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Chaque soir, Hélène Lecomte vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Le Premier ministre semble peu goûter au récent succès et à la très très mauvaise publicité que font le ou
00:07les hackers qui agissent sous le pseudonyme Zero Bytes.
00:10Regardez ce qu'il écrit ce soir sur Twitter.
00:13« Arrêtons de découvrir la Lune à chaque cyberattaque. La menace est connue. Les dernières fuites nous obligent à accélérer.
00:20»
00:20Un tweet sur X après avoir fait savoir qu'il exigeait qu'une task force soit mise en place sous
00:26trois jours.
00:26Le secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale se fait carrément, passez-moi l'expression, engueuler dans
00:33un courrier préparé par le Premier ministre.
00:35Peu de ministères sont au niveau requis. Ce n'est pas acceptable.
00:39Je vais d'abord m'adresser aux politiques présents à distance et en plateau ce soir avec nous.
00:44Sincèrement, Mathieu Vallée, je commence avec vous. On ira voir Adrien Clouet dans un instant.
00:48Il était temps que l'État réagisse. C'est la crédibilité de l'État qui est en jeu là ?
00:52Écoutez, on est sur un rythme d'une attaque depuis décembre 2025.
00:56Tous les deux mois, il y a eu les fichiers de police compromis en décembre.
00:59Je rappelle qu'il y avait l'otage. Moi, je suis ancien commissaire de police.
01:02Le traitement des anticorps judiciaires, c'est des fichiers très sensibles.
01:04Vous avez des photos, vous avez toutes les infractions qui ont été reprochées aux personnes entendues,
01:09toute leur identité.
01:10Pareil en mars, vous avez eu la plateforme de formation des policiers et campus qui a été attaquée.
01:13Vous avez toutes les données des agents. Il a été indisponible pendant trois mois,
01:16sachant que c'est l'outil à distance qui permet à tous les policiers de faire leur formation en continu.
01:20Il y a eu le FICOBA aussi, le fichier des comptes bancaires.
01:22Plus d'un million de cent mille comptes bancaires qui sont fichés dans ce document.
01:27Là, vous avez fin juin le site de la Direction générale des finances publiques qui a été attaquée.
01:31Et on l'apprend d'ailleurs en août.
01:32J'aimerais rien que le Premier ministre vous explique pourquoi il a fallu attendre
01:35qu'il y ait une revendication d'un hacker.
01:37Parce que vraisemblablement, l'administration fiscale s'en est rendue compte au moment de la revendication.
01:43Je me trompe peut-être, mais c'est bien que David Damiel soit revenu de ses vacances
01:48pour ne pas laisser la patronne des finances publiques en première ligne.
01:51C'est aux politiques d'assumer l'arresté de leur ministère.
01:53Il s'est excusé, il aurait même dû partir.
01:55D'ailleurs, il a même fallu un prompteur pour qu'il dise ses excuses.
01:57C'est de l'amateurisme quand même qui est inquiétant.
01:59Les services de l'État doivent être, en termes de cybercriminalité,
02:03de lutte contre les cybercriminalités, en performance numéro un,
02:06et la double authentification, elle a imposé aux entreprises depuis 2021.
02:10Cinq ans après, certaines administrations, la plupart, n'ont pas cette double authentification.
02:13Qu'est-ce qu'on attend ?
02:14Donc, sur ce sujet-là, Adrien Clouet de la France Insoumise s'exprimera,
02:17mais je pense qu'il faut qu'on ait une concorde politique
02:20pour qu'on protège les données et des administrés et des citoyens,
02:24mais aussi de nos fonctionnaires.
02:26Il y a des données des fonctionnaires de police qui ont fuité,
02:28je vous l'ai dit, avec la plateforme de formation de la police nationale.
02:31Et donc, dans un contexte où nos agents de police, nos militaires d'enjeuner sont des cibles,
02:35ce n'est pas du tout sérieux et c'est très inquiétant.
02:37Et le Premier ministre, je trouve, qu'il prend les choses avec beaucoup de désinvolture.
02:40On n'a pas découvert la ligne, mais en tout cas, lui, il a découvert le problème il y a
02:42quelques semaines, visiblement.
02:43Et c'est le cas aussi des personnels de l'éducation nationale,
02:45qui se pensaient aussi que certains professeurs ont pu être menacés, justement.
02:51Mais t'es assassiné.
02:52Et assassiné.
