- il y a 7 semaines
Bruno Retailleau, candidat LR à l'élection présidentielle et président des Républicains, était invité sur le plateau de BFMTV, ce mercredi 26 août. Il s'est notamment exprimé sur les récents sondages concernant la présidentielle de 2027 et sur La France insoumise.
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00:00Merci d'être là, bonsoir Bruno Rotaillot.
00:02Bonsoir Sonia Mabrouk.
00:03Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:05C'est bien naturel.
00:06Vous êtes candidat Les Républicains à la présidentielle,
00:09vous êtes le président des LR, ancien ministre de l'Intérieur.
00:13Je vous remercie d'être avec nous ce soir,
00:15d'autant que plusieurs candidats ont multiplié ces derniers jours,
00:18ces dernières heures, les sorties, les propositions, les polémiques aussi.
00:23Mais vous, vous avez cultivé une forme de discrétion cet été.
00:26Je me demande, c'est pour marquer les esprits,
00:29la stratégie de cette discrétion, certains diraient de l'homme invisible,
00:32et la bonne pour bien démarrer une campagne.
00:35Écoutez, moi je pense que les Français
00:37ne sont pas des obsédés de la politique en plein été.
00:40Ils ont eu des coups de chaleur, ça leur suffit.
00:44Et je pense que, moi j'en ai profité parce que je termine un livre
00:48qui sera édité dans quelques semaines,
00:51donc j'y mettais ma dernière main, j'ai lu beaucoup de livres,
00:53Il faut se nourrir aussi l'été.
00:56Et puis, voilà, je me suis aussi, j'ai pris du recul.
01:00Et c'est fondamental.
01:02Vous savez, je n'ai pas vu beaucoup M. Mélenchon, Mme Le Pen s'activer.
01:06Je pense qu'il y a ce temps qui est un temps de repos familial aussi,
01:11mais en même temps de réflexion.
01:12Et on en a besoin parce que quand on est dans la vie politique,
01:15on est toujours sur l'actualité,
01:17on est toujours à l'extérieur de soi-même.
01:18Et il faut arriver aussi à se nourrir, si on veut donner aussi beaucoup après.
01:22– Se nourrir et sanctuariser.
01:24– Se nourrir, si j'ose dire intellectuellement.
01:26– Mais oui, et sanctuariser un temps pour la famille, pour soi.
01:28Est-ce que vous permettez qu'on voit un extrait ?
01:31Les journalistes que nous sommes, nous vous connaissons depuis un certain temps.
01:34Il est vrai que cette image sur les réseaux sociaux,
01:36je veux dire, elle ne vient pas tout de suite à l'esprit
01:38quand on vous voit et quand on vous a vu et connu.
01:40Place Beauvau, regardons ensemble.
01:43– Voilà ce qu'il reste de la poule.
01:46L'autre jour, il y avait encore beaucoup plus de plumes.
01:50Il y avait des plumes partout, partout, partout.
01:53Voilà, des plumes.
01:54Ça, c'était une poule de marrants, noire, cuivrée, et elle n'est plus.
02:00Les renardos en ont profité.
02:02C'est le cycle de la nature.
02:04– Bon, vous me voyez arriver,
02:06parce qu'il y a le cycle de la nature et le cycle politique
02:08qui est la poule qui sont les renardos.
02:10On le verra à la fin de la course.
02:11– Dimanchois, figurez-vous qu'il était extrêmement téméraire, ce renard.
02:14Ou cette renarde, je l'ai vue, j'ai un petit muret de pierre
02:16et il était sur le muret de pierre.
02:18C'était un spectacle.
02:20– La métaphore, on peut l'affiler pour la politique.
02:24Il y a beaucoup de renardos.
02:25– Je vous vois venir, en fait.
02:27– Si je peux dire plus sérieusement,
02:28même si, les parenthèses, vous avez raison,
02:30– C'est plutôt des crocodiles, d'ailleurs.
02:31– Oui, bien, on va voir ce qu'il vous réserve dans le marécage,
02:35parce que depuis, un sondage en particulier,
02:39Bruno Retailleau, les appels au rassemblement,
02:42à l'unité se multiplie.
02:43Valérie Pécresse affirme qu'il y a des convergences,
02:45y compris programmatiques entre vous et Édouard Philippe,
02:48Jean-François Copé et d'autres pointent la responsabilité
02:50qui serait peut-être la vôtre
02:52si, eh bien, vous ne vous rangez pas derrière un candidat,
02:55sans doute pense-t-il à Édouard Philippe,
02:57et que vous risquez de précipiter le duel Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon.
03:01Vous avez, me semble-t-il, un devoir de clarification ce soir
03:03par rapport à vos électeurs,
03:04et puis, plus largement, par rapport aux Français.
03:07Est-ce que vous êtes déjà, eh bien,
03:08dans un processus de préparation en coulisses
03:11de ce rapprochement ?
03:13– D'abord, les sondages.
03:15Un sondage, ça ne fait pas le printemps comme l'hirondelle,
03:19et ça ne décrit pas du tout, vous le savez parfaitement.
03:22On est à plus de huit mois des élections,
03:23et je pourrais vous citer, à chaque élection présidentielle,
03:26les sondages qui se sont trompés.
03:28Je me souviens d'Alain Juppé,
03:30qui, à la même période, devait écraser François Fillon, etc., etc.
03:34Bien.
03:35Donc, les sondages, on doit en tenir compte,
03:37mais ces derniers sondages, si j'en prends plusieurs,
03:40où on voit bien qu'il y a une montée des extrêmes,
03:43on le voit, et croyez-moi, je ne prends pas à la légère.
