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  • il y a 1 jour
Il était un monument de la radio et de la télévision françaises, créateur des "Grosses Têtes" sur RTL en 1977 et découvreur de toute une génération d'humoristes avec "Le Petit Théâtre de Bouvard" dans les années 1980. Philippe Bouvard est mort lundi à l'âge de 96 ans.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 24 août 2026.

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Transcription
00:07C'est un bébé Bouvard, une immense artiste complète, passée par le théâtre de Bouvard,
00:13qui a révélé de nombreux talents comme les inconnus Mimi Maty, M. Bernier, Annie Grégorio
00:17ou les chevaliers à Las Palais. Je suis très heureuse d'accueillir Muriel Robin.
00:22Bonsoir Muriel.
00:23Bonsoir Anne-Sophie.
00:24Alors on a appris l'amour de Philippe Bouvard ce matin.
00:27Est-ce que vous étiez toujours en contact avec lui ?
00:32Oui, parce que je suis fidèle, je n'oublie pas ce que les gens m'apportent ou m'ont apporté.
00:40Et Philippe Bouvard, j'ai appris à écrire pour lui.
00:45La première fois que j'ai écrit, je ne savais même pas que je savais faire.
00:48Mais on a essayé avec deux amis, dont Annie Grégorio et une autre amie, Catherine Dupont.
00:53Et je me vois toutes les droits assises par terre.
00:56Et en écrivant, en écrire un truc, on lui a présenté.
01:00Et qu'il a acheté, parce que quand il entendait le sketch, il disait « j'achète ».
01:05Bon, ben, il achetait.
01:07Et donc j'ai appris à écrire.
01:09Et ce n'est pas rien.
01:10Donc ça, je ne peux pas oublier.
01:11Et puis, je n'oublierai jamais aussi que quand on est parti à un moment en tournée en province,
01:17on allait faire les sketchs sur scène.
01:20Et Philippe était avec nous, nous présentait un parrain.
01:22Moi, j'étais assez nouvelle.
01:24Il me gardait pour la fin.
01:25Et il me présentait en disant « Muriel Robin, qui est la plus drôle de l'émission,
01:29donc la plus drôle de la télé, donc la plus drôle de France ».
01:33J'avais réussi à enregistrer ça, pour le faire entendre à mes parents,
01:37pour leur dire « vous voyez quand même qu'il y a des gens qui pensent du bien de moi
01:39».
01:41Et surtout, non, mais plus sérieusement, ça donne confiance quand même.
01:44Et puis on se dit « tiens, je ne me suis pas trompée ».
01:46Parce que pour moi, Philippe Bouvard, c'était très associé à Thierry Leluron.
01:51Ils n'avaient pas démarré ensemble.
01:53En fait, il avait un peu lancé, ça s'était passé là.
01:55Donc la reconnaissance de Philippe Bouvard comptait dans mon panier.
01:59Donc l'écriture plus la reconnaissance, je ne peux pas oublier.
02:03Donc je suis restée en comptage.
02:04Je l'appelais pour tous ses anniversaires.
02:06Et parfois, comme ça, par surprise, pour prendre de ses nouvelles.
02:09À chaque fois, je remercie et on était très heureux.
02:11Et puis aussi, ce n'est pas quelqu'un du tout démonstratif,
02:16ni dans les gestes, ni dans les mots, un peu dans les actes.
02:19En fait, à sa façon, quand il aimait votre talent, il ne vous lâchait pas.
02:24Et puis en vieillissant, il a appris quand même un peu à…
02:27Voilà, donc j'ai pu lui dire régulièrement merci.
02:30J'y tenais, c'était important.
02:32Et il a pu me dire qu'il était fier et que j'étais un peu sa plus belle récompense.
02:37Et je lui ai répondu « vous devez dire ça à chaque artiste
02:41qui est passé par le petit théâtre, je ne vous en veux pas. »
02:45Vous avez bien raison.
02:46Et voilà, quoi.
02:48Vous l'aviez vu dans les derniers mois ?
02:50Oui, j'ai vu il y a deux mois, je pense.
02:52Je suis allée l'embrasser à Cannes.
