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  • il y a 2 mois
Régis Le Sommier et Arno Klarsfeld ont échangé sur la Chine, alors que les États-Unis ont renforcé leurs sanctions contre l'Iran.

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Transcription
00:00Alors oui, on sent bien quand même que depuis la visite de Donald Trump en Chine,
00:05il y a quand même, on va dire, une prise de conscience des États-Unis et de Donald Trump
00:11que l'ordre ancien, c'est-à-dire avec à sa tête les États-Unis, a quand même un peu
00:16du plomb dans l'aile.
00:18Mais malgré tout, il y a chez Trump et dans son administration une tentation de revenir à des pratiques anciennes.
00:25Et ce que je veux dire, c'est que ces sanctions, en fait, c'est presque un aveu d'échec
00:32que la solution militaire n'a pas fonctionné, en fait.
00:35C'est-à-dire, on revient à un régime de sanctions appliqué à l'Iran qui a été appliqué à
00:40l'Iran.
00:40Alors, il s'appelle « outcast », qui en anglais veut dire « exclu », qui veut dire « mis
00:44à l'écart ».
00:45L'Iran a été mis à l'écart pendant 47 ans depuis l'accession au pouvoir de l'Ayatollah Khomeini.
00:51Donc, la question des sanctions, d'appliquer des nouvelles sanctions à l'Iran, quelque part, c'est aussi voué à
00:58l'échec.
00:58Parce que même si Trump dit « jamais on n'a appliqué autant de sanctions à un pays, jamais on
01:03va le ligaturer, on va l'étouffer économiquement »,
01:06c'est peut-être d'ailleurs ce qui est intéressant, je pense qu'on en parlera, la visite du patron
01:12de la CIA, Radcliffe, à Moscou,
01:16avait peut-être aussi pour effet d'expliquer aux Russes qu'ils sont les bailleurs de fonds des Iraniens, autant
01:22que les Chinois,
01:24pays avec lesquels ils ont énormément de points communs.
01:27Et d'ailleurs, Vladimir Poutine rencontrera le président iranien au Kyrgyzstan la semaine prochaine.
01:33Donc, évidemment, il y a une question autour de l'Iran.
01:37Évidemment, mais l'application de ces sanctions, je pense que les États-Unis ont expliqué aux Russes qu'ils allaient
01:42durcir ces positions.
01:44Et ces positions, évidemment, ça veut dire reprendre des sanctions contre la Russie et contre la Chine, qui sont les
01:48deux principaux soutiens de l'Iran.
01:51La Chine prend 15% de son pétrole en Iran.
01:56Quasiment la totalité du pétrole iranien est exportée en Chine.
01:59Donc, c'est évident qu'il y a des compagnies qui font du commerce avec l'Iran et que ces
02:04compagnies, si on suit la logique de ce plan, vont être sanctionnées.
02:08Et quel impact ces sanctions, ces éventuelles sanctions prises par Washington auront sur la Chine ?
02:15Est-ce que c'est de nature, effectivement, à avoir un impact important sur l'économie chinoise, Arnaud Klersfeld ?
02:20Sur la Chine, je ne peux pas vous dire avec certitude.
02:23Je peux vous dire, en tous les cas, que sur l'Iran, ça commence quand même à avoir un certain
02:27impact, puisque l'inflation est à plusieurs centaines de pourcents.
02:32Il faut plusieurs millions de dollars, comme sous la République de Weimar, pour obtenir un marque.
02:39Il faut maintenant plusieurs millions de dollars pour obtenir un rial.
02:44Le régime des Molas a du mal à payer les fonctionnaires, les militaires, les gardiens de la révolution doivent toujours
02:53avoir leur source de revenus.
02:56Et la population souffre.
02:59Donc, tout le monde disait quand même, Trump va crier victoire et s'en aller.
03:06Il est le seul qui ne s'est pas résigné à ce que l'Iran ait la bombe atomique.
03:12Il a peut-être une conduite de la guerre qui est chaotique.
03:17Mais en tous les cas, il a quand même une stratégie, une guideline, que l'Iran n'obtienne pas la
03:24bombe atomique.
03:25Et il tient bon.
03:27Et il y a combien ? 13, 15, 16 morts américains depuis le début de la guerre.
03:33C'est peu quand même.
03:35Je reformule la question que je vous ai posée précédemment.
03:38Est-ce qu'avec ces menaces de sanctions, la Chine va en partie cesser de commercer avec l'Iran ?
03:43Non, je ne crois pas.
03:44La Chine est assez puissante.
03:47Les États-Unis n'ont pas tellement de moyens de pression sur la Chine.
03:51Donc, il y aura quand même sans doute un couloir.
03:55Donc, ces menaces n'auront pas d'impact ?
03:56C'est ce qu'il faut comprendre ce soir.
03:57Ces menaces auront peu d'impact sur la Chine, mais elles auront plus d'impact sur l'Iran.
04:03Et l'Iran ne peut pas tenir très longtemps.
04:06Le détroit d'Hormuz est peut-être fermé en partie pour l'Occident, mais il est totalement fermé aussi pour
04:12l'Iran.
04:13Alors, Régis ne semble pas d'accord.
04:14Non, c'est-à-dire que moi, je pense que c'est...
04:16Je répète ce que je disais dans le préambule de ma réponse tout à l'heure.
04:19C'est-à-dire que c'est un aveu d'échec, que l'échec militaire n'est pas tant.
04:23La question des munitions est cruciale.
04:25Même Pitekzek vient de reconnaître qu'au niveau des munitions, les Américains étaient à sec à cause de cette guerre
04:32en Iran.
04:33Donc, ils ne peuvent plus continuer sur l'option militaire.
04:35Ils ne peuvent plus continuer à recommencer les frappes comme ils font.
04:38Donc, qu'est-ce qu'ils font ?
04:39Eh bien, ils reviennent au vieux régime de sanctions qui était appliqué avant.
04:43Alors, on a beau dire qu'il va être plus dur, etc.
04:45Mais les porte-avions sont toujours là.
04:48Oui, mais ils ont des problèmes de catapultes et de plein d'autres.
04:56Sous-titrage Société Radio-Canada

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