03:46– Ça signale d'alerte.
03:47– Un second tour entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
03:50Mais voyez, la signification première de ces sondages,
03:53c'est que les Français veulent une rupture,
03:55ils veulent une vraie alternance.
03:57Croyez-vous qu'avec un ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron,
04:01l'un ou l'autre, Gabriel Attal ou Édouard Philippe,
04:04ils auraient cette alternance ?
04:05Je ne le crois pas.
04:06Moi, je veux porter pas seulement des réformes,
04:07je veux porter une rupture profonde.
04:10Et je veux offrir aux Français
04:13une alternative qui se transformera en alternance, bien sûr,
04:17mais cette alternative, pour moi,
04:19elle est fondamentale pour changer, renverser la table.
04:22Et ça, les anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron,
04:26malheureusement, et c'est pas d'ailleurs un jugement personnel
04:28que je porte sur eux,
04:29mais ne parviendront pas à se décontaminer
04:32du quinquennat et du double quinquennat d'Emmanuel Macron
04:35qui va se transformer en un formidable échec.
04:38– Mais avant de renverser la table,
04:39autour de cette table, il y a certains de vos camarades,
04:42si je puis dire au sens élargi à droite,
04:45qui mettent une pression très forte sur vos épaules.
04:48Sans doute la ressentez-vous pour vous faire jeter l'éponge.
04:50Est-ce que vous pourriez affirmer ce soir,
04:53de manière presque définitive,
04:54que rien ne vous fera Bruno Roteau dévier
04:57et que vous prenez, entre guillemets, le risque,
04:59il faut l'appeler ainsi, c'est en tous les cas ainsi
05:01que vos amis l'appellent, ce risque d'un duel
05:04entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon,
05:05que vous l'assumez ?
05:07– Qu'est-ce qui pourrait me faire dévier ?
05:09Est-ce que je suis un homme qui dévie de sa trajectoire ?
05:12Vous êtes une fine observatrice,
05:14vous observez la scène politique,
05:16vous avez suivi mes déclarations depuis des années.
05:19J'ai des défauts, comme tous les hommes, tous les femmes,
05:22mais je pense que j'ai peut-être cette qualité de la sincérité,
05:26de la constance, de la cohérence.
05:28Vous savez, si j'ai pris la décision de me présenter,
05:31ce n'est pas parce que j'éprouve une jouissance
05:34pour l'exercice du pouvoir.
05:35Je ne suis pas du tout, du tout, du tout
05:38dans cette aventure-là.
05:40C'est simplement parce que je pense que 2027,
05:43ce sera pour la France le grand rendez-vous de l'histoire.
05:45C'est l'élection de la dernière chance.
05:48Et si je veux aller au bout de cette élection,
05:50c'est parce que je pense que je peux apporter à mon pays quelque chose
05:53que les autres ne peuvent pas apporter.
05:54Si nous avions, voyez, le même projet,
05:58peut-être qu'on pourrait discuter,
05:59mais nous n'avons pas le même projet.
06:00– Aucune convergence programmatique,
06:02comme le dit Valérie Pécresse entre vous-même
06:04et M. Édouard Philippe ?
06:05– Écoutez, il a fait des propositions sur l'immigration.
06:10Droit du sol à Mayotte, par exemple.
06:12Mais si le droit du sol est mauvais à Mayotte,
06:14il faut aussi l'interdire et le stopper en France.
06:17Il a fait des propositions pour les professeurs.
06:21Très bien, mais 20 %,
06:23ça veut dire qu'on va dépenser beaucoup d'argent public,
06:25ça va coûter 9 milliards.
06:27Et la démographie, c'est-à-dire qu'il y a moins d'élèves,
06:30donc sans doute moins besoin de profs,
06:32c'est quoi ces 2-3 milliards ?
06:34Et puis, la question du salaire, ça ne résume pas tout.
06:37Moi, je suis pour mieux rémunérer les professeurs.
06:39Mais il y a aussi une carrière.
06:41Il y a aussi un certain nombre de savoirs qu'il va falloir refonder.
06:45Vous savez, celles et ceux qui ne veulent pas d'un duel,
06:49Mélenchon-Le Pen,
06:50feraient bien de méditer l'expérience des 9 dernières années.
06:55Parce qu'on voit bien qu'un grand centre,
06:59en réalité, renforce les deux ailes radicales.
07:02Et si on veut récréer, justement...
07:04C'est les deux bouts de l'omelette.
07:05Bien sûr, on va renforcer le macronisme, d'ailleurs.
07:09Vous savez, Emmanuel Macron disait que, finalement,
07:11on jugerait ces quinquennats son résultat
07:13au fait qu'il n'ait plus besoin de voter pour Mélenchon-Le Pen.
07:16Elle n'a jamais été aussi haute.
07:18Ils ne sont pas un rempart, je pense,
07:21ni vis-à-vis de l'une, ni vis-à-vis de l'autre.
07:23Bruno Rotailleau, pourquoi se doute sur le fait que,
07:25de la part de certains, que vous n'iriez pas jusqu'au bout ?
07:28Pourquoi cette idée tenace sur votre prochain ralliement ?
07:30Il y a tout un écosystème de personnalités autour de vous
07:34qui pense, ou qui laisse à penser,
07:36que vous seriez soluble dans le macronisme, dans le philippisme ?
07:40Mais je ne le suis pas.
07:42J'ai été au gouvernement pendant un an.
07:44Vous vous êtes toujours défendu d'être macroniste,
07:45même si l'éthique est col...
07:46Je suis allé au gouvernement pour empêcher
07:47que M. Mélenchon et ses amis prennent le pouvoir en France.
