- il y a 7 semaines
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Source musique 🎶 :
@myuu : https://www.youtube.com/channel/UCiSKnkKCKAQVxMUWpZQobuQ
« Music by Karl Casey », « Music by White Bat Audio » @whitebataudio
Kevin MacLeod (incompetech.com)
est diffusée sous licence Creative Commons Attribution 3.0
(http://creativecommons.org/licenses/by/3.0/ ).
Musique proposée par https://www.chosic.com/free-music/all/
Sinister Dark Ambient Background Music - Dark Rage - CO.AG Music
https://youtu.be/zXZsUCwRkPs?si=HSXRISt0dmqd2Muj
- Envato
Animation réalisée par Mort / morthorror
histoires vraies animées - animation horreur - histoires d’horreur vraies - compilation horreur animée - thread horreur reddit
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Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:02Musique
00:17Nous vivons dans ce quartier depuis presque 4 ans.
00:20Une famille philippine vit à quelques maisons de là, de l'autre côté de la rue.
00:23Ils sont plutôt sympas, et à chaque fois qu'on se croise, on discute de la pluie et du beau
00:28temps.
00:28On se tutoie même. On a emménagé ici juste avant que j'accouche de mon aîné.
00:32Alors, ils demandent toujours de ses nouvelles et ils adorent le voir.
00:35On a même déjà mangé ensemble dans nos deux maisons.
00:38Cet été, ils hébergeaient un membre de leur famille plus âgée, entre 55 et 60 ans.
00:43On le remarquait tout de suite parce qu'il allait toujours faire de grandes balades et traîner beaucoup.
00:47Un soir, la mère de famille nous le présenta. C'était son père.
00:50Il venait d'emménager chez eux et allait rester un moment avant d'aller dans le nord chez sa sœur.
00:55Il n'était pas très familier avec les Etats-Unis et parlait très peu anglais, juste assez pour se faire
01:00comprendre.
01:01Il avait l'air plutôt sympa, mais dès qu'on entra, j'expliquais à mon mari qu'il me donnait
01:05des mauvaises ondes.
01:06Je ne m'étais jamais sentie comme ça avec aucun des sept membres de la famille.
01:10Pourtant, j'ai déjà partagé des repas chez eux. Ils sont très gentils et chaleureux.
01:14Mon mari me confia qu'il le trouvait un peu étrange aussi, mais on le mit sur le coup de
01:18la différence culturelle.
01:19Avance rapide d'environ un mois. Ma mère et ma belle-mère vinrent nous rendre visite exactement au même moment.
01:26Elles sont dans l'allée avec notre fils et je cours à l'intérieur parce que je suis enceinte et
01:30que je suis prise de nausée.
01:32Je ressors 15 minutes plus tard et je les trouve en train de discuter avec cet homme.
01:36Il voulait qu'une d'elles l'emmène au supermarché et leur demandait de lui donner du cash en échange
01:40de cartes spéciales pour payer leur course.
01:42Elles lui répondirent toutes les deux qu'elles n'étaient pas intéressées, mais ils continuaient à insister et à s
01:47'attarder.
01:47En sortant, je demandais à mon mari de venir dehors et en le voyant, l'homme repartit très rapidement.
01:52Nos deux mères nous racontèrent ce qu'il s'était passé et à quel point il insistait.
01:56Les jours suivants, on le saluait et plaisantait chaque fois qu'on le voyait passer,
02:00mais chaque fois, il croyait que je lui faisais signe de venir et discuter avec nous.
02:04Je commençais à lui laisser entendre que ce qu'il avait fait avec nos mères était extrêmement illégal
02:08et qu'il n'avait pas besoin d'insister autant.
02:10Il répondit qu'il comprenait, mais ça tarda encore une fois.
02:13C'était chaque fois au moment où j'essayais d'attacher mon fils dans son siège auto
02:17et que je me dépêchais pour l'emmener à l'école.
02:20Il me fallait toujours dix bonnes minutes pour lui faire comprendre que je ne pouvais pas discuter
02:23et il s'éloignait lentement en s'attardant dans notre allée.
02:26J'en vins au point où je vérifiais s'il était près de notre maison pendant sa balade matinale avant
02:31de sortir.
02:31Je détestais juste tellement la conversation gênante.
02:35C'était comme s'il était toujours juste à l'angle de la maison chaque fois que je finissais d
02:39'attacher mon fils
02:39et m'apprêtais à monter.
02:40Je le saluais de la main, puis grimpaient rapidement dans la voiture avant de prendre la route.
02:45C'était juste tellement gênant, comme s'il m'attendait.
02:48L'une de mes voisines d'en face me raconta un soir qu'il lui donnait aussi de mauvaises ondes
02:53et encore une fois, il s'attardait tout le temps.
02:56Elle me raconta qu'il faisait pareil avec elle lorsqu'elle était dehors.
02:59Il préférait sortir dans le jardin avec les enfants pour l'éviter.
03:02Je travaille généralement de la maison,
03:03mais je me rendis un jour au bureau et reçus une alerte de la caméra sur notre sonnette.
03:07Ce type était debout devant chez moi et regardé par la fenêtre de ma cuisine.
03:12Je pouvais entendre notre pitbull lui aboyer dessus.
03:15Il fit un bond en arrière en voyant notre chien.
03:17Et j'utilisais le micro de la sonnette pour dire
03:19« Je peux vous aider ? Qu'est-ce que vous voulez ? »
03:22Il avait l'air complètement sous le choc et partit rapidement.
03:24J'appelais mon mari pour lui dire de regarder l'enregistrement.
03:28On trouvait tous les deux cela extrêmement flippant.
03:30Dès qu'il aperçut la famille se balader ce soir-là, on décida d'en parler à sa fille.
03:35Elle en parla à son père, mais il assura que ça ne s'était jamais passé.
03:38On lui montra alors la vidéo sur notre téléphone et il répliqua qu'il avait dû se perdre.
03:43La fille avait l'air très ennuyée par son père et par la situation.
03:47Alors, l'étrangeté de ce type se calma un peu après
03:49qu'il ait remarqué que son comportement embêtait vraiment sa fille.
03:52La conversation s'enflamma pendant leur balade.
03:55Elle m'expliqua plus tard qu'il avait tendance à être un peu trop amical
03:59et qu'il n'avait pas de mauvaises intentions.
04:01Mais elle lui avait parlé et il allait nous laisser tranquilles.
04:04Je lui demandais s'il avait un genre de problème mental ou peut-être Alzheimer
04:07puisqu'il se perdait tout le temps.
04:09Elle me répondit que non, qu'il agissait toujours comme ça
04:12et qu'elle était impatiente que sa sœur soit prête à l'accueillir dans le Nord.
04:16Plusieurs autres voisins s'étaient plaints auprès d'elle ainsi que l'association des propriétaires.
04:20Eh bien, environ deux mois plus tard, je déposais mon fils à l'école maternelle.
04:24Je rentrais ensuite à la maison et me dépêchais parce que je me sentais très malade.
04:27Je laissais généralement ma voiture ouverte
04:29mais un pressentiment me poussa à la verrouiller tout de suite,
04:32ce que je fis en me précipitant à l'intérieur.
04:34Je laissais aussi généralement la porte d'entrée ouverte
04:37si je me dépêchais pour aller vomir.
04:38Mais à nouveau, mon instinct me poussa à la verrouiller.
04:41Quand j'étais dans la salle de bain en train de vomir mes tripes juste à côté de la porte,
04:44j'entendis un cliquetis à la porte d'entrée.
04:47Quelqu'un tournait le verrou de gauche à droite.
04:50Bien sûr, mon alarme se déclencha sur mon téléphone
04:52et j'y jetai un œil entre deux haut le cœur.
04:54Qui l'eût cru ?
04:55C'était le vieil homme qui essayait d'entrer dans notre maison.
04:58Je m'approchais du micro et dit
04:59« Vous vous trompez de maison ! »
05:01Et il me répondit
05:02« Laissez-moi entrer, maintenant.
05:04Je dois vous dire quelque chose. »
05:07Et je vous jure que c'était la première fois que j'entendais parler aussi bien anglais.
05:10Je commençais déjà à me sentir mieux
05:12et j'étais maintenant sur mes gardes.
05:14Je lui répondis « Qu'est-ce que vous voulez me dire ? »
05:17Il regarda directement vers la caméra.
05:19« Laissez-moi entrer chez vous, maintenant. »
05:21C'est là que je commençais à paniquer.
05:23Il savait qu'il était à la mauvaise maison
05:25mais il continuait quand même à vouloir entrer.
05:27Je lui répondis
05:28« S'il vous plaît, partez de ma propriété.
05:30Vous me mettez mal à l'aise
05:31et je n'ai pas l'intention de vous laisser entrer. »
05:34Il recommença alors à essayer de déverrouiller la porte
05:36et de l'ouvrir puis se mit à toquer à la fenêtre de la salle de bain.
05:39Je commençais alors à être vraiment énervée.