02:53Adrien Clouet, vous êtes également en ligne avec vous, une concorde nationale sur ces sujets.
02:57Et est-ce que vous aussi, vous dites, la responsabilité du gouvernement est engagée
03:02et il faudrait peut-être que certains prennent leur responsabilité, comme le disait Mathieu Vallée il y a un instant
03:06?
03:08Bien sûr qu'un ministre ou une ministre est responsable de ce qui se passe sous son autorité ministérielle.
03:13Ici, on a deux problèmes distincts.
03:15On a un problème d'abord sur les conséquences, puisque ça veut dire des données qui parlent de la nature,
03:20qui peuvent être marchandisées, usurpées,
03:21et des conséquences qui sont des conséquences en termes de souveraineté,
03:25en plus des conséquences en matière de droits individuels des personnes.
03:28Donc c'est deux problèmes en un.
03:29S'y rajoutent, évidemment, ça a été dit, la durée de détection du problème.
03:33Se rendre compte, sept semaines après, il y a eu un piratage de cette ampleur,
03:38c'est évidemment catastrophique.
03:39Désormais, qu'est-ce qu'on fait ?
03:40Moi, je voudrais rappeler que ça fait, depuis 2023,
03:44que s'enchaînent les scandales de cybersécurité.
03:47Ça a commencé, vous vous souvenez peut-être, fin 2023,
03:49on a vu l'ECAF, France Travail, les complémentaires santé qui va être attaqués.
03:53Maintenant, c'est parti de la sécurité sociale vers l'État,
03:55au niveau des hackers, qui cherchent toujours les endroits les plus fragiles.
03:58Comment se fait-il que l'État, aujourd'hui, a un point de fragilité
04:00pour la protection de nos données ?
04:02Eh bien, il me semble qu'on paye là le fruit de politiques très libérales en la matière,
04:07qui ont consisté à faire ce qu'ils appellent, eux, des économies budgétaires.
04:09On se rend bien compte qu'un euro d'économie en cybersécurité,
04:12ça vous coûte deux euros derrière pour courir après la donnée et la protéger trop tard.
04:17Merci, Adrien Clouet.
04:18Alors, il y a un plan qui a été annoncé en avril,
04:20un plan de 200 millions d'euros débloqué pour financer des investissements
04:24dans les applications, les outils de détection, la cryptophotographie post-quantique.
04:29Voilà, des grands mots.
04:30On va avoir des mots peut-être plus simples.
04:32Est-ce que, Sergei Gironov, bonsoir Sergei,
04:34la France semble être, par ailleurs, une cible de choix,
04:38ou peut-être, précisément, parce que les hackers se disent
04:41que nous ne sommes pas bien protégés ?
04:43La première réaction aurait dû peut-être dire oui,
04:48parce que la France, effectivement, au niveau géopolitique,
04:52sur la scène internationale, c'est une nation qui est très active,
04:56qui prend des positions qui dérangent beaucoup de nations,
04:59notamment la Russie par rapport à la guerre en Ukraine.
05:04Mais, lorsqu'on a découvert que ce n'est pas du tout...
05:06Là, c'est, semble-t-il, une attaque vraiment de l'intérieur,
05:10par des hackers qui a pu joindre BFM, avec qui BFM TV a pu échanger,
05:14qui dit, nous, c'est l'argent qui nous intéresse, et ça va continuer.
05:16C'est complètement déconcertant, parce qu'en fait, maintenant,
05:20si vous voulez, à chaque fois, lorsqu'on aura une attaque,
05:23et lorsqu'on dira, on va chercher peut-être des départs de l'étranger,
05:28en fait, des puissances étrangères qui pourraient intervenir en France,
05:31on va vous dire, maintenant, ce n'est même pas la peine,
05:34parce que c'est les hackers qui peuvent se retrouver sur le sol français,
05:37qui ne cherchent que du fric, qui ne cherchent que de faire mal,
05:40en fait, aux entreprises.
05:42Enfin, même pas mal, en fait, ils veulent tout simplement vendre les données.
05:47Donc, c'est des intérêts qui, du coup, nous déconcertent et déconcentrent.
05:54On ne sait plus dans quelle position on est,
05:57parce qu'en réalité, la guerre cyber de la part de Russie,
06:01elle est réelle.
06:02Ça veut dire que nous savons, pour plusieurs pays,
06:04et ça, il y a plusieurs pays européens,
06:06il y a les Pays-Balques, il y a la Pologne,
06:08il y a un certain nombre de pays scandinaves,
06:10il y a la France aussi, qui était, par le passé, visée par le cyber.
