00:01Je ne m'attendais pas vraiment à ça non plus.
00:03Vous avez fait tout pour d'une certaine façon,
00:05puisque vous allez faire des concerts qui vraiment marqueront votre histoire à vous,
00:11puisque à partir de vendredi et donc jusqu'à dimanche,
00:13on va vous retrouver au Parc des Princes.
00:15On sait d'ores et déjà qu'il est trop historique,
00:17puisque je crois que ce sera la dernière fois qu'un chanteur se produira là.
00:20Il y a eu Michael Jackson, il y a eu Prince, il y a eu Lerling Stone,
00:23il y aura Johnny Heddy, puis après il n'y aura plus de spectacles au Parc des Princes, c'est
00:26vrai.
00:28Le Parc des Princes sera l'endroit pour le football et il n'y aura plus de musique au Parc
00:33des Princes.
00:34Donc je suis, je pense, le premier Français à le faire et le dernier.
00:38Mais bon, ce que j'ai voulu faire surtout par rapport au Parc des Princes,
00:43ce n'était pas de faire un spectacle de plus,
00:45c'était surtout de faire ce que je considère quelque chose qui marque moi personnellement,
00:51pas uniquement ma carrière, mais moi qui marque dans ma vie en tant qu'homme
00:58et en tant qu'avoir fait pas mal de spectacles.
01:03C'était toujours difficile d'aller plus loin.
01:05Donc il me fallait quelque chose de différent.
01:08Je sais que moi, quand j'ai sauté de l'Olympia au Palais des Sports,
01:12ça m'a semblé très grand le Palais des Sports.
01:14Ensuite, quand j'ai sauté du Palais des Sports à Bercy,
01:18Bercy m'a apparu très grand.
01:19Je peux vous dire une chose, c'est que ce matin, j'ai été au Parc des Princes
01:22regarder un petit peu le montage de la scène, de la structure de la scène, etc.
01:27et que ça me paraît encore complètement dingue et encore beaucoup plus grand.
01:31Le prix de vertige pour l'instant.
01:32Mais il ne faut pas, je ne le prends pas en me disant
01:35j'ai trop le trac parce que je vais faire un spectacle.
01:38C'est une fête que je fais plutôt.
01:40On a l'impression en même temps que vous voulez rentrer dans le livre Guinness des records.
01:44Non, non.
01:44Une scène de 120 mètres de large.
01:46C'est simplement que je voulais faire un spectacle un petit peu différent des autres
01:49et puis faire quelque chose que je n'avais pas encore fait.
01:52J'ai fait tellement de choses.
01:52Vous savez, ce n'est pas la première fois que je chante devant 100 000 personnes.
01:56J'ai fait des tournées en Amérique du Sud.
01:58J'ai fait, bon, les stades là-bas, j'ai chanté devant 80 000, 120 000 personnes.
02:05Je veux dire, on trouve beaucoup plus ça, plus ça d'ailleurs à l'étranger qu'en France.
02:09C'est vrai qu'en France, il n'y a pas beaucoup d'endroits qui sont très grands pour faire
02:12beaucoup de spectateurs dans une même soirée.
02:16Mais ce n'est pas la première fois que ça se produit pour moi dans mon pays.
02:21Vous vous souvenez de ce qui s'était passé il y a tout juste 30 ans, le 22 juin 1963
02:25?
02:25La Nation, oui.
02:26Alors là, il y avait à peu près 150 000 personnes.
02:28Oui, c'est vrai.
02:29Ce qui ira à peu près sur les trois jours au Parc des Princes.
02:33Et ça, c'était à l'appel de Philippe Aki, qui s'occupait à ce moment-là de Salut les
02:37Copains et qui avait fêté comme ça son premier anniversaire.
02:40On retrouve d'ailleurs le numéro 7 de Salut les Copains, qui est édité par Vidéo7 et qui, déjà, vous
02:48mettait en couverture 30 ans après.
02:50On va vous retrouver...
02:51C'est vrai que la musique a énormément changé en France quand j'ai commencé à chanter par rapport à
02:56un certain style de chanteur de l'époque.
02:58Et que j'ai commencé, si on peut dire, j'ai commencé avec Daniel Philippe Aki et Franteno.
03:04J'ai commencé la première émission de Salut les Copains.
03:07C'est là qu'ils ont commencé à changer leur émission.
03:09Car avant, c'était une émission de jazz et c'était une émission de rock'n'roll.
03:14Alors, ça nous fait donc maintenant un demi-siècle de vie et un tiers-deux-siècle de carrière.
03:18Pour faire 50 ans qu'un demi-siècle, ça fait vraiment...
03:20Bon, on va 33 ans de carrière quand même.
