00:11Pascal Debonlon, bonjour et bienvenue au festival de Saint-Jean-de-Buse.
00:15Où vous venez pour la première fois, pour la deuxième, la troisième ou la dixième fois ?
00:19Alors, la deuxième. Alors j'ai eu le bonheur de partager un jury avec Andréa Dussolier et d'autres camarades
00:25et j'en ai gardé un magnifique souvenir.
00:29Donc vous êtes heureux d'être là, de nouveau ?
00:31De nouveau, oui, oui, ravi.
00:33Et en plus, assez décontracté puisque votre film, le rire de ma mère dans lequel vous jouez, est hors compétition.
00:39Alors c'est royal.
00:41Oui, c'est vrai que c'est royal.
00:42Et puis surtout, le vrai bonheur, c'est de savoir qu'il va rencontrer à nouveau un public.
00:49Et quel public ? Moi j'ai des bons souvenirs du public de Saint-Jean-de-Luz.
00:54Et donc, il n'y a pas de meilleure récompense pour un film.
00:57Et surtout celui-là, je suppose qu'on va avoir l'occasion d'en parler en quelques minutes.
01:02Voilà, c'est un coup de cœur.
01:04Alors voilà, je ne sais pas si j'ai le droit de le dire, en étant partie prenante.
01:07Mais j'ai beaucoup de tendresse pour le film et ses réalisateurs.
01:11Alors, dites-moi pourquoi vous avez de la tendresse pour ce film ?
01:14Parce qu'il a, à mon sens, d'abord, il y a quelque chose qui est assez rare.
01:19Alors ça, croyez-moi ou pas, mais quand on travaille sur un film, il est toujours très difficile pour nous,
01:27les acteurs, actrices, de le voir et d'être objectifs.
01:31C'est-à-dire d'avoir le plaisir du spectateur.
01:32Et celui-là m'a donné le plaisir du spectateur.
01:35C'est-à-dire que je me suis retrouvé dans une salle à découvrir le film pour la première fois
01:39et avoir pris plein pot toute l'émotion, la finesse et l'intelligence du film.
01:45C'est-à-dire que j'ai totalement oublié que j'étais dedans.
01:47Et je vous assure, je ne suis pas schizophronique.
01:49Vraiment, je suis toujours en prise avec le réel.
01:52Mais voilà, j'ai retrouvé dans le film la manière dont il a été pensé, écrit et réalisé par ces
02:00deux réalisateurs, Pascal Radit et Colomb Savignac.
02:03C'est un film qui s'intitule Le rire de ma mère.
02:05Absolument.
02:06Et dans lequel le spectateur est sans cesse balancé entre le rire et les larmes.
02:10Vous pouvez nous en dire un tout petit mot du synopsis ?
02:13Alors, oui, un petit parce que je ne veux pas révéler...
02:16Non, un tout petit.
02:17Oui, un tout petit.
02:17Oui, ce qui est aussi très fort dans ce film, c'est que le monde des adultes passe au travers
02:25du prisme d'un regard d'enfant de 11 ans.
02:28Et je trouve que ce regard-là met en abîme et en perspective des choses qui, de prime abord, pourraient
02:37faire peur dans le sujet,
02:38mais qui deviennent vivantes, qui deviennent aussi, je dirais, pleines d'énergie.
02:45Alors, moi, je vous dirais presque que, voilà, il y a une phrase, enfin, une chose que j'ai eu
02:50envie de faire en sortant du film pour la première fois,
02:52c'est que j'ai eu envie d'appeler ma mère.
02:54J'ai eu envie de l'appeler pour rire autant avec elle que de lui dire des choses que j
03:00'aurais pu oublier de lui dire.
03:01C'est un film qui insuffle une énergie de vie, qui passe par les chemins parfois difficiles de la vie,
03:10mais sans...
03:13Sans plomber.
03:14Sans plomber, voilà. C'est-à-dire qu'ils ont réussi, à travers le sujet, à nous faire ressortir...
03:19Qui est le portrait d'une mère malade, il faut quand même le dire.
03:22Alors, on peut le dire, et c'est pas grave.
03:25Ça passe aussi à travers la difficulté d'un père que j'incarne, qui a du mal à trouver les
03:33mots dans certaines circonstances,
03:34qui est parfois un peu rigide et qui voudrait, dans cette circonstance un peu particulière,
03:42trouver les mots pour aider son fils au passage, voilà, de l'épreuve, et de lui-même gérer aussi cette
03:49épreuve.
03:51Il y a... Non, non, c'est... Il y a vraiment ce que j'aime, une pudeur et en même
03:57temps une puissance
03:59dans à la fois l'histoire et dans les émotions de ce film.
04:02Vous trouvez pas qu'il y a quelque chose de sauté dans ce film ?
04:05J'aurais pas osé le dire tout seul.
04:07Les choses de la vie, voilà.
04:08Vous savez, c'est toujours très compliqué.
04:10Encore une fois, quand on est partie prenante, de dire vraiment...
04:14Avoir la liberté de dire très sincèrement ce qu'on ressent d'un film,
04:18on a le droit de le faire quand on va voir un film dans lequel on n'est pas forcément
04:21impliqué.
04:23Donc oui, moi j'ai aimé le cinéma de sauté, je ne suis pas le seul à mon avis,
04:27et je pense qu'il y a effectivement pour moi une résonance des couleurs des films de sauté.
04:36Et en même temps avec une... C'est difficile à décrire,
04:41c'est-à-dire que c'est un film qui est spectaculaire, pas dans la forme mais dans le fond.
04:45Et pourtant la forme est d'une grâce infinie.
04:49C'est le mot de la fin. Merci Pascal de Mollon.
04:52Alors on pourrait dire ça, mais le vrai, le vrai, la vraie richesse d'un film,
04:57elle viendra tout le temps du regard du spectateur qui se l'accaparera ou pas.
05:03Et je souhaite de tout mon cœur que le public s'accapare ce film parce qu'il est à lui.
05:07Merci Pascal de Mollon. Alors là, merci beaucoup.
05:11Merci à vous.
05:11Merci à vous.
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