07:51C'est pour ça que j'y suis allé.
07:53Je n'ai cessé d'ailleurs de m'opposer au président de la République.
07:55J'étais un ministre de l'Intérieur de cohabitation.
07:59Je me suis opposé sur l'Algérie, sur les visas, sur l'immigration,
08:04sur la politique à tenir contre l'islamisme,
08:06notamment contre les...
08:07On reviendra sur vos résultats, d'ailleurs.
08:09J'ai fait des sorties tonitruantes en conseil, du ministre, sur la Corse.
08:13Aucun ministre de l'Intérieur avant moi n'avait eu cette liberté de parole.
08:18Je ne suis pas soluble dans le macronisme.
08:20Et mes amis, certains de mes soi-disant amis,
08:25pensent courir au succès à la victoire
08:27en s'alignant vers tel ou tel qui, aujourd'hui,
08:30dans les sondages, est très très élevé.
08:33François Barroin me rappelait il y a quelques semaines
08:35que Jacques Chirac, c'était en janvier,
08:38en janvier 1995, quelques mois avant l'élection présidentielle,
08:42il réunit, il y avait à l'époque 500 parlementaires UMP.
08:47Et il est réuni.
08:50Alors, ce n'était pas l'UMP, c'était à l'époque RPR et UDF.
08:54Et il les invite.
08:55Sur les 500, il y en avait 20 qui sont venus.
08:58Et quelques semaines après, il remportait l'élection.
09:01Donc tout ça ne veut rien dire.
09:02Moi, en tout cas, ce que je sais...
09:03Il viendra quand la soupe est bonne, c'est ce que vous êtes en train de dire.
09:05– Mais la France va très très mal.
09:08– Et nous allons parler, monsieur Roteau,
09:10je vais consacrer une grande partie à cela.
09:12Permettez-moi encore une question sur ce sujet,
09:14parce qu'il n'y a pas de candidat naturel de la droite élusante.
09:17Nous sommes d'accord.
09:18Dans ce cas-là, il est presque raisonnable que certains,
09:22comme David Lysnor, se disent alors la primaire.
09:25Alors au moins la primaire pour vous départager.
09:27Vous avez toujours balayé d'un revers de main cette idée.
09:30Est-ce que vous avez un argument solide pour nous expliquer pourquoi ?
09:32– Non, c'est inexact, Sonia Mabrouk.
09:35J'ai très exactement dit ceci.
09:38Je n'ai jamais eu d'opposition, de principe à la primaire.
09:42Simplement voyant les uns et les autres, pour ou contre le principe,
09:46les uns et les autres,
09:47ceux qui voulaient une primaire jusqu'à Mme Knafot,
09:50ceux qui n'en voulaient pas, ceux qui etc.
09:52me disent écoutez, moi je ne perds pas mon temps,
09:54je travaille sur le fond et je veux faire campagne,
09:57utilement campagne pour les Français.
09:58– Donc c'est toujours non.
09:59– Moi je n'ai jamais, ce n'est pas cela.
10:01Je veux dire que je ne me dérape à aucune compétition.
10:04Depuis un an, j'ai affronté, dans le cadre de LR,
10:07pour prendre la présidence de LR,
10:09j'ai affronté une première compétition électorale.
10:11Une autre pour dire à nos propres adhérents,
10:14quel est le choix que vous voulez faire pour désigner le candidat LR.
10:18Donc croyez-moi, la compétition, ça ne me fait pas peur.
10:21Simplement, aujourd'hui, regardez,
10:22Edvard Philippe n'en veut pas.
10:24Vous imaginez une primaire sans…
10:26– Aujourd'hui, comme vous le dites, demain.
10:28– Bah oui, voilà.
10:29Mais encore une fois, je n'ai pas d'opposition de principe.
10:31Simplement, je ne perds pas mon temps.
10:33Je travaille sur le fond et je fais des propositions
10:36pour la France et les Français.
10:37– On va y venir.
10:37L'un des arguments, M. Rotaillot,
10:39qui est martelé en ce moment par, on va dire,
10:40le bloc central élargi,
10:42c'est celui d'éviter un duel LFI-RN.
10:45Est-ce qu'il suffit aujourd'hui,
10:46dans une campagne aux enjeux majeurs pour notre pays ?
10:49Vraiment à l'échéance cruciale de dire
10:52ce duel est dangereux, tout simplement.
10:55Est-ce que c'est un argument de campagne qui va suffire ?
10:58Il faut l'éviter.
10:59– Non, c'est un argument de campagne, je pense,
11:02qui est néanmoins un argument,
11:04parce que je suis convaincu
11:05que si demain, il y a un choc brutal,
11:08Marine Le Pen et Jean-Luc Mégenchon,
11:11ça se terminera par la chiannue.
11:13– La chiannue ?
11:14– Puisque les Insoumis, de leur propre fait,
11:17et sans leur dire, nous indiquent déjà
11:19qu'ils n'accepteraient pas les verdicts des urnes.
11:22On est compte.
11:23– Des appels à la désobéissance civile.
11:25– Simplement, je n'ai jamais pensé
11:26que la politique se confondait,
11:28les arguments politiques,
11:29avec des arguments moraux.
11:31Je pense qu'il faut, là encore,
11:33combattre, là aussi, l'un et l'autre,
11:35avec des arguments.
11:36Et je pense, par exemple…
11:37– Avec un signe d'égalité, pour vous,
11:39entre le Rassemblement National et la France Insoumise ?
11:41– Je pense que Marine Le Pen
11:43ne remettra pas les affaires de la France en ordre.
