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Transcription
00:05Il a consacré sa vie au service de l'État, traversé l'une des périodes les plus difficiles de la
00:11Côte d'Ivoire
00:11et participé à la reconstruction d'une administration clé.
00:15Aujourd'hui, il raconte son parcours dans une autobiographie au titre évocateur.
00:21Qu'avez-vous à déclarer ?
00:23Entre confidences, souvenirs et réflexions sur l'avenir du pays et de l'Afrique,
00:28notre invité nous ouvre les pages d'une vie d'engagement et nous allons revenir avec lui sur quelques moments
00:34marquants de cette œuvre.
00:36Bienvenue, Général Issa Koulibaly. Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:40C'est moi qui vous remercie de l'occasion que vous me donnez pour parler un peu, brièvement, de ce
00:46que j'ai pu vivre dans un passé récent.
00:49Alors, on parle d'une œuvre autobiographique qui s'intitule « Qu'avez-vous à déclarer ? » comme je
00:55le signifiais tout à l'heure.
00:56Au fil des pages, vous racontez votre parcours d'homme de militaire, de douanier, mais aussi de serviteur de l
01:04'État.
01:04Vous livrez aussi une vision sur la Côte d'Ivoire en particulier, mais sur l'Afrique en général.
01:10Pourquoi est-ce que vous avez choisi d'écrire une autobiographie ?
01:15J'ai longtemps hésité et puis encouragé par des amis au cours de conversations, de certaines visites, qui m'ont
01:25dit « Mais écoute, nous entendons de toi à chaque fois que nous avons l'occasion d'échanger avec toi.
01:30Ça nécessite quand même que ça puisse être transcrit pour la postérité. »
01:36Et puis ensuite, quand je vois autour de moi le comportement de la jeunesse, des enfants surtout, qui parfois ont
01:44tendance à penser que…
01:47Tout se gagne facilement.
01:48Oui, je suis… Actuellement, nous habitons en Cocody. Parfois, j'ai le sentiment qu'ils pensent que tout a commencé
01:54par là.
01:55Alors que derrière, il y a tout un parcours, tout un travail, des difficultés, une vie qu'on a traversée
02:00pour arriver là.
02:01Et rien ne tombe spontanément. Rien ne… C'est toujours le fruit d'un parcours, le fruit d'un travail.
02:09J'ai donc voulu, encouragé par certains amis, comme je le disais, mettre cela par écrit pour qu'avec le
02:18secret espoir sans doute modeste,
02:20que cela puisse inspirer certains jeunes. Et puis aussi, inciter en pensant à certains amis qui certainement ont vécu des
02:31choses pareilles à mon parcours,
02:33à pouvoir l'inscrire, à pouvoir, pardon, écrire cela.
02:37Pour inspirer nos jeunes, pour donner des chemins de réflexion, des exemples,
02:41sans prétendre aucunement que cela ne soit la perfection ou forcément ce qu'il y a de mieux à faire.
02:50Mais chaque portion de vie, chaque expérience malheureuse ou heureuse comporte toujours des leçons qu'on peut tirer.
03:01C'est à tout ça qu'on a pensé, surtout aux jeunes générations qui doivent pouvoir s'inspirer de ce
03:07que nous avons vécu.
03:08pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Ils ne sont pas obligés de commettre les mêmes erreurs que nous, nous
03:14avons pu commettre
03:15en réfléchissant, en s'inspirant de ce que nous avons pu vivre comme vie, même si au bout, on aurait
03:25pu encore faire mieux.
03:27Alors, la régie me demande qu'on se regarde face à face.
03:30Ah d'accord, c'est une question de regarder.
03:32Si, si, on va continuer.
03:34D'accord.
03:34Alors, qu'avez-vous à déclarer ? C'est une formule très connue d'Edouane.
03:40Oui, tout à fait.
03:40Justement, pourquoi vous décidez de prendre cette phrase interrogative comme titre de votre autobiographie ?
03:46Parce que, dans ma carrière, nous avons passé le temps à interroger les autres.
03:52Qu'avez-vous à déclarer ?
03:53D'accord.
03:54Qu'avez-vous à déclarer ? Naturellement, il s'agit de marchandises, de biens.
03:58Mais j'ai voulu retourner cette question à me la poser à moi-même.
04:03Si, dans ma vie, on me demandait de dire des choses, bien entendu, déclarer, c'est une façon de dire.
04:09Mais si j'avais des choses à dire, à vouloir laisser à la postérité, qu'est-ce que j'ai
04:15à déclarer ?
04:16Ma déclaration, si je veux dire, établir une déclaration en douane, ce serait quoi ?
04:20Voilà.
04:20Et c'est ce que vous racontez.
04:21Et c'est ce que je raconte un peu.
04:22Et justement, entre les pages 79 et 80, vous racontez qu'un de vos camarades de promotion vous avait prédit
04:30que vous deviendrez un jour directeur général des douanes.
04:34Permettez que j'en lise quelques bouts.
04:37Un jour, un aîné de promotion, baoulé originaire de Béoumi, du nom de Koumoué, avec qui je m'entendais parfaitement,
04:45me confia avec force conviction que je ne terminerai pas ma carrière sans être directeur général des douanes.
04:52Je ne sais pas d'où il tenait ce pouvoir de prédiction, mais il insistait me demandant même de ne
04:58pas l'oublier quand cela arrivera.
05:01« Hélas, cette amie s'est suicidée en se tirant une balle dans la tête avant même que sa prophétie
05:07ne se réalise. »
05:08Alors ça, c'est à la page 79.
