00:01Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, mes chers collègues,
00:04Depuis qu'il est interdit d'interdire, et avec l'évolution des technologies numériques,
00:08l'enfant roi est devenu tour à tour enfant tyran et enfant proie.
00:13Et c'est un grand péril pour notre pays, car les enfants sont évidemment notre avenir.
00:17Face à cela, l'État nounou, incapable de remettre en cause son logiciel initial,
00:22s'empêtre dans la plus insensée des cacophonies.
00:24Quand le Parlement vote l'interdiction des téléphones portables à l'école primaire et au collège,
00:28l'éducation nationale, premier budget de l'État,
00:31se déclare incapable de les réquisitionner à l'entrée de l'enceinte scolaire,
00:35préférant laisser les enfants s'autodiscipliner avec leur téléphone dans la poche.
00:41Ceux qui font le service après vote sur le terrain savent ce qu'il en est de cette mesure naïve
00:46et inefficace.
00:47De la même manière, le Sénat a adopté définitivement, il y a un an exactement,
00:51un durcissement de la justice pénale des mineurs, dont les principales dispositions,
00:56quelques mois plus tard, étaient retoquées par le Conseil constitutionnel,
01:00dont les vieux sages sont davantage addicts à l'ordonnance de 1945 à l'idéologie de mai 68
01:06que connectée au chaos de 2026.
01:09Aujourd'hui, le Parlement voudrait interdire les réseaux dits sociaux aux enfants de moins de 15 ans.
01:14Encore une fois, l'intention est louable,
01:16mais en réalité, cette interdiction imposera un contrôle de l'identité de 100% des utilisateurs des réseaux sociaux,
01:22pas uniquement des mineurs, avec des risques de censure ou encore de fuite de données privées sensibles.
01:27Au moment où l'OFI, l'URSSAF, Bercy, l'Education nationale, le ministère de l'Intérieur
01:32viennent de laisser fuiter des données de nos compatriotes lors de cyberattaques,
01:37créer une base de données ultra sensible, à la merci des puissances privées et publiques malveillantes,
01:42me paraît pour le moins dangereux.
01:44Les décideurs politiques doivent élever le débat en cherchant les causes du problème auquel font face nos enfants
01:50et en sous-pesant les conséquences d'une interdiction.
01:53Le problème de l'État, c'est de refuser l'autorité.
01:56Il n'y a pourtant pas de principe plus nécessaire à l'enfant et à la société.
02:01Autorité, dans sa racine latine, signifie augmenter, élever.
02:05Hélas, quand il n'y a plus d'autorité, il ne reste plus que l'autoritarisme de l'interdit.
02:09L'autorité, ce sont des mesures symboliques, mais aussi des mesures très concrètes dès l'école.
02:15Les parents sont les premiers garants de l'autorité.
02:17Si ce n'est plus le cas, l'État doit les y aider ou les sanctionner.
02:21Car face à l'addiction aux écrans dont nous parlons, le défi est celui de l'éducation à la liberté.
02:27C'est un combat culturel et sociétal.
02:28Nous ne convaincrons pas les enfants d'ouvrir les écrans de Marcel Pagnol ou d'Alphonse Daudet
02:33en interdisant les écrans de Mark Zuckerberg ou de Zhang Yiming.
02:38Faire respecter l'interdiction des téléphones portables dans les enceintes des écoles et collèges
02:43me paraît déjà un assez grand défi qui devrait être la première des priorités du gouvernement.
02:48L'école doit retrouver son caractère de sanctuaire de l'instruction,
02:51un temps de privation au service de développement de la personne,
02:54un espace de concentration intellectuelle au service de la liberté,
02:58servi par une autorité réelle et qui élève.
02:59En revanche, je m'opposerai à cette loi qui est au mieux inapplicable,
03:04au pire dangereuse et certainement à côté de l'enjeu.
03:07L'avenir de notre pays et de nos enfants mérite mieux que des expédiants à courte vue.