11:46Tout simplement parce qu'elle veut continuer
11:50ce qui a, finalement, coulé le pays.
11:52– Ça, c'est une chose.
11:53Mais est-elle aussi dangereuse pour vous ?
11:55– La Sistana, la Sistana.
11:57Et tout se tient.
11:59Si vous êtes pour la Sistana,
12:01vous dévaluez le travail,
12:02et bien alors, à ce moment-là,
12:03il faut des immigrés qui remplacent des nationaux.
12:05– Ma question, c'est,
12:06est-elle aussi dangereuse pour vous,
12:07d'un point de vue de…
12:08– J'ai toujours indiqué que non, bien sûr.
12:11– Tout ça n'est pas partagé dans votre camp.
12:14– Non, mais j'ai mes convictions.
12:16C'est moi qui suis candidat.
12:18Et objectivement, je vais le prouver,
12:20puisque ces dernières semaines
12:21nous ont donné des arguments.
12:23Regardez M. Boyard.
12:24M. Boyard, qui, il y a quelques semaines,
12:26voulait interdire des médias.
12:27Vous avez ensuite, hier, je crois,
12:29M. Delogu qui s'oppose à la police.
12:32Vous avez M. Mélenchon
12:33qui s'en prend violemment au préfet.
12:36Vous avez Rima Hassan
12:37qui voudrait détricoter, démanteler
12:39l'arsenal antiterroriste français.
12:42– Plus précisément,
12:43elle dit qu'elle est contre
12:46le délit d'apologie de terrorisme.
12:48et elle a lancé le débat aux universités d'été,
12:50effectivement, sur l'abrogation
12:52de certaines infractions terroristes.
12:54– C'est au-delà de ça,
12:54puisque le groupe des Insoumis
12:56à l'Assemblée, il y a un an,
12:57ont déposé une proposition de loi,
13:00vous vous en souvenez certainement,
13:01pour abroger le délit d'apologie terrorisme.
13:04Donc, ces gens-là préfèrent pactiser
13:06avec les islamistes
13:08plutôt que de protéger les Français.
13:09– Donc, Rima Hassan est une ennemie de la France ?
13:11– Ce sont des collabos.
13:12Oui, c'est un parti de collabos,
13:15voilà, avec les ennemis de la France.
13:18Moi, je l'assume.
13:18C'est quoi la prochaine étape
13:20de dépénaliser l'antisémitisme ?
13:21– Alors, c'est quoi votre prochaine étape ?
13:23De les interdire dans un débat démocratique ?
13:25– Bien sûr que non, bien sûr que non.
13:26– Donc, c'est projet pour projet.
13:27– D'ailleurs, franchement, Rima Hassan,
13:29j'ai fait plusieurs signalements à la justice.
13:31D'autres que moi l'ont fait.
13:32D'autres que moi, rien, rien ne se passe.
13:35– Le mot de collabos va beaucoup faire réagir.
13:38– Ah, je l'assume.
13:40– Collabos avec les ennemis de la France.
13:41– Et pardonnez-moi si ce sont les ennemis terroristes
13:43qui ont provoqué des centaines de morts dans notre pays.
13:46– Les islamistes, mais écoutez,
13:48quand vous voulez démanteler un certain nombre d'arsenals,
13:52en tout cas de systèmes qui nous permettent
13:54de nous protéger contre la terreur,
13:56la terreur et le terrorisme,
14:00c'est à chaque fois qu'on vise des innocents.
14:03C'est ça.
14:04C'est ça l'objectif des terroristes.
14:06Pour traumatiser une société
14:07et pour l'amener à des fins auxquelles on souhaite l'amener.
14:11Eh bien, moi, je suis en résistance contre ces gens-là.
14:14– Vous êtes en résistance.
14:14– Et quand on voit les propos,
14:16souvenez-vous, c'était entre les deux tours,
14:18je crois que c'était au meeting à Toulouse,
14:21quand M. Mélenchon s'en prend à des noms à consonance juive.
14:26C'est ce qu'avait fait Jean-Marie Le Pen avec des noms à consonance juive
14:30qui étaient des noms de journalistes en 89.
14:33Et on ne dirait rien.
14:34Alors quand c'était M. Le Pen, on sortait dans la rue,
14:38il y avait une exébarance à juste titre.
14:40Et là, on ne dit rien.
14:41– Pourquoi vous pensez qu'il y a un privilège rouge ?
14:43– Oui, il y a un privilège.
14:44Oui, je pense qu'il y a un privilège.
14:46– Donc, M. Rotaille, vous nous dites ce soir
14:47que la chien-lis serait davantage, selon vous,
14:49avec Jean-Luc Mélenchon qu'avec Marine Le Pen,
14:51si je vous entends bien.
14:52– Non, précisément, Sonia Barouk,
14:54ce que j'ai dit, c'est qu'un choc brutal
14:57entre ces deux candidatures amènera la chien-lis.
15:00– Et pourtant, pour LFI, le chaos, c'est vous.
15:03Le chaos, c'est vous.
15:04C'est la brutalisation des relations avec l'Algérie,
15:06c'est la brutalisation de la société distille,
15:08c'est la confrontation entre certaines catégories de Français,
15:11c'est la stigmatisation distille des immigrés.
15:14– Ils ont raison de me prendre pour leur principal adversaire.
15:15– Vous êtes le candidat anti-Algérie ?
15:17– Je le suis, je le suis, et je dirais aux Français
15:20ce qu'est la nouvelle France de Jean-Luc Mélenchon,
15:24c'est la fin de la France, voilà.
