00:00Là en fait ce feu, ce n'est pas une reprise, il tourne sur lui-même, c'est cela ?
00:05C'est ça exactement, depuis une semaine, il ne fait que continuer, il ne s'arrête jamais, il s'arrête
00:11un peu le soir, le matin on est un peu tranquille,
00:14mais à partir de 11h midi, dès que la chair arrive, ça repart, avec la canicule qui nous annonce encore,
00:19on sait qu'on va avoir du travail.
00:21Et c'est désolant parce qu'on ne peut rien faire, on est tous à la DFCI avec des cuves,
00:24on a énormément de bénévoles,
00:26on a énormément de co-agriculteurs qui sont avec nous, qui nous amènent de l'eau, qui a ravitalé les
00:31pompiers,
00:31mais malgré ça on n'y arrive pas, on sait très bien qu'il faut laisser brûler, il faut laisser
00:35brûler et ça fait vraiment mal au cœur.
00:37C'est-à-dire qu'on n'a pas le choix que de laisser brûler ?
00:40Non, parce que dès qu'hier on a encore arrêté des parcelles, nous il nous restait, on a de la
00:45forêt aussi,
00:45il nous en restait un petit peu, dans une pointe, on l'a arrêté hier, et là ça y est,
00:49ça a fini de brûler aujourd'hui, on ne peut pas.
00:51On ne peut pas, on ne sait pas pourquoi, mais comme il y a les vents changeant en permanence, ce
00:56matin c'était vent d'Est,
00:57ça revient vent d'Ouest, c'est imprévisible, on n'y arrive pas, on n'y arrive pas.
01:02Vous avez parlé de cette solidarité, tous ces collègues, notamment les agriculteurs, mais pas que les agriculteurs,
01:06il y a des artisans qui viennent prêter main forte aux propriétaires, mais aussi aux sapeurs-pompiers, qu'est-ce
01:13que ça vous inspire ?
01:15Ça fait chaud au cœur, on sait très bien que dans des moments comme ça il y a beaucoup de
01:19générosité,
01:19et on a beaucoup de collègues agriculteurs évidemment, mais on a aussi beaucoup d'entrepreneurs en TP, paysagistes
01:27qui arrivent avec des cuves, des motopompes, qui font toutes les bordures et les lisières,
01:31et ça aide énormément les pompiers parce que pendant ce temps ils peuvent vraiment aller au front,
01:35et donc ça aide et ça fait chaud au cœur tout ce soutien.
01:38Il y a quatre ans, ça brûlait aussi dans cette région, et en fait ça rebrûle, ça veut dire qu
01:43'on n'a pas tiré les leçons ?
01:45Alors ça, ça ne sera pas à moi de le dire, mais effectivement je pense qu'on n'a pas
01:49tiré les leçons,
01:50parce qu'il y a eu des erreurs de fait au début, on a laissé gagner, on ne veut plus
01:55rentrer dans la forêt,
01:56on veut toujours attendre et ça prend de l'ampleur, et le problème c'est qu'on se laisse gagner,
02:01et maintenant on en est à des milliers d'hectares de brûlés.
02:04Je ne dis pas qu'on aurait pu faire différemment, ça c'est sûr, faire mieux je ne sais pas,
02:09mais il y a des choses à changer parce qu'il y a vraiment des gros gros soucis.
02:14On sent beaucoup la colère ?
02:15Bien sûr qu'il y a de la colère, nous on a tout perdu, toute la forêt est perdue,
02:19heureusement il nous reste nos cultures qui vont être là, on a des collègues entrepreneurs qui ont tout perdu,
02:23qui n'ont plus rien, qui n'ont plus de maison, qui n'ont plus d'atelier, qui n'ont
02:26plus rien,
02:27je ne sais pas comment les gens vont s'enlever, ça c'est sûr, c'est terrible, c'est terrible
02:30ce qui se passe.
02:31Sous-titrage Société Radio-Canada
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