05:41« Dégagez de chez moi tout de suite !
05:43Je ne vous laisserai pas entrer !
05:45Si vous ne dégagez pas maintenant,
05:46j'appelle la police ! »
05:48Alors il recula,
05:49fit un doigt à la caméra
05:50et se dépêcha de partir.
05:52Il disparut
05:53et en montant à l'étage,
05:54je vis qu'il rentrait simplement chez lui.
05:56Je laissais sortir mon pitbull de notre chambre.
05:59Il était devenu fou pendant ce calvaire.
06:01J'appelais mon mari
06:02qui me conseillait de téléphoner à la fille
06:04et de lui expliquer ce qu'il s'était passé,
06:06ce que je fis
06:07et elle me demanda de ne jamais le laisser entrer.
06:09Elle commençait à me mettre en garde
06:11et à me raconter qu'il avait été très indécent
06:13et insistant avec toutes les femmes de sa famille.
06:15Et elle ne voulait pas que je sois blessée,
06:17surtout pendant ma grossesse.
06:18Une heure plus tard,
06:19elle finit par venir me voir
06:21et je lui montrais la vidéo.
06:22Elle était complètement furieuse en voyant cela
06:24et elle s'excusa encore et encore
06:26et me demanda de ne pas appeler la police.
06:28Elle me promit
06:29qu'il serait parti dès le lendemain.
06:31Puis le lendemain,
06:32il finit par partir
06:33après que sa fille lui ait expliqué
06:35qu'il n'était plus le bienvenu chez eux.
06:37Il vit maintenant dans le nord,
06:39quelque part dans le Maryland,
06:40avec son autre fille
06:41et harcèle probablement d'autres personnes.
06:44Je ne sais vraiment pas
06:45ce qu'il se serait passé
06:46si je n'avais pas suivi mon instinct ce jour-là.
06:48Je suis juste vraiment contente
06:50qu'il ne me soit rien arrivé.
06:56Cette histoire se déroula
06:57quand j'étais en CE2.
06:58J'avais environ 8 ans à ce moment-là.
07:00Ma baby-sitter habituelle était malade
07:02alors ma mère avait demandé
07:03à une de nos voisines
07:04qui avait des enfants
07:05et gardait beaucoup d'enfants du quartier
07:07si elle pouvait nous surveiller,
07:08mon frère et moi,
07:09quelques heures.
07:10On s'amusait tellement chez Brandy
07:12lorsque ma mère est venue nous chercher.
07:13Je lui demandais
07:14si je pouvais rester encore un peu
07:15et finir de regarder Madagascar
07:17parce qu'on venait seulement de le commencer.
07:19Elle finit par dire oui
07:20mais je devais rentrer à la maison
07:21tout de suite après.
07:22Il y avait à peine la moitié
07:23d'un pâté de maison
07:24donc c'était vraiment pas très loin.
07:26Alors une fois le film terminé,
07:27Brandy me rappela
07:28qu'il fallait que je rentre
07:29vraiment rapidement
07:30parce qu'il faisait nuit dehors.
07:32Sur le chemin de la maison,
07:33j'aperçus cet autre voisin,
07:34Denis, debout dans son jardin.
07:36Alors j'avais déjà vu Denis
07:37dans le quartier
07:38parce que sa femme avait un style
07:39qu'on ne pouvait pas oublier.
07:41Il avait une fille
07:42qui devait avoir 4 ans
07:43à ce moment-là
07:44alors je n'avais jamais joué avec elle
07:45et je ne connaissais pas sa famille.
07:47Je les voyais simplement
07:48dans le quartier.
07:49Denis commença à m'appeler
07:50en me disant
07:51« Eh ? Qu'est-ce que tu fais là ? »
07:53« Je rentre chez mes parents. »
07:54« Tu veux venir un peu
07:55à l'intérieur ? »
07:56« Non, ça va. »
07:58« Ma mère m'a dit
07:58de rentrer tout de suite. »
07:59« Oh, allez,
08:00je suis sûre qu'elle ne dira rien. »
08:02« Euh, non merci. »
08:03« Allez, j'ai une fille
08:04qui adorerait vraiment jouer avec toi.
08:07On peut même faire un goûter. »
08:08À ce stade,
08:09j'étais en pleine alerte rouge.
08:11Annulé la mission
08:12et j'accélérais le pas vers la maison.
08:14Puis il se mit à me suivre
08:15mais pas rapidement.
08:17Il marchait simplement
08:18un peu comme Michael Myers.
08:20C'était flippant.
08:22Heureusement,
08:22je finis par arriver à la maison
08:24et lorsqu'il vit
08:24que je m'approchais de chez moi
08:25et que la lumière était allumée,
08:27il s'arrêta totalement de me suivre.
08:29Je voudrais mentionner
08:30que derrière notre maison,
08:31il y avait un grand bois
08:32avec des chemins
08:32qui menaient à un lac pas loin.
08:34Je veux dire,
08:35ce type aurait pu m'attraper
08:36et me traîner dans les bois
08:38ou un truc du genre.
08:39J'essaye de ne pas penser
08:40à ce genre de choses
08:41mais enfin,
08:42pour quelle autre raison
08:43il m'aurait suivi ?
08:44Avance rapide,
08:46je suis au lycée
08:46et je travaille
08:47dans un restaurant en ville.
08:48Je vois en permanence
08:49Denis et sa femme.
08:51Il s'avère qu'ils étaient
08:52des clients secrets
08:53pour notre restaurant
08:54mais je ne crois pas
08:55qu'il m'ait vraiment reconnu.
08:56Bref,
08:57je sais que ce n'est pas
08:57l'histoire d'horreur typique
08:58de quelqu'un
08:59qui se fait emmener dans les bois
09:00mais quand même,
09:01en tant qu'enfant,
09:02c'était une expérience
09:03vraiment flippante.
09:04Si vous êtes un enfant
09:06et que vous rentrez
09:07chez vous seul
09:07faites toujours attention
09:09à ce qui vous entoure.
09:10On n'est jamais trop sûr.
09:15Alors,
09:16il y a environ un an,
09:17mon immeuble décida
09:18de rénover mon appartement.
09:20Je fus donc forcée
09:21de déménager
09:22à la fin de mon bail.
09:23Je vis à Denver
09:24et le loyer
09:25est plutôt ridicule ici.
09:26Je commençais donc
09:27à me demander
09:27si j'allais trouver
09:28quelque chose d'abordable
09:29dans mon quartier
09:30que j'aimais vraiment.
09:31Je publiais sur l'application
09:32Nextdoor
09:33pour voir si quelqu'un
09:34de mon quartier
09:35connaissait un endroit
09:35pas trop cher dans le coin
09:36et je reçus tout de suite
09:38un message d'une personne
09:39appelée Joe
09:39qui m'expliqua
09:40que l'un des appartements
09:41de son immeuble
09:42allait bientôt être remis
09:43en location
09:44et qu'il connaissait
09:45le propriétaire.
09:46Il me proposa
09:47de me mettre en contact
09:47avec le propriétaire.
09:49Je lui demandais
09:49s'il pouvait m'envoyer
09:50des photos de l'appartement
09:51et il me demanda
09:52s'il pouvait m'envoyer
09:53par SMS
09:53les photos que des voisins
09:55avaient pris
09:55parce que l'application
09:56était trop lente.
09:57Je me sens vraiment stupide
09:58d'avoir fait ça
09:59mais je finis par lui donner
10:00mon numéro de téléphone.
10:01Je ne rigole pas
10:02quand je vous dis
10:03qu'en quelques secondes seulement
10:04je reçus un appel masqué.
10:06Alors je ne réponds
10:07généralement pas
10:08aux appels masqués
10:09mais j'attendais l'appel
10:09d'un numéro
10:10qui n'était pas enregistré
10:11dans mon téléphone.
10:12Alors je répondis.
10:14J'étais complètement perplexe
10:15lorsque la personne dit
10:16« Salut, c'est Joe,
10:18comment tu vas ? »
10:19Hein ?
10:19Ça m'avait vraiment pris
10:20au dépourvu
10:21et je ne savais pas
10:22vraiment quoi dire.
10:23Il commençait à me raconter
10:24sa vie au téléphone
10:25en me disant
10:26qu'il travaillait de nuit
10:27et qu'il était super fatigué
10:28et qu'il s'occupait de sa fille
10:29pendant que sa copine
10:30travaillait la journée.
10:31Je finis par l'interrompre
10:32en disant
10:33« Et donc pour l'appartement ? »
10:35Il ignora quasiment
10:36ce que je venais de dire
10:37puis reprit en disant
10:38« Je ne suis pas sûre
10:39que ma copine apprécie
10:40que je te parle
10:41mais je ne suis pas obligée
10:42de lui dire, hein ? »
10:43Je lui expliquais
10:44que je devais y aller
10:45et raccrocher immédiatement
10:46le téléphone.
