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  • il y a 23 heures
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances, était l’invité du Face-à-Face de ce lundi 24 août sur BFMTV et RMC. Il a notamment été interrogé sur la volonté de Jean-Luc Mélenchon d'annuler la dette, mais aussi sur le budget 2027 et les pistes d'économies envisagées par le gouvernement, le prix des carburants et les cyberattaques qui ont visé les services de l'État.

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Transcription
00:01Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Roland Lescure, merci d'être à mon micro ce matin.
00:07Vous êtes le ministre de l'économie et la rentrée, elle est politique, mais elle sera surtout économique.
00:113 536 milliards d'euros de dettes, un revenu par habitant sous la moyenne des autres pays européens,
00:18un budget menacé avant même d'avoir été discuté et 28 milliards d'euros au minimum à trouver.
00:25Vous allez d'ailleurs ce matin sans doute nous dire où et avec quelles économies.
00:28Mais j'ai une question toute simple, pourquoi vous brûlez pas la dette ?
00:31Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus.
00:33Ça paraît simple quand on dit Jean-Luc Mélenchon.
00:35Oui, exactement, vous faites référence au discours de Jean-Luc Mélenchon hier, ça fait des années qu'il le dit
00:39et qu'il le répète.
00:40Alors il le fait avec brio, mais il raconte n'importe quoi, absolument n'importe quoi.
00:44Bon, d'abord, je sais qu'il s'en moque, mais c'est illégal, non conforme aux trottés européens,
00:48c'est-à-dire que demander à la Banque de France indépendante, au fond, de racheter une partie de la
00:53dette, 20% de la dette de l'État français.
00:56Il dit cette phrase, Jean-Luc Mélenchon, il dit « il suffit d'y aller, de les prendre et de
01:00les foutre au feu ».
01:00Mais bien sûr, et vous faites un gigantesque bras d'honneur aux autres membres de la zone euro.
01:05De fait, vous sortez de l'euro, puisque vous dites « je ne respecte plus les règles de la maison
01:10commune ».
01:10Deux, c'est dangereux, parce que ça veut dire, in fine, qu'on va avoir des taux d'intérêt qui
01:16vont augmenter.
01:17Pour tout le monde ? Pour la France ? Pour les partenaires ?
01:20Qui disent « ah bah l'État français vient de dire, merde, à 20% de sa dette ».
01:25Ils vont dire quoi ? Moi je ne vous prête plus à 4, je vous prête à 4,5, je
01:28vous prête à 5.
01:29On est à 4 aujourd'hui, c'est quasiment du jamais vu.
01:31On est au-dessus de 4. Alors, ce n'est pas du jamais vu, mais ça fait longtemps qu'on
01:34n'avait pas vu ça.
01:344% à 10 ans, honnêtement, c'est un mauvais banquier.
01:36Ça fait plus de 20 ans qu'on n'avait pas vu.
01:37Et donc, je vois qu'il est, vous parlez de mauvais banquier, qu'il est conseillé par Mathieu Pigasse.
01:42Mathieu Pigasse, il a fait sa fortune en renégociant des dettes d'État faillie.
01:49Il a renégocié la dette de la Grèce.
01:50Aujourd'hui, il a renégocié la dette du Vénézulain.
01:53Ce n'est pas ce que je veux pour la France et les Français, moi.
01:55Mathieu Pigasse, effectivement, banquier et qui était aux universités d'été de la France Insoumise ce week-end
02:01et qui a eu cette expression « la dette publique peut être annulée, comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon,
02:06sans aucun impact économique ni financier ».
02:08Merci, Hugo Chavez.
02:10Non mais, vous vous rendez compte de ce qu'il dit ?
02:12C'est quelqu'un, je le répète, qui depuis 20 ans a fait sa fortune en renégociant des dettes d
02:18'État faillie.
02:18Il dit que le mur de la dette n'existe pas.
02:20Mais bien sûr, il n'existait pas en Libye, il n'existait pas en Syrie.
02:22Est-ce que vous êtes en train de faire des efforts, mais pour rien ?
02:25Est-ce que vous n'êtes pas en train de demander aux Français de les effets ?
02:26Est-ce que les infirmières grecques...
02:28D'un clin d'œil, d'un coup d'allumette, on pourrait la faire brûler cette dette ?
02:32Les infirmières grecques, ils ont vu, on parlait tout à l'heure peut-être, d'une moindre hausse des retraites
02:37l'année prochaine que prévu.
02:38Les retraités grecques, ils ont perdu plus de 10% de pouvoir d'achat.