15:26Eh bien, la France, ce n'est pas l'opposition
15:27entre des gens de couleur blanche ou de couleur noire,
15:32ce n'est pas une lutte des classes entre les riches et les pauvres,
15:35ce n'est pas cette espèce de dialectique marxisante
15:39qui fera mal au pays,
15:40qui est déjà très désunie, fragmentée.
15:42– Quelle est votre France ?
15:43M. Bali Bagayoko dit qu'il n'y a pas de Français de souche,
15:46que nous sommes tous des Français
15:48avec évidemment des origines pensées,
15:50enfin, dit-il, diverses, des Français de sang mêlé,
15:52qu'il n'y a pas des Français, dit-il, de souche.
15:56Que lui répondez-vous ?
15:56– Évidemment qu'il y a des Français d'origine…
15:58– Est-ce qu'il y a un peuple pour vous historique ?
15:59– Moi, je suis bien sûr qu'il y a un peuple historique.
16:01– Bien sûr qu'il y a un peuple historique.
16:02– Comment le définissez-vous ?
16:03– On a des racines qui sont des racines judéo-chrétiennes,
16:06mais nous sommes républicains.
16:08Quel est le modèle républicain ?
16:09Qu'est-ce qu'exige la République ?
16:11La République ne reconnaît pas ni les races, bien sûr,
16:15ni la couleur de la peau, ni la religion en tant que telle.
16:18On doit être Français au-delà de ces particularités.
16:22Mais il faut aimer la France, voyez.
16:24Il faut aimer la France.
16:25– Et pourquoi auriez-vous le monopole de cet amour,
16:27si je peux dire, plus que d'autres candidats ?
16:30– Parce que pour moi, la politique, ce n'est pas la guerre.
16:34Ce n'est pas monter les uns contre les autres.
16:36Ce qu'ils font en permanence.
16:38La brutalisation, mais vous le savez très bien.
16:41Ils le disent, ils l'assument.
16:42La conflictualisation.
16:44Ils font en permanence référence, par exemple,
16:46Jean-Luc Mélenchon à Robespierre.
16:48Robespierre, pour moi, ce n'est pas un héros, c'est un bourreau.
16:51– Oui, j'imagine que ce ne sont pas vos références.
16:52– Ce n'est pas vraiment vos références.
16:53– Mais c'est intéressant, vous parlez d'un racinement.
16:55– Mais il faut les lire.
16:55C'est comme Mme Gaethé, quand elle fait son livre.
16:58Tout ça a des origines.
17:00Et eux, la révolution qu'ils exaltent,
17:04c'est la révolution terroriste de 93.
17:06– Mme Gaethé, par exemple, elle parle de la famille dite traditionnelle,
17:10en estimant que l'exalter, c'est mettre en avant un penchant d'extrême droite.
17:15Et j'imagine, mais je ne l'ai pas interrogé,
17:17mais Mme Bonneau dit que vous faites partie,
17:19vous représentez sa droite conservatrice,
17:21qui est attachée à une France arabe ou gris.
17:24– Je suis attaché à nos paysages, je suis attaché.
17:26Moi, ce que je veux, c'est garder ce qui marche,
17:29ce à quoi les Français tiennent,
17:31et je veux changer ce qui ne marche pas.
17:33– Alors, ce qui ne marche pas, on a une liste.
17:34– Ça ne fait pas de moi un horrible conservateur.
17:36Il y a plein de choses qui ne marchent pas en France.
17:38Il faut changer, mais il faut conserver aussi des belles et des bonnes choses.
17:41On a une culture, on a une civilisation.
17:44Je lisais la dernière enquête de Fondapol,
17:47et il y avait quelque chose de très intéressant.
17:50Il questionnait sur le fait de savoir si les Français étaient attachés
17:54à la façon de vivre, à la française, etc.
17:56Mais à plus de 80 %, ce qui était intéressant,
17:59chez les plus jeunes, à 80 %, ils sont attachés à nos traditions,
18:04à cette façon de vivre, à l'art de vivre, à la française.
18:07Dans cette élection, il y aura une dimension culturelle.
18:10– Parlons-en, tout de suite.
18:12Parce que cette dimension culturelle…
18:13– Questionnez-moi, questionnez-moi.
18:15– C'est un peu mon rôle.
18:16Est-ce que vous estimez que cette dimension culturelle,
18:18est-ce que vous estimez que c'est une question émise en danger par le nombre ?
18:22Et là, je parle d'immigration.
18:24Édouard Philippe, l'un de vos concurrents au niveau du Bloc central,
18:27se présente comme le candidat de la fermeté migratoire, à Mayotte.
18:31Et, alors, vous connaissez les chiffres, M. Rotaillot,
18:33puisque lui, il affirme que, sous son autorité,
18:36le taux d'exécution des OQTF a augmenté,
18:39qu'il est le candidat de la maîtrise migratoire.
18:42– Il ne peut pas dire ça.
18:44Il a fait voter un texte sur le regroupement familial
18:46qui élargissait aux fratries le regroupement familial.
18:49Et par ailleurs, dans les propositions qu'il fait,
18:52il doit savoir parfaitement, et les conseillers d'État,
18:54qu'on n'y parviendra que si on change la Constitution.
18:57– Et je réviserai la Constitution,
19:00parce qu'aujourd'hui, je veux que le peuple, désormais, choisisse.
19:03Et je veux que l'État puisse agir.
19:05L'État ne parvient plus à agir.
19:06C'est ce qui crée le grand malaise démocratique.
19:08Parce que les gens élisent, parfois des gouvernements,
19:11où ils sont nommés, mais ils lisent des présidents de droite,
19:13de gauche ou du centre, et rien ne bouge.