10:47Une fois l'appel terminé,
10:48il se mit immédiatement
10:50à m'envoyer des messages.
10:51C'était vraiment bizarre
10:52et plutôt alarmant.
10:53Je bloquais son numéro
10:54mais quelques instants plus tard,
10:56il m'avait trouvé sur Facebook
10:57et m'envoyait une demande d'amis.
10:59Eh !
11:00J'ai 32 ans
11:01mais je trouvais ça
11:02vraiment flippant.
11:03J'appelais même mes parents
11:04pour leur raconter
11:05et leur dire
11:05à quel point ça me stressait.
11:07Et le pire dans tout ça,
11:08c'était que sur Nextdoor,
11:09même si on ne donnait pas
11:10son adresse exacte,
11:12ton immeuble était noté.
11:13Alors j'étais plutôt sûre
11:14que mon adresse
11:15n'était pas visible
11:15sur mon profil
11:16mais en vérifiant,
11:17je vis que, en effet,
11:19mon adresse et numéro d'appartement
11:20étaient complètement publiques.
11:22Puisqu'il ne pouvait pas
11:23me contacter autrement,
11:24il commença à me renvoyer
11:25des messages sur Nextdoor
11:26en me demandant
11:27si je voulais aller me balader
11:28avec lui.
11:29On ne pouvait pas vraiment
11:30bloquer ou signaler
11:31les gens sur l'application
11:32alors je décidais simplement
11:33de la supprimer.
11:34Un soir,
11:35environ un mois plus tard,
11:36quelqu'un vint toquer
11:37à ma porte
11:38aux alentours de 22h,
11:39un soir en semaine.
11:41Je regardais par le judas
11:42mais ne voyais pas très bien.
11:44Je vis que c'était un homme
11:45avec la tête légèrement inclinée
11:46vers le bas.
11:47Dans tous les cas,
11:48je n'ouvrais pas la porte
11:49quand je n'attendais personne.
11:51Surtout pas un inconnu
11:52à 22h le soir.
11:54Commençant à paniquer,
11:55je décidais d'appeler
11:56mes voisins
11:56de l'autre côté du couloir.
11:58C'est une femme plus mûre
11:59et on veille toujours
12:00l'un sur l'autre
12:00puisqu'on vit tous les deux seuls.
12:02Je lui demandais
12:03s'il ressemblait
12:03à un genre de livreur
12:04qui se serait trompé de porte.
12:06Elle ouvrit sa porte
12:06pour essayer de mieux voir
12:07le type qui prit peur
12:09et partit en courant.
12:10Honnêtement,
12:11je ne sais vraiment pas
12:12si c'était le gars
12:13de Nextdoor ou pas
12:13mais mon instinct me dit
12:15que oui.
12:16C'était un gros électrochoc.
12:17J'avais toujours pensé
12:18que je gérais bien
12:19ma sécurité en ligne
12:20mais je ne savais même pas
12:22que mon adresse
12:22était visible sur l'application.
12:24Je ne serais plus jamais
12:25aussi décontractée
12:26ou relaxée
12:27à propos des paramètres
12:28de vie privée comme ça.
12:30Plus jamais.
12:33J'ai 28 ans
12:34mais lorsque j'avais
12:35environ 5 ans
12:36ma mère et moi
12:37vivions dans un duplex
12:38qui était à l'écart
12:39de la route principale
12:40et un peu dans une zone boisée.
12:41Nous vivions d'un côté
12:42et de l'autre côté
12:43il y avait une femme
12:44et son fils
12:45qui faisaient des études
12:46pour devenir professeur.
12:47Ma mère m'avait eu
12:48assez jeune
12:49alors elle avait environ 25 ans
12:50et le gars était au début
12:52de la vingtaine.
12:52Il venait souvent discuter
12:54avec ma mère.
12:55Elle me disait
12:55qu'il posait beaucoup
12:56de questions sur moi
12:57et lui avait demandé
12:58si elle voulait bien
12:59qu'il m'emmène
12:59me balader dans les bois.
13:01Bien sûr
13:01ma mère refusait à chaque fois.
13:03Ma mère travaillait
13:04au bloc opératoire
13:04de l'hôpital local
13:05et elle travaillait beaucoup
13:07alors je passais
13:07la plupart de mes week-ends
13:09chez ma grand-mère.
13:10Un soir
13:10alors que j'étais justement là-bas
13:12ma mère dormait seule
13:13au duplex.
13:14Elle se réveilla
13:14au milieu de la nuit.
13:15Elle disait
13:16qu'elle ne savait plus
13:17si elle avait entendu
13:17quelque chose
13:18ou senti quelqu'un
13:19dans la chambre
13:19mais elle s'était réveillée.
13:21Elle pouvait voir
13:22des pieds en chaussettes
13:23qui dépassaient
13:24du bout de son lit.
13:25Elle attrapa
13:25sa lampe de chevet
13:26et s'apprêtait
13:27à frapper l'intrus
13:28lorsque notre voisin
13:29hurla son prénom
13:30et le sien.
13:30Il ne réussit pas vraiment
13:32à expliquer pourquoi
13:32il était nu
13:33et ne portait que des chaussettes
13:35mais il supplia ma mère
13:36de ne pas en parler
13:37à la sienne.
13:38Évidemment
13:38ma mère appela
13:39la police.
13:40Elle finit par aller
13:41au tribunal
13:42et porter plainte
13:43contre ce gars
13:43parce que l'idée
13:44qu'il devienne professeur
13:45et traîne avec des enfants
13:46l'a terrifiée.
13:47Elle dit
13:48qu'elle est quasiment sûre
13:49qu'il était venu
13:50pour moi ce soir-là
13:51et elle était vraiment rassurée
13:53et que je ne sois pas là.
13:54On finit par déménager
13:55pratiquement tout de suite
13:56après cet événement.
13:57Elle ne pouvait simplement
13:58pas rester une nuit de plus
14:00dans cette maison.
14:01Je suis tellement heureux
14:02qu'il ne soit rien arrivé
14:04ni à moi
14:04ni à ma mère
14:05parce que personne ne sait
14:07ce qu'il se serait passé
14:08s'il avait réussi
14:09à faire ce qu'il essayait
14:10de faire ce soir-là.
14:14Cette histoire s'est passée
14:15il y a environ 4 ans.
14:17J'ai 21 ans
14:18et je ne vis plus
14:18dans le quartier.
14:19Mais j'ai vu le voisin
14:20en question hier
14:21en allant rendre visite
14:22à mes parents
14:22et c'est là
14:23que je me suis rappelé
14:24ce qui s'était passé.
14:25Laissez-moi vous donner
14:26le contexte.
14:27Je vis dans un pays
14:28du tiers-monde.
14:29Notre quartier
14:29est l'un des pires
14:30surtout pour les étrangers.
14:32On est plutôt amicaux
14:33les uns envers les autres
14:34même les gens
14:35qui viennent de sortir
14:36de prison
14:36sont généralement
14:37assez sympathiques.
14:38On a beaucoup de cas mineurs
14:39dans notre quartier
14:40et Happy
14:40est l'un d'entre eux.
14:42Ma mère et moi
14:43on l'appelle Happy
14:43parce que c'est littéralement
14:44ce que son prénom signifie
14:46et on rigole toujours
14:47en disant
14:47Oh Happy
14:48tu es heureux
14:49parce qu'il sourit
14:50quasiment tout le temps
14:51sauf lorsqu'il est en colère
14:52au moins trois fois par an.
14:54J'ai vécu là-bas
14:55pendant presque 19 ans
14:56alors je sais
14:57comment il est.
14:58Happy vit avec ses deux frères
15:00l'un vend des fruits
15:01et l'autre est chauffeur de taxi.
15:03Happy ne travaille pas
15:04parce qu'il est malade mentalement.
15:05Je crois qu'il a un type
15:06de schizophrénie
15:07mais je ne suis pas
15:08trop sûre duquel.
15:10Tout ce que je sais
15:10c'est qu'il ne fonctionne
15:11pas vraiment correctement.
15:13On ne peut pas vraiment
15:13avoir une conversation
15:14avec lui sur le sport
15:16ou les nouvelles
15:16ou n'importe quoi d'autre.
15:18Ses phrases
15:18n'ont jamais aucun sens.
15:20Je dois aussi dire
15:21que notre pays
15:21ne prend pas les problèmes
15:22mentaux très au sérieux.
15:24On a seulement
15:24trois établissements psychiatriques
15:26dans tout le pays.
15:26Il n'y a simplement
15:27pas de traitement possible
15:28et peu importe
15:30ce qu'il est vraiment
15:30les gens le considèrent
15:31comme un fou.
15:33Honnêtement
15:33c'est vraiment triste.
15:35Mon père était ami
15:36avec ses frères et lui
15:37mais ce n'est plus le cas.
15:39Mon père lui donnait
15:39parfois de l'argent
15:40pour qu'il puisse
15:41s'acheter des cigarettes
15:42et il savait que son frère
15:43le chauffeur de taxi
15:44avait besoin de soutenir
15:45ses deux enfants
15:46dans une autre ville
15:47et que le vendeur de fruits
15:48ne vendait quasiment plus rien.