02:42Les infirmières grecques, elles ont vu leur salaire baisser.
02:44C'est ça renégocier la dette.
02:46C'est ça dire « merde », je le répète, à des créanciers.
02:49Même si c'est la Banque Centrale, accessoirement indépendante,
02:53dont la mission principale, c'est de lutter contre l'inflation,
02:56c'est se moquer du monde.
02:58C'est prendre des Français pour des lanternes.
03:01C'est mettre en danger la signature de la France,
03:04en donnant l'impression, moi j'ai eu l'impression d'écouter Raymond De Vos,
03:08parce que je l'ai écouté hier,
03:09de raconter absolument n'importe quoi,
03:11de le faire, je le répète, avec un certain brio,
03:13et de donner l'impression qu'il y a une formule magique face à un défi majeur,
03:17vous l'avez dit, croissance difficile, taux d'intérêt en hausse,
03:21dette à faire réduire,
03:22qu'on pouvait le faire par un baguette magique.
03:24C'est le serpent-quin qui nous raconte n'importe quoi,
03:29mais il ne faut pas...
03:30Et qui nous illusionne avec ses yeux comme dans le livre de la jungle.
03:34Mais endormir les Français aujourd'hui sur ce sujet,
03:37c'est les préparer à un cauchemar.
03:39Mais bien sûr que c'est confortable,
03:40vous inquiétez pas, je m'occupe de tout,
03:42j'annule 20% et tout va bien se passer.
03:44La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon,
03:47s'il fait ce qu'il dit avec M. Pigasse à ma place,
03:50c'est la crise financière assurée.
03:52C'est ça qui se joue, vous le sentez ?
03:54Mais évidemment, évidemment, évidemment.
03:55Roland Lescure, concrètement,
03:58indépendamment de ce qu'en disent Jean-Luc Mélenchon ou Mathieu Pigasse,
04:00on emprunte quand même, nous, la France, aujourd'hui,
04:04plus cher que l'Espagne ou l'Italie.
04:06Qu'est-ce qui a pu se passer pour qu'on en soit là ?
04:09On se retrouve dans une situation financière difficile
04:11et on va y revenir, un budget difficile à boucler.
04:13Noter que vous aviez glissé entre deux phrases,
04:16on va parler des hausses de retraite qui vont monter moins que prévu.
04:22Ça fait partie des sujets qu'il faut qu'on discute.
04:24Mais avant ça, avant ça, la raison essentielle pour laquelle,
04:28aujourd'hui, on est au-dessus de l'Italie, l'Espagne, ça va mieux.
04:31L'Italie, ils ont des défis budgétaires, elle est similaire aux nôtres.
04:34C'est la situation politique.
04:36Quand le Premier ministre écrit au groupe parlementaire,
04:39en leur disant, franchement, la présidentielle, elle est importante,
04:42elle a lieu dans huit mois, en attendant, soyons responsables,
04:45votons ensemble un budget qui ne sera pas parfait
04:47et celui ou celle qui sera élu pourra le modifier.
04:50Et qu'on lui répond, Jean-Luc Mélenchon le premier,
04:52en disant non, on va vous censurer quoi qu'il arrive,
04:54j'espère que les autres seront plus responsables,
04:56ça crée de l'incertitude.
04:58Si les marchés aujourd'hui se disent, on a un État qui est très endetté
05:01et en plus, il n'y a un risque qui n'est pas de budget,
05:03je vous le confirme, on va payer plus cher notre dette.
05:05Alors, posons le décor, ok ?
05:07Vous avez encore un peu plus d'un mois pour rendre la copie du budget.
05:11Vous êtes en train de décider les recettes, les économies,
05:17et dans un moment où vous gardez l'objectif de passer sous les 5% de déficit ?
05:22Alors, je ne veux surtout pas donner l'impression que je...
05:24Parce qu'en fait, ça, ça donne l'horizon.
05:25Non, mais exactement.
05:26Il faut savoir...
05:27Alors, je ne veux pas donner l'impression que je botte en touche,
05:29mais le mois qui vient, il est important.
05:31Un, parce qu'on va avoir des informations sur l'année 2026,
05:34pour savoir où on atterrit en 2026,
05:36de manière à pouvoir mieux projeter la recette.
05:37Alors là, j'explique à tous ceux qui nous écoutent et qui nous regardent de quoi on parle.
05:40En 2025, on était à 5,1% de déficit.
05:43Vous espérez qu'en 2026, on soit à 5% ?
05:46Et c'est difficile.
05:47Ce n'est pas gagné.
