00:00Retour en France avec l'utilisation des drones à l'échelle industrielle.
00:04Ces appareils permettent la livraison notamment de cannabis en prison.
00:08L'histoire se passe à la prison de Villefranche-sur-Saône, près de Lyon.
00:12Paul Conch, service police-justice de BFMTV, bonjour.
00:15Bonjour Eufide.
00:16Vous êtes avec nous en plateau pour parler de cette affaire.
00:18En moins de deux mois, plusieurs centaines de livraisons ont été effectuées.
00:21Un système apparemment très très bien rodé.
00:24Oui, la fréquence est effectivement impressionnante.
00:26Ils ont procédé à 1850 livraisons de colis par drone dans l'espace de 51 jours, ont compté les enquêteurs.
00:32Ça fait en moyenne 36 colis par jour quand même, acheminés directement aux prisonniers à l'aide de drones télécommandés.
00:39L'opération était bien rodée parce qu'ils faisaient voler leur drone depuis deux zones de décollage situées près de
00:44la maison d'arrêt.
00:45C'est finalement la gendarmerie qui a mis un terme à ce trafic.
00:48Une opération conjointe de la section de recherche de Lyon et de la brigade de recherche de Trévoux.
00:53Après plusieurs opérations de surveillance, ils ont lancé un coup de filet ce 4 août à l'aide notamment de
00:58pelotons d'intervention et d'équipes cynophiles.
01:01Cinq personnes interpellées dont trois en flagrant délit, en plein vol de drones, quatre majeurs et un mineur.
01:06Les enquêteurs ont d'ailleurs saisi au passage un demi-kilo de cannabis, 6000 euros en espèces, un drone et
01:11ses 18 batteries.
01:12Ils devaient être jugés normalement en comparution immédiate la semaine dernière, mais ils ont demandé tous un délai pour préparer
01:17leur défense.
01:18Donc la plupart ont été écroués dans l'attente de leur procès. Il aura lieu à la rentrée.
01:23Et on en parle avec notre invité Sylvain Royer, secrétaire général adjoint de l'UFAP, qui est avec nous.
01:28Jusqu'à présent, M. Royer, on parlait des prisons, on redoutait des évasions.
01:33Et désormais, on scrute de près ces livraisons, c'est ça ?
01:38Oui, oui, oui, c'est ça. Bonjour. Du coup, c'est la maladie des drones sur tous les établissements pénitentiaires.
01:47Et on en a l'exemple frappant sur Villefranche-sur-Saône, effectivement, avec des livraisons qui sont quotidiennes,
01:57notamment en service de nuit où ça n'arrête pas. On a constamment des balais de drones qui passent au
02:04-dessus du centre pénitentiaire.
02:06Et ça devient très compliqué pour le peu de personnel qui sont sur place.
02:10Alors, ce n'est pas nouveau, cette affaire. On en parlait tout à l'heure en préparant cette émission avec
02:14Paul.
02:14Ça date depuis des années. Ce qui surprend et ce qui étonne, c'est que ce sont des quantités absolument
02:20industrielles
02:21et que le système est vraiment très, très bien rodé.
02:25Oui, oui, oui. Du coup, on a affaire à des trafiquants de drogue et puis à la criminalité organisée.
02:33Donc, il y a beaucoup de moyens. Il y a du budget pour faire ces livraisons.
02:39Et puis, on a des gens qui sont à plusieurs kilomètres de la prison, qui pilotent les drones et qui
02:44viennent faire les livraisons.
02:45Alors, en plus de ça, ils font les livraisons directement à la cellule.
02:49Les détenus appellent ça le Uber Sheet ou alors, voilà, ils viennent directement à la cellule
02:55puisque toutes les grilles qui protègent normalement, qui sont là contre ces livraisons,
03:01sont cassées ou sont dégradées et ne sont plus réparées parce que ça coûte un pognon monstre.
03:07Question de Paul Conge.
03:09Oui, une petite question. C'est vrai que là, quand on voit la quantité de livraisons qui a été détectée,
03:131850 livraisons, à un moment donné, je suppose que les personnels pénitentiaires,
03:17et les remarques, ces drones, lorsqu'ils s'approchent de la prison,
03:20comment ça se fait qu'il y en a autant qui puissent, disons, y accéder sans que ça s'interrompe
03:25?
03:27Alors, en fait, on a des brouilleurs.
03:30On est censé avoir des brouilleurs de drones sur les établissements,
03:34sauf que soit ce n'est pas mis à jour, soit c'est du numérique et du coup, les détenus
03:40ou alors ceux qui viennent faire les livraisons
03:42ont trouvé le système, la faille pour pouvoir passer au travers.
03:45Donc, en fait, ça ne sert plus à rien.
03:46Il y a des millions d'euros qui ont été investis là-dedans.
03:49Et du coup, on se retrouve avec des drones qui continuent de passer, les surveillants alertent.
03:55Sauf que les surveillants, je vous explique, à Villefranche-sur-Sonne, il y a quasiment 1 000 détenus.
03:59Ils sont neufs pour faire la nuit.
04:01Donc, vous imaginez bien qu'à neuf, ils ne vont pas révolutionner,
04:04ils ne vont pas pouvoir aller taper toutes les cellules là où il y a eu les livraisons.
04:07Donc, c'est extrêmement compliqué.
04:09Ils sont là en train de regarder les drones passer, ils alertent, ils font le maximum qu'ils peuvent faire.
04:15Mais c'est pour ça qu'à l'UFAP, une sa justice, nous en demandent directement à pouvoir mettre des
04:19volières,
04:20vous savez, du métal déployé directement qui partent des façades jusqu'au sol,
04:26à quelques mètres de la fenêtre de cellule.
04:30Et du coup, là, il n'y a pas de mise à jour à faire, il n'y a rien
04:33à faire.
04:33Et du coup, il n'y aurait plus du tout de livraison.
04:35Merci.
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