15:49Happy l'aidait parfois
15:51soulever les sacs de course
15:52et mon père lui laissait
15:53un pourboire.
15:54Alors depuis que je suis enfant
15:55je ne connais que la version
15:57de Happy très serviable
15:58et amicale.
15:59Je lui souriais toujours
16:00et il souriait toujours
16:01en retour.
16:02Mais lorsque j'étais
16:03ni mes 15 ans
16:04il avait complètement changé.
16:06Il avait toujours
16:06ce sourire sur le visage
16:08et il passait ses journées
16:09debout dehors
16:10dans l'ombre
16:11à fumer.
16:12J'avais l'habitude
16:12de me lever à 7 heures
16:13pour aller à l'école
16:14et je le voyais dehors
16:15bien réveillé
16:16en train de fumer.
16:17Soit il ne dormait pas
16:18soit il se réveillait
16:20beaucoup trop tôt.
16:21Il parcourait aussi
16:22de très longues distances.
16:23On le voyait
16:24dans des endroits
16:24où il fallait faire
16:251h30 de voiture
16:26pour y arriver.
16:27Alors imaginez le temps
16:28que ça devait lui prendre
16:29d'y aller à pied.
16:30Il avait l'air agité
16:32mais il restait simplement là
16:33à fumer
16:34de très tôt le matin
16:35jusqu'à très tard le soir.
16:37Ce changement de comportement
16:39devint assez inquiétant.
16:40Il me fixait toujours
16:41avec un sourire forcé
16:42un peu flippant
16:43sur les lèvres.
16:44Quand je passais
16:44devant chez lui
16:45il me suivait toujours du regard
16:47jusqu'au point
16:47où il marchait à reculons
16:49pour continuer de me fixer.
16:50Je jetais parfois un oeil
16:51et remarquais
16:52qu'il faisait ça à chaque fois.
16:53Il marchait à reculons
16:54et plaquait son dos
16:55contre le mur
16:56comme s'il se cachait
16:57ou quelque chose du genre.
16:59Il avait complètement
17:00changé d'attitude.
17:01Sa colère
17:01et ses sautes d'humeur
17:02étaient aussi plus fréquentes.
17:04Il hurlait des jurons
17:05qui n'avaient aucun sens
17:06et marchait d'un pas furieux
17:07vers sa maison.
17:09Parlons maintenant
17:09de ce qu'il m'est arrivé.
17:11Comme je le disais
17:12il me suivait toujours
17:13du regard
17:13et tout ça.
17:14J'avais 17 ans
17:15et forcément
17:16j'étais seule chez moi
17:17le jour de l'incident.
17:18Je n'étais pas sortie
17:19avec ma famille
17:20parce qu'il fallait
17:20que je révise.
17:21Ils savaient probablement
17:22que j'étais seule
17:23parce que chaque fois
17:24que ma famille partait
17:25je pouvais le voir
17:26par la fenêtre
17:27debout
17:27au même endroit
17:28que d'habitude
17:29en train de les fixer
17:30pendant qu'ils partaient.
17:31L'heure du déjeuner arriva
17:32alors je sortis
17:33acheter de quoi cuisiner.
17:35Je remarquais
17:35qu'il se tenait
17:36à côté de son frère
17:37qui vendait les fruits
17:37au supermarché local.
17:39Je m'y rendais
17:39pour acheter quelques légumes
17:40et de la viande
17:41et les légumes
17:42étaient plutôt proches
17:43d'Api
17:43mais le boucher
17:44était à une minute de marche.
17:46Après avoir payé le boucher
17:47et mis ma viande
17:48dans mon sac
17:48je relevais les yeux
17:49et vis Api
17:50juste là
17:51en train de me fixer.
17:52J'ignorais la chose
17:53et tournais à droite
17:54en continuant de marcher
17:55vers la maison
17:56mais encore une fois
17:57il était juste derrière moi.
17:59Je décidais à nouveau
18:00de l'ignorer
18:00parce que nos maisons
18:01étaient littéralement
18:02côte à côte.
18:03Je passais devant sa maison
18:04et m'attendais
18:04à ce que ses bruits
18:05ne pas s'arrêtent
18:06mais non.
18:06Il était encore juste derrière moi.
18:09Je jetais un oeil
18:09et ses yeux
18:10étaient toujours fixés sur moi
18:11avec ce sourire
18:13vraiment terrifiant.
18:14Mais je continuais
18:15de l'ignorer
18:15en me disant
18:16qu'il se dirigeait
18:17vers l'endroit
18:17où il se plaçait toujours
18:18pour allumer une cigarette
18:19ou autre.
18:20Je ne m'étais jamais
18:21vraiment sentie en danger
18:22dans mon quartier
18:23alors je ne stressais pas
18:24aussi facilement
18:25et surtout pas
18:26à cause d'Api.
18:27Je ne l'avais jamais pris
18:28pour quelqu'un de dangereux
18:29même pendant ces crises de rage.
18:32C'est pourquoi
18:32rien ne m'avait vraiment paniqué.
18:34Je rentrais par la porte
18:35principale qui donnait
18:36sur la rue
18:36et pénétrer dans le grand hall
18:38rectangulaire
18:38qui n'avait qu'une seule porte
18:40où vivait une vieille femme.
18:41Je passais sa porte
18:42et tournais à droite
18:43pour monter les escaliers
18:44et atteindre ma maison
18:46qui se trouvait
18:46au deuxième étage.
18:48J'endendis quelqu'un
18:48passer la porte d'entrée
18:50et pénétrer dans le hall.
18:51À nouveau
18:52je pensais que c'était
18:53l'un des voisins
18:53du troisième étage
18:54mais les pas étaient
18:55très rapides
18:56alors je pensais
18:57que cette personne
18:58était pressée
18:59et je me tournais
18:59pour jeter un oeil
19:00en bas des escaliers
19:01voir qui c'était
19:02et faire de la place
19:03pour qu'elle puisse monter
19:04rapidement.
19:04À ma grande surprise
19:06ce n'était autre que Happy
19:07en bas des escaliers.
19:09Je m'arrêtais net
19:10et mon cœur
19:11commença à battre
19:12à toute vitesse.
19:13Happy
19:14qu'est-ce que tu fais là ?
19:15dis-je
19:16sans me répondre
19:17il commença à se diriger
19:18droit sur moi
19:19en montant les marches
19:19deux par deux.
19:20Je commençais à monter
19:21les marches plus rapidement
19:22et il attrapa mon pied
19:23et me fit glisser.
19:24Mon bras et mon genou droit
19:25me faisaient tellement mal
19:26à cause de la chute
19:27il me traîna en bas
19:28des escaliers
19:28ce qui me bousilla aussi le dos
19:30mais avec toute l'adrénaline
19:31qui coulait dans mes veines
19:32je commençais à donner
19:33des coups de pied
19:34pour libérer ma cheville
19:35de ses deux mains
19:35et lui hurla de me lâcher.
19:37Je criais aussi à l'aide
19:38en espérant que l'un des voisins
19:40m'entendent
19:40et vienne à mon secours.
19:41Je commençais à frapper
19:42son avant-bras
19:43avec ma jambe libre
19:44pour qu'il me lâche
19:45puis continuer à frapper
19:46et secouer mon autre jambe
19:47en même temps.
19:48Avec un peu de chance
19:49je finis enfin
19:50par me libérer
19:50mais je n'arrivais pas
19:51à me retourner
19:52et je commençais à grimper
19:53les escaliers
19:54effrayé qu'il me suive
19:55jusqu'à la maison
19:56et Dieu seul savait
19:57ce qu'il ferait
19:58s'il rentrait.
19:59Je voulais juste le frapper
20:00en espérant qu'il perde
20:01l'équilibre
20:02et tombe dans les escaliers
20:03ce qui me laisserait
20:04assez de temps
20:05pour rejoindre ma maison.
20:06Je frappais
20:07et frappais
20:08mais sans résultat
20:09je hurlais
20:10et ce qui ne dura
20:11qu'environ 5 secondes
20:12me sembla une éternité
20:14mais j'entendis alors
20:15la porte de la vieille femme
20:16en bas
20:16commencer à s'ouvrir.
20:18Happy l'entendit aussi
20:19alors il s'éclipsa
20:20mais il passa devant
20:21chez elle
20:22et bien sûr
20:22elle le vit
20:23et lui cria dessus
20:24mais il n'écouta pas.
20:25Elle m'appelait
20:26et me demandait
20:27si j'allais bien
20:27mais je n'arrivais pas
20:29à lui répondre.
20:30Elle passa sa tête
20:31en bas de l'escalier
20:32en continuant de m'appeler
20:33mais n'arrivait qu'à pleurer
20:34et me tordre de douleur.
20:36Mon coude saignait
20:37et elle commençait
20:38à crier le nom de ma mère.