05:47Ce n'est pas gagné.
05:48Je ne veux pas raconter de...
05:50On sera vraisemblablement au même niveau que 2025, voire pire ?
05:53On verra.
05:53Franchement, ça dépend...
05:54Il est possible que ce soit pire ?
05:55Non, mais on va tout faire pour être...
05:56C'est ce que j'ai dit, et je le répète,
05:58on va faire tout ce qu'on peut pour être le plus près possible de 5%.
06:02Mais on a, cette semaine, des chiffres importants de l'INSEE sur la croissance.
06:06On a des rentrées fiscales.
06:07Ça ne sent pas très bon du côté de la croissance ?
06:09On a révisé à la baisse à 0,7% juste avant l'été.
06:12Vous étiez à 0,9% au départ ?
06:13Voilà.
06:14J'espère qu'on y restera.
06:15Et vous espérez que ce ne sera pas en dessous de 0,7% ?
06:17Mais oui, parce qu'on a eu un été difficile,
06:19les canicules, les incendies,
06:21ça a un impact sur la production agricole,
06:22l'économie, c'est la réalité.
06:24Ce matin sur RMC, BFM TV, vous nous préparez ?
06:26Non, parce que vraiment, on a besoin de l'information
06:30qu'on va avoir dans les jours, les semaines qui viennent
06:34pour affiner notre copie.
06:35Fin septembre, début octobre, je vous le promets,
06:38je vous dirai tout,
06:39à la fois, nous, là où on compte atterrir en 2026,
06:43puisqu'on va faire pour s'assurer qu'en 2027,
06:46on rassure tout le monde et en premier lieu les Français
06:48sur le fait qu'on tient la barre.
06:50Alors, il y a un point que vous avez commencé à évoquer,
06:52et vous l'avez d'ailleurs glissé de vous-même,
06:53ce sont ces 20, d'abord, on est d'accord sur le chiffre,
06:56c'est 28 milliards d'euros d'économies à faire ?
06:59Alors, en tout cas, c'est des milliards d'euros d'économies à faire,
07:02ça dépend de la cible.
07:04C'est des dizaines de milliards ?
07:04Mais oui, on est dans les ordres de grandeur que vous donnez.
07:07Après, ça dépendra de la cible qu'on se donne collectivement pour 2027,
07:11et donc, je ne peux pas, là encore, désolé,
07:13vous donner le chiffre exact, mais les efforts doivent être importants.
07:15Les efforts doivent être importants.
07:17Où allez-vous les trouver ?
07:18L'une des pistes évoquées, c'est la désindexation des retraites.
07:21C'est une piste sérieuse.
07:23Oui, ça fait partie des pistes.
07:25Avant ça, un, je pense que tout le monde va devoir faire des efforts,
07:28les entreprises, les ménages, l'État,
07:30qui va, comme on le dit, se serrer la ceinture,
07:32les dépenses de santé,
07:33plutôt que de trouver un coupable idéal...
07:36En fait, vous allez raboter sur tout.
07:37Non, ce n'est pas forcément raboter.
07:38Ce qu'on souhaite faire, le Premier ministre l'a dit,
07:40c'est mettre en place des réformes structurelles.
07:42Quand on dit, on va augmenter un peu les franchises médicales,
07:45pour ceux qui consomment beaucoup de médicaments,
07:47de manière à les inciter à consommer un peu moins,
07:49c'est une réforme structurelle,
07:50ce n'est pas un coup de rabot.
07:51Quand on dit, on ne va pas baisser les retraites,
07:55j'ai vu, depuis que je suis intervenu sur ce sujet,
07:58On ne va pas forcément les augmenter autant
08:00que l'inflation, qui est aujourd'hui, est assez faible.
08:02Donc, on ne compte pas baisser les retraites des Françaises et des Français.
08:06Donc, vous ne baissez pas les retraites,
08:07mais vous ne les augmentez pas au niveau de l'inflation,
08:10ce qui veut dire que, techniquement,
08:11le pouvoir d'achat des retraités baisse.
08:13Non, mais aujourd'hui, l'inflation...
08:14S'il y a un décalage entre l'inflation et l'indexation,
08:18c'est une petite baisse.
08:19Un retraité qui gagne aujourd'hui 2 000 euros par mois,
08:23l'inflation, elle est à 2 %, c'est 40 euros en plus.
08:26La question, c'est, est-ce qu'on met en place tous ces 40 euros ou moins ?
08:30Il n'y a pas un salarié en France, à part ceux qui sont au SMIC,
08:34qui sont automatiquement indexés.