02:55Parce que j'étais heureuse de le voir.
02:58Ça faisait plus de moments que je ne l'avais pas vu.
03:00Donc, j'ai bien fait.
03:02J'ai bien fait, puisque…
03:03Oui.
03:04Vous avez commencé au Théâtre de Houvers en 83, je crois.
03:08Vous vous souvenez de cette première fois, de votre casting, de votre première rencontre ?
03:13Oui.
03:14Je me souviens qu'on ne savait pas trop comment ça marchait avec nos amis.
03:18On arrivait d'une compagnie de théâtre.
03:20On avait joué tout l'été en plein air.
03:22Donc, on parlait très très fort.
03:24D'ailleurs, quand on a fini, il a dit une chèque.
03:26Mais il a dit « pourquoi vous parlez si fort ? »
03:28C'était vrai.
03:29On hurlait pour être entendus.
03:31Parce qu'on jouait à la campagne dehors avec des gens qui étaient dans le pré.
03:34Évidemment, ce n'était pas tout à fait pareil.
03:36Et je me souviens qu'on s'est perdus dans les coulisses.
03:40Vraiment, on sentait bien que ça allait être à nous.
03:43Et on était perdus dans les coulisses.
03:44On ne savait pas par où passer.
03:46Cet endroit d'Ithiou Gabriel qui est devenu un peu une de mes maisons
03:50que j'ai appris à connaître par cœur.
03:53Et il y avait beaucoup de peur, de traque.
03:55Et puis aussi, je pense surtout à mes deux amis et moi.
04:00Ce côté…
04:01On m'avait dit que c'était dur d'entrer chez Bouvard.
04:03Donc ça, ça me plaît bien.
04:04Parce que si c'est facile, on s'ennuie.
04:06Donc j'avais dit, c'est dur.
04:08Je vais arriver.
04:08Moi, tu vas me prendre.
04:10Et donc, très, très, on y va.
04:13Et d'ailleurs, la première fois que je passe à la télé,
04:15je suis en sous-vêtements.
04:17Puisque je viens acheter des vêtements dans un magasin.
04:20Et les deux vendeuses me disent, on n'a plus rien.
04:22S'il nous reste assis, il nous reste des sacs poubes.
04:24Et elle m'habille avec des sacs poubelles.
04:26Donc finalement, c'était osé.
04:29Mais j'étais bien foutue à l'époque.
04:31Donc ça allait.
04:31Je veux dire que l'image est devenue célèbre.
04:33On se souvient de vous.
04:35En tout cas, moi, je m'en souviens.
04:36Vous le connaissez.
04:37Cette image a beaucoup circulé.
04:40C'était quoi le cahier des charges, en fait ?
04:42Qu'est-ce qu'il vous disait ?
04:44Il faisait rire.
04:45Il ne disait pas grand-chose.
04:46Il voulait rire.
04:46Si ça le faisait rire, il prenait.
04:48Et sinon, il ne prenait pas.
04:50Il avait raison ou pas, je ne sais pas.
04:51Mais c'était lui le maître à bord.
04:53Donc il décidait.
04:54Et quand même, il avait ce sens.
04:56Il n'y a pas de quand même, d'ailleurs.
04:58Il avait le sens de rire de monsieur tout le monde.
05:01Comment dire ?
05:02Il n'y avait pas...
05:03Ce n'était pas du tout intellectuel.
05:06En fait, c'était...
05:07Il riait de bon cœur, quoi.
05:09Il riait de bon cœur.
05:10On l'a vu, d'ailleurs, avec les grosses têtes.
05:13C'était un rire un petit peu plus...
05:15Parfois un peu sous la ceinture.
05:17Il est comme un enfant.
05:18Il rit parce qu'on vient de dire un gros mot.
05:20Et ce sont les mêmes étonnants.
05:22Il rit comme un enfant.
05:24Voilà.
05:24Il avait le rire de monsieur et madame tout le monde.
05:27Donc la preuve, c'est que ça a marché.
05:29S'il faisait rire, il faisait rire les gens.
05:31Et les débriefings ?
05:33Il fallait être...