20:39Je lui expliquais
20:40qu'il n'y avait personne
20:41à la maison
20:42alors elle me demanda
20:43de venir chez elle
20:44pour qu'elle soigne mon coude.
20:46Je lui répondis
20:47que ça allait
20:47et que j'allais m'en occuper
20:49mais elle refusa
20:49et continua
20:50de me demander de descendre.
20:52Je finis simplement
20:52par l'ignorer
20:53et monter les escaliers
20:54avec difficulté
20:55pour rentrer chez moi.
20:56Après presque une heure
20:57je m'étais soignée
20:58je m'étais un peu calmée
20:59et j'étais retournée
21:00chez la vieille dame.
21:02Je toquais à sa porte
21:03elle m'ouvrit
21:04et je lui demandais
21:04de ne rien dire à mes parents
21:06parce que si mon père
21:06l'apprenait
21:07il tuerait probablement
21:08ce type.
21:09Je lui expliquais
21:10que Happy était juste fou
21:12et que mon père
21:12n'avait pas à aller en prison
21:13pour quelqu'un comme ça
21:15et qu'il n'avait probablement
21:16pas les idées claires.
21:18Je finis par la convaincre
21:19qu'il avait perdu la tête
21:20et que ce n'était pas si grave.
21:21Elle me promit
21:22qu'elle ne dirait rien
21:23à ma famille
21:23et voilà
21:24c'était fini.
21:26Les deux années suivantes
21:27il changea à nouveau
21:28complètement.
21:29En revanche cette fois
21:30il ne me regardait
21:31même plus dans les yeux.
21:32Si je marchais
21:33et qu'il marchait
21:34dans ma direction
21:35il se retournait littéralement
21:36pour ne pas passer
21:37près de moi.
21:38Les premiers mois
21:38j'avais vraiment peur
21:39qu'il m'attende
21:40dans un coin
21:41ou quelque chose du genre
21:42mais il s'avéra
21:43qu'il essayait de m'éviter
21:44même après mon déménagement.
21:46Alors qu'on ne se voyait
21:47même pas
21:48quand je venais rendre visite
21:49aujourd'hui encore
21:50quatre ans plus tard
21:51il m'évite toujours.
21:53Alors Happy
21:54j'espère que tu vas rester
21:56comme ça
21:56et ne plus faire de mal
21:58à aucune fille du quartier.
21:59Mais par-dessus tout
22:00j'espère que mon pays
22:02va prendre conscience
22:03des maladies mentales.
22:04J'espère vraiment
22:05que les gens obtiennent
22:06les traitements
22:06et les soins nécessaires
22:08parce que les personnes
22:09comme Happy
22:09en ont vraiment besoin.
22:13En janvier 1992
22:15Kelly Day Wilson
22:17était une ancienne élève
22:18de la Gilmer High School
22:19de 17 ans.
22:20Avec ses cheveux blonds
22:21bouclés bien coiffés
22:22ses bijoux extravagants
22:24et ses yeux bleus brillants
22:25Kelly Day était jolie
22:26et n'avait aucune difficulté
22:28pour se faire des amis
22:29après avoir déménagé
22:30de Nacatish
22:31dans la Louisanne
22:32jusqu'à Gilmer dans le Texas
22:33pour vivre chez sa mère
22:34et son beau-père.
22:35Dès qu'elle posa
22:36le pied sur le sol du Texas
22:38elle commença
22:39une relation tumultueuse
22:40avec un jeune homme
22:41qui s'appelait Chris Denton
22:42et tous les deux
22:43passaient énormément
22:44de temps ensemble
22:45à l'approche
22:46de la nouvelle année.
22:47La vie de Kelly
22:48semblait être merveilleuse
22:49et c'est clair
22:50que personne
22:51n'aurait pu prévoir
22:52ce que le destin
22:53lui réservait.
22:54C'est quelque chose
22:54sur quoi peuvent se poser
22:55les questions
22:56les adeptes de la criminalité
22:57qui sont partout
22:58même de nos jours.
22:59Le 5 janvier 1992
23:01Kelly avait fini son travail
23:02sur la place de Gilmer
23:03à la sortie nord du Texas.
23:05Elle ferma le magasin
23:06aux environs de 20h30
23:07puis se dirigea
23:08vers la banque locale
23:09pour y déposer
23:10la recette du jour
23:11du magasin.
23:12La caméra de sécurité
23:13de la banque
23:13montre qu'effectivement
23:14quelqu'un fait le dépôt
23:15de nuit ce soir-là.
23:17Mais la séquence d'images
23:18ne peut pas fournir
23:18une image assez claire
23:19de la personne
23:20pour identifier formellement Kelly.
23:22Elle montre seulement
23:23un bras dans une voiture.
23:24Nous pouvons présumer
23:25que c'est elle
23:26mais nous ne pouvons pas
23:27être sûrs à 100%.
23:28Après avoir verrouillé
23:29les rideaux de fer du magasin
23:30avec son manager Joe
23:31celui-ci lui souhaitait
23:32la bonne nuit
23:33avant de s'éloigner
23:34dans sa camionnette.
23:35La dernière image
23:36qu'il a d'elle
23:37c'est qu'elle portait
23:37des jeans délavés
23:38un t-shirt de rugby violet
23:40avec un bord doré
23:40et des mocasin-brun
23:42et qu'elle est montée
23:42dans sa voiture
23:43pour aller à la banque.
23:44Mais Kelly n'est pas rentrée
23:45cette nuit-là
23:46et ne s'est pas non plus
23:47arrêtée chez aucun
23:48de ses amis.
23:49Sa mère était si inquiète
23:50qu'elle envoyait
23:51son beau-père dehors
23:51la nuit pour demander
23:52assistance à la police
23:54qui les a suivis.
23:55Et comme une sombre providence
23:56c'est lui qui trouva
23:57la voiture de Kelly
23:58abandonnée sur le parking
23:59au nord du Texas
24:00aux environs de 5h du matin.
24:02La voiture n'avait plus
24:03qu'un pneu
24:03et tous les objets
24:04personnels de Kelly
24:05y compris son sac à main
24:06étaient dans la voiture.
24:08Seule elle et ses clés
24:09avaient disparu.
24:10A première vue
24:10ce qui s'était passé
24:11apparu comme une véritable énigme
24:13mais les forces de l'ordre
24:14étaient déterminées
24:15à faire toute la lumière
24:16sur la question.
24:17Pendant deux ans
24:18l'enquête sur la disparition
24:19de Kelly
24:20fut dirigée par le sergent
24:21James Brown.
24:22L'une des premières personnes
24:23à faire l'objet d'une enquête
24:24fut évidemment Joe
24:25son manager
24:26et la dernière personne
24:27à l'avoir vue vivante.
24:28Non seulement Joe
24:29avait plusieurs alibis.
24:30Il passa aussi plusieurs tests
24:32aux détecteurs de mensonges
24:33délivrés par la police
24:35et par conséquent
24:36il fut exclu des suspects.
24:37Le sergent Brown
24:38supervisa une équipe
24:39composée de centaines
24:40de policiers
24:41et de bénévoles du coin.
24:42Ils donnèrent
24:43des milliers d'heures de travail
24:44et une recherche intensive
24:45des environs.
24:46Pourtant malgré
24:47une recherche aussi approfondie
24:48ainsi que des centaines
24:49de conseils du grand public
24:50aucune trace de Kelly
24:51ne fut jamais trouvée.
24:53La police croyait
24:53qu'ils étaient tout prêts
24:54lorsqu'ils arrêtèrent
24:55Michael Bybee
24:5617 ans
24:57qui fut placé en garde à vue
24:58pour délit de crevaison
24:59de pneus présumés.
25:01Michael était coupable
25:02de beaucoup
25:03beaucoup de choses
25:04mais comme la police
25:05le constata
25:06couper le pneu de Kelly
25:07n'en faisait pas partie
25:08et à la fin
25:09lui aussi fut éliminé
25:10des suspects
25:10dans la disparition de Kelly.
25:12Les enquêteurs
25:13ont alors tourné
25:14leur regard vers
25:14un autre suspect
25:15le petit ami
25:16tumutueux de Kelly
25:17Chris Denton.
25:18Le couple
25:19traversait une période
25:20difficile au moment
25:21de sa disparition
25:22et avec des gens
25:23disant que Chris
25:23avait un tempérament colérique
25:25il y eut une période
25:26où il devint
25:27le principal suspect
25:28de l'affaire.
25:29Cependant
25:29au cours de l'enquête
25:30des preuves circonstancielles
25:31le disculpèrent
25:32de tout acte répréhensible
25:34et la police
25:35fut obligée
25:35de chercher ailleurs
25:36son ravisseur.
