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  • il y a 2 jours
Après la réunion entre Laurent Nuñez et l'intersyndicale des pompiers, les soldats du feu se sont dit «très déçus». «Le ministre de l'Intérieur ne peut rien pour nous», a notamment déploré Stéphane Lessire, pompier et porte-parole du syndicat Sud. 

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Transcription
00:00– En fait, on est perdus aujourd'hui parce qu'on pensait que réellement
00:02notre patron c'était le ministre de l'Intérieur.
00:06Donc voilà, et cette séquence-là me fait peine pour lui en fait.
00:10Sérieusement, je ne suis pas en train de jouer sur les mots,
00:12mais j'ai vraiment peine parce qu'en fait, il ne peut rien pour nous, absolument rien.
00:17Le deuxième temps fort de son interview, c'est quand en fait,
00:19il nous parle de la Constitution et des textes de lois.
00:23Et en fait, ce qu'il n'a pas compris, c'est que les enjeux financiers,
00:29ce qu'il n'a pas compris de toute façon, c'est que le feu, il continue d'avancer,
00:32il ne s'occupe pas des textes de lois, il ne s'occupe pas de qui paye en fait.
00:36Donc il peut nous raconter tout ce qu'il veut, la Constitution se modifie
00:40si vraiment ça pose un problème que l'État alimente la sécurité civile,
00:43c'est-à-dire les départements avec de l'argent, moi je n'y crois pas,
00:46mais admettons qu'il ait raison, arrêtez, on peut tout changer en fait,
00:49on n'est quand même pas dans le marbre.
00:51Et c'est exactement ça l'État aujourd'hui.
00:52En fait, on se noie dans un verre d'eau, voilà, on en est là.
00:55– Stéphane Lecire, sapeur-pompier, porte-parole du syndicat Sud,
00:58je vous ai également entendu parler de déconnexion de la part
01:02d'un certain nombre de nos dirigeants, je pense que vous faisiez même référence
01:04directement au président de la République.
01:06En quoi il y a cette déconnexion aujourd'hui entre le terrain,
01:09la réalité que vous vivez, et les décisions qui sont prises au sommet de l'État ?
01:14– Je vais encore prendre mon franc à parler,
01:17mais ce n'est pas possible de voir la conférence de presse qu'on a vue à Bordeaux.
01:21On a peut-être des sapeurs-pompiers volontaires chez nous,
01:23mais là, on a des amateurs, clairement, on a des amateurs.
01:26Enfin, voir le président découvrir que les Canadaires ne peuvent pas larguer la nuit,
01:30mais j'étais estomaqué, voir la préfète de région,
01:32qui n'est quand même pas un petit poste, autant light,
01:35mais j'ai même envie de pleurer, en fait, pour vous dire,
01:39parce que je me dis, mais comment on va réussir pour leur faire comprendre
01:41qu'ils sont complètement, même, ils ne sont même pas hors sol, en fait,
01:45ce n'est pas vrai, ils sont satellisés, en fait,
01:46ils sont bien trop loin par rapport à nous, en fait.
01:48C'est ça, la vérité.
01:50– Et quand vous voyez, alors, ça n'a peut-être pas…
01:53– Non, ça n'a peut-être pas aucun rapport,
01:54mais quand vous voyez le président de la République en vacances,
01:57est-ce que vous êtes choqué, vous, par ces images ?
02:00On en a parlé tout à l'heure du président qui est en vacances sur son jet ski.
02:03Est-ce qu'il y a des connexions, là aussi un décalage,
02:06ou est-ce que vous dites qu'il a le droit de partir en vacances ?
02:08– Bon, honnêtement, je n'irai pas sur ce terrain-là.
02:10Je vais vous dire pourquoi, parce que ça ne changera rien
02:12aux conditions des sapeurs-pompiers sur le terrain aujourd'hui,
02:14qui prennent ses vacances.
02:16Il est comme tout salarié, puisqu'il est salarié de l'État,
02:19donc il a le droit à ses vacances.
02:21Je pense qu'honnêtement, son téléphone doit sonner souvent
02:23et il ne doit pas avoir le repos qu'on imagine.
02:25Alors oui, je vois bien la une de par image,
02:26bon, ça fait causer pour le coup.
02:28Mais en fait, ça ne fait pas avancer la sécurité civile.
02:31Donc, à la limite, je préfère qu'il soit à Brégançon
02:33plutôt que sur le théâtre des interventions
02:35et que ça nous bloque complètement,
02:36parce que vous imaginez le service de sécurité qu'il y a derrière.
02:39Mais honnêtement, si je suis vraiment honnête avec vous,
02:41et je le suis, je sais très bien que ses vacances
02:43ne sont pas tout repos quand même.