05:34Mais pas de débriefing.
05:35Ah oui ?
05:35En fait, très peu.
05:37Parce qu'où il prenait, où il jetait.
05:40Donc il disait non.
05:41Voilà, non.
05:42On n'avait pas trop l'espace pour discuter et dire
05:45« Ouais, mais si je le retravaille, comme ça... »
05:47C'était...
05:48Allez, hop, c'était...
05:49C'était rapide, quoi.
05:51On faisait ça en bas des escaliers au studio Gabriel.
05:54Une sorte de grand couloir.
05:56Un petit espace comme ça que vous, vous voulez connaître, Anne-Sophie.
06:00Et on était là.
06:01Lui, sur une chaise.
06:03On passait.
06:04Rien pour s'asseoir.
06:05On était accroupis.
06:06On attendait notre touffe.
06:07C'était un truc à l'arrache, comme ça.
06:08Un peu pam, pam, pam, pam.
06:10Et puis, pof, il regardait sa montre.
06:11Pof, il montait dans sa 604.
06:13Avec le téléphone, le machin, tout.
06:15On a l'impression de travailler avec un Américain.
06:17Parce qu'il était très moderne.
06:19J'ai beaucoup de boulot.
06:20La presse et tout.
06:21Le téléphone dans la bagnole.
06:22Enfin, c'était...
06:23Donc il nous donnait un petit espace temps comme ça.
06:25Donc il fallait être efficace.
06:27Et sinon, hop, allez, dehors.
06:28Et super productif aussi.
06:30Parce que vous disiez qu'il vous a appris à écrire.
06:31Mais vous n'arrêtiez pas d'écrire des sketchs.
06:33C'était intense.
06:34Alors, on n'arrêtait pas.
06:35C'était intense.
06:36Ça dépendait.
06:37Ça dépendait.
06:37En fait, on choisissait.
06:40Je ne sais plus si c'était 1300 ou 1700 francs, le sketch.
06:44Donc, pour gagner sa vie, c'est facile.
06:46Donc il y en a certains qui aimaient bien essayer de multiplier par 3 ou 4, par enregistrement,
06:53qui avaient lieu toutes les semaines.
06:54Moi, la personne avec qui j'écrivais, Catherine Blanchard, qui est encore mon amie aujourd'hui.
06:59Nous, on se disait...
07:00Ouh là là, calme.
07:02Moi, je disais, en tout cas, je veux ce qu'on écrira.
07:04Qu'on puisse, dans 20 ans, quand on le relira, qu'on puisse encore jouer et se dire que ce
07:09n'est pas trop mal.
07:10Donc, on prenait un peu plus notre temps.
07:12Donc, on faisait...
07:12Moi, je faisais un ou maximum deux sketchs par semaine.
07:16Et plus souvent, c'était un.
07:17Mais 4 fois 1700 francs, c'était...
07:20Enfin, je me disais bien.
07:20J'ai acheté ma première voiture, quoi, quand même.
07:22C'était le calcul.
07:23C'était l'occasion, c'était bien.
07:25Est-ce qu'il y avait une famille d'humour bouvard, quelque chose de commun ?
07:30Ou est-ce que, plutôt, c'était les singularités de chacun, en fait, qui marchaient ?
07:34Non, je crois que c'était les singularités de chacun, vraiment.
07:37Parce que là, je repasse très vite, parce que c'est quand même loin, tout ça.
07:41Mais effectivement, et c'est ça aussi, quand on était adoubé, ça veut dire qu'il adoubait votre personnalité.
07:47Alors, bon, ben voilà, ça donnait quand même de la force, et qui n'était pas du tout...
07:52Mais chacun a une personnalité très différente.
07:55Il n'y avait pas de...
07:57D'ailleurs, on n'a jamais fait de choses chorales.
07:58On voyait avec qui on avait le plus d'atomes crochus.
08:01Et puis, hop, et effectivement, moi, c'était avec Catherine, qui était un peu plus âgée que les autres, d
08:06'ailleurs.
08:06Catherine Blanchard.
08:07Et puis, j'ai fait, par exemple, j'ai écrit qu'un sketch avec Michel Bernier, auquel on a beaucoup
08:11ri, d'ailleurs.