08:36Non, mais c'est important, Pauline de Manier.
08:38Il faut qu'on comprenne.
08:38Les gens qui travaillent aujourd'hui,
08:39ils ne sont pas indexés automatiquement.
08:41Ça dépend de la situation de l'entreprise.
08:44Aujourd'hui, j'allais dire l'entreprise des retraités,
08:46c'est nous tous et nous toutes.
08:48Regardons la situation et voyons ensemble
08:50si on peut demander aux retraités un effort,
08:52un effort réel,
08:53mais qui consiste à ne peut-être pas augmenter autant
08:56que l'inflation de 2017.
08:58Moi, je veux comprendre très précisément.
08:59Il y a deux options, en gros.
09:01Trois, allons-y.
09:02Une qui serait de désindexer tout le monde.
09:04Ça, j'ai l'impression qu'on l'évacue.
09:06Les petites retraites, les minima sociaux,
09:08évidemment, on souhaite que ceux qui sont en première ligne
09:11puissent être protégés.
09:12Donc, ça veut dire que ce sera plutôt la deuxième option,
09:14c'est-à-dire l'idée que les plus petites retraites
09:17seront épargnées
09:19et les plus grosses seront participeront à cet effort.
09:22Alors, moi, j'ai une question très claire,
09:23c'est qui un retraité aisé ?
09:25Exactement.
09:26Et je vois bien ce débat poindre.
09:27Un, la décision n'est pas prise.
09:29Il y a d'autres options.
09:30Aujourd'hui, ça fait partie du catalogue.
09:32Et j'ai souhaité le mettre,
09:33c'est le cas de le dire, dans l'atmosphère,
09:35de manière à ce qu'on ait ce débat.
09:36Et on l'a aujourd'hui tous les deux.
09:38Et ça va faire partie des questions.
09:40À partir de quel niveau ?
09:41Si on va sur cette piste, il y en a d'autres.
09:43Non mais vous-même, Roland Lescure,
09:45la semaine dernière, vous avez dit
09:47« seront concernés les ménages aisés ».
09:50Je vous repose la question.
09:51Qui sont les ménages aisés ?
09:53Qui sont les retraités aisés ?
09:55Et je suis désolé, là encore...
09:57Non mais vous ne pouvez pas dire cette expression
09:58et ne pas dire c'est quoi ?
09:59C'est 2 000 euros, c'est 3 000 euros, c'est 10 000 euros ?
10:01C'est une idée de débat politique qu'on doit avoir.
10:04Et c'est pour ça que...
10:04Vous, vous estimez qu'un retraité est aisé
10:06à partir de combien par mois ?
10:08Non mais quand le Premier ministre dit
10:10aux parlementaires « nous souhaitons débattre »,
10:12ça fait partie des sujets dont on doit débattre.
10:14Donc soit on dit non...
10:16Débattons ce matin, vous dites quoi ?
10:17Vous dites « c'est une négo »
10:19où vous allez partir de 2 000
10:21et vous allez atterrir à 4 000 ?
10:22Ou alors est-ce que vous savez déjà précisément
10:24qu'à partir de 2 800 euros,
10:26Voilà, non c'est pas 2 812.
10:28La réalité, c'est qu'on va rentrer en négociation,
10:31vous l'avez dit,
10:32et excusez-moi, pas avec Apolline de Malère,
10:34mais avec l'ensemble des groupes parlementaires
10:35qui, in fine, devront choisir
10:38ou pas de voter le budget.
10:38Mais j'imagine que les parlementaires,
10:39ils ont tous une vision différente.
10:40Je me souviens de François Hollande
10:41à qui on demandait qui est un riche.
10:44Il me semble qu'autour de 4 000 euros par foyer,
10:45ils considéraient qu'on était riches.
10:47Vous, vous considérez qu'on est riches
10:48à partir de combien ?
10:49Non, moi je suis désolé,
10:50je n'entre pas dans ce débat-là
10:52parce que je souhaite pouvoir débattre
10:54avec les parlementaires de tous ces paramètres.
10:57Vous allez en parler avec tout le monde ?
10:58RN et LFI compris ?
10:59Le débat parlementaire,
11:01il a lieu avec toutes celles et ceux
11:02qui sont élus.
11:03Effectivement, ils vont tous déposer
11:04des amendements, ce débat.
11:06Il doit avoir lieu avec l'Assemblée nationale
11:08qui représente la France telle qu'elle est.
11:10Ce n'est pas la France dont je rêve forcément.
