00:00Bonjour Edwige Diaz. Bonjour, merci pour votre invitation.
00:02Vice-présidente du Rassemblement National, députée de la Gironde.
00:06Votre département meurtri par ce méga-feu qui a ravagé 42 000 hectares de pinettes, détruit plus de 240 maisons.
00:12Une catastrophe de cette ampleur était-elle évitable ?
00:16Oui, merci beaucoup de me donner la parole sur ce sujet.
00:19Vous l'avez dit, la Gironde est à nouveau meurtrie après les grands feux de 2022 par ces épisodes d
00:26'incendie.
00:27Je voudrais d'abord avoir une pensée, des remerciements à l'égard des Français, principalement les pompiers, bien sûr, les
00:37bénévoles, les citoyens, les élus locaux, les entrepreneurs, les agriculteurs et aussi les sylviculteurs.
00:43Vous saluez la gestion de crise ? Aucune victime civile ?
00:46Tant mieux. Je pense vraiment que ces drames étaient évitables. Pourquoi ? Parce qu'en fait, aucune leçon n'a
00:53été tirée de 2022.
00:54Moi, je me souviens des promesses qui n'ont pas été tenues, des problèmes d'Emmanuel Macron qui n'ont
00:59pas été tenues.
00:59Vous vous souvenez sur le renouvellement, le développement de la flotte aérienne, sur la construction d'une base de sécurité
01:06civile à Mont-de-Marsan qui finalement a été en tirée.
01:09Le budget de la sécurité civile a augmenté nettement depuis ces dernières années.
01:13Évidemment, on le voit bien, sinon on n'en serait pas à déplorer autant d'évacuations et autant de sinistres.
01:20Donc oui, je pense que ces drames auraient pu être évités.
01:23Nous, au Rassemblement National, nous avons été en pointe pour faire des propositions, pour améliorer le financement des SDIS,
01:30pour sanctionner plus sévèrement notamment les incendies d'origine criminelle.
01:35Nous avons aussi lancé un appel pour que le gouvernement entende l'appel justement des syndicats de sapeurs-pompiers qui
01:43veulent recruter davantage de sapeurs-pompiers volontaires.
01:45Malheureusement, tous nos appels n'ont pas été entendus.
01:47Alors là-dessus, vous dites améliorer le financement des SDIS, donc des services départementaux d'incendie et de secours.
01:53Vos votes à l'Assemblée Nationale ne reflètent pas forcément ça.
01:57En janvier dernier, vous avez voté contre un amendement de gauche qui, justement, permettrait de mieux financer ces services d
02:05'incendie et de secours en augmentant une taxe sur les assurances.
02:07Pourquoi avoir voté contre ?
02:08Merci de me donner la parole sur ce sujet pour démonter cette fake news qui a été relayée par nos
02:14opposants politiques, essentiellement de gauche,
02:16qui, eux, ont une véritable responsabilité en matière de lutte contre les incendies.
02:21Parce qu'en fait, nous, nous ne souhaitons pas augmenter la fiscalité sur les Français.
02:25Nous, nous avons déposé une proposition de loi pour améliorer le financement des SDIS.
02:30C'est-à-dire ne pas augmenter la taxe sur les Français, mais opérer une meilleure clé de répartition.
02:36Malheureusement, notre proposition de loi n'a pas été mise à l'ordre du jour.
02:39Et quand nous l'avons déposée par voie d'amendement, cet amendement a été rejeté à la fois par le
02:43Bloc Central et à la fois par la gauche.
02:44Ça coûte 6 milliards, les services départementaux d'incendie et de secours.
02:49Comment les finances ? On prend où cet argent, vu l'état des finances publiques ?
02:52Vous savez, à chaque moment de discussion budgétaire, nous déposons un contre-budget.
02:57Notre contre-budget de l'année dernière faisait état de 36 milliards d'euros d'économie.
03:02Donc vous voyez, en fait, de l'argent, en France, il y en a.
03:04Et d'ailleurs, les Français le savent, ils payent suffisamment d'impôts.
03:08C'est juste que cet argent est mal réparti.
03:10Donc vous dites que les financements de lutte contre l'incendie coûtent 6 milliards d'euros.
03:14C'est très probablement vrai.
03:16Simplement, en fait, combien coûtent les dégâts ?
03:18Là, vous voyez, combien coûtent les pertes économiques ?
03:21J'étais hier à une réunion avec les acteurs économiques qui nous disent
03:25« Au secours, le tourisme va mal ».
03:26Et d'ailleurs, je me permets de lancer un appel sur vos ondes.
03:30Il faut sauver le mois d'août et le mois de septembre ces mois touristiques.
03:34Parce que les propriétaires de camping, les ostréiculteurs, les restaurateurs, les saisonniers
03:38ont besoin de cette manne économique.
03:40Il y a une très mauvaise communication qui a été faite sur le sujet.
03:44Et donc moi, je le dis, je suis Girondine, nous avons un territoire magnifique.
