Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 17 minutes
Au sortir de l’incendie du Gros Bessillon qui a brûlé plus de la moitié de la commune de Correns (dont 206 ha de vignes), réputée pour ses vins bio, ces vendanges 2026 revêtent une teinte particulière sous couvert de l'appréhension de découvrir un goût fumé, conséquences de l'exposition au feu.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Là c'est les fins de presse, c'est un petit peu coloré, on a un joli nez, un joli
00:06fruit rouge.
00:10Ce qui est rassurant c'est qu'on n'a pas déjà d'odeur, c'est assez net.
00:14C'est quand même des vendanges qui sont assez spéciales pour nous,
00:19parce que sortie de l'incendie on doit attaquer quelques jours après les vendanges,
00:22il a fallu être réactif, il fallait rapidement analyser secteur par secteur
00:29pour se rendre compte de l'intensité, on va dire, des marqueurs sur le raisin
00:35s'il y avait possibilité d'avoir un goût de fumée.
00:47Depuis 2h du matin à Corrance, le bal est bien rodé.
00:52Pendant que les tracteurs font les va-et-vient entre les champs de vignes
00:55et leurs respectifs chers de vinification,
00:57et que les chefs d'exploitation tels que Robert Nourisson du domaine des Aspras s'activent,
01:01il est similaire qu'à non loin de là, du côté de la cave coopérative,
01:05alors que l'aube se lève déjà.
01:07C'est un peu particulier, on est passé de se battre contre le feu en quelques jours à la vendange,
01:12on sera peut-être un peu plus fatigué que les autres années à la fin,
01:14mais ça va le faire.
01:16Sur fond de paysages totalement brûlés par endroits,
01:18il s'amorce donc ses vendanges précoces.
01:20Précoces et paradoxalement plus tardifs que la majorité des exploitations de la région.
01:24En effet, souhaitant se prémunir au maximum de l'effet post-incendie
01:28et du risque de contamination gustative des mous de raisin,
01:31il a été préférable d'attendre les résultats de la quinzaine de prélèvements effectués en amont,
01:35et ce, en différentes parcelles.
01:37C'est vite 200 grains qu'on prend et qu'on fait envoyer à un laboratoire.
01:41C'est ce qu'on a fait sur la totalité du vignoble pour être sûrs comment on allait travailler,
01:46et déjà pour nous, savoir si vraiment il y avait le raisin qui avait absorbé cette odeur de fumée.
01:52Contre le feu, oui, on a des marqueurs qui ont été positifs,
01:56et sinon dans le reste du vignoble, franchement très très faible, même pas significatif.
02:01Température des fumées, sens du vent, distance avec le cœur du feu ou encore temps d'exposition,
02:06autant de paramètres à prendre en considération ayant leur impact physico-chimique,
02:11principalement sur les vins rouges, plus complexes à filtrer que les blancs ou rosés,
02:14du fait d'une fermentation bien plus longue.
02:16Par expérience, on s'est rendu compte qu'il ressort le goût de fumée
02:20parce qu'il y a un échange plus longtemps entre le liquide et la matière solide.
02:25Et ça, le grain va le donner au liquide, et on peut retrouver des goûts de fumée
02:31peut-être dix mois, un an après dans la bouteille.
02:34Et donc on ne prend aucun risque.
02:35Pourtant, il y aurait des parcelles, je pense qu'on pourrait le faire,
02:38mais c'est une année un peu spéciale, l'incendie, donc on ne prend aucun risque.
02:43Et on est allé sélectionner d'autres rouges ailleurs,
02:46d'autres parcelles pour faire des rouges cette année.
02:49Malgré une perte à court et moyen terme estimée à près de 20%
02:52sur les 180 hectares que compte le vignoble,
02:54la trentaine de vignerons composant la coopérative demeure positive
02:57et d'autant plus face à un millésime 2026, notamment rosés,
03:01qui s'annonce au dire des experts très prometteurs.
Commentaires

Recommandations