08:12On est à la fourrée, je m'en souviens très, très bien.
08:15J'ai beaucoup travaillé avec Didier Melureau, parce que ça m'a aussi permis, avec la raison qu'on avait
08:19gagnée,
08:19ça nous a permis de faire des affiches et d'écrire une pièce, et de la jouer après.
08:24Donc, pour moi, c'était...
08:26Oui, c'était une reconnaissance, de l'argent, la possibilité de faire autre chose grâce à lui, quoi.
08:35Justement, comment on sortait du Théâtre de Bouvard, avec plein de propositions ?
08:38C'était vraiment un énorme tremplin ?
08:41Non, non, non, non.
08:43C'était mieux de ne pas mettre Théâtre de Bouvard en haut de son...
08:45Ah oui ?
08:46Ce n'était pas chic, non.
08:48C'était cheap.
08:48C'est cheap.
08:49Surtout moi qui sortais du conservatoire, alors là, vous ne comprenez rien.
08:52Vous ne comprenez pas ce qui vous était arrivé ?
08:54Ah bah oui, parce que quand on sort du conservatoire, on ne va pas acheter Bouvard, quoi.
08:57C'était mes deux bouts, quoi, parce que j'avais eu Bouquet pendant trois ans.
09:04Votre mentor ?
09:05Et après, j'ai Bouvard, donc j'ai mes deux bouts qui n'avaient rien à voir l'un avec
09:10l'autre,
09:11mais en le regardant maintenant, je trouve ça rock, quoi.
09:14Ce n'est pas la peine d'aller faire les plus audaces.
09:15Quand j'avais fait le conservatoire, je n'allais pas aller jouer une pièce de Brecht.
09:19Je ne sais pas, ça s'est fait comme ça, en tout cas.
09:21Vous évoquiez Bouquet, qui a été votre grand professeur et votre mentor.
09:26Comment vous qualifieriez Philippe Bouvard ?
09:28C'était un parrain de télévision ?
09:31C'était quoi ? Un ami, tout simplement ?
09:32Oui, un parrain, un parrain.
09:34Non, un ami, non.
09:35Non, pas du tout.
09:37Michel Bouquet, oui, c'était un...
09:39Voilà, il m'a dit, je suis ton père de théâtre.
09:42Vraiment, il y avait quelque chose de très fort.
09:44Mais c'était, oui, un parrain qui mettait le pied à l'étrier, comme on dit, je crois.
09:49Moi, j'ai quand même découvert...
09:51J'ai écrit, quoi, la première fois.
09:52Et ce n'est pas rien, parce que par la suite, on voit bien que ça va me servir.
09:56C'est sûr.
09:57Un peu, un peu.
09:59Merci.
09:59Merci beaucoup, Muriel Robin, d'avoir accepté de nous livrer ce témoignage sur Philippe Bouvard.
10:05Avec plaisir.
10:05Et puis, on attend votre retour sur scène, maintenant.
10:07C'est imminent.
10:07Oui, oui, je suis...
10:09Oui, oui, je suis juste qu'il y ait écrit, donc c'est bon.
10:12Merci beaucoup.
10:13Merci infiniment.
10:14Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTL Soir.
10:17L'info qu'on a failli manquer de Florian Gazan.
10:19Cette info, c'est qu'hier, Gérard Lachet, a été intranulisé au sein de la confrérie de l'Oignon de
10:24Roscoff.
10:25Vous riez, mais les politiques adorent les confrérie.
10:27Le petit phénomène des maguesselles, c'est la tendance vestimentaire de la rentrée.
10:30Le bermuda, et oui, on s'adapte aussi à la chaleur.
10:33Et puis, un petit nouveau, dont beaucoup de fidèles d'RTL se souviennent.
10:36On va rejoindre notre bande, c'est Tanguy Pastureau.
10:39Il défait l'info dans RTL Soir.
10:41A tout de suite.
10:42Tous les jours, toute la journée.
10:44J'étais avec toi.
10:47Est-ce que tu t'en souviens ?
10:51C'est...
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