00:00Vous Samuel Alix, bonjour.
00:02Bonjour à tous.
00:03Vous êtes agriculteur et vous avez participé, vous le faites encore d'ailleurs,
00:06à l'extinction de l'ensemble des feux sur des zones très complexes.
00:10Mais je voudrais, avant d'évoquer la météo, qu'on parle de ce qui s'est passé hier soir.
00:14Parce que hier soir, et on va voir les images également sur notre écran,
00:18vous avez participé à cette sorte de réunion, cellule de crise,
00:21organisée à Bordeaux directement dans une caserne, par le chef de l'État, par Emmanuel Macron.
00:27Et vous avez pu échanger avec lui. Qu'est-ce que vous lui avez dit ? Qu'est-ce qu
00:31'il vous a dit ?
00:32Voilà, donc hier soir, au-delà du feu, nous les agriculteurs qui sommes extrêmement fatigués et engagés auprès des pompiers,
00:40on a un gros problème depuis samedi matin avec la vigilance noire.
00:45Toute activité économique, j'ai expliqué cela au président, est suspendue sur la zone sinistrée.
00:51Or, nous, on est dans le monde du vivant.
00:53Toutes nos plantes et nos animaux, ils continuent de vivre avec le temps qu'il fait, la météo qu'il
00:57fait.
00:58Si on ne s'en occupe pas, ils meurent.
01:00Nos plantes, si on ne les irrigue pas.
01:03Et quand le maïs doux, ou les haricots verts, ou les carottes, ou les pommes de terre sont arrivés à
01:07maturité,
01:08on a deux jours pour les vendre.
01:12Si on ne les vend pas, si on ne les expédie pas dans les usines, ou dans les commerces, c
01:17'est poubelle.
01:17– Qu'est-ce qui vous a répondu le chef de l'État sur ce point ?
01:20Parce que votre inquiétude, on la comprend.
01:23Et lui a dû, j'imagine aussi, vous parler de la vigilance,
01:25c'est-à-dire des mesures de prévention qui ont été mises en place.
01:28– Oui, mais la préfète n'avait pas compris qu'il n'y avait pas de dérogation pour cette activité.
01:32Donc, elle s'est adressée à ses services.
01:35Bon, ils sont complètement débordés.
01:37Ils sont comme nous, ils sont sur le pont, c'est fatigant pour eux.
01:39Donc, on ne leur en veut pas, mais au bout de trois jours de négo, on n'y arrivait pas.
01:43Et là, le chef de l'État a donné instruction à la préfète de régler le problème.
01:49Après, on a travaillé avec les équipes de la préfète, son directeur de cabinet,
01:54et les équipes de la chambre d'agriculture du GERCETA avaient préparé le dossier depuis trois jours,
01:58en particulier le lundi matin, tout était réglé.
02:01Et j'ai appris à 22h30 hier soir qu'on aurait l'autorisation de travailler aujourd'hui,
02:06sous dérogation, en faisant extrêmement attention.
02:09Mais il ne faut pas oublier qu'on travaille dans des zones irriguées,
02:12qui sont des véritables oasis de fraîcheur.
02:14Toutes les cultures sont vertes, ne peuvent absolument pas brûler,
02:17et il n'y a aucun risque.
02:18Et on va sauver un an de travail.
02:20Et on va sauver un an de travail.