19:15Parce qu'ils sont ligotés.
19:17– J'entends ça, ça, personne ne l'a pas compris.
19:19– Je veux renverser la table.
19:20– Oui, mais que ne l'avez-vous renversé depuis la place Beauvau ?
19:24– Attendez, attendez, pardon.
19:25S'il y a un règlement retour aujourd'hui,
19:27qui change tout en Europe, voyez,
19:29parce qu'avant la circulaire retour,
19:31vous preniez un étranger en situation irrégulière,
19:35c'était le départ volontaire.
19:37Tu parles, il se noyait dans la nature.
19:39Aujourd'hui, ce sera l'éloignement forcé.
19:42C'est Bibi qui l'a initié avec les autres conseils,
19:46avec les autres ministres de l'Intérieur.
19:48Ensuite, on a été le premier pays à l'époque,
19:50pendant que j'étais à Beauvau,
19:51le premier pays pour les éloignements.
19:54Voilà, on a considérablement augmenté les éloignements.
19:57La loi narcotrafique, on a diminué les naturalisations,
20:01parce que j'en suis revenu à ce que dit le Code civil,
20:04l'assimilation.
20:05Nul ne peut être naturalisé que s'il ne démontre
20:09son assimilation à la communauté française.
20:12– Immigration, sujet économique évidemment,
20:14la dette qui a surgi, ressurgi toujours,
20:17avec en partie la proposition d'annuler partie de la dette.
20:21Et il faut reconnaître que la France Insoumise a imprimé,
20:24en tout cas, ce début de campagne par une telle proposition.
20:28Alors, qu'est-ce qui vous fait sourire ?
20:31– Ce n'est pas dur d'imprimer en disant n'importe quoi.
20:33Si vous croyez qu'un jour, les Français le savent bien,
20:37si vous pensez qu'il suffit de dire que M. Mélenchon grimpe sur une estrade vocifère
20:43et dise je vais annuler 20% de la dette pour que 20% de la dette soit annulée,
20:47qu'est-ce qui se passera ?
20:49C'est les Français le plus modeste.
20:50Il se passera ce qui s'est passé en Grèce.
20:52Il y aura un défaut de paiement,
20:54il y aura tous ceux et celles qui nous prêtent de l'argent
20:56et malheureusement, il y a une majorité de mains étrangères.
21:00Ce sont les marchés financiers étrangers
21:02qui nous prêtent la majorité de l'argent pour notre dette.
21:05Qu'est-ce que vous croyez qu'ils feront ?
21:06Ils exigeront plus de 4% lorsqu'on fera des emprunts.
21:10– Ce sera 10 et au-delà.
21:11– Et là, qu'est-ce qui se passera ?
21:13Ce sera comme en Grèce.
21:14Ce sera les petits retraités, ils ont perdu 25 à 30%,
21:17le pouvoir d'achat 30%, le chômage a explosé.
21:21Ça a été terrible la Grèce.
21:22C'est ce à quoi ceux qui révèrent le Venezuela,
21:26ils ont mis, ce Chavez, ses successeurs ont mis le Venezuela en faillite.
21:31Ils ont appauvri un pays qui était riche de richesses,
21:34notamment de carburant, enfin de fossiles, d'énergie fossile.
21:37– Mélenchon, ce serait l'appauvrissement de la France, bien.
21:40– Oui, ce serait la faillite même.
21:41– M. Retailleau, reconnaissons quand même qu'avec beaucoup de vos amis,
21:44vous êtes aux responsabilités quand même depuis…
21:46– Moi j'ai, attendez…
21:47– Pardonnez-moi, mais vous avez accompagné des budgets, nous sommes d'accord.
21:51– J'ai fait voter, voyez, des budgets récemment, y compris au Sénat,
21:55où on exigeait des milliards d'économies et qu'on votait,
21:58et le gouvernement d'Élouard Macron balayait ça d'un revers de vie.
22:01– Un gouvernement dans lequel, malgré tout, vous êtes rentré.
22:03Est-ce qu'on peut quand même…
22:04– Pour les raisons que je vous ai données,
22:07d'empêcher M. Mélenchon d'accéder au pouvoir.
22:10– Bien, mais est-ce que malgré tout, quand on a accompagné les budgets,
22:14qui sont quand même la colonne vertébrale économique et politique,
22:17est-ce qu'on est aussi responsable de ce bilan ?
22:19– Ah mais moi je n'ai pas voté n'importe quel budget.
22:21Le dernier budget, comme sénateur, je ne l'ai pas voté, évidemment.
22:25Et ça, je récuse cette approche-là.
22:26– Je parle de l'Assemblée nationale.
22:27– Et ce n'est pas moi qui ai fait plus de 1 200 milliards de dettes
22:31d'Emmanuel Macron et de ses différents ministres,
22:34ce n'est pas nous qui l'avons fait,
22:35c'est le bilan d'Emmanuel Macron.
22:38Voilà, et simplement ce que je veux dire,
22:41la proposition que moi je veux faire,
22:42c'est que si on veut relancer le pays,
22:45le pays va mal.
22:46Les Français, la France est endettée,
22:48et les Français sont apeuvrés.
22:50Il ne faut surtout pas penser qu'il peut y avoir un grand malheur public,
22:53que la France aille mal,
22:54et que les Français aillent bien.
22:56Quelques riches, oui, mais pas la masse, c'est faux.
22:59Moi, je pense que si on veut renverser la table,
23:02il faut que le travail paye plus.
23:03J'ai une proposition pour faire en sorte
23:05qu'on puisse donner quasiment deux mois supplémentaires dans l'année
23:10en supprimant des charges,
23:11pour les salariés, mais aussi pour les entreprises.