25:37Incroyablement
25:38dans un certain nombre
25:39d'interrogatoires
25:39menés dans le cadre
25:40de son enquête
25:41la police a entendu
25:42quelques histoires
25:43faisant allusion
25:43à une secte satanique
25:45qui s'appelait
25:45Gilmer Ohm
25:46mais depuis des accusations
25:48contre des membres
25:49des forces de l'ordre
25:49en tant que membre
25:50de la secte
25:51en particulier
25:52le sergent James Brown
25:53lui-même
25:54les allégations
25:55n'ont pas été prises
25:55au sérieux
25:56par ceux
25:56qui les ont entendus.
25:58Pourtant
25:58en 1994
25:59la communauté locale
26:01a été secouée
26:01par près de 50 actes
26:03d'accusation
26:04contre 10 personnes différentes
26:05toutes accusées
26:06de maltraitance d'enfants
26:07et compte tenu
26:08de certaines des preuves
26:09présentées contre eux
26:09la police a porté plainte
26:11pour voix de faits graves
26:12enlèvements aggravés
26:13et meurtres qualifiés
26:14en lien avec la disparition
26:16de Kelly Daae Wilson.
26:17C'est là
26:18que l'histoire de Kelly
26:19semble rejoindre
26:20celle de la famille Care
26:21car en 1990
26:22un homme nommé
26:23Wendell Care
26:24a annoncé à sa femme
26:25Loretta
26:26qu'il souhaitait divorcer
26:27déclenchant une suite
26:28d'événements
26:28qui prodigraient au procureur
26:30leur meilleure occasion
26:31de débusquer le criminel.
26:32Wendell Care
26:33était l'un des six enfants
26:34désormais adultes
26:35d'Eugène
26:36et Genève Care
26:37un couple marié
26:38dans les années 50
26:39dont l'union
26:40avait rapidement donné
26:41suite à un divorce.
26:42Genève Care
26:43s'était auparavant
26:44mariée deux fois
26:45avec des hommes
26:45qui étaient tous deux décédés
26:47avant que celle-ci
26:47ne se soit remariée
26:48avec Eugène
26:49faisant ainsi de lui
26:50son premier
26:51mais aussi son quatrième mari.
26:52D'après leurs enfants
26:53Eugène et Genève Care
26:55maltraitaient ces derniers
26:56chaque jour.
26:57Un parent proche de la famille
26:58a confirmé plus tard
26:59ses revendications
27:00d'abus sexuels
27:01et a ainsi confessé
27:02avoir quotidiennement
27:03été témoin d'atteinte
27:04à la pudeur.
27:05Ce même parent
27:06a également confirmé
27:07qu'il avait remarqué
27:08l'intérêt de Genève Care
27:09pour les pratiques sataniques
27:10dont des lectures journalières
27:12de la Bible satanique
27:13et une fascination
27:14pour les sacrifices animaliers
27:16mais aussi humains.
27:17En échange
27:17de l'aide des forces de l'ordre
27:18pour échapper à la famille
27:20la femme de l'un des fils
27:21proposa de tout divulguer
27:22aux enquêteurs.
27:23Elle déclare avoir été retenue
27:25et réduite en esclavage
27:26par la famille
27:27pendant dix ans
27:27interdite de conduire une voiture
27:29et constamment menacée
27:30par Genève et Danny.
27:32Sa seule pièce d'identité
27:33son certificat de naissance
27:35était gardé par Danny
27:36dans le portefeuille
27:37de celui-ci.
27:38Selon son propre récit horrifiant
27:39son rôle était celui
27:40d'une simple génitrice.
27:42Quant à Wendell
27:43lorsqu'il demanda
27:44le divorce à sa femme
27:45Loretta commença
27:46à sérieusement suspecter
27:47son mari
27:47de la tromper
27:48avec une femme plus jeune
27:49et si ce qu'elle soupçonnait
27:51s'avérait vrai
27:51elle avait décidé
27:52de ravager sa vie entière
27:53avant de le quitter.
27:55Elle se rendit à la police
27:56avec des accusations
27:57et en conséquence
27:58il fut arrêté.
27:59Son nom fut inscrit
27:59au registre des délinquants
28:01et il fut contraint
28:01de purger une période
28:02de probation.
28:03Un travailleur social
28:04de l'état
28:05assigné plus tard
28:06à l'enquête
28:06en conclut
28:07que les services liés
28:08à des rituels sataniques
28:09étaient perpétrés
28:10par l'ensemble
28:10des membres
28:11de la lignée des Caires
28:12et durant des années
28:13qui suivirent
28:14presque une douzaine
28:15d'enfants issus
28:15de cette famille
28:16furent pris en charge
28:17par les services
28:17de protection de l'enfance.
28:19Le travailleur social
28:20a également mentionné
28:21dans un affidavit
28:23terrifiant
28:23lors du mois d'octobre
28:24de 1992
28:25« Deux des enfants
28:27nous ont amenés
28:27là où le diable
28:28rencontre les gens
28:29pour persécuter
28:30et violenter
28:31des nourrissons ».
28:31En 1994
28:33la femme de Caire
28:34qui s'était échappée
28:35fut auditionnée
28:36par la prison
28:36du comté d'Harrison
28:37à Marshall au Texas.
28:39Lors de cette audition
28:40elle décrivit
28:41par des détails effroyables
28:43la torture subie
28:44par Kelly Wilson
28:44pendant environ
28:45neuf jours
28:46avant qu'elle fût sacrifiée
28:47durant un rituel
28:48puis dévorée
28:49par cannibalisme.
28:50Elle désigna Genéva
28:51comme l'instigatrice
28:52et précisa
28:53que plusieurs des Caires
28:54ainsi que le sergent
28:55James Brown
28:55étaient tous présents
28:57lors de ces événements.
28:58Connie Martin
28:59et Van Daquer
29:00ont tous deux
29:00déclaré lors de leurs entretiens
29:02que Kelly Wilson
29:03était un cadeau
29:04d'anniversaire
29:05pour Genéva Caire
29:06et que la matriarche
29:07se délectait
29:08des tourments
29:09de la pauvre fille.
29:09Cependant, à la lumière
29:11des accusations
29:12il fut révélé
29:13que ces informations
29:14auraient été supposément
29:15obtenues sous la contrainte
29:16des enfants des Caires
29:17ainsi que certaines
29:18des personnes inculpées
29:19dans la disparition.
29:21Certains des enfants
29:22auraient été prétendument
29:23manipulés
29:23pour raconter les récits
29:25que les enquêteurs
29:25voulaient entendre.
29:26Alors même que la commission
29:27d'enquête
29:28tentait d'obtenir
29:29une confession
29:29en leur garantissant
29:30la vie sauve en prison
29:31au lieu de la peine de mort
29:33s'ils avouaient le meurtre.
29:35Un fonctionnaire d'état
29:36a cité
29:36des enquêteurs
29:37travaillant sur la base
29:38de simples rumeurs
29:39ont créé des affabulations
29:40autour d'un culte satanique
29:42conduisant à ce que certains
29:43décrivent comme une chasse
29:44aux sorcières modernes.
29:45Ils ont inculpé
29:46une famille entière
29:47et même un enquêteur
29:48de police
29:49détruisant sa carrière
29:50dans les forces de l'ordre
29:51menaçant son mariage
29:52et suscitant
29:53des menaces de mort.
29:54Le procureur général
29:55de l'état du Texas
29:56qui n'a trouvé aucune preuve
29:57de la véracité
29:58des accusations
29:59a découvert
30:00que toute la théorie du culte
30:01était le résultat
30:02de la contrainte exercée
30:03par des enquêteurs
30:04excessivement zélés
30:05allant jusqu'à restreindre
30:06physiquement des enfants
30:08pour obtenir des déclarations
30:09concernant des activités sataniques.
30:11En fin de compte,
30:13le bureau du procureur général
30:14a été amené
30:15à rejeter
30:15chacune des accusations
30:17de services sataniques
30:18et de meurtres sacrificiels.
30:20Il s'est avéré
30:21que le culte satanique
30:22était une pure invention.
30:23Rien de plus
30:24qu'un fantasme
30:24monté de toutes pièces
30:25par les enfants caires
30:26sans l'influence
30:27des enquêteurs
30:28de la police.
30:29Chris Denton,
30:31l'ancien petit ami de Kelly,
30:32est mort tragiquement
30:33d'un cancer en 2004.
30:35Mais des rumeurs
30:35prétendaient
30:36qu'il avait fait
30:36des aveux
30:37sur son lit de mort.
30:38Cependant,
30:39des membres de sa famille
30:40ont rejeté
30:40ces affirmations
30:41comme étant des propos
30:42rapportés médisants
30:43et inconsidérés
30:44et clamant l'innocence
30:45de Chris à ce jour.
30:47Joe Henry,
30:48propriétaire et gérant
30:49du North East Texas Video
30:51est la dernière personne
30:52à avoir vu Kelly
30:53avant sa disparition
30:54et restée dans l'ombre
30:55pendant plusieurs années.
30:56Mais dans un tournant
30:57regrettable de l'histoire,
30:58Joe a été arrêté
30:59pour possession d'images
31:00de pornographie infantile.
