- il y a 20 heures
À l'occasion de la fin du Tour de France, conclue par la victoire de Mathieu van der Poel (Alpecin-Premier Tech) sur la dernière étape et le sacre de Tadej Pogacar au classement général, le "Druide" Cyrille Guimard est revenu, au micro de Cyclism'Actu, sur cette édition 2026 de la Grande Boucle. Il s'est notamment exprimé sur les performances des coureurs français, et en particulier sur celles de Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM), 4e du classement général à seulement 19 ans.
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00:04Bonjour Cécile Guimard, très content de vous retrouver sur Cyclisme Actu.
00:09Ça y est, le Tour de France est terminé, trois semaines de course éprouvante sous la chaleur,
00:15dominée par Tadej Pogachar, qui s'est soldé ce dimanche par la victoire de Mathieu Van Der Poel,
00:22au terme d'une belle bataille, avec Tadej Pogachar notamment.
00:27Il y a une question que tout le monde se pose, pourquoi on a gelé justement les temps sur cette
00:32dernière étape,
00:32étant donné qu'on a ajouté la triple ascension de la butte Montmartre ?
00:38De ton point de vue, est-ce que c'est mieux de geler les temps sur cette dernière étape,
00:46ou est-ce qu'on doit laisser la course se faire ?
00:50C'est une question intéressante, elle est un petit peu philosophique, on va dire.
01:01Les premières fois où il y a eu des temps gelés sur les Champs-Elysées,
01:07ça remonte en 1977, ou tout du moins, les... 77 ou 75, je ne sais même plus, enfin bref,
01:17où il n'avait plu sur les Champs, il y avait eu une grosse chute, et c'était Tévenet qui
01:20était maillot jaune.
01:20Donc derrière, quand on arrive sur les Champs et qu'il pleut, ça devient une patinoire liée au trafic automobile
01:29permanent.
01:31Et bon, tout le monde avait adhéré à cette idée.
01:36Depuis, il y a plein de choses qui se sont générées, puisque s'il y a du vent, on ne
01:41fait pas le circuit final,
01:42s'il pleut, on ne fait pas le circuit final.
01:43Donc il y a des choses qui sont un petit peu rentrées dans les mœurs.
01:47Est-ce logique ou n'est-ce pas logique ?
01:50Si on va sur un plan purement éthique sportive, il y a une ligne de départ et une ligne d
01:57'arrivée.
01:58La ligne de départ, c'est le premier jour, et la ligne d'arrivée, c'est le dernier jour.
02:03Donc logiquement, les temps doivent être pris, sauf effectivement conditions que j'évoquais tout à l'heure, non maîtrisables.
02:13Mais là, ça l'était dimanche, on aurait pu très bien faire l'arrivée finale et prendre les temps sur
02:20la ligne d'arrivée.
02:22Mais déjà, il faudrait peut-être commencer par autre chose.
02:26C'est ne pas faire tous leurs protocoles au départ de l'État, puisque le départ est donné et il
02:30n'y a pas de course.
02:31La course est neutralisée, puisqu'on fait une sorte de défilé.
02:35Bref, et on boit une coupe de champagne, c'est peut-être pas la meilleure chose, avec modération quand même.
02:44Moi, personnellement, et je l'ai déjà dit, il y a une ligne de départ, on ne fait pas un
02:49protocole photo après une ligne de départ.
02:52C'est comme si le jour de la finale de la Coupe du Monde de football, vous avez tous les
02:57joueurs qui arrivent avec leurs enfants,
02:59leurs petits-enfants, leurs mamies, et qu'on fait bonjour à tout le monde.
03:03Et puis au bout de 20 minutes, si on commençait à jouer au ballon, c'est un peu ça.
03:07Alors, après, il y en a d'autres qui vont vous dire, oui, mais vous comprenez, ils ont fait trois
03:15semaines, on ne va quand même pas casser.
03:18Oui, vous comprenez.
03:19Alors moi, dès que les gens disent, oui, vous comprenez, là, je ne comprends plus.