03:47Nous pouvons vous accueillir en toute sécurité.
03:49La qualité de l'eau, la qualité de l'air sont présentes.
03:51Et donc, revenez sur le terrain et venez sauver notre tourisme estival.
03:55Vous le disiez, Edwige Diaz, vous disiez que cette catastrophe aurait pu être évitable dans son ampleur.
04:00On sait que ça aurait peut-être pu être évité si on s'était attaqué un peu plus franchement au
04:07changement climatique.
04:08Des incendies rendus plus violents par le changement climatique, ça, vous ne le contestez plus aujourd'hui au Rassemblement National
04:13?
04:13On ne l'a jamais contesté.
04:15Et là, pareil, je dénonce le faux procès, le procès en hypocrisie que nous ont fait nos opposants politiques.
04:19Nous n'avons jamais contesté le changement climatique.
04:22Et c'est d'ailleurs pour cette raison, en fait, que nous, nous voulons donner une place essentielle aux agriculteurs,
04:28notamment en matière de gestion de l'eau.
04:29Vous voyez, hier, j'étais sur le terrain, j'étais sur la commune du Temple, j'étais aux côtés de
04:33sylviculteurs.
04:34Ils m'ont expliqué, en fait, que quand vous avez une bande de pain et qu'à côté, vous avez
04:40une plantation de maïs ou de carottes,
04:42du fait que vous ayez irrigué ces plantations agricoles, eh bien, vous stoppiez l'incendie.
04:47Et c'est ce que j'ai vu hier de mes propres yeux.
04:49Sauf que qui sont opposés aux rétentions d'eau ?
04:52Par exemple, qui fait sans cesse la guerre aux agriculteurs ?
04:55Je le dis, ce sont les politiques de gauche.
04:57Pour irriguer, encore faut-il qu'il y ait de l'eau qui tombe ?
04:59Il n'y en a plus.
04:59En Gironde, il y a de l'eau dans les nappes souterraines, vous voyez.
05:02Donc, on a suffisamment d'eau en Gironde.
05:27Ces réactions, non mais voilà, le sujet est très sérieux.
05:30Nous sommes dans une situation de changement climatique.
05:33Nous le savons, nous le savons.
05:35Et même, je vais vous dire, il y a un rapport qui indiquait en 2010, par exemple, que la Gironde
05:38était un département sujet aux incendies.
05:41Qu'est-ce qui a été fait depuis ? Rien du tout.
05:43Donc, je le dis, les responsables politiques macronistes soutenus par la gauche ont, pour le coup, une véritable responsabilité politique
05:50dans les dégâts que nous subissons actuellement.
05:52Edwige Diaz, il y a cette réunion d'urgence aujourd'hui des ministres européens de l'intérieur après la crise
05:57de Ceuta.
05:58C'est 60 000 migrants qui sont arrivés en quelques heures dans l'enclave espagnole.
06:02Toute l'extrême droite, la droite européenne a crié à la submersion.
06:06Force est de constater cinq jours plus tard que la très grande majorité de ces personnes sont retournées au Maroc.
06:11Qu'aucune d'entre elles n'a mis le pied sur le continent européen.
06:14Est-ce que vous ne vous dites pas ce matin que vous avez surréagi ?
06:17Alors déjà, je ne me considère pas d'extrême droite.
06:19Et je considère que le Rassemblement National est tout à fait en phase avec les aspirations des Français qui estiment
06:25qu'il y a trop d'immigration dans notre pays et que les frontières ne sont pas protégées.
06:28A ce titre, je me permets de relayer la pétition lancée par notre partenaire de l'UDR, Éric Ciotti,
06:33qui veut réserver la libre circulation de l'espace Schengen aux nationaux de l'Union européenne.
06:39Et qui veut aussi instaurer des contrôles aux frontières espagnoles.
06:43C'est exactement ce que demande Jordan Bardella et Jordan Bardella a écrit un courrier en tant que président du
06:47groupe Les Patriotes pour l'Europe.
06:49Il a écrit un courrier à la présidence du Parlement européen précisément pour demander en fait la tenue d'une
06:54session extraordinaire du Parlement européen pour protéger l'espace européen et notamment les frontières françaises.
07:02Mais monsieur, qui peut croire qu'aucune de ces personnes qui ont violé une frontière ne se retrouveront pas en
07:11France ?
07:11Pardon, il y a un véritable appel d'air et je le dis, et Pedro Sanchez est responsable de cet
07:19appel d'air et fait le jeu des passeurs.
07:22Et moi vraiment, je soutiens les propos de notre partenaire de vote, Santiago Abascal, qui veut renvoyer les Marocains en
07:30situation d'illégalité.
07:31Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'exploiter cette crise, justement pour vous en prendre au Premier
07:35ministre espagnol, Pedro Sanchez, dont la politique migratoire n'est en effet pas du tout celle que vous préconisez ?