11:12Le premier groupe parlementaire de l'Assemblée
11:14aujourd'hui, c'est la Rassembleée nationale.
11:15Je me suis engagé en politique
11:16pour lutter contre eux.
11:17Mais la réalité, c'est qu'ils sont élus
11:18et qu'évidemment, je négocierai avec eux,
11:20on discutera avec eux,
11:21leurs amendements.
11:22Je donnerai mon avis sur leurs amendements.
11:24J'ai bien vu que la France insoumise
11:26avait décidé de nous censurer
11:27quoi qu'il arrive.
11:28On verra ce que font les autres.
11:29Moi, ce que j'espère,
11:30c'est qu'on va réussir, au fond,
11:33à dégager un peu la piste de décollage
11:35pour celles et ceux qui,
11:36quoi qu'il arrive,
11:38ils se voient tous élus,
11:39hériteront de ce budget.
11:40Est-ce qu'au moment où on se parle,
11:42Roland Lescure,
11:43vous vous dites que ce budget,
11:45en toute sincérité,
11:46a des chances d'être adopté ?
11:47On va tout faire pour.
11:49Je ne veux pas, là encore,
11:50on va tout faire pour.
11:51Mais il faut être deux
11:52pour danser le tango,
11:53et en l'occurrence,
11:54il faut être onze.
11:55Il y a onze groupes parlementaires
11:56pour atterrir.
11:57Elle est qui parle d'un chantage.
11:58Mais non.
11:59Il dit que vous les prenez
12:00dans une forme de chantage
12:01autour de ce budget.
12:03C'est comme ça
12:04que la France insoumise,
12:05qui se voit gouverner la France,
12:09qualifie le débat parlementaire.
12:12Qu'un gouvernement dise
12:14je vais présenter
12:16un projet de loi de finances.
12:17Je souhaite qu'il soit discuté
12:19et j'espère qu'il va être voté.
12:21Ça, c'est du chantage.
12:22Là encore,
12:23on se moque du monde.
12:24La réalité,
12:25c'est que c'est comme ça
12:25que ça marche.
12:26La démocratie ne leur en déplaise.
12:27Est-ce que la solution
12:28pourrait être cette fameuse
12:29année blanche ?
12:30Non mais...
12:31C'est-à-dire désindexer
12:32de l'inflation
12:32toutes les prestations sociales,
12:35les retraites,
12:35tout.
12:35Ça a été essayé.
12:37Malheureusement,
12:37ça n'a pas été couronné
12:39de succès.
12:39Vous le regrettez.
12:40Vous vous dites
12:40qu'il serait peut-être
12:41une bonne solution.
12:42Vous savez qu'il y a
12:42des économistes
12:43qui nous ont dit,
12:44on les avait émissionnés,
12:45ils sont indépendants,
12:46un ancien patron de l'INSEE,
12:47deux économistes,
12:48je dirais,
12:48d'obédience,
12:49trois économistes
12:49d'obédience un peu différente.
12:51Ils nous disent
12:51si on ne fait rien
12:52l'année prochaine,
12:53on sera à 5,7% de déficit,
12:55près de 6.
12:56Et si on ne fait rien
12:57d'ici 2030,
12:58on sera à 7% de déficit.
12:59Il faut faire quelque chose.
13:01Ça fait partie des pistes.
13:02Évidemment,
13:03le sujet,
13:03c'est ceux qui sont...
13:05Mais est-ce que l'idée
13:06d'une année blanche
13:06est toujours sur la table ?
13:07Non.
13:13On verra.
13:14Moi, j'espère pouvoir l'abaisser,
13:15mais ce n'est pas acquis,
13:16ce n'est pas gagné.
13:18Au départ,
13:18elle était censée être
13:19exceptionnelle,
13:19vous vous souvenez ?
13:20Et la situation,
13:21elle n'était pas autant que ça.
13:23On est dans une situation
13:24qui, malheureusement,
13:25a tendance à durer.
13:26La crise en Iran,
13:27le détroit d'Harmouz,
13:28la canicule,
13:29la hausse des taux d'intérêt.
13:30Donc voilà.
13:31Donc vous ne vous priverez pas
13:32de ces 7 milliards
13:33de la surtaxe des grandes entreprises ?
13:35Si on peut l'abaisser,
13:36on le fera,
13:36mais aujourd'hui,
13:38ce n'est pas facile.
13:38Ce sera prêt pour le 6 octobre ?
13:40On est prêt pour fin septembre,
13:42début octobre.
13:42C'est le calendrier habituel,
13:43évidemment,
13:44de ce point de vue-là.