03:23Mais on ne reviendra pas en arrière aujourd'hui.
03:26Mais sachez que si les chronos avaient été pris sur les lignes d'arrivée, c'est que ça aurait peut
03:33-être été sur le podium.
03:35C'est ce que j'allais dire avec la crevaison de Del Toro, notamment, qui a perdu, je crois, plus
03:39de 11 minutes pendant la ligne.
03:41Oui, dans les 11 minutes, parce qu'il n'y a pas les tours.
03:44Voilà, exactement.
03:45La course ne serait pas passée de cette façon-là.
03:49Pogacar n'aurait pas, avec Van Der Poel, attaqué dès le premier tour.
03:53Il n'aurait pas attaqué au deuxième, n'aurait pas attaqué au troisième.
03:55Et l'ensemble de l'équipe se serait arrêté pour attendre Del Toro et le ramener.
04:01Mais on peut dire que c'était possible.
04:05Maintenant, est-ce que c'était souhaitable ? Je ne le crois pas.
04:11Mais une course, elle doit aller à son terme.
04:14Et là, on s'organise de plus en plus par une forme de corporatisme
04:20à faire en sorte que les arrivées ne sont pas sur la ligne d'arrivée.
04:23Parlons maintenant de Tadej Pogacar.
04:26Il est rentré dans le club des cinq,
04:29au cœur de cinq tours de France.
04:32Qu'as-tu pensé de ces trois semaines de course de Tadej Pogacar ?
04:36Bien, Pogacar a marqué son territoire d'entrée
04:40dès la sixième étape à Gaverny.
04:45où là, il a fait les écarts qu'il fallait faire.
04:49Et à partir de ce moment-là, il a démontré que c'était lui le vrai patron
04:55pour ceux qui en doutaient encore.
04:57Et ensuite, au fil des étapes, on s'est rendu compte
05:00que personne ne pouvait véritablement l'attaquer sans prendre de gros risques.
05:07Il y a eu la montée de Lioran, où là, il a précisé les choses de façon définitive.
05:13Et puis, dans les points clés du tour,
05:15après, il y aura, bien sûr, l'abandon sur chute de Vingegaard,
05:20mais qui n'aurait rien changé pour le classement général final.
05:25Sauf si on avait inversé, effectivement, la chute,
05:27et pas Vingegaard, mais Poggy.
05:29Mais, bon, les choses étant ce qu'elles sont,
05:33on a eu un Pogacar qui a parfaitement bien géré sa course
05:38sur les trois semaines, avec des managers de qualité.
05:45Et un esprit qui était, j'ai presque envie de dire, presque chevaleresque,
05:52dans la mesure où il a laissé la course se dérouler,
05:55en dehors du classement général,
05:57ce qui a permis de voir des étapes absolument extraordinaires,
06:01avec un Pédersen, qui a été énorme sur ce Tour de France.
06:09Il y avait Pogacar et Pédersen.
06:13Donc, il a laissé se développer, les échapper, la course se faire,
06:17ce qui fait que pour les spectateurs,
06:19et beaucoup plus pour les téléspectateurs,
06:21ça a été un Tour, à mon avis,
06:24ça a été un Tour très plaisant,
06:26on ne s'est pas ennuyé.
06:27Tous les jours, il y avait une nouvelle course
06:29pour le classement général.
06:30De toute façon, restaient les places d'honneur à fixer,
06:37elles se sont fixées naturellement,
06:39et toutes seules.
06:40Donc, oui, un Tour plaisant,
06:42et puis, pour moi, un grand, un très grand moment de course
06:48qui a été cette fin sur les Champs-Elysées
06:53avec Pogacar et Mathieu Van Der Poel.
06:59Ça a absolument été sublime,
07:01et un médium Van Der Poel
07:03qui, une nouvelle fois, a démontré
07:05qu'il était capable de monter à des niveaux de lactate
07:09que seuls certains coureurs,
07:11et surtout les pistards,
07:12les coureurs qui faisaient le kilomètre
07:16au championnat du monde ou aux Jeux Olympiques.