03:2333 ans de carrière qu'on va essayer de résumer.
03:25Je dis toujours que j'ai 18 ans avec 32 ans d'expérience.
03:28Voilà.
03:29Alors nous, on a essayé de les résumer à notre manière en 2 minutes 15, pas beaucoup, par Bernard Gélie.
03:352 minutes 15 de bonheur.
03:45Johnny Hallyday, 33 ans de succès.
03:48Un phénomène qui apparaît en 1960.
03:50Quand il lance en France une musique venue des Etats-Unis, le rock'n'roll, il devient l'idole des
03:55jeunes.
03:55Les premiers concerts, houleux, suscitent une querelle entre anciennes et nouvelles générations.
04:04Mais le 15 juin 1943 à Paris, Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, est artiste depuis toujours.
04:11Élevé par sa tante, il a grandi dans une famille de danseurs et chantait très tôt dans leur spectacle.
04:16Après l'époque des bandes de copains au Golfe Drour, où il interprète ses premiers rocs, il emprunte à 17
04:22ans le chemin de la gloire.
04:24Rien ne l'en détournera.
04:25Ni la coupure du service militaire, fatale à Elvis Presley, ni les changements de mode et de mentalité auxquels il
04:32s'est toujours adapté.
04:37Les accidents au volant de ses bolides, les bagarres avec des provocateurs et même une tentative de suicide en 1966,
04:45il s'en remettra.
04:46Tout comme il surmontera ses peines de cœur.
04:48Divorce de Sylvie Vartan après 15 ans de mariage, de Babette Etienne et d'Adeline Blondiot après des unions plus
04:54courtes,
04:55sans compter les nombreux idyles qui vont et viennent.
04:58Johnny balaie l'adversité et trouve des raisons d'être heureux.
05:01Il a deux enfants, David Hallyday et Laura, née de sa liaison avec Nathalie Baye.
05:07Il a aussi l'indéfectible fidélité du public dont il est le héros.
05:11Sa rage de vivre, on la retrouve dans des shows de plus en plus spectaculaires.
05:29Adaptation de standards américains, une création sur mesure par des grands compositeurs et paroliers,
05:34Johnny Hallyday compte à son actif plus de 700 chansons.
05:37Au cinéma, il mène aussi sa carrière, on le voit entre autres dans Détectives de Godard
05:42et dans La gamine où il effectue quelques cascades.
05:47Aujourd'hui, Johnny frappe plus fort que jamais.
05:50Une caravane de semi-remorques a transporté la scène qui vient d'être installée au Parc des Princes.
05:55Un décor grand comme l'Amérique dans lequel il célébrera avec ses fans son 50e anniversaire.
06:07C'est difficile de tout résumer, on aurait pu revenir encore plus en arrière,
06:11notamment à l'époque où vous vous promeniez avec Lee et Desta Hallyday et que vous chantiez du Brassens.
06:17Oui, c'est vrai, avant de chanter du rock'n'roll, j'étais un fan.
06:23Car moi aussi j'étais fan dans ma vie.
06:25J'étais un fan de Georges Brassens et j'ai commencé à faire ce métier en chantant les chansons de
06:30Georges Brassens.
06:31Et puis la guitare, c'était les jeux interdits ?
06:33Les jeux interdits, j'avais suivi une école de musique classique.
06:40Je n'étais pas du tout au départ, il n'était pas du tout écrit que j'allais faire du
06:43rock'n'roll à jour.
06:44Et vous vous rendez compte que dans cette guitare qui se trouve ici, votre éditeur Polygramme a réussi à retrouver
06:50vos...
06:50Jean-Yves Villet qui s'occupe des designs et de mes disques au sein de Font-Lagramme a imaginé pour
06:58mon 50e anniversaire faire un étude guitare,
07:00ce qui est le symbole de ma carrière, avec tous mes CD de tous mes disques depuis...
07:06Et il y en a une quarantaine.
07:07Il y a maintenant, oui.
07:08Quarantaine de compacts disques.
07:10C'est vrai que vous vous êtes fait sortir d'un restaurant un jour par les clients à l'oreille
07:15du bois il y a très très très longtemps,
07:16quand vous avez commencé à chanter, et à ce moment-là on ne vous aimait pas toujours.
07:20Oui, bon, j'étais moum, je chantais deux chansons au milieu du numéro de danse de Destin et L. Hallyday,
07:28pour qu'ils aient le temps de pouvoir changer de costume,
07:31mais je faisais trop de bruit, parce que c'est à l'époque où je commençais à chanter des chansons
07:35d'Élise Poisset,
07:36ça faisait trop de bruit pour les diners, et on m'a demandé d'arrêter,
07:39et on a viré non seulement moi, mais on a ce qui est embêtant, on a viré aussi Destin et
07:43L. Hallyday.