31:02Cependant,
31:03la police a souligné
31:04que malgré la nature
31:04des accusations
31:05portées contre lui,
31:06il n'avait jamais été considéré
31:08comme un suspect sérieux
31:09dans l'affaire
31:09de la disparition de Kelly.
31:11Malgré tous les rebondissements,
31:12les procès,
31:13les aveux,
31:14les accusations
31:15et les nombreux suspects,
31:16Kelly Wilson
31:17n'a jamais été retrouvée
31:18malgré 20 ans de recherche.
31:20Elle est présumée morte,
31:21mais son corps
31:22n'a jamais été retrouvé
31:23et aucune accusation valable
31:25n'a jamais été retenue
31:26dans le cadre de cette affaire.
31:33Je crois que je devrais,
31:35en guise de préface,
31:36préciser que je ne suis pas
31:37un de ces tarés
31:38obsédés par le paranormal,
31:39qui chassent les fantômes
31:40et qui pensent
31:41qu'il y a des globes de lumière
31:42sur toutes leurs photos.
31:43Et quand je vous dis
31:44que l'une de mes émissions préférées
31:45est
31:46Penn & Taylor's BS,
31:47où ils démontrent
31:48toute théorie
31:49conspirationniste,
31:49absurde
31:50et tout le tout-team,
31:51je pense que vous avez
31:52une idée de genre
31:53de personne que je suis.
31:54Pendant des années,
31:55j'ai toujours cru que la science
31:56et la logique
31:56pouvaient tout expliquer.
31:57Les seules restrictions
31:58étaient les limites
31:59de nos connaissances.
32:00C'était jusqu'à ce qu'il m'arrive
32:02quelque chose
32:02que je ne peux vraiment
32:03pas expliquer.
32:04Et peu importe
32:05à combien je l'ai essayé,
32:06je n'ai pas pu trouver
32:07d'explication plausible.
32:08Ce truc m'a tellement
32:09fait flipper
32:10qu'il a déclenché en moi
32:11une sorte de psychose
32:12qui a duré des mois.
32:13Au point que mes amis
32:14sceptiques et rationnels
32:15ont commencé à penser
32:16que je perdais la tête.
32:17Mais je n'ai pas perdu la tête.
32:19C'est réellement arrivé.
32:20Et les gens ont eu
32:21beau me dire
32:22que ce n'était que mon imagination
32:23qui me jouait des tours,
32:24je sais ce que j'ai vu.
32:27début printemps 2017,
32:29la période de l'année
32:30où il fait encore nuit
32:30assez tôt
32:31ici dans le Nord-Est.
32:32Il est environ 21h
32:34et je partais en voiture
32:35de la maison d'un pote
32:36à Newport
32:36pour aller à Narragansett
32:38quand j'ai décidé
32:39de prendre un raccourci
32:40en passant par Sanderson.
32:42C'est une route
32:42que j'avais déjà empruntée
32:43au moins 100 fois
32:44à cette époque.
32:45Je pensais pouvoir le faire
32:46même les yeux fermés.
32:47Mais peut-être
32:48que c'est cette attitude
32:49si orgueilleuse,
32:50cette arrogance suffisante
32:51qui m'a attiré
32:52des ennuis
32:53à plusieurs reprises.
32:54Car à mi-chemin du voyage,
32:55j'ai dû me déconcentrer
32:57tout ce dont je me souviens ensuite
32:59c'est que je me retrouve
33:00soudainement
33:01à devoir faire
33:01un demi-tour complet
33:02à 180 degrés
33:03dans la passe
33:04d'un pâté de maison
33:05et je suis si désespérément
33:06perdue
33:07que je dois attraper
33:08mon téléphone
33:08pour utiliser Google Maps.
33:10Je regarde ma position,
33:11mémorise les virages
33:12à prendre
33:13pour revenir sur l'autoroute
33:14et je commence
33:15à tourner dans la rue
33:16en rangeant mon téléphone
33:17quand BAM!
33:18Il y a une voiture
33:19devant moi.
33:20Je freine brusquement
33:21en laissant échapper
33:21un chapelet d'insultes
33:22et je me prépare
33:23à recevoir
33:24quelques coups de klaxon
33:25réprobateurs
33:26dans le meilleur des cas.
33:27Je lâche le volant
33:28et commence alors
33:28à formuler des excuses
33:30au conducteur
33:30du genre
33:31« Mec, je suis vraiment désolé,
33:33c'est ma faute,
33:34c'est à cause de moi »
33:35quand je remarque
33:36quelque chose
33:36de vraiment inhabituel
33:38en regardant la voiture
33:39qu'il conduisait.
33:39C'était très clairement
33:40une voiture de collection
33:41et n'allait pas penser
33:42qu'il s'agissait
33:43d'une Camaro des années 70
33:45ou d'un truc dans le style.
33:46Cette bagnole
33:47était une Buick
33:48des années 30 ou 40
33:50ou un truc du genre.
33:51Le genre de voiture
33:52d'où vous vous attendez
33:53à voir Al Capone
33:54sortira à l'époque
33:55de la prohibition
33:56à Chicago.
33:57Et elle était aussi impeccable.
33:59Le gars avait dû cramer
33:59beaucoup d'argent là-dedans
34:01parce que presque tout
34:02avait l'air tout neuf.
34:03J'ai soudainement réalisé
34:04que si j'étais en train
34:05d'observer la vieille voiture
34:06de ce type,
34:07j'étais toujours
34:07en train de le bloquer.
34:08Donc j'ai commencé
34:09à reculer
34:09après avoir levé
34:10le pouce en l'air,
34:11comme pour lui dire
34:12« Joli bagnole »
34:13après avoir montré son capot.
34:15Le mec ne réagit pas du tout
34:16de manière agressive.
34:17Pendant tout ce temps,
34:18il ne fait que me sourire
34:19à travers son pare-brise.
34:21Et au moment
34:21où je commence à reculer
34:22pour le laisser passer,
34:23je me souviens
34:24qu'il ressemblait presque
34:24à l'une de ses vieilles poupées
34:26dont se servent
34:26les ventriloquistes.
34:28Quelque chose dans ses cheveux
34:29ou de son teint pâle
34:30et sireux
34:30fait que je l'associe
34:31à ses pantins.
34:32Et alors que j'étais
34:33sur le point de m'écarter
34:34suffisamment
34:34pour lui laisser
34:35l'espace nécessaire,
34:36ma voiture s'arrête.
34:37Le moteur,
34:38la batterie,
34:39tout.
34:39J'ai frénétiquement remué
34:41les clés dans tous les sens.
34:42Il me disait
34:43que j'étais en train
34:43de me ridiculiser
34:44complètement devant ce mec
34:45qui avait une voiture vintage
34:46hyper classe.
34:48Mais rien n'y fait.
34:49Les lumières ne s'allument pas,
34:50le moteur ne démarre pas.
34:51La première pensée
34:52que j'ai eue
34:53à ce moment-là,
34:53c'est
34:54« Nom de Dieu ! »
34:55Toutes les fois
34:56où ma batterie
34:56aurait pu tomber en panne,
34:57pourquoi maintenant ?
34:58Ma voiture était
34:59un tas de ferraille
35:00à cette époque.
35:01C'était ennuyeux
35:02mais peu surprenant.
35:03Mais je suis toujours
35:04en train de bloquer
35:04le gars dans la bouique
35:05qui doit être en train
35:06de s'énerver fortement
35:07après avoir attendu
35:08pendant au moins
35:09plusieurs bonnes minutes.
35:10Je décide de baisser
35:11ma fenêtre
35:11pour me pencher
35:12vers l'extérieur
35:13et je commence
35:13à crier au type
35:14dans la voiture
35:15qu'il doit contourner
35:15la mienne
35:16mais il répond pas.
35:17Et tout ce que j'entends
35:18c'est la vieille musique
35:19angoissante
35:20qui s'échappe
35:20de sa bagnole.
35:21Je ne peux rien voir
35:22de lui à cause
35:23des plainfards.
35:23Il ne dit pas un mot
35:24et sa musique flippante
35:25fait se hérisser
35:26les poils de ma nuque.
35:27Maintenant,
35:28c'est la partie
35:29la plus flippante
35:30dont je me rappelle.
35:31Alors que la confrontation
35:31avec ce mec
35:32est en train de me mener
35:33dans une sorte d'impasse,
35:34je suis assise
35:35à la place conducteur
35:36en me demandant
35:37pourquoi le gars
35:37ne parle pas,
35:38ne bouge pas
35:39ou ne fait rien
35:39pour faire bouger les choses.
35:41Je ne veux pas le klaxonner.
35:42Nos interactions
35:43ont toutes été courtoises
35:44jusqu'ici
35:45donc je reste juste assis
35:46là à attendre
35:47de plus en plus anxieux
35:48à mesure que le temps passe.