02:45– Il a beaucoup d'obligations, bien sûr.
02:48Dernière question, il y a cette mobilisation au mois de septembre.
02:51Vous allez donc vous mobiliser à la fin du mois de septembre.
02:53C'est d'ores et déjà prévu à Paris, particulièrement,
02:56Place de la République.
02:57Jusqu'ici, comment vous allez envisager les discussions ?
03:00Est-ce qu'il y a d'autres concertations ?
03:02Je sais que ce mot-là, parfois, il risque le poil,
03:04qui sont prévues.
03:06– Je veux quand même être clair sur le président.
03:08Je ne pleure pas sur sa situation,
03:09parce qu'on le paye pour ça, donc il n'y a pas de problème avec ça.
03:11Et concernant le mouvement social qui aura lieu le 26, 27, 28 et 29 septembre à Paris,
03:18vous avez compris qu'on était en intersyndical.
03:20Neuf syndicats, 100% des syndicats professionnels, une première.
03:24Donc on est en train de, chacun, de travailler sur qu'est-ce qu'on imagine.
03:28On veut que ce soit quand même… que ça attire le public.
03:30Le but, ce n'est pas de brailler aux fenêtres l'idée.
03:34C'est vraiment que la population comprenne qu'aujourd'hui,
03:37les sapeurs compliqués, pour une fois,
03:38c'est nous qui avons besoin de la population.
03:40Si la population ne le comprend pas, je le dis clairement,
03:43ce n'est pas parce qu'il y a neuf organisations syndicales,
03:45des collègues derrière qui nous poussent,
03:47qui, vous voyez bien, ça ne fait pas avancer le schmilblick pour le moment.
03:50Donc la population française, il faut vraiment qu'elle prenne son destin en main.
03:53– Je pense que la population vous soutient.
03:55Merci Stéphane Lecire d'avoir été en direct avec nous sur Antenne de Sénu.
03:58– Excusez-moi, je veux juste dire, ce n'est pas que de soutenir en fait.
04:00Ce n'est pas la peine d'applaudir, les casseroles, ce n'est pas ça.
04:02En fait, il y a besoin d'une action aussi de nos citoyens.
04:04Je vous promets que c'est important.
04:05On en reparlera certainement, vous inquiétez pas.
04:07– Avec grand plaisir et vous êtes toujours le bienvenu sur notre antenne.
04:09Merci beaucoup Stéphane Lecire d'avoir été en direct avec nous.
04:11Vous êtes sapeur-pompier, porte-parole du syndicat Sud.
04:14C'est important aussi d'un point de vue, j'allais dire, politique et presque symbolique.
04:18C'est-à-dire que les promesses qui ont été faites
04:20lorsque les élus sont allés par exemple en Gironde au mois de juillet,
04:23elles doivent avoir une concrétisation.
04:25Ce n'est pas une option, ça doit se concrétiser.
04:28C'est ça qu'attendent les pompiers.
04:29Ils ont reçu des soutiens, mais maintenant, il faut que ça se concrétise en acte.
04:34Donc, gouverner, c'est anticiper.
04:37Et on voit bien ici qu'il n'y a eu aucune anticipation faite
04:39par les différents gouvernements sur justement ce problème des incendies et de la canicule.
04:44C'est-à-dire que quand on voit, quand on a beaucoup parlé de la polémique des canadaires,
04:48mais les canadaires, c'était de l'anticipation.
04:51Quand on voit les moyens qu'ont les pompiers, c'est aussi de l'anticipation
04:56parce qu'il faut faire passer des budgets, des lois, des lois de finances, etc.
05:00Et donc forcément, on se retrouve avec une situation, on a un ministre de l'Intérieur
05:03qui explique que ce n'est pas dans son cadre de sécution, c'est plus son périmètre.
05:11Et donc, on voit là un gouvernement qui est complètement à côté de la plaque
05:14ou en tout cas, qui n'a plus les moyens concrets d'aider ces pompiers
05:18qui sont sur le terrain et en première ligne face au feu de forêt.
05:21Et en plus, c'est un système qui s'effondre par le haut.
05:23C'est-à-dire qu'en bas, ça tient, les pompiers, ils tiennent.
05:25On a vu là, ils tiennent.
05:27Et d'ailleurs, encore en ce moment, au moment où on se parle dans les Landes,
05:30les agriculteurs les ont aidés.
05:31Tout s'est mis en place, ça tient.
05:33Et par contre, par le haut, visiblement, on est à côté de la plaque.
05:36C'est le principe en France, malheureusement, pour toutes les institutions.
05:40Prenez la santé.
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