07:43Ah oui.
07:44Bon, on fait toujours autant de bruit, mais on peut dire que vous êtes beaucoup plus apprécié qu'à l
07:48'époque, en 59.
07:49Je crois que les gens se sont habitués à ce genre de musique, surtout.
07:54Ah, c'est le moins compliqué.
07:54Et peut-être aussi que la musique a évolué aussi depuis.
07:57Écoutez ce qu'on pense un peu comme ça, quelques générations,
08:00bon, ce sont des sondages qui n'ont évidemment pas valeur représentative,
08:04mais qui montrent bien que plusieurs générations, et tous les niveaux, toutes les couches sociales,
08:10aiment Johnny Hallyday.
08:11Reportage de Denis Borinetti à Paris de Thierry Cabane à Nantes.
08:16Quand on aimait Johnny à l'époque, on avait 20 ans, habillés comme papa, maman peut-être,
08:20à peine les premiers blousons.
08:21On cassait parfois des chaises à l'Olympia, on ne disait pas les jeunes, on disait les yéyés.
08:25Johnny entrait dans l'histoire.
08:26Eux ont entre 40 et 50 ans et aiment toujours Johnny.
08:31C'est ma jeunesse.
08:33Johnny reste toujours jeune, il a une pêche d'enfer.
08:36Je suis tous à concert depuis 1969.
08:38A chaque fois, j'ai l'impression qu'il ne me surprendra plus et je me suis complètement épatée.
08:42J'allais au Golf Roo, j'allais à l'Olympia pour les concours de teenagers et autres.
08:49Ah oui, c'est formidable, ça me rafraîchit d'un coup.
08:52Les années passaient, les cheveux poussaient, années 70, toujours des garçons qui bougent et des filles qui hurlent.
08:57C'était le bon vieux temps du rock'n'roll.
08:59Aujourd'hui, ils ont de 30 à 40 ans.
09:02Aujourd'hui, ils vont encore à ces concerts et ils aiment Johnny.
09:09Ça fait 20 ans que je ne l'avais pas vu.
09:11J'avais 14 ans et là, je suis revenu, je suis super heureux.
09:14Il touche toutes les générations, j'ai mon fils qui a 13 ans, il est mieux avec moi.
09:17Que je t'aime, que je t'aime, que je t'aime.
09:22Ils vont au Zénith ou ailleurs pour la musique, ils ont toutes ces paroles dans la tête, ils ont 20
09:26ans ou à peine et ils aiment Johnny.
09:28Même s'il vieillit, même s'il ne bouge plus comme avant, c'est toujours le Johnny à l'idée
09:33nationale.
09:34Mais ce que j'aime chez lui, c'est qu'il se remet toujours en question et qu'il n
09:37'a pas peur.
09:39Et ses concerts, il est fait jusqu'au fond du même, c'est ça qui est important.
09:42La musique, elle vient de là, elle vient du blues.
09:44Il y a quelque chose en vous de Tennessee.
09:51Des générations à l'idée qui se l'arrachent, autant d'époques de millions de spectateurs.
09:55Johnny, c'est la bande-son de leurs films.
09:57Certains font des souvenirs, certains font des collections.
10:00Ils ont gardé la chemise ou la cravate en soeur, la dédicace ou le vieux 45 tours.
10:05Les autres simplement continuent à chanter.
10:07C'est un mythe en plus abordable.
10:09C'est un mythe vivant quoi.
10:10Il y a quelque chose en vous de Tennessee.
10:15Quelque chose de Tennessee.
10:20Au Ténétier, il y a des femmes,
10:24il faut savoir, ça va valer le cœur.
10:26Il y a des projets dans ce métier.
10:34Dites donc, qu'est-ce qu'ils vous aiment ?
10:35Et quand on voit des hommes politiques,
10:37ou par exemple Édouard Balladur dans Le Parisien,
10:39qui dit qu'il est un fan de Johnny,
10:41alors qu'on n'imagine pas vraiment un blouson de cuir,
10:44c'est impressionnant de réunir comme ça
10:46autant d'adhésion sur son nom.
10:51Vous savez que son chauffeur fait partie de mon club de moto.
10:54Ah, c'est déjà quelque chose.
10:56C'est peut-être lui qui fait passer les CD.
10:57Peut-être, c'est lui qui me fait passer le message.
11:00Mais est-ce que vous trouvez que c'est...
11:02Parfois, on a pensé que c'était un peu numérique.
11:04J'ai des souvenirs formidables.
