- il y a 16 heures
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Art et designTranscription
00:09C'est avec un énorme plaisir que je vous retrouve sur Median TV pour notre escale culture artistique de la
00:16semaine.
00:17Et dans quelques instants nous parlerons justement culture, instant culture avec un film incontournable.
00:23Le Thésat de Haïlé, nous détaillerons ensemble ce drame social qui aura marqué le cinéma africain.
00:33Sinon nous parlerons également de Tout va bien, un autre film qui a marqué dernièrement les esprits.
00:40Ça parle de migration, ça parle de jeunesse, ça parle d'identité, autant de sujets qui nous font vibrer dans
00:46l'Afrique en culture.
00:47Puis on clôtura avec notre sortie littéraire de la semaine où les prophéties de Dali, tout un programme qu'on
00:55décryptera avec vous.
00:57Et avant toute chose, passe à l'instant culture du jour.
01:06Et pour cet instant culture du jour, nous parlons de ce film réalisé par Haïlé Gerima Teza,
01:12qui raconte le parcours d'Anne Berber, un intellectuel éthiopien parti étudié en Europe,
01:19animé par un idéal de progrès et de liberté, mais ce rêve finalement se fissure très rapidement.
01:25Et le film est bientôt autour de ça, de cette captation, capter une génération déchirée entre deux mondes,
01:32celui des promesses dites occidentales et celui d'une Afrique en mutation perpétuelle,
01:38marquée par des bouleversements politiques, sociaux, économiques profonds.
01:43À travers ce regard, Teza pose avant tout une question universelle.
01:47Que restent-ils des idéaux quand la réalité finit par les contredire, voire même les interdire ?
01:54On regarde ensemble le premier extrait.
01:55«
01:57Bata! Bata! Bata! Bata! Bata!
02:16Maman, il ya l'aura perdue.
02:18Tu es terminé comme ça ?
03:57Il faut dire que l'exil dans Thésain n'est pas seulement géographique, il est profondément organique, intérieur.
04:03Amber Baird devient finalement étranger partout, puisqu'en Europe il subit le racisme de plein fouet et l'isolement,
04:10mais aussi dans son propre pays, devenu finalement méconnaissable lorsqu'il y retourne.
04:15Le film explore également cette perte d'ancrage, avec une grande sensibilité et beaucoup de poésie et de tendresse.
04:22On montre un homme suspendu, un pendu finalement entre passé et présent, entre mémoire et illusion.
04:28L'identité devient alors un territoire instable, fragmenté, où l'individu tente finalement de se reconstruire,
04:36comme s'il essayait de rassembler les pièces d'un puzzle.
05:22Finalement, ce qui fait la signature et ce qui distingue le film d'Orne Berber, donc Thésas, c'est avant
05:27tout sa forme,
05:28une narration non linéaire, presque onirique, fragmentée, où les souvenirs s'entrelacent.
05:35Aile Guérima filme la mémoire comme un flux mêlant poésie et politique.
05:40Les images deviennent des fragments d'histoire, à la fois intimes et collectifs.
05:45Le film dépasse donc le simple récit individuel pour devenir une méditation sur l'histoire,
05:52avec un grand H et un petit H personnel, et celle de l'Ethiopie,
05:57mais également sur les décisions d'un peuple, d'une histoire.
06:00Aussi, il question avant tout dans Thésas de résilience envers soi et envers son histoire.
06:22Aile Guér 네, il résumé du monde intime que Κ templieux, Dr.
06:26Vaille, eh?
06:34Vaille, vaille, vaille!
06:36Vaille, vaille!
06:38Vaille, vaille, vaille.
06:43Vaille, vaille.
06:43Vaille, vaille.
06:45Vemption себе envers soi et son hart.
06:47Vaille, vaille, vaille !
07:19Tout de suite, place à la sortie cinéma avec tout va bien, documentaire français réalisé par Thomas Ellis.
07:26C'est un film qui s'intéresse au parcours de jeunes migrants mineurs non accompagnés arrivés en France, principalement à
07:32Marseille.
07:33Le réalisateur adopte bien sûr une approche humaine, empathique et avant tout immersive, centré sur leur quotidien après cet exil
07:43forcé.
07:44Le documentaire suit cinq adolescents âgés de 14 à 19 ans qui ont quitté leur pays seuls après des parcours
07:51migratoires longs, périlleux.
07:53Une fois en France, ils doivent encore une fois aborder cette nouvelle aventure, apprendre la langue, suivre une formation, trouver
08:00leur place dans un nouveau système scolaire, une nouvelle société.
08:04Et sa paperasse administrative tout en restant en contact avec leur famille, rester au pays, à distance.
08:12Et malheureusement, ils répètent souvent la même phrase rassurante.
08:15Tout va bien. On regarde tout de suite à l'extrait de la bande-annonce.
