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Personnes
Transcription
00:00Votants 426 exprimés 360, majorité 181 pour 279 contre 81, l'Assemblée Nationale a adopté.
00:09Prochaine séance ce soir à 21h30, lecture des conclusions des CMP.
00:12Alors voilà, l'extrait que tu viens de voir montre le Parlement adoptant définitivement l'interdiction des réseaux sociaux pour
00:18les jeunes de moins de 15 ans.
00:19D'ailleurs cette interdiction est inédite puisqu'elle est la première en Europe.
00:22Et aujourd'hui à l'aide de non pas un mais deux films, on va voir ce pourquoi, ce qui
00:25se joue derrière cette loi est un peu plus deep que ce que l'on pourrait penser.
00:28Et avant qu'on développe tout ça, si tu aimes le cinéma et ce genre de contenu, n'hésite pas
00:31à liker et à t'abonner pour la force.
00:33Je te remercie d'avance.
00:35Alors déjà, les intentions derrière cette loi nous poussent à réfléchir à quelque chose d'important.
00:38Pour protéger les plus jeunes, faut-il habituer une population à prouver son identité avant d'accéder à un quelconque
00:43réseau social.
00:44C'est dans ce contexte que Minority Report est pertinent.
00:46Dans le film, la société accepte le système de pré-crime parce qu'il promet d'empêcher les meurtres.
00:51La surveillance s'installe car le but premier est de protéger.
00:54Et les citoyens acceptent alors que leurs yeux soient scannés, les déplacements suivis ou encore que leur identité devienne la
00:59condition normale pour circuler.
01:01Évidemment, on ne peut pas comparer la vérification d'âge d'un adolescent avec le système présent dans le film.
01:06Mais le raisonnement mérite quand même d'être interrogé.
01:08Dans les deux cas, la solution choisie face à un problème bien réel est de rendre les individus d'autant
01:13plus identifiables.
01:13Ici, le principal danger est que cette loi peut banaliser pour demain.
01:17Car si cette méthode est réutilisée pour d'autres combats dans le futur, l'accumulation de ces mesures pourrait transformer
01:22l'anonymat en comportement suspect.
01:24Et de fait, l'identification comme norme.
01:26Sauf que les pouvoirs modernes, ils ne s'exercent pas seulement en interdissant ou en punissant.
01:29Mais également en rendant plus visibles les individus.
01:31En les classant, en les distinguant et en les rendant plus faciles à administrer.
01:35Cependant, s'arrêter à cette critique serait totalement naïf.
01:37Puisque le danger visé par cette loi, lui, il est bien réel.
01:39Et c'est ici que 8th grade apporte une nuance importante.
01:41Le film, c'est une adolescente qui cherche l'approbation des autres, se compare constamment et tente de construire en
01:46ligne une version plus confiante d'elle-même.
01:49Et factuellement, les réseaux sociaux amplifient ces fragilités.
01:51Ils les transforment même en temps d'écran.
01:53Le film, il nous montre d'abord qu'on ne peut évidemment pas laisser les plus jeunes face au danger
01:56des plateformes.
01:57Mais il nous montre ensuite que les interdire ne suffit pas.
02:00Kayla souffre avant tout de solitude, de manque de confiance et d'envie d'appartenir à un groupe.
02:04Là où je veux en venir, c'est que supprimer les applications à un ado jusqu'à ses 15 ans
02:07ne fera pas directement de lui un utilisateur averti.
02:10D'autant plus qu'aujourd'hui, il a tous les moyens possibles pour détourner cette interdiction.
02:13Sans une concrète éducation au danger des plateformes, on ne fera que repousser le problème de fond, en fait.
02:18En somme, les deux films nous posent à la réflexion.
02:20La question n'est pas de choisir entre liberté et sécurité, mais plutôt de savoir quel genre de protection nous
02:25voulons.
02:25Est-ce que nous voulons celle qui rend les citoyens toujours plus identifiables,
02:28ou celle qui leur apprend à mieux appréhender les dangers liés aux réseaux sociaux ?

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