00:00Et si finalement pour l'Iran, la terreur économique était pire que les tapis de bombe ?
00:06On va regarder ce que disait tout à l'heure, c'est une déclaration qui nous est parvenue,
00:10le président iranien, il vaut mieux, dit-il, mettre fin à la guerre maintenant,
00:14alors que nous sommes en position de force et dans la dignité,
00:18et il ajoute, et que les Etats-Unis sont détestés à travers le monde.
00:22C'est une déclaration qui intervient quelques heures après l'annonce
00:27de ce que l'on pourrait appeler, Philomène Rémy, bonsoir,
00:30le nouveau plan américain pour rassécher l'économie iranienne,
00:34puisque les Etats-Unis ont une nouvelle idée, peut-être pour se sortir de ce qui se passe en Iran,
00:42c'est de déclarer une guerre économique totale.
00:44Oui, alors bien sûr, mais ce qu'il faut reprendre tout de même dans cette déclaration,
00:49c'est la première fois que le président iranien dit clairement qu'il faut mettre fin à la guerre,
00:53mais on sait aussi qu'il y a des distensions au sein du pouvoir iranien,
00:56c'est-à-dire que ce que dit le président iranien ne vaut pas, par exemple,
00:59pour les gardiens de la révolution,
01:01donc il faut prendre cette déclaration avec de la prudence,
01:05ça ne veut pas dire que ça va s'arrêter,
01:06et puis surtout, on a une toute autre lecture du côté de Donald Trump.
01:09Donald Trump, lui, pour le moment, il avait mis fin aux négociations,
01:12il a menacé Oman qui faisait l'intermédiaire entre Téhéran et Washington,
01:18donc pour le moment, mais c'est un premier pas, en tout cas,
01:21de l'Iran qu'on n'avait pas observé depuis longtemps.
01:23Si on reprend Donald Trump dans le texte, sur son réseau, comme toujours, Truth Social,
01:29il dit qu'il annonce l'opération économique la plus écrasante jamais entreprise,
01:37tout pays qui permettra aux institutions financières, aux entreprises,
01:42aux aéroports iraniens ou à ces entités gouvernementales
01:45d'offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage,
01:47fera face à de terribles répercussions économiques,
01:51et il n'est pas le seul, puisque Scott Besant parle, lui, d'un isolement économique
01:55comme le monde n'en avait jamais vu.
01:58On a quand même le sentiment qu'on se dit, voilà, on va essayer une autre tactique.
02:03Voilà, il y a une nouvelle tactique américaine,
02:06et il y a une réponse à cette nouvelle tactique américaine du président iranien.
02:10C'est le propre, si vous voulez, des guerres asymétriques
02:14entre un très fort, là en l'occurrence les Etats-Unis,
02:17et un beaucoup plus faible, l'Iran.
02:19Les Etats-Unis peuvent vivre dans ce genre de situation,
02:23là, même si c'est une situation pourrie du côté du détroit d'Harmouz,
02:27ils peuvent vivre, ils n'ont pas toute leur attention focalisée là-dedans,
02:31ils ont une économie qui fonctionne,
02:33ils ont une organisation qui fonctionne, etc.
02:35En revanche, le faible, l'Iran, eux, ils sont complètement mobilisés dans cette guerre.
02:41Et cette guerre a un impact extrêmement fort dans la situation.
02:46C'est exactement la même situation que ce qui se passe, par exemple,
02:49entre l'Ukraine et la Russie.
02:52C'est l'Ukraine qui demande à mettre fin à la guerre face à une Russie qui ne veut pas,
02:58puisque l'Ukraine est dans une position de faiblesse par rapport à la Russie,
03:02alors que la Russie est dans une position de force.
03:06Là, c'est pareil.
03:06C'est toujours dans une guerre asymétrique,
03:08le faible qui va demander à mettre fin à la guerre par rapport à un fort
03:12qui peut prolonger la guerre et vivre avec cette guerre
03:16sans avoir de répercussions dans son économie aussi grave que celle qu'il visait.
03:24Alors, peut-être pas aussi grave, mais quand même, prolonger la guerre,
03:27on sait que les hostilités avec l'Iran ont duré beaucoup plus longtemps
03:30que ce que pouvait l'imaginer l'administration américaine.
03:33Vous dites que l'Iran est faible, mais enfin, pour l'instant,
03:36l'Iran tient et résiste quand même.
03:38Et puis, ces hostilités sur le plan militaire,
03:42elles ont fait diminuer quand même les capacités américaines
03:44et même si un porte-avions est maintenu dans la région.
03:48Mais ce n'est pas idéal comme situation non plus pour les États-Unis.
03:52Ce n'est pas idéal.
03:53Il y a deux porte-avions sur zone, mais ce n'est pas idéal.
03:55Il y en a un qui est censé rentrer.
03:57Il y en a deux qui arrivent.
03:58Il y en a encore un autre, donc il y a deux porte-avions.
04:00Mais pour le coup, en fait, cette situation n'est pas intenable pour les Américains.
04:05Donald Trump a écarté d'un revers de main l'impact économique que ça a.
04:08Et donc, pour l'instant, il fait avec.
04:10Oui, il y a de l'inflation.
04:11Oui, il va probablement perdre au moins la chambre des représentants au mid-terms.
04:15Mais visiblement, ça ne le fait pas dévier de son cap.
04:17En fait, il estime qu'il vaut mieux maintenir une pression économique sur l'Iran
04:21plutôt que de se retirer aujourd'hui
04:23et de, quelque sorte, accepter sa capitulation quasiment.
04:26En tout cas, c'est des faits stratégiques.
04:27Mais en fait, le problème de l'Iran, c'est que cette situation de non-guerre, non-paix,
04:30elle est effectivement bien plus dommageable pour l'Iran.
04:32Parce que l'Iran est tout à fait prêt à tenir, on va dire, un conflit militaire de haute intensité.
04:37Ils l'ont prouvé pendant toute la guerre.
04:39Ils sont capables de tenir une paix à long terme, ça aussi.
04:42En revanche, cet entre-deux ne leur convient pas du tout.
04:44C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, en fait,
04:46lors des négociations de paix qui avaient eu lieu lors de la préparation du mémorandum,
04:51en fait, les Iraniens disaient, en fait, on veut un engagement
04:53que les Américains ne reprendront ni la guerre,
04:56ni remettront des sanctions économiques.
04:58Il y a un impact économique réel sur l'économie iranienne.
05:00Et si ça dure six mois, un an, ça va devenir de plus en plus compliqué.
05:04Juste quand même un petit bémol,
05:05lorsque Scott Bessen dit, on va mettre des sanctions incroyables
05:08sur les partenaires de l'Iran,
05:11ça veut dire la Chine, la Russie et la Turquie, grosso modo.
05:16Jusqu'à présent, ce n'est pas du tout la politique
05:18qui a été adoptée par les États-Unis.
05:20On n'a jamais vu de sanctions terribles sur la Chine.
05:22Bien au contraire, à chaque fois, il y a eu une rétractation.
05:24Donc, il y a quand même toujours ce bémol à prendre en compte.
05:25Est-ce qu'ils iront au bout des choses, les Américains ?
05:27Ça reste à voir.