07:20Il a fait quelque chose d'extraordinaire.
07:23Et ce n'est pas la première fois, d'ailleurs,
07:25qu'il le fait, ce genre de choses.
07:27Mais c'est dommage qu'on n'ait pas pris son taux de lactate
07:29dans les minutes qui ont suivi l'arrivée.
07:31On aurait sûrement été très, très surpris.
07:34Et surtout pour un routier aimé.
07:36En cyclocross, il avait déjà bien développé cette qualité,
07:40et c'est ce qui lui permet de réaliser
07:42un expo absolument extraordinaire.
07:44Et puis, comme je suis un petit peu chauvin,
07:48j'ai été longtemps à l'équipier de Raymond Poulidor,
07:50c'est un peu une victoire française.
07:53Voilà, c'est 50-50.
07:55On va dire ça comme ça.
07:56Ah oui, la génétique a quand même ses lois.
07:59C'est ça, c'est ça.
08:01On l'oublie trop souvent, d'ailleurs.
08:03C'est ça.
08:05Raphaël Gimignani, qui devait être né en Italie,
08:08on a toujours considéré qu'il était français.
08:10Bon, les jeunes ne connaissent pas Raphaël Gimignani,
08:12mais ce n'est pas grave.
08:13Mais oui, pour revenir justement à Tadé Pogacar,
08:16est-ce qu'on ne peut pas vivre ça en tant que spectateur,
08:19une forme d'insolence de la part de Pogacar
08:21qui laisse la victoire à son coéquipier Del Toro,
08:24qui roule pour lui carrément sur des étapes de montagne ?
08:27Non, c'est logique.
08:29Il n'y a rien d'anormal dans le comportement de Pogacar.
08:33Le problème, c'est que quand vous avez un coureur
08:35qui domine comme c'est son cas depuis 7 ans,
08:38parce que 5 victoires, 2 places de 2e,
08:41on disait la même chose de Jacques Antti,
08:45on disait la même chose d'Eddie Merck.
08:47À partir du moment où vous dominez,
08:49dès que vous faites quelque chose, c'est critiquable.
08:53Et ça ne correspond pas à plus forte raison.
08:55Aujourd'hui, vous avez les réseaux sociaux
08:58qui ont pris la place de toute autre forme de commentaires,
09:05avec tous les excès que l'on connaît
09:07et surtout un certain nombre d'ailleurs de commentaires
09:10de gens qui ne sont ni experts ni connaisseurs
09:13et qui en termes très clairs n'y connaissent rien
09:19et ne parlent qu'au travers des émotions,
09:21de ce qu'ils vont ressentir.
09:23Mais la réalité de la course,
09:25que ce soit Jacques Antti,
09:28j'ai vu Jacques Antti faire cadeau d'étape à ses équipiers,
09:32j'ai vu Jalabert le faire,
09:37attendez, c'est pas Bernard Dino également,
09:41mais ça fait partie,
09:42si tu ne sais pas comment fonctionne une équipe,
09:45tu ne sais pas comment est l'ambiance,
09:48quelle est la culture de l'équipe ?
09:50Vu de l'extérieur, tu ne peux pas tout comprendre.
09:55Mais on a même vu Sexaz d'ailleurs le faire l'an dernier
09:57dans une course à étape avec l'un de ses équipiers.
10:02Et on n'était pas sur le Tour de France.
10:04Mais le nombre de fois où les coureurs vont faire des cadres
10:08parce qu'ils ont de l'affect pour tel coureur ou pour tel autre,
10:12ça rentre dans un esprit tout à fait normal.
10:15Quand on voit par exemple sur les Champs-Elysées,
10:17Sexaz qui roule pour Coy,
10:19on dit « Ah c'est formidable, il sait aussi être équipier ».
10:22Mais il faut être imbécile pour dire ça.
10:26Ça n'existe pas ça.