13:45Vous avez sans doute vu
13:46que votre prédécesseur,
13:47Bruno Le Maire,
13:48dit, je cite,
13:49que la France est au pied du mur.
13:51Il dit qu'il y a urgence,
13:52qu'une crise globale
13:53des dettes souveraines
13:54est donc possible.
13:54Est-ce que vous vous dites
13:55que la France, en effet,
13:57pourrait à un moment
13:58se retrouver sous le coup
14:00d'une autorité de la BCE
14:02ou du FMI ?
14:03Est-ce que ce risque plane ?
14:04Non, le sujet n'est pas là aujourd'hui.
14:06Il y a d'autres États
14:07qui ont fait face à ça.
14:08On parlait de la Grèce tout à l'heure.
14:09Donc l'objet,
14:09c'est évidemment d'éviter
14:10que dans quelques années,
14:11on en arrive là.
14:12Le vrai risque aujourd'hui,
14:13c'est le ministre de l'Économie
14:14et des Finances qui vous parle,
14:16qui sera au G20
14:17des ministres des Finances
14:18en Caroline du Nord
14:19lundi prochain.
14:20Je vais en profiter
14:20pour tenir une réunion
14:21du G7
14:22des ministres des Finances.
14:23C'est l'environnement
14:25international.
14:26Parce que vous parliez
14:27des taux d'intérêt français
14:28aujourd'hui.
14:28Les taux d'intérêt américains
14:30sont en hausse.
14:30On est dans une logique
14:31où le marché obligataire,
14:33parce que l'endettement
14:34est élevé partout,
14:35il a tendance à être tendu.
14:36Donc évidemment,
14:38il faut renforcer
14:38notre capacité collective
14:39à redresser nos finances publiques.
14:41À court terme,
14:42c'est mon job.
14:43Et à moyen terme,
14:44ce sera ceux qui aujourd'hui
14:45veulent nous faire rêver
14:46et vont devoir atterrir.
14:47Il dit Bruno Le Maire
14:48qu'il faut des mesures d'urgence,
14:51la désindexation
14:51donc des pensions de retraite,
14:53mais alors de toutes.
14:53Il dit des pensions de retraite,
14:54des aides sociales
14:55et du barème de l'impôt
14:56sur le revenu.
14:57Ça revient à cette fameuse
14:58année blanche.
14:59Oui, avec une question réelle.
15:02Vous êtes d'accord ?
15:02Pas d'accord ?
15:02Non mais il faut faire attention
15:03quand même aux petites retraites,
15:06aux minimas sociaux.
15:07Donc je dirais
15:08la taille unique
15:09ne fonctionne sans doute pas.
15:10L'esprit vous paraît le bon.
15:12Ça fait partie des pistes en tout cas.
15:13Je vois que Bruno Le Maire
15:14s'invite dans le débat
15:16pour les années qui viennent.
15:18Ça fait partie des pistes.
15:19Vous l'avez pris comment d'ailleurs ça ?
15:20Non mais bien au sens
15:22où j'ai beaucoup travaillé avec lui
15:23et je sais qu'il ne manque pas d'idées
15:25et que sa volonté
15:26de participer au débat
15:27reste pleine et entière.
15:29Bon, moi je suis au boulot,
15:30je suis ministre des Finances,
15:31je m'occupe du budget de l'année.
15:33Que d'autres se projettent,
15:35évidemment, cette bonne guerre.
15:36Ça montre que,
15:37malgré le recul qu'il a pris,
15:39il aime toujours autant ça la politique.
15:40L'âge de départ à 65 ans,
15:42lui il dit,
15:43il faut vraiment 65 ans
15:44et une bonne dose de capitalisation.
15:46Alors la capitalisation,
15:47j'ai déjà eu l'occasion de le dire,
15:48c'est indispensable
15:49pour compléter le système actuel.
15:51Ça nous permettra aussi
15:52de financer l'intelligence artificielle.
15:54Au fond,
15:54de financer une France
15:55qui se projette vers l'avant
15:56et qui n'est pas seulement
15:57dans le retrait.
15:58Mais cette question justement
15:59de se projeter vers l'avant,
16:00j'ai une phrase à vous soumettre.
16:02Elle est signée The Economist,
16:04le magazine anglais,
16:06qui parle de nos retraites
16:07comme d'une véritable pyramide de Ponzi.
16:09Il dit qu'on est vraiment
16:10les champions du monde
16:11d'une pyramide de Ponzi.
16:12La pyramide de Ponzi,
16:13en fait,
16:13c'est cette espèce de subterfuge.