11:05J'ai des souvenirs de...
11:06Bon, ce qu'on ne sait pas,
11:07parce que c'est vrai que moi,
11:10les partis politiques m'intéressent moins que les hommes,
11:13en général.
11:14Parce que, quelque part,
11:15tout finit par se ressembler un peu.
11:18Mais c'est vrai que de Georges Marchais
11:20à mon ami Jacques Chirac,
11:22à plein d'hommes politiques,
11:24sont toujours venus me voir à tous mes spectacles.
11:25Et c'est drôle de voir que des hommes
11:27de politique différentes viennent
11:29et sont des gens, finalement,
11:32quand on les voit en dehors de la télévision,
11:34sont des gens qui sont tout à fait charmants,
11:36tout à fait fraudables
11:38et tout à fait, je veux dire, proches de nous.
11:41Et quand on se reporte en arrière...
11:42Et ça, c'est hors caméra et c'est hors photo.
11:44Ce sont des gens qui viennent vraiment
11:46vous voir dans votre loge
11:47pour vous dire bravo,
11:48on est content d'être venus.
11:50C'est ça qui est bien, surtout.
11:52Et quand vous aviez animé
11:52l'arme de Noël de l'Élysée en 1962
11:56avec le général de Gaulle,
11:57vous avez parlé un peu ?
11:59Il était ou il était resté ?
12:01Non, mais le général de Gaulle...
12:02D'abord, moi, je ne me rappelle plus
12:04vraiment ce qu'il m'a dit.
12:06Je sais qu'il m'a dit deux mots.
12:07Il m'a dit deux, trois mots.
12:09Mais moi, j'étais tellement impressionné par lui
12:11que moi, je n'ai pas bouffeté.
12:13Alors justement, quand à ce point,
12:15on est admiré par les autres
12:18et qu'on a soi-même admiré,
12:19vous le disiez tout à l'heure,
12:20vous aviez vos idoles, vous, hein ?
12:22Oui, bien sûr.
12:22Elvis Presley et bien d'autres.
12:24Est-ce qu'on ne trouve pas
12:25que c'est un peu immérité de temps en temps
12:26ou peut-être même un peu fou,
12:29toutes ces collections qui s'assassent ?
12:30Ça peut être immérité par rapport
12:32à ce que d'autres gens font
12:34de beaucoup plus important dans la vie.
12:36Je ne sais pas, moi, des chercheurs
12:38qui vont trouver un remède
12:40contre le sida,
12:41ce que j'espère,
12:43ou contre autre chose,
12:44ou les premières grèves du cœur,
12:48ou le premier homme qui était dans la lune.
12:50Mais il y a une chose que, moi,
12:51je ne parle pas pour moi,
12:52je parle en général.
12:54Je crois qu'à l'heure actuelle,
12:55la conjoncture actuelle de la vie,
12:58les gens ont besoin d'espoir,
12:59les gens ont besoin de cette mesure,
13:01ont besoin de rêver.
13:01Je crois qu'il n'y a pas grand-chose
13:02en ce moment qui nous fait rêver.
13:04Et je crois qu'un chanteur
13:05ou un comédien
13:06ou un acteur de théâtre,
13:08du moment qu'on vous fait passer
13:11pas un message,
13:12mais deux heures,
13:13on peut oublier les problèmes,
13:15ses propres problèmes également,
13:17je pense que c'est déjà pas mal, quoi.
13:18C'est du bonheur,
13:19à l'état brut.
13:20Moi, j'essaie de donner
13:21un peu de bonheur aux gens.
13:22Si j'ai réussi,
13:23j'ai gagné.
13:24Enfin, j'ai gagné pour moi.
13:26Et c'est ça qui concerne,
13:27qui fait que vous ne serez
13:28jamais un vieux rockeur ?
13:30Un rockeur n'est jamais vieux.
13:32Merci beaucoup,
13:33Johnny Lidé.
13:33Donc,
13:34à partir de vendredi
13:36au Parc des Princes,
13:37samedi et dimanche,
13:39il y a encore des places,
13:40un tout petit nom,
13:41mais il y en a encore pour dimanche,
13:42je crois.
13:43Madonna.
13:44Merci beaucoup,
13:45en tout cas,
13:45Johnny Lidé,
13:46d'être venu nous voir
13:47pour le soir
13:49de votre 50e anniversaire.
13:51Et puis,
13:52on croise les doigts
13:53pour la suite
13:54et on vous retrouvera
13:55de toute façon
13:56sur TF1
13:56puisque votre concert
13:58sera retransmis.
13:59Pendant un instant,
14:00la méthode...
14:00...vénement musical de l'année,
14:02on en est à Jésus.
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