10:28Quand tu es leader et que tu te mets en position d'équipier,
10:33oui, il y a des coureurs qui ne le font pas.
10:35Pas obligatoirement les plus grands.
10:36Tous les plus grands l'ont fait.
10:40Donc, Pogacar, il fait cadeau d'une étape,
10:44c'est vrai, mais c'est formidable.
10:48Après, on va lui reprocher.
10:49S'il l'avait gagné, on aurait dit
10:51« Ah oui, mais enfin, il aurait pu laisser gagner son équipier. »
10:54Et merde.
10:57Exactement.
10:58On va parler maintenant de Paul Sexaz.
11:01Tu n'étais pas forcément favorable
11:05à ce qu'il fasse le Tour de France
11:06pour la première fois à 19 ans.
11:10Est-ce qu'après avoir vu ces trois semaines de course,
11:13ton avis est toujours le même
11:14ou tu penses que c'est très bien
11:17qu'il ait fait ce Tour de France,
11:18surtout avec sa quatrième place ?
11:20Non, je n'ai pas changé d'avis.
11:23Je n'ai pas changé d'avis.
11:26Je vais le répéter.
11:28On ne perd pas de temps quand on est patient.
11:31Il part dans un tour
11:33où on sait qu'il y a un coureur
11:36qui va dominer les débats,
11:38qu'il a deux ou trois coureurs
11:40qui sont au minimum à son niveau,
11:43voire supérieur.
11:46Il a appris quoi dans le Tour ?
11:48Moi, je vais vous dire ce qu'il a appris dans le Tour.
11:50C'est extraordinaire.
11:51Il connaît bien le cul de Pogachar
11:53et bien le cul de Del Toro.
11:55Il a passé son tour dans la route Pogachar
11:57et Del Toro.
11:58Ça, il les connaît par cœur.
11:59Il connaît le coup de pédale par cœur.
12:01Et après ?
12:03Il a appris que c'était dur.
12:05Pas besoin de faire le Tour
12:06pour apprendre que c'était dur.
12:08Qu'il attende le moment où il était mûr
12:11pour venir tenter de gagner le Tour.
12:16Mais pour moi, je ne change pas d'avis.
12:19Il pouvait attendre.
12:20Et je vais répéter ce que j'ai déjà dit.
12:23On fera le bilan dans dix ans.
12:28Je ne serai peut-être plus là.
12:30Pour toi, il remplit évidemment toutes les qualités
12:31pour remplir le Tour de France un jour.
12:33Oui, peut-être.
12:37Peut-être, regardez,
12:38vous prenez Ayuso au même âge.
12:39Il fait troisième ou quatrième
12:42du Tour d'Espagne.
12:44Troisième, il me semble,
12:45du Tour d'Espagne en 2022.
12:48Oui, je crois.
12:48Il avait le même âge.
12:51Et aujourd'hui, il est largué
12:53dans toutes les grandes étapes de montagne.
12:56Point.
12:57En ce qui concerne le bilan des Français,
13:00il n'y a eu aucune victoire française
13:02cette année sur le Tour de France.
13:03Si, si.
13:04Van der Poel a gagné.
13:04A part Van der Poel.
13:05Si on considère qu'il est franco.
13:09Mais c'est vrai que voilà.
13:11Mais on le considérerait.
13:13Imaginons.
13:14Malheureusement, ce n'est pas le cas.
13:16Et que le remont-poulidor soit toujours là.
13:19Bien sûr.
13:19Et là, on aurait parlé de Van der Poel
13:22et de ses origines familiales.
13:25Évidemment.
13:26Évidemment.
13:26Mais c'est vrai qu'on n'a pas vu vraiment
13:29le drapeau français sur la première place
13:33durant ces étapes.
13:35C'est la première fois depuis 1999
13:36qu'il n'y a pas eu de victoire française.
13:39Qu'est-ce qu'ils auraient dû faire,
13:40les coureurs français,
13:41pour gagner une étape ?