16:14C'est Madov,
16:16c'est ce subterfuge économique
16:17où en fait,
16:17on fait semblant
16:18que l'argent grossit
16:21et en réalité,
16:22on ne fait que prendre l'argent d'avant
16:24pour le donner aux autres.
16:25C'est une vaste fumisterie économique.
16:28The Economist dit
16:29si l'État-providence européen
16:30ressemble à une pyramide de Ponzi,
16:32ces pharaons sont les baby-boomers.
16:34Les baby-boomers en France
16:35nous expliquons
16:36comment cette génération
16:37a réalisé un vol intergénérationnel.
16:41Bon, c'est The Economist,
16:43donc évidemment exagéré.
16:44Ils sont libéraux,
16:45ils sont anglo-saxons.
16:45Non, mais c'est surtout que
16:46la réalité,
16:47c'est qu'on a aujourd'hui
16:48de plus en plus de retraités
16:50et de moins en moins d'actifs.
16:51Ça, c'est la démographie.
16:52Ça ne ment pas.
16:53Donc, effectivement,
16:54il faut rééquilibrer tout ça.
16:56Mais ils disent
16:57aujourd'hui,
16:58l'inégalité n'est plus horizontale,
17:00elle est verticale,
17:01c'est-à-dire les vieux sont riches,
17:02les jeunes sont pauvres.
17:04Il y a deux défis majeurs.
17:05L'équilibre du régime des retraites
17:07et le fait qu'on vieillit,
17:09meurt de plus en plus tard,
17:10tant mieux.
17:11Les dépenses de santé
17:12augmentent de plus en plus.
17:13Il faut à la fois qu'on traite
17:14le déséquilibre
17:15des régimes de retraite
17:16du fait de la démographie
17:17et les enjeux de dépenses de santé
17:19qui ont tendance à augmenter
17:20beaucoup trop.
17:21La cyberattaque,
17:22c'est derrière nous ?
17:25Franchement, là-dessus,
17:26d'abord,
17:26je réitère les excuses
17:27que David Amiel
17:28a prononcées
17:29au nom du gouvernement
17:31parce que
17:31ce qui s'est passé
17:33est grave.
17:34Et ceux qui sont concernés
17:36à qui on a tous écrit
17:37sont en colère,
17:38et je le comprends,
17:39de dire
17:41qu'on n'est pas encore
17:42au niveau là-dessus.
17:42Franchement,
17:43il y a des investissements
17:44à faire,
17:44pas seulement dans l'État.
17:45On a vu que les entreprises
17:46étaient aussi concernées.
17:47On est face à des attaques
17:49de dimension,
17:50d'échelle nouvelle.
17:51On a eu l'Ukraine,
17:53on a eu l'Iran,
17:54on a eu la Covid.
17:57Cette épidémie,
17:58parce qu'on peut en parler,
18:00je pense,
18:00qui s'accumule
18:01depuis des semaines,
18:02c'est un nouveau chac majeur
18:03auquel on doit faire face
18:04ensemble.
18:04Est-ce que vous n'allez pas
18:05exposer les entreprises
18:06avec la facturation électronique
18:08qui entre en vigueur,
18:10qui s'impose désormais
18:10à toutes les entreprises ?
18:12Vous êtes sûr ?
18:12Absolument sûr ?
18:13Parce qu'on se dit franchement,
18:14si Bercy se fait pirater,
18:16est-ce que vous n'êtes pas
18:17en train de mettre
18:18le loup dans la bergerie ?
18:18Non mais j'entends bien.
18:19La facturation électronique,
18:20d'abord,
18:20c'est pour simplifier
18:21la vie des entreprises,
18:22pas pour leur compliquer.
18:23Deux,
18:24ça coûte très peu d'argent.
18:25J'ai entendu les débats
18:26sur que ça va coûter une fortune.
18:27Il y a même des logiciels gratuits
18:28pour les micro-entrepreneurs
18:30qui permettent
18:30de le faire gratuitement.
18:32Trois,
18:32ce sont des outils nouveaux.
18:34Le problème auquel on fait face
18:35avec nos cyberattaques,
18:36c'est qu'on a des outils
18:37assez anciens dans l'administration
18:39qui ont été construits
18:40à travers le temps
18:40et qui ne sont pas forcément
18:42adaptés à ce monde d'aujourd'hui.
18:43Donc je pense
18:43que les risques sont...
18:44Mais mettre ces données
18:45sur Internet,
18:45est-ce que ça n'est pas risqué ?