23:14Je pense qu'il faut taper l'assistanat.
23:16Je pense qu'on a un régime, un modèle social
23:18qui n'est plus un modèle.
23:19– Taper l'assistanat.
23:20– Je pense qu'on a trop de dérive, vous voyez.
23:22Quand quelqu'un qui se lève tôt,
23:25va gagner un SMIC, tout juste,
23:27mais va devoir remplir son plein d'essence,
23:30quand il va devoir faire, par exemple,
23:32payer une crèche ou quelqu'un pour garder les enfants,
23:35et qu'à côté, il y a quelqu'un qui gagne
23:38autant que lui, ou presque autant que lui,
23:40sans rien faire, ça le révolte.
23:42C'est révoltant.
23:43– Là encore, ce n'est pas la France des assistés
23:44par rapport à la France qui travaille,
23:46également, que vous mettez l'une contre l'autre ?
23:48Il n'y a pas ce risque-là ?
23:49– Non, je veux une justice.
23:50Je veux que notre modèle social soit juste.
23:53Voilà.
23:53Et je veux que ceux qui travaillent, qui cotisent,
23:56en aient vraiment pour leur argent.
23:57Et aujourd'hui, le travail, il est dévalorisé.
23:59– Ce sera l'un des axes de votre campagne.
24:00– Exactement.
24:01– Je reviens à des questions politiques,
24:04mais ça, vous ne le ferez que si vous vous maintenez.
24:06Malgré tout, j'insiste, monsieur Rottwey,
24:07puisque demain, après-demain, dans un mois,
24:09dans quelques semaines,
24:11eh bien, d'autres sondages vont arriver.
24:13Je ne peux pas prédire.
24:15– C'est une...
24:15– Ah, si, vous pouvez prédire que d'autres sondages vont arriver.
24:18– Mais je peux prédire la réaction de vos amis,
24:19en tous les cas,
24:20puisque parfois, certains sont prévisibles
24:21et vont vous appeler à vous désister.
24:24Une partie de vos électeurs de droite
24:26estime que ce serait, il est vrai, une trahison.
24:28Peut-être qu'une autre se dit
24:29si c'est la seule façon d'avoir un candidat de droite
24:32et du centre, alors allons-y.
24:34Malgré tout, une partie de la droite est échaudée.
24:36Est-ce que, vous répétez ce soir,
24:38jamais il n'y aura d'alliance,
24:40aujourd'hui comme demain, et même si...
24:42– Je ne sais pas comment vous le dire,
24:43parce que j'ai déjà...
24:44C'est la seconde fois en quelques minutes,
24:46Sonia Mabrouk, que vous me posez la même question.
24:47– Il arrive que le politique varie,
24:49donc je pose la question.
24:49– Ce que je veux simplement dire,
24:51peut-être en me réexpliquant,
24:52pour être plus clair,
24:53quelle est la légitimité de ma candidature.
24:55– Mais la pression va être très grande.
24:56– Encore une fois, le choc,
24:57Marine Le Pen,
24:59elle entraînera la France à sa perte.
25:01Je pense que...
25:02Elle est socialiste.
25:03Le projet est socialiste.
25:04Et je dis aux électeurs de droite...
25:06– Votre ancien ami Éric Ciotti
25:08n'est pas socialiste.
25:09– Oui, mais voyez bien qu'à chaque fois
25:11qu'il donne une interview,
25:12il dit « Ah non, j'espère que le programme économique
25:14du RN va changer, va évoluer », il dit.
25:16Ce qui veut bien dire que
25:17il y a quelque chose qui ne marche pas.
25:19– Oui, il l'a toujours dit d'ailleurs
25:19de manière assez claire.
25:20– Oui, sauf que ça y est, on le sait,
25:21sur la retraite, 60-62 ans,
25:25ça ne marche pas.
25:26Or, la retraite, c'est la première dépense.
25:28Voilà, c'est un quart des dépenses publiques.
25:30Moi, je veux que les gens gardent une bonne retraite.
25:33– Et vous serez candidat pour qu'il en coûte,
25:35si je peux dire.
25:36– Mais ce que je veux dire,
25:37c'est que vous avez d'un côté des ailes radicales
25:40et vous avez de l'autre côté un centre macroniste.
25:42Je ne crois pas que les gens
25:44veulent la saison 3 du macronisme.
25:46Je pense qu'ils veulent justement
25:47une alternance, une rupture profonde.
25:50Ils ne pourront pas l'apporter.
25:51– Monsieur Retailleau.
25:51– Quand bien même le voudraient-ils,
25:53ils ne le pourront pas.
25:54Ils seront ramenés au bilan.
25:55– Moi, je me pose toujours la question,
25:57même si vous avez apporté des arguments
25:59à votre participation au gouvernement,
26:01incarnez la rupture aujourd'hui
26:03avec le parcours que vous avez.
26:05Et d'autres, c'est quand même
26:07représenter la rupture dans un paysage
26:09alors que vous avez malgré tout gouverné,
26:11vous avez été aux affaires,
26:13comme on dit,
26:13que ce soit d'ailleurs au Sénat
26:15ou au gouvernement,
26:16c'est osé, pour le moins.
26:18– Écoutez, il vaut mieux aujourd'hui,
26:19on a vu avec Emmanuel Macron,
26:21et on peut le voir dans la vie,
26:23que quand ça va mal pour un pays,
26:25il vaut mieux quelqu'un
26:25qui ait de l'expérience.
26:26Et encore une fois,
26:28désolé, vous ne vouliez pas quand même
26:29que je me batte avec le président
26:31de la République,
26:31qu'on en vienne aux mains.