13:43Rouler plus vite ?
13:47Ou bien courir ?
13:50Non, on aurait pu avoir une victoire française.
13:56Mais pour gagner un,
13:57il faut être le plus fort
13:58quand on est dans une échappée.
14:01Ça, c'est une évidence.
14:03Et quand on est le plus fort,
14:04il ne faut pas faire n'importe quoi.
14:06Donc voilà.
14:06On a un coureur qui aurait pu éventuellement
14:08aller chercher une victoire d'étape
14:10dans l'Alpe d'Oise.
14:11Il a fait n'importe quoi.
14:14Mais, vous savez,
14:15quand on prend le départ du tour,
14:18et là, je parle de Léni Martinez,
14:22on ne sait pas s'il fait le général,
14:24s'il fait le grimpeur,
14:26s'il fait les étapes.
14:28Je vais encore me répéter.
14:31Quand on ne sait pas
14:32ce qu'on vient chercher,
14:34on ne va pas le trouver.
14:36Ou il venait pour le général,
14:38ou il ne venait que pour des étapes.
14:41Et s'il vient pour une étape,
14:43on ne commence pas à refuser les relais
14:46au pied de l'Alpe d'Oise.
14:47quand en plus,
14:49vraisemblablement,
14:49il était le plus fort.
14:51Et le plus vite.
14:52Et quand en plus,
14:53il y a Pogacar qui attaque derrière,
14:55et qui revient...
14:55Oui, mais vous savez que,
14:58si je vais plus loin dans le raisonnement,
15:00s'il collabore dès le pied
15:03avec ses deux compagnons d'échappé,
15:07Carapace et Keuss,
15:10je ne suis pas certain,
15:12je suis même presque sûr
15:13que Pogacar ne les rejoint pas.
15:15Il va venir mourir
15:17à deux portées d'arc-buse,
15:19mais il ne va pas les chercher.
15:22Mais le plus fort dans ses échappés,
15:24et le plus fort aux primes,
15:25c'était Martinez.
15:26Donc Martinez gagnait l'État.
15:27Mais pour ça,
15:28il fallait encore qu'il roule,
15:30ou il fallait peut-être
15:30qu'il ait des conseillers,
15:32qu'il lui dise ce qu'il fallait faire.
15:36Vous savez,
15:38quand vous voulez le beurre,
15:39l'argent du beurre,
15:40sans savoir qu'il faut aussi
15:43une crémière,
15:46vous vous retrouvez
15:46avec le papier gras.
15:47J'avais juste une dernière question
15:51concernant l'évolution
15:52du cyclisme actuel.
15:55Tu parlais tout à l'heure
15:56de Paul Sexas,
15:57qui est resté dans le sillage
15:58de Pogacar de Del Toro.
16:00Est-ce que ce n'est pas justement
16:03à cause des capteurs de puissance
16:05que ces coureurs ont tout le temps
16:06leur naît dans leurs données ?
16:09Est-ce que ça tue pas un peu
16:11le cyclisme panache
16:12qu'on voyait il y a quelques années ?
16:15Oui, alors ça,
16:16je l'ai déjà traité
16:17mille fois à peu près,
16:19mais on ne changera rien.
16:25Il y aurait des moyens
16:26de changer les choses,
16:28c'est l'application de la loi.
16:34Pour les raisons de sécurité.
16:37Et dès qu'on parle de ça,
16:39hop, il n'y a plus personne,
16:41envolé de moineaux,
16:44il ne faut surtout pas toucher à cela.
16:45Bon.
16:47Et pourtant,
16:47on n'arrête pas de parler de sécurité.
16:50Maintenant,
16:52les coureurs,
16:53tous,
16:54tous ceux qui sont au niveau pro,
16:55sont formatés.
16:58Pratiquement,
16:58ils ne sont plus capables
17:01de même monter sur le vélo
17:04sans avoir tous les supports technologiques.