18:47Mais vous savez qu'aujourd'hui,
18:48ces données,
18:49elles le sont déjà.
18:50Vous n'imaginez pas
18:51qu'à Bercy,
18:51on a des coffres
18:53avec toutes les factures papier
18:54qui s'accumulent.
18:55On les met dans nos bases de données.
18:57Elles existent déjà.
18:58La seule différence,
19:00c'est que ça va être
19:00plus simple,
19:01plus efficace,
19:01moins coûteux pour tout le monde.
19:02Et en passant,
19:03qu'on va lutter contre les fraudes.
19:04Alors j'ai bien entendu
19:05M. Lysnard,
19:06Mme Tnafot,
19:07M. Mélenchon,
19:08dans une alliance improbable
19:09qui trouve ce nouveau dada
19:11pour nous attaquer.
19:11Ils étaient contre
19:12le prélèvement à la source,
19:13ces gens-là.
19:14Ils sont contre la modernité.
19:16La modernité aujourd'hui
19:17a fait face à des défis énormes.
19:18Il faut qu'on les traite.
19:20On n'est pas au niveau.
19:21Il faut qu'on investisse.
19:22Mais on a besoin
19:23de s'y mettre.
19:24Une question de carburant,
19:25Roland Lescure.
19:26Dans une semaine,
19:27tout pile,
19:28c'est officiellement la fin
19:29de l'aide carburant
19:33malheureusement le prix de l'essence
19:34est resté extrêmement élevé.
19:36Il n'a pas baissé.
19:38Allez-vous prolonger ces aides ?
19:39Ce que je peux vous dire
19:40c'est qu'on y travaille.
19:41Vous l'avez dit,
19:41on a encore une semaine
19:42pour atterrir.
19:43Mais évidemment,
19:44on a noté que le prix du pétrole
19:45n'a pas baissé,
19:46que le prix du gaz n'a pas baissé,
19:47que le prix de l'essence à la pompe
19:49malgré le plafonnement
19:50d'un certain nombre de stations
19:51que tous les Français ont vues
19:52sur les autoroutes
19:53n'a pas baissé.
19:54Et donc on regarde de très près
19:55s'il faut prolonger ces aides
19:56et comment on va le faire.
19:57Je rappelle que le guichet gros rouleur
19:59est toujours ouvert.
19:59On a 1,369,000 ménages
20:02qui l'ont demandé jusqu'au 31 août.
20:03Mais au moment où on se parle,
20:04vous vous dites,
20:05il serait logique
20:06puisque ça n'a pas baissé
20:07de le prolonger ?
20:08On le regarde.
20:09On regarde vraiment.
20:10On vous dira ce qu'on fait d'ici la fin de mois.
20:12Donc certains qui nous écoutent
20:13et qui s'angoisissent
20:13et qui se disent
20:14on ne va pas y arriver,
20:16l'essence n'a pas baissé.
20:17Déjà, si vous n'avez pas demandé
20:17votre aide, demandez-la.
20:18Vous avez jusqu'au 31 août
20:20pour la période actuelle.
20:21Ensuite, on va voir comment on prolonge ça
20:23s'il faut le faire.
20:23Mais on est évidemment conscients
20:25de ce qu'on fait
20:26quand on va faire le plein.
20:27Le plein, ça coûte cher.
20:30Une dernière question,
20:32Roland Escur.
20:32Le Premier ministre a dit
20:33qu'il n'y aurait pas d'augmentation d'impôts.
20:35Vous le dites fermement, pleinement.
20:37Pas de nouveaux impôts.
20:37Enfin, pas d'impôts directs.
20:39Oui, il y a des niches
20:40qu'il faut qu'on regarde,
20:41il faut qu'on optimise.
20:42Mais c'est la solution magique
20:44en France depuis 40 ans.
20:45On a un problème,
20:46on augmente les impôts.
20:47J'espère que les futurs candidats
20:50potentiellement présidents
20:51n'accumuleront pas les impôts nouveaux.
20:54C'est ce que vous leur lancez
20:55comme appel ce matin ?
20:57C'est la formule qui ne fonctionne plus.
20:59Je pense qu'il faut penser à autre chose.
21:00Ça ne veut pas dire
21:01qu'il ne faille pas les adapter.
21:02Ça fait partie de la politique publique.
21:04Mais dire qu'on va augmenter les impôts
21:05et tout va bien se passer,
21:06ça ne marche plus.
21:07Roland Escur,
21:08ministre de l'Économie,
21:09merci d'avoir répondu à mes questions.
21:11Il est 8h50 sur RMC et BFM TV.
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