35:50C'est alors
35:50que les lumières
35:51sur mon tableau de bord
35:52se mettent à clignoter légèrement
35:53et je me dis
35:54que ma batterie
35:54est peut-être
35:55en train de se réactiver.
35:56Je ne connais pas
35:57grand chose aux voitures
35:58mais je prends ça
35:59pour un redémarrage
36:00ce qui a pour effet
36:01de m'enthousiasmer fortement
36:02à l'idée de sortir
36:03d'une situation
36:03aussi embarrassante.
36:05J'ai commencé
36:05à secouer mes clés
36:06sur les contacts
36:07mais encore une fois
36:08rien ne se produit
36:08jusqu'à ce que le poste radio
36:10de ma voiture
36:10fasse péter le son.
36:11La même chanson effrayante
36:12que celle de l'autre voiture.
36:14Elle n'avait pas de parole.
36:15C'était la même mélodie flippante
36:17qui tournait en boucle
36:17avec un bruit
36:18qui semblait encouvrir le son.
36:19Et curieusement
36:20cela me remplit d'effroi
36:21alors que je réalisais
36:22que quelque chose
36:23de vraiment étrange
36:23était en train d'arriver.
36:25Jusqu'à présent
36:26j'étais aveuglée
36:26par les feux de route
36:27de la bouique
36:28alors que celle-ci
36:28restait bien sagement
36:29à sa place.
36:30Et soudainement
36:31les phares de la bagnole
36:32se sont éteints.
36:33Au même moment
36:34où le son de ma radio
36:34se coupe
36:35et je me retrouve
36:36à nouveau plongée
36:36dans l'obscurité
36:37avec ma vision naturelle
36:38totalement altérée
36:39pendant quelques secondes.
36:40Ce qui me rend
36:41à moitié aveugle.
36:42J'essaye encore une fois
36:43de mettre le contact
36:44et je pousse
36:45un énorme soupir
36:46de soulagement
36:46lorsque ma voiture
36:48redémarre enfin.
36:49Mais ce fut de courte durée.
36:50Au moment où mes phares s'allument
36:52je découvre
36:52que la vieille bouique
36:53est introuvable.
36:55Ce fut un tel choc
36:56que je hurlais
36:56me retournant
36:57dans tous les sens
36:58sur mon siège
36:59comme pour essayer
36:59de l'apercevoir
37:00en train de s'éloigner.
37:01Mais aucun signe
37:02de la bouique nulle part.
37:03C'est comme si
37:04elle s'était tout simplement
37:05évaporée.
37:06Vous pensez peut-être
37:07qu'avec un vieux moteur
37:08comme celui-ci
37:08j'aurais dû l'entendre
37:09même si je n'y faisais pas attention.
37:11Et le temps écoulé
37:12entre le moment
37:12où les phares s'étaient éteints
37:13et le moment
37:14où j'avais pu remettre
37:15ma voiture en marche
37:16ne devait pas excéder 30 secondes.
37:18Il aurait fallu
37:18qu'elle file à toute vitesse
37:19devant moi
37:20pour disparaître
37:20de ma vue si rapidement.
37:22Est-ce que vous avez
37:22déjà eu l'impression
37:23d'être hyper défoncé
37:25sans avoir fumé
37:25quoi que ce soit ?
37:26Eh bien c'est la sensation
37:27que j'avais.
37:28J'ai commencé à me dire
37:29que tout ça
37:29c'était juste moi.
37:31J'avais l'impression
37:32de faire une micro crise cardiaque
37:33à essayer de rationaliser
37:34cette histoire.
37:35L'idée que mon pote
37:36à Newport
37:37m'ait refilé
37:37un truc pas net
37:38qui m'aurait défoncé
37:39m'a même traversé l'esprit.
37:41Mais non.
37:42Durant tout ce temps
37:42j'étais sobre
37:44comme un chameau.
37:45Et vous pouvez être sûr
37:46que je n'ai rien bu
37:47parce que les policiers
37:48de l'état de Rhode Island
37:49adorent faire la chasse
37:50aux ivrognes.
37:51Donc comme je l'ai précisé
37:52comme je ne pouvais pas
37:53expliquer ce qui s'était passé
37:54j'ai commencé à développer
37:56une sorte de psychose.
37:57Je suis retournée
37:58dans la passe
37:58où ça s'est produit.
38:00J'ai cherché
38:00d'éventuels propriétaires
38:01de voitures de collection
38:02dans la région de Narragansett
38:04et j'ai également fait
38:05des recherches
38:05d'articles médicaux
38:06sur les pertes de connaissances
38:08et de mémoire.
38:09Ces derniers m'ont convaincu
38:10que je souffrais de malaise vago.
38:12Cela se produit généralement
38:13lorsque votre cœur
38:14ne pompe pas suffisamment de sang
38:15pour irriguer votre cerveau
38:17et l'alimenter en oxygène.
38:18C'est une pathologie
38:19assez grave
38:20comme vous pouvez l'imaginer.
38:22J'étais tout à fait
38:23disposé à débourser
38:24de l'argent
38:24pour un bilan de santé.
38:25Le docteur
38:26a écouté les battements
38:27de mon cœur
38:28et vérifié ma tension artérielle.
38:30Puis sans plus d'examens
38:31a déclaré
38:32qu'il n'y a aucun problème
38:32avec mon cœur.
38:33Il a bien précisé
38:34que les pertes de connaissances
38:36pouvaient être causées
38:37par le stress.
38:38Mais à l'époque
38:38rien n'était vraiment
38:39source de stress pour moi.
38:41Alors j'ai rejeté
38:41cette explication.
38:43Je suis même allée
38:43jusqu'à faire des recherches
38:44sur les rencontres
38:45avec des ovnis
38:46dans lesquelles des gens
38:47perdent également la mémoire
38:48et je me suis dit
38:48que je m'étais complètement
38:49perdue dans le fil de la toile
38:51pour le coup.
38:51Ce que les gens retiennent
38:52vraiment de mon histoire
38:53c'est pour une raison
38:54que j'ignore
38:55le fait que j'ai tout de même
38:56eu un peu de chance
38:57en ce qui concerne
38:57ma recherche de voiture
38:58de collection.
38:59Il y avait un gars
39:00à Middleton
39:01qui essayait de vendre
39:02une Buick édition spéciale
39:041937 depuis des années.
39:05La bagnole
39:06était dans un sale état
39:07mais il pensait
39:08qu'elle pourrait attirer
39:09l'attention de passionnés
39:10qui trouveraient le temps
39:11de restaurer sa beauté d'antan.
39:12Je me suis présentée
39:13en faisant semblant
39:14d'être l'un de ses acheteurs
39:15potentiels
39:15et je me sens toujours coupable
39:17d'avoir suscité
39:18tant d'enthousiasme
39:19et il a demandé à son neveu
39:20de m'envoyer des photos
39:21du tas de ferraille
39:21par SMS
39:22pour que je puisse
39:23les observer de plus près.
39:24Je ne dis pas
39:25que c'était le même modèle
39:26ou que la voiture
39:27avait la même forme
39:28que celle que j'ai vue
39:28dans la passe
39:29mais sans mentir
39:30elle avait l'air
39:31plutôt similaire.
39:32Mais c'est absolument impossible
39:33qu'il s'agisse
39:34de la même voiture
39:35n'est-ce pas ?
39:36C'est une coïncidence
39:37tout au plus.
39:38Pourtant
39:39certaines personnes
39:39à qui j'en parle
39:40soulignent toujours
39:41cette coïncidence
39:42et me disent
39:43que j'aurais dû demander
39:44où il l'avait eue
39:45si cette vieille bagnole
39:46avait été impliquée
39:47dans un meurtre
39:47ou un délit de fuite.
39:49En vérité
39:49le gars ne savait pas.
39:51Il a dit que son père
39:52l'avait acheté
39:52dans une vente aux enchères
39:53policières
39:54et est mort
39:54avant d'avoir pu la réparer.
39:56Et évidemment
39:57tout ce qu'il savait
39:58sur la voiture
39:58a été emporté avec lui.
40:00A présent
40:00je suppose que j'ai suffisamment
40:02ressassé ces événements
40:03et j'ai déjà établi
40:04que je ne peux pas expliquer
40:05ce qui m'est arrivé
40:06cette nuit là
40:06sans passer pour un taré fini.
40:08Donc j'imagine
40:09que je vais simplement
40:10faire ce que j'ai toujours fait
40:11et vous laisser décider
40:12de ce que c'était.
40:13Mais s'il vous plaît
40:14ne venez pas me parler
40:15de voiture fantôme
40:16ou de ce genre de truc
40:17parce que ça fait 4 ans
40:18qu'on me rabâche ces bêtises
40:20et j'en ai plus qu'assez
40:21de les entendre.
40:22Et en plus
40:22si hypothétiquement
40:23je croyais au fantôme
40:25je pense que ça me perturberait
40:26beaucoup de penser
40:27que j'ai été si proche
40:28de l'un d'entre eux
40:29et que je m'en suis sortie indemne.