:48tire profit de l'instabilité et de la discussion budgétaire,
02:51et notamment du retour des questions sociales au cœur du débat public.
02:55C'est évidemment ça qui le fait progresser.
02:57Il installe sa dynamique à gauche.
02:5912,5%, c'est trois points de plus qu'en avril.
03:02Il profite aussi du fait qu'il n'est pas pris dans la cuisine parlementaire.
03:08Il a pris un peu en hauteur, il est un peu en surplomb de Jean-Luc Mélenchon.
03:11On voit d'ailleurs que ceux qui sont dans la tambouille parlementaire,
03:13ils ne décollent pas qu'il s'agisse d'Olivier Faure ou qu'il s'agisse à droite de Laurent Wauquiez.
03:18Donc il peut plutôt prendre ses distances pour pouvoir progresser dans les sondages ?
03:21En tout cas, pour l'instant, ça profite plutôt à Jean-Luc Mélenchon.
03:23Pour autant, cette avance reste légère par rapport à Raphaël Glucksmann.
03:26Raphaël Glucksmann, vous le voyez, pointe en quatrième position à 11%.
03:30En tout cas, ça veut dire, et ce sera mon dernier renseignement,
03:33qu'entre Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann,
03:35c'est une des hypothèses que nous testons,
03:37une des cinq hypothèses que nous testons dans ce sondage
03:39et que vous pourrez retrouver en détail sur les sites internet
03:41et bien sûr dans la tribune dimanche,
03:43la place de deuxième, la deuxième place qualificative,
03:46pour l'instant, n'est pas sûre d'être attribuée à l'un ou à l'autre.
03:49Elle va être la grande bataille de cette élection présidentielle.
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