17:08c'est-à-dire que s'ils n'ont pas
17:11leur compteur,
17:13leur compteur,
17:14leur computer
17:16sur le guidon
17:17avec GPS,
17:19puissance,
17:19fréquence cardiaque,
17:21fréquence de pédalage,
17:22etc.,
17:22ils ne savent plus
17:24faire du vélo.
17:26Donc,
17:26si vous les retirez,
17:28ça va être compliqué.
17:30Les seules courses
17:31où ils n'ont pas le droit,
17:32c'est les championnats nationaux,
17:33tout du moins en France,
17:34et les championnats du monde.
17:36Et je crois les Jeux Olympiques aussi.
17:39On n'a pas,
17:40on a quand même
17:41de belles courses.
17:44On a quand même
17:45de belles courses.
17:47Donc,
17:48le fait d'avoir
17:49leur
17:51leur watt
17:52en permanence
17:52pour savoir
17:53s'ils vont sauter
17:54ou pas sauter,
17:55il faut qu'on monte
17:56à 420 watts.
17:57À 420 watts,
17:59là,
17:59je sais que je tiens 20 minutes.
18:01Si je mets 410,
18:03bon,
18:03je caricature,
18:05je vais tenir 25 minutes.
18:07Mais,
18:08en revanche,
18:08je sais que,
18:09par exemple,
18:09Pogacar,
18:11lui,
18:11à 450,
18:13il peut distribuer
18:14des bonbons
18:14sur le bord de la route.
18:17Donc,
18:17je ne bouge plus.
18:18Je ne prends pas de risque.
18:20Même aujourd'hui,
18:21regardez,
18:22quand Pogacar,
18:22il attaque,
18:23on ne va même plus le chercher.
18:25Parce qu'on sait
18:25que si on prend sa roue
18:26pendant 400 mètres,
18:27on est mort.
18:28Et déjà,
18:29il faut la tenir
18:29pendant 400 mètres.
18:31Et après,
18:32tu te prends 3 minutes.
18:33Donc,
18:34en fait,
18:35on fait un contre-la-monte
18:37avec les watts.
18:40Pogacar attaque.
18:41Bon,
18:42on sait que lui,
18:42de toute façon,
18:44il a 30 watts
18:45de plus que doux,
18:46donc ce n'est pas la peine.
18:47Donc,
18:48moi,
18:48je vais me mettre
18:48à mon seuil
18:49et je vais faire
18:50un petit contre-la-monte
18:51jusqu'à l'arrivée.
18:53Et donc,
18:54je sais que je vais perdre
18:55suivant que Pogacar
18:57attaquait à 3,
18:58à 5 ou à 7 kilomètres.
18:59je vais perdre temps.
19:02Et puis après,
19:03la course va bouger
19:05un tout petit peu
19:05parce qu'il faut aller
19:06chercher les accès sites.
19:07Bon,
19:08ça,
19:08c'est un petit peu gênant.
19:11Et c'est là
19:12où j'aime bien
19:12un coureur
19:13comme Van Der Poel
19:14ou comme Pedersen.
19:18Ils sont généreux
19:19dans l'effort.
19:21S'ils se font éclater
19:23les cuisses,
19:23elles éclatent.
19:26Mais,
19:26on fait la course.
19:30Et puis,
19:31vous avez les épiciers
19:33qui vendent des watts
19:34toute la journée.
19:38Mais,
19:39on ne changera rien.
19:42C'est le mot de la fin,
19:44Cyril Guimard.
19:45Merci de nous avoir accordé
19:46cet entretien,
19:48encore une fois.
19:49Et c'était un plaisir
19:50pour moi
19:50et je pense pour
19:51tous les internautes
19:52de vous écouter.
19:54J'espère.
19:54J'espère aussi,
19:56tout simplement.
19:57Merci encore,
19:58Cyril Guimard.
19:59Et puis,
19:59à la prochaine.
20:00Et bonnes vacances
20:01à tous.
20:02Bonnes vacances.
20:02Sous-titrage Société Radio-Canada
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20:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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