06:14Nous savons qu'il y a des fabriques à trolls
06:17qui ont existé à Saint-Pétersbourg, en fait,
06:19lors des élections présidentielles, etc.
06:22Mais apparemment, là, c'est autre chose.
06:24Mais, de toute façon, ça révèle quelque chose.
06:26L'État, en fait, n'est pas suffisamment protégé.
06:29Et, en plus, l'État, c'est quelque chose en qui on a confiance,
06:35par définition, et en plus, il nous oblige, en fait, à avoir confiance.
06:39Ça veut dire que, maintenant, déclarer des impôts sur le papier,
06:44il faut pousser très, très loin pour se faire accepter.
06:48En fait, on vous pousse partout à être dans le numérique.
06:51Si on vous oblige à être en numérique,
06:55c'est l'obligation de l'État aussi d'assurer la sécurité.
06:57Maître Sarah-Jorgette, vous êtes spécialisée dans la cybercriminalité.
07:01Autre chose promise par le Premier ministre,
07:03c'est agir très vite contre les auteurs.
07:05De ce que vous en savez, ces hackers, on les retrouve facilement ?
07:10Ils sont identifiés par les services depuis un petit moment.
07:14Ils ne sortent pas du chapeau.
07:17L'endroit où ils se trouvent, je ne le connais pas.
07:22Mais ils vont très certainement être appréhendés.
07:25Nous avons des fonctionnaires compétents qui savent où chercher
07:29et comment le faire sortir du bois.
07:31Sainte-Haut, on a aussi envie de vous demander,
07:33puisqu'on les connaît, puisqu'on ne sait pas forcément où ils sont,
07:37mais qu'on arrive à les tracer, pourquoi ils ne sont pas surveillés ?
07:41Ce ne sont pas des gens qui font l'objet,
07:43de la part des services de l'État, d'une surveillance particulière ?
07:45Comment les surveiller si on n'a même pas connaissance de leur existence ?
07:48Je commence par là.
07:49On ne sait pas qui est ou qui sont ceux ou ces 0bytes.
07:54On n'en a aucune idée.
07:56Donc comment est-ce qu'on pourrait les surveiller avant même de savoir
07:58où ils sont, qui ils sont et ce qu'ils font ?
08:00C'est difficile.
08:01La seule chose à l'heure actuelle que l'on peut savoir
08:03de façon plus ou moins publique sur 0bytes,
08:05c'est que le compte X qui est géré,
08:08sur lesquels on retrouve notamment tout un tas de moqueries
08:11auprès des services, des impôts, d'éducation nationale,
08:14tout ce que l'on peut savoir, c'est que le compte est géré depuis probablement un VPN qui est
08:18en Suisse.
08:19Donc on ne peut même pas dire si la personne est en France, en Suisse, en Belgique, au Vietnam.
08:24On ne peut pas le savoir à l'heure actuelle.
08:26Ce sont aux services compétents de le déterminer.
08:29Si on peut le déterminer, je dirais.
08:30Dans la plupart des cas, oui.
08:31Mais il y a toujours des exceptions qui subsistent.
08:34Voilà, on a fait un peu le tour des nouvelles informations qu'on avait aujourd'hui.
08:37J'ai une dernière question pour vous, Mathieu Vallée.
08:41Vous faites partie d'un parti politique.
08:43Vous avez des fichiers informatiques.
08:44Oui.
08:46Avec des adhérents, avec des données.
08:48Aujourd'hui, est-ce que vous vous dites que nos fichiers sont en danger
08:51ou est-ce que vous êtes sûr qu'ils sont suffisamment sécurisés
08:54pour ne pas faire l'objet de ce genre de piratage ?
08:58Le risque zéro n'existe pas.
08:59On prend le maximum de garanties pour que nos fichiers, évidemment,
09:02soient protégés, sécurisés.
09:04Et pour l'instant, on n'a pas eu à connaître ce que les administrations publiques connaissent.
09:07Après, Marine Le Pen s'est exprimée sur ce sujet-là
09:10pas plus tard qu'au mois de juin,
09:11lorsqu'il y avait eu la messagerie de CHAP.
09:14C'est la messagerie des agents de l'État.
09:15Je rappelle à peu plus de 73 000 agents qui ont accès actuellement,
09:17qui avaient été attaqués et introduits.