07:40Parce que les images sont marquantes, mais la réalité, c'est ce que nous dit aussi l'agence européenne Frontex,
07:44les arrivées irrégulières en Europe, elles ont baissé de 40% sur les 4 premiers mois de l'année.
07:48C'est ça la réalité de l'immigration régulière aujourd'hui ? C'est une nette baisse ?
07:53Alors, pardon, mais nous avons en France entre 600 000 et 900 000 clandestins, donc je n'ai pas l
07:57'impression qu'il y ait une baisse de l'immigration clandestine dans notre pays.
08:01Vous savez, la politique du socialiste Pedro Sanchez, elle est contestée pas que par le Rassemblement National.
08:07Vous savez, il y a 22 dirigeants européens qui ont demandé une conférence en urgence, à laquelle d'ailleurs, c
08:13'est un courrier que Macron n'a pas signé.
08:15Vous voyez, donc en fait, c'est toute l'Union européenne, c'est tous les dirigeants de l'Union européenne
08:19qui se désolidarisent de la politique menée par le socialiste espagnol
08:23et qui disent stop à l'instrumentalisation des migrations et stop à l'entrée illégale qui donne droit à de
08:30la régularisation.
08:30À la tête de ce mouvement, il y a Giorgia Meloni en Italie, votre alliée italienne.
08:35Elle a rétabli les frontières avec l'Espagne ces derniers jours.
08:38Elle lui a refusé la solidarité européenne dont elle avait pourtant bénéficié, elle, en 2023,
08:42quand là aussi des milliers de migrants avaient débarqué sur l'île de Lampedusa.
08:46Donc, il fallait venir en aide à l'Italie il y a trois ans et laisser l'Espagne seule aujourd
08:50'hui et la pointer du doigt.
08:52Non, mais en fait, l'Espagne n'est pas victime de cette situation.
08:54L'Espagne a organisé cette situation migratoire.
08:57C'est ce socialiste Pedro Sanchez qui, lui, est favorable à la régularisation des clandestins qui a véritablement lancé un
09:04appel d'air.
09:05Donc là, vous comparez deux choses qui ne sont pas comparables.
09:07Et moi, vous savez, en tant que responsable politique française,
09:09eh bien oui, je le dis que nous devons protéger les Français de cette submersion migratoire
09:15dont, je le dis, les Français ne veulent pas, en réalité.
09:18On ne connaît pas, par exemple, aujourd'hui encore très précisément le rôle du Maroc dans cette histoire.
09:24On ne connaît pas les raisons de cet afflux soudain et qui n'a duré que quelques heures à Ceuta.
09:29Ça, ça n'a pas grand-chose à voir avec la politique migratoire de M. Sanchez.
09:32Il faudra, en effet, éclaircir le rôle du Maroc sur cette situation.
09:36Mais c'est vrai que si le Maroc ne faisait pas preuve de coopération et ne reprenait pas ses clandestins,
09:43eh bien, en effet, je pense que nous aurions des moyens de coercition.
09:45Vous savez, l'Union européenne, entre 2021 et 2025, a attribué 2 milliards de subventions au Maroc,
09:52dont 200 millions, notamment pour gérer la question migratoire et faire la lutte contre les passeurs.
09:57Donc, si le Maroc n'a pas rempli son contrat, il faudra, en effet, suspendre les financements européens.
10:02Edwige Diaz, un mot de cet arrêté d'expulsion qui vise la chroniqueuse russe pro-Kremlin, Xenia Fedorova.
10:09Comment vous qualifiez, vous, cette décision du gouvernement ?
10:12Écoutez, je n'ai pas été dans le détail. Je regarderai un petit peu plus tard et je vous dirai
10:15prochainement.
10:17Parce qu'on sent un certain embarras au sein du RN. Vous n'êtes pas tous d'accord là-dessus.
10:20Thierry Mariani, notamment, a dit qu'on fait taire une des rares voix dissonantes dans la presse française
10:25qui ne répétaient pas le récit autorisé sur l'Ukraine.
10:28Écoutez, moi, je n'ai pas affaire d'ingérence et je le dis, j'ai été très prise par la
10:32question des incendies en Gironde ces derniers jours.
10:34Ce qui m'a pris beaucoup de temps, j'ai fait beaucoup de visites de terrain, je suis venue en
10:38aide à des sinistrés.
10:39Je me suis engagée en tant que citoyenne et donc, oui, désolée, vous savez la situation qu'a connue la
10:43Gironde.
10:44Et donc, malheureusement, j'aurais aimé consacrément faire autre chose,
10:48mais malheureusement, il a fallu que je gère les priorités.
10:51Et donc, oui, je le dis, j'ai été aux côtés de Sinistré en Gironde et j'ai tenu mon
10:54rôle de responsable politique girondine.
10:56Edwige Diaz, vice-présidente du RN, invité d'Inter ce matin.
11:00Merci et bonne journée.
11:01Merci.
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