00:00Alors que les opérations de libération des emprises et de réaménagement urbain se multiplient à Libreville,
00:06Jean-Valentin Léyama pose une question de fond.
00:09Jusqu'où l'État peut-il faire supporter aux populations les conséquences d'un désordre urbanistique
00:13qu'il aurait lui-même laissé prospérer pendant plusieurs décennies ?
00:17Dans une prise de position publiée ce 25 août 2026 depuis Mwanda,
00:21l'ancien député interpelle la puissance publique sur sa responsabilité historique et politique
00:26envers les populations, aujourd'hui menacées de déplacement.
00:30Où, quand commence et finit la responsabilité d'un État ?
00:34La question posée par Jean-Valentin Léyama dépasse la seule actualité des dégarpissements.
00:39Elle renvoie à plusieurs décennies d'urbanisation de Libreville,
00:42marquée par une extension souvent peu maîtrisée de la ville.
00:45L'occupation de nombreux espaces est, selon lui, une forme de tolérance durable des pouvoirs publics.
00:50L'ancien député convoque ainsi successivement les périodes de Léamba, Omar Bongo Andimba et Ali Bongo Andimba
00:57pour défendre une idée. L'État d'aujourd'hui ne peut totalement se désolidariser des pratiques administratives de l'État
01:04d'hier.
01:05Cet État découvre soudainement son erreur. C'est précisément là que se situe le cœur de son argumentation.
01:11Jean-Valentin Léyama estime paradoxal qu'une puissance publique ayant laissé les populations s'installer
01:16pendant plusieurs décennies puisse aujourd'hui invoquer exclusivement l'irrégularité de certaines occupations
01:22pour reprendre possession des espaces concernés.
01:26Cet État avait donc laissé et encouragé les populations à s'installer illégalement par centaines de milliers
01:31dans des zones entières de Libreville, leur a délivré des titres d'occupation.
01:36Et ce même État, sous briscoteur Oli Guinguema, découvre soudainement son erreur sans assumer sa responsabilité
01:42dans ceux des ordres urbains entretenus.
01:45S'interroge-t-il.
01:46Son propos lève ainsi une distinction essentielle.
01:49La nécessité de remettre de l'ordre dans l'urbanisation de Libreville
01:52n'efface pas automatiquement la question de la responsabilité administrative
01:56dans la constitution même de la situation que l'État cherche aujourd'hui à corriger.
02:01La problématique est d'autant plus sensible que la modernisation de Libreville
02:05nécessite effectivement de nouvelles voiries.
02:07La libération d'emprise et la réorganisation de certains quartiers.
02:11Mais lorsque des familles occupent des espaces depuis plusieurs décennies,
02:14parfois sur la base de documents délivrés par l'administration,
02:17la question de l'indemnisation, du relogement et de la sécurité juridique devient centrale.
02:23Les Yamas convainquent alors Machiavel.
02:25Les hommes oublient plus facilement la mort de leur père que la perte de leur patrimoine.
02:30Une citation utilisée pour rappeler la dimension profondément sociale, économique et affective
02:35que représente la perte d'une habitation ou d'un terrain.
02:39La critique se transforme en fait un avertissement politique.
02:41Jean-Valentin Leyama invite les personnes qui s'estimeraient lésées à conserver la mémoire de ses décisions
02:47jusqu'à l'échéance présidentielle de 2032 en rappelant la promesse de restauration de la dignité portée par les nouvelles
02:53autorités.
02:55Au fond, sa sortie ne conteste pas seulement les opérations actuelles.
02:58Elle pose une question plus embarrassante pour la puissance publique.
03:01L'État peut-il corriger aujourd'hui au nom de l'ordre urbain ce qu'il a toléré, administré ou
03:07parfois formalisé hier
03:08sans assumer une part du coût humain et financé de cette correction ?
03:13C'est précisément sur la réponse apportée à cette question que pourrait se mesurer le caractère social de la transformation
03:19actuellement engagée à Libreville.
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