26:32– Jamais, il n'y a pas été question.
26:34– J'étais le ministre de l'Intérieur
26:35qui s'est le plus opposé
26:36à un président de la République,
26:38y compris en prenant la parole
26:40dans le Conseil des ministres.
26:41Voilà, sur tous les sujets
26:43qui me concernaient,
26:44qui concernaient la politique.
26:45Et j'ai quitté le gouvernement
26:47alors que j'adorais
26:48les fonctions de ministre de l'Intérieur.
26:50Quand j'ai vu qu'il y aurait
26:51une trahison,
26:52notamment parce que le Premier ministre
26:54discutait avec M. Olivier Faure
26:55et qu'on a abandonné
26:57la réforme des retraites.
26:59Ce qui est pour moi une faute
27:00contre la France.
27:01– Donc vous êtes concentré
27:02sur la présidentielle.
27:03Pas d'autres candidatures.
27:04Je l'évoque, vous avez parlé du Sénat.
27:06Vous l'imaginez toujours peut-être
27:07un retour au Sénat ?
27:08– À la présidence au Sénat ?
27:09Non, non, non.
27:11Je fais une déclaration ce soir.
27:12C'est peut-être un scoop.
27:15C'est que Gérard Larcher
27:15sera à nouveau candidat au Sénat.
27:17– Oui, ça ne m'a pas échappé.
27:19Gérard Larcher, d'ailleurs,
27:19qui fait partie peut-être de ceux
27:20qui vous disent ou vous soufflent
27:22à l'oreille, Bruno,
27:24soit raisonnable.
27:25– Écoutez, il se trouve que non, non.
27:28– C'est l'inverse.
27:29Mais c'est intéressant.
27:29– Non, non, je l'ai changé
27:30tout à l'heure avec lui.
27:31Il n'est pas du tout, du tout
27:32dans cet état d'esprit.
27:33Pas du tout, du tout.
27:34– Donc il ne considère pas
27:36qu'il y a un risque d'un duel
27:37Jean-Luc Mélenchon-Marine Le Pen.
27:38C'est intéressant.
27:39– Je comprends, vous êtes observatrice
27:42et ici à Paris, BFM, très bien.
27:47Mais ce qui compte dans la vie
27:48et dans une élection,
27:49ce n'est pas quelques chapeaux à plumes,
27:52c'est les électeurs.
27:52– Mais ça, vous le dites.
27:53– C'est les électeurs.
27:54– Vous le leur dites.
27:55– Exactement.
27:56– Bien, à bon entendeur,
27:58si je puis dire.
27:58– Oui, oui, bien sûr.
27:59– Il y a quand même,
27:59et je voudrais finir par ce mot,
28:01je pense qu'il va provoquer
28:02des crispations collabo
28:04pour la France insoumise.
28:06Mais vous assumez,
28:06vous vous présentez
28:07comme le candidat anti-Jean-Luc Mélenchon
28:09et la France insoumise.
28:10Mais là, vous tracez une ligne
28:11entre ce que vous pensez être
28:13les patriotes, les résistants
28:14et donc les collabo quand même.
28:16– Je pense que quand on en vient
28:18à faire les propositions
28:19de Mme Rima Hassan
28:21et les propositions du groupe
28:22des insoumis à l'Assemblée nationale,
28:25franchement, il y a une forme
28:26de collaboration avec les islamistes.
28:28Et les islamistes sont nos ennemis.
28:30S'il y a un totalitarisme islamiste
28:32que j'ai toujours combattu,
28:33c'est la raison pour laquelle
28:35je m'étais aussi engagé
28:36contre le frérisme,
28:38les frères musulmans.
28:38Et je pense qu'on parlait tout à l'heure
28:40de bataille culturelle.
28:41Ça en fait partie.
28:42– Et moi, je pense ce soir,
28:43comme vous, M. Retailleau,
28:45à la mémoire évidemment
28:46de ces centaines de citoyens
28:48qui ont perdu la vie
28:50dans notre pays,
28:51justement, à cause
28:52de ce terrorisme islamiste,
28:54quelles que soient leurs origines,
28:55quelles que soient leurs convictions.
28:58Et dire cela,
28:59c'est lourd de responsabilité.
29:01Vous êtes ministre de l'Intérieur,
29:02vous êtes candidat à la présidentielle,
29:04mais votre cible est clairement identifiée.
29:06– Le narcotrafic fait encore plus de morts.
29:08Vous savez que les Insoumis
29:10ont voté contre le texte
29:12et quasiment toutes les dispositions
29:14du texte que je soutenais,
29:16que j'avais initié au Sénat,
29:18contre les narcotrafiques.
29:19Alors que c'est le pire du capitalisme,
29:21si j'ose dire,
29:22parce que c'est un capitalisme
29:24avec du sang,
29:25du sang de jeunes,
29:26de 14, de 15 ans,
29:28sur les mains.
29:29Eh bien, les armes que je voulais donner
29:31aux forces de sécurité intérieures,
29:34ils n'en voulaient pas.
29:36– Merci Bruno Rotaillot.
29:38– Merci à vous.
29:38– Candidat, donc quoi qu'il arrive.
29:41Et demain,
29:42puisque vous avez ciblé la France Insoumise,
29:44notre invité, notamment Éric Coquerel,
29:45vous répondra.
29:46Mais là, vous avez largement répondu
29:48déjà à la pression mise
29:49par certains du bloc central.
29:51Je vous remercie
29:52de nous avoir accordé cet entretien
29:53– Merci à vous.
29:53– Pour cette rentrée médiatique.