00:01Nous sommes au Cap du Roi dans les années 90, le temple des nuits tropéziennes qui depuis plus d'un
00:05demi-siècle accueille les amoureux de la fête, célèbres ou inconnues.
00:09De 1980 à 88, Michel Abad est le disque jockey de la boîte. Il sympathise avec Johnny Hallyday.
00:15Ils venaient, ils passaient vers la cabine, ils prenaient le micro. La directrice s'affolait un petit peu parce qu
00:21'ils criaient « cassez tout » et « rock'n'roll ».
00:24Alors que tout le monde était assis au tas avec leurs bouteilles de champagne, ils voulaient de la fête et
00:29puis on a fait la fête et les gens appréciaient beaucoup.
00:32Et j'ai appris plus tard que Johnny avait été voir ma directrice en disant « écoute, depuis des années,
00:36je te suis dans toutes tes boîtes de nuit à Paris et ailleurs.
00:39Et pour une fois que tu as un gars qui met de la musique que j'aime, du rock'n
00:42'roll et trucs, tu ferais mieux de le garder. »
00:44Et je suis resté presque huit ans et je ne dis pas que c'est grâce à lui que je
00:47suis resté mais disons qu'il a dû me plier un coup de pouce quand même.
00:52De l'année, une profonde affection entre la star et le DJ, Michel Abad, qui connaissait le chanteur, découvre l
00:57'homme.
00:58Quatre ans après l'avoir connu, j'ai eu quelqu'un que j'ai perdu dans ma famille, quelqu'un
01:03de très proche.
01:04Et je me souviens, ça m'avait touché, il m'avait attrapé en début de soirée, il m'avait attrapé
01:08dans un coin, il avait parlé pendant une demi-heure.
01:11Il m'avait dit « tu sais, la vie c'est comme ça et c'est pas pour ça qu
01:14'il faut que tu arrêtes de mettre de la musique et que tu arrêtes tout ça. »
01:18Donc ça m'avait touché.
01:20Les caves du roi, le gorille, la brasserie des arts, Michel Abad fréquente Johnny dans les endroits mythiques de la
01:25cité du Bailly.
01:26Derrière l'idole des jeunes se cache un être surprenant.
01:29« J'ai trouvé quelqu'un de très attachant, c'était plus Johnny Hallyday, c'était un gars, je disais
01:36toujours, limite un peu timide, réservé, qui écoutait, voilà.
01:41Et donc c'était toujours un petit peu très discret comme ça, alors que dès qu'il sortait, vous pouvez
01:48imaginer comme tout le monde peut imaginer, c'était la cohue, les gens derrière, l'autographe et le reste. »
01:53Johnny, la légende, le rockeur éternel a aimé Saint-Tropez pour y faire la fête, voir ses amis et vivre
01:58comme monsieur tout le monde, enfin presque, comme ce jour où Johnny prête sa moto à Michel Abad.
02:03« Je me suis garé juste derrière le gorille ici, derrière le café de Paris, et d'un coup je
02:08vois un attroupement de gens autour de moi qui prenaient des photos.
02:12J'ai vu qu'est-ce qu'ils me prennent en photo ces gens-là.
02:14Et en fait, je n'avais pas remarqué que la plaque d'immatriculation ait marqué un gros Johnny comme ça,
02:18qui ait marqué Johnny partout sur la moto, et que les gens prenaient la photo et le Johnny. »
02:23Avec la disparition de l'idole, c'est aussi une page de Saint-Tropez qui se tourne avec, dans la
02:27mémoire de Michel Abad, des souvenirs plein la tête, souvenirs de fêtes nocturnes, de repas, de motos et bien sûr
02:33de chansons.
02:35« Pour moi, c'est la musique que j'aime, parce que c'était à l'époque où j'avais
02:41sorti ça, ce que je mettais, il y avait un album qui était en live, en public, et que je
02:46mettais tous les soirs.
02:47Et sur Facebook, quand j'ai mis une des photos, je suis avec lui, j'ai mis Johnny, j'espère
02:52que tu feras toujours la musique que tu aimes là-haut, et j'ai marqué « Walk and roll ».
02:57Sous-titrage Société Radio-Canada