08:28Amina Tassila a réussi un parcours d'intégration remarquable.
08:32Avec ses soucis familiaux, il n'arrivait pas à continuer ses études normalement, donc il a décidé de partir.
08:39Elle poursuit le projet de devenir infirmière au médecin pour soigner et aider les autres.
08:45Lina, tu as bien dormi, mon bébé ?
08:47Alors, ce n'est pas ton bébé, attention, on reste professionnels.
08:51Qu'est-ce que je veux nous faire ici ?
08:53Ils ne peuvent pas te signer parce que tu n'as pas si, parce que tu es mineur et tout.
08:57Ils ont dit « Ah, on ne peut pas ».
08:58Alors, on cherche quoi là ?
08:59La différence de couleur.
09:01La différence de couleur, est-ce qu'il y en a une ?
09:03Là, c'est le monde.
09:05Maintenant, c'est un peu plus grand, c'est un peu plus grand.
09:06Si ça, c'est un peu plus grand, c'est un peu plus grand.
09:08Il m'a dit « D'accord ! »
09:11C'est un peu plus grand, c'est un peu plus grand.
09:28C'est un peu plus grand.
09:29Je ne sais pas, c'est un peu plus grand.
09:31Excuse-moi d'exister, excuse mes sentiments, rends-moi mal.
09:36Voilà, il y a votre nez.
09:38C'est un été.
09:49Tout va bien, un film de Thomas Ellis, un film qui ne concentre pas seulement sur le voyage immigratoire lui
09:55-même, mais sur l'après, c'est-à-dire la construction d'une nouvelle vie.
10:00Thomas Ellis montre les démarches administratives, les cours, les moments d'attente et les relations entre les jeunes.
10:06Le titre du film prend alors une dimension ironique puisque l'expression « tout va bien » masque souvent des
10:12difficultés, des peurs, une grande solitude.
10:15Le documentaire très tendre met en évidence le décalage avant tout entre le discours rassurant et finalement la réalité vécue,
10:23la réalité crue telle qu'elle est.
10:25Sans commentaire explicatif, la caméra prend toute sa place, observe les gestes du quotidien et laisse émerger avant tout les
10:32émotions, des émotions brutes, non filtrées.
10:34Le film insiste également sur la force, la résilience, les rêves, l'espoir et la détermination de ses adolescents, tout
10:42en montrant leur vulnérabilité et la fragilité également de leur situation.
10:45De part son écriture sobre et respectueuse « tout va bien » de Thomas Ellis propose un regard finalement nuancé,
10:53plein de respect sur la migration, loin des clichés médiatiques.
10:56Il rappelle que finalement, derrière les chiffres et les débats politiques se trouvent avant tout des êtres humains, des parcours
11:04individuels faits d'espoir, d'incertitude, de volonté et d'avenir.
11:14Et avant de nous quitter, on parle littérature avec la prophétie de Dali dans lequel Bala Fofana raconte finalement l
11:24'exil à travers le regard fragile d'un enfant malien confronté à la violence du déracinement.
11:30Après l'abandon du père, la mère entraîne sa famille du Mali jusqu'à Paris dans une France à l
11:36'opposé de ce qu'il connaît, froide et étrangère, où le jeune Bala peine finalement à trouver sa place, qui
11:42il est et qu'il deviendra.
11:44Mais le roman dépasse le simple récit autobiographique puisqu'à travers la figure de Dali, une griotte qui prédient un
11:50avenir lumineux à l'enfant, considéré comme arriéré,
11:54le livre devient une sorte de méditation finalement sur la puissance des mots, de la parole, du langage, de l
12:00'éducation et de l'imaginaire.
12:03La prophétie agit également comme une lumière intérieure qui permet au narrateur de résister à l'humiliation et au silence,
12:12au non-dit.
12:12L'écriture de Fofana, il faut l'avouer, est à la fois d'une tendresse et d'une poésie infinie
12:17et traversée par plusieurs faisceaux de lumières, par plusieurs langues, plusieurs mémoires et plusieurs mondes.
12:24Un roman donc qui répond à leur mémonique.
12:26D'ailleurs, le roman parle également de migration, mais surtout de la transmission, celle d'une mère courageuse et de
12:33femme qui porte les récits
12:34et d'un enfant qui découvre peu à peu que le savoir finalement peut devenir une manière de survivre, d
12:42'exister et de devenir qui l'on voudrait être.
12:45Et on arrive à la fin de l'Afrique en culture.
12:48Merci d'avoir été avec nous, c'est toujours un plaisir de vous retrouver pour parler culture et actualité artistique
12:54de manière générale.
12:55On se donne rendez-vous dès la semaine prochaine, toujours sur Média TV.
12:59D'ici là, prenez soin de vous.
13:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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