09:21Donc, on ne se réveille pas aujourd'hui.
09:23Comme d'habitude, on fait des propositions,
09:24et c'est celles que je vous indiquais tout à l'heure,
09:26sur nos fichiers et sur notre système de données,
09:28évidemment que c'est traité, hiérarchisé,
09:32crypté et aussi numérisé,
09:34ainsi que la traçabilité de manière à savoir qu'ils se connectent, etc.
09:38Mais évidemment, le risque zéro n'existe pas,
09:40mais on se donne le maximum de précautions.
09:42Vous dites à vos adhérents qu'a priori, c'est plutôt safe.
09:45Ce n'est pas accessible à tout le monde,
09:47ce n'est pas la fête à nœud,
09:47mais on fait du mieux que possible pour sécuriser.
09:49On va aller voir avant de terminer.
09:51Anne Jonté, bonsoir.
09:53Vous êtes députée des Français de l'étranger.
09:56Et vous, alors ce n'est pas un piratage,
09:58alors peut-être que c'était un piratage plus massif,
10:00mais vous, vous avez été piratée, Anne Jonté.
10:02Et est-ce qu'à ce moment-là, vous avez alerté,
10:06peut-être autour de vous,
10:08notamment le gouvernement, en disant,
10:10attention, c'est pas arrivé hier matin,
10:14attention, attention à ces cyberattaques ?
10:17Alors, en effet, j'ai fait l'objet d'attaques
10:19de la part, en l'occurrence, de l'accueur chinois.
10:24Et actuellement, une procédure judiciaire qui est en cours.
10:26Nous sommes plusieurs parlementaires
10:27à avoir été concernés par cette attaque.
10:29Mais je voudrais quand même souligner
10:31que d'abord, c'est une attaque étrangère.
10:33Et nous sommes constamment sous la menace de la France
10:35comme bien d'autres pays.
10:36Mais comme ça a été dit tout à l'heure,
10:37la France, elle dérange.
10:38Et donc, en effet, elle fait l'objet
10:41certainement d'attaques particulièrement nombreuses.
10:43Je voudrais rappeler quand même un chiffre
10:45et qui est important.
10:45Dans l'ANSI, qui est dans notre grand surveillant,
10:49notre grand chef d'orchestre,
10:50qui regarde la sécurité de tous nos systèmes
10:52d'information en France,
10:53recense les attaques qui lui sont soumises.
10:56Elle recense à peu près, en gros,
10:58à peu près 3600 événements,
10:59événements, on va dire, pour l'année 2025.
11:01Il y en a 1400 environ qui étaient des attaques cyber.
11:04Et sur ces 1400, un quart seulement
11:07concernait les ministères et les collectivités territoriales.
11:10Trois quarts, c'est le système privé,
11:12le secteur privé.
11:13Et donc, la sécurité, finalement,
11:15de nos systèmes d'information,
11:17elle nous concerne tous, partout.
11:19C'est la vigilance de chacun,
11:20de l'État, bien entendu,
11:21qui doit être exemplaire en la matière.
11:23En l'occurrence, je ne vais pas nier,
11:25il y a eu effectivement des difficultés.
11:26On ne peut pas dire que tout va bien aujourd'hui.
11:28C'est clair.
11:29Nous avons des systèmes vieillissants.
11:30Et la feuille de route de sécurité numérique de l'État
11:33avise justement à ce que d'ici la fin 2026,
11:35donc là, dans un trimestre, dans quatre mois,
11:37l'ensemble des systèmes qui étaient obsolètes soient remplacés.
11:40Donc, on ne peut pas dire que la France ne soit pas vigilante,
11:43ne soit pas attentive, ne soit pas au courant.
11:44Mais comme ça a été dit également,
11:46il n'y a pas de sécurité à 100%.
11:47Ça n'existe pas.
11:49Nous prenons un maximum de précautions.
11:51Mais les précautions et les attaques dont nous sommes victimes,
11:54c'est chacun d'entre nous,
11:55c'est chacune de nos entités,
11:56c'est chacune de nos entreprises.
11:57Et c'est donc aussi, hélas,
11:59chacun des ministères et des services de l'État.
12:01Merci beaucoup, Anne Janté.
12:03On rappelle quand même que le Premier ministre
12:04a l'air de considérer qu'il faut augmenter grandement
12:07cette protection contre les cyberattaques.
12:10Merci à vous d'avoir été avec moi sur ce plateau.
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