05:10Je m'en vais à la page 80 pour dire que c'est donc en décembre 2010, en pleine crise
05:17postélectorale,
05:18que j'ai été nommé directeur général des douanes, sur proposition du ministre Nyan Myokonan.
05:23La veille, ce dernier m'avait dit ceci au téléphone, et je cite,
05:27« Le président m'a demandé de lui proposer quelqu'un pour le poste de directeur général, et c'est
05:32toi que j'ai choisi. »
05:34Fin de citation, je vais m'arrêter là.
05:35Alors, c'est une histoire plus ou moins bouleversante, d'autant qu'il n'a jamais vu, votre amie n
05:42'a jamais vu cette prophétie-là se réaliser.
05:45Absolument.
05:45Avec le recul, c'est quoi l'enseignement personnel que vous tirez sur la vie, sur le destin, et même
05:52aussi sur la responsabilité en général ?
05:55Je ne fais pas cette question. Je me dis que dans la vie, il faut faire son travail.
06:02Faisons le mieux que nous pouvons pour exercer les responsabilités qu'on nous confie.
06:10Et même que nous avons le sentiment que ce que nous faisons sur le moment n'est pas perçu, reconnu
06:17à sa juste valeur,
06:18au bout de ces quelques années d'expérience, je suis convaincu que la valeur ne se perd jamais.
06:25Et la qualité du travail, bien fait, finit par être reconnu et même consacré.
06:30Et donc, je me dis, travaillons.
06:32Mais en dehors du travail, je crois au destin.
06:35Et je crois que ce que Dieu a prévu, parce que je suis fondamentalement croyant,
06:42ce que Dieu a prévu pour vous, tôt ou tard, tôt ou tard, se réalisera.
06:47Et justement, ça s'est réalisé en décembre 2010, date à laquelle vous acceptez la direction,
06:54enfin, vous acceptez d'être le directeur général des douanes,
06:56alors que la Côte d'Ivoire traverse quand même une crise.
07:00Il y a forcément des risques à prendre, à accepter ce poste.
07:03Pourquoi vous décidez d'y aller ?
07:05Comme je l'ai dit, d'abord, la personne qui m'a proposé au président de la République
07:13était l'ancien directeur général des douanes.
07:15D'accord.
07:16Donc, quelqu'un qui me connaissait très bien.
07:18Ensuite, il avait même voulu que je sois son directeur général adjoint,
07:24avant même qu'on advienne la crise électorale.
07:26Et puis, il y avait un monsieur, permettez-moi de l'appeler comme ça,
07:32une personnalité d'importance, Alassane Ouattara,
07:37qui, au bout d'un combat illustre,
07:40était parvenu à être président de la République.
07:45Et il y avait un vaste chantier qui s'ouvrait devant lui.
07:49Il lui fallait des hommes de conviction,
07:52des hommes qui acceptaient de prendre les mêmes risques avec lui.
07:56Et ça me paraissait être quelque chose de prodigieux,
07:59quelque chose de stimulant, un véritable challenge à lever.
08:03Dire que j'étais là, avec cet homme-là, aux côtés de cet homme-là,
08:08quand il a fallu sortir la Côte d'Ivoire de l'abîme vers la cime.
08:10Vous avez été avec lui.
08:12C'est quoi les qualités de leadership que vous avez découvertes chez le chef de l'État ?
08:15Le président Alassane,
08:19si je peux modestement en parler,
08:23d'abord c'est un monsieur très humble
08:26et qui a la capacité de vous emporter avec lui,
08:31de partager sa conviction, sa vision,
08:36et de la façon la plus humaine qui soit,
08:39dans l'humilité,
08:41dans la considération pour l'autre,
08:43dans la prise en compte de l'existence de la contribution que celui-ci pourrait apporter,
08:48et qui écoute beaucoup,
08:50calmement,
08:51qui vous écoute.
08:52Et ça,
08:54ce sont des choses qu'on ne retrouve pas aujourd'hui.
08:56Ce n'est pas la chose la mieux partagée aujourd'hui,
08:59c'est surtout l'humilité,
09:00même quand on accède à ce rang-là.
09:03Et ça,
09:04c'est des choses auxquelles je suis particulièrement sensible.
09:07Et être aux côtés de ce grand homme,
09:11je pense,
09:12je me disais que quel que soit le danger qui nous arriverait,
09:16avec Alassane à côté,
09:18nous serions toujours au sein et sauf.
09:20– On va revenir au livre.
09:21– Donc, je n'avais peur de rien.
09:22– On va revenir au livre.
09:23– D'autant plus que son aîné,
09:25son aîné,
09:27Harry Connabédier,
09:28était aussi avec eux,
09:30avec lui,
09:31confiné au Golfe.
09:32Je me suis dit,
09:32qu'est-ce qui pourrait arriver à ces illustres personnes ?
09:36Et puis, ma petite personne,
09:38je peux avoir peur de la mettre en difficulté.
09:41– Alors, vous êtes nommé directeur général des douanes,
09:44vous arrivez et vous écrivez dans votre autobiographie
09:48que vous découvrez une administration
09:50pillée,
09:51des bureaux détruits,
09:53des archives disparues.
09:5518 ans plus tard,
09:56nous sommes en 2026,
09:58c'est quoi votre point de vue
10:00sur la gestion des douanes ivoiriennes
10:02dans la reconstruction de l'État ?
10:05– Je pense que les douanes ivoiriennes
10:08ont pris,
10:10disons,
10:11ont assumé le rôle qu'on attendait d'elles,
10:14à savoir être des pourvoyeuses
10:16des recettes de l'État,
10:18contribuer à l'alimentation du budget de l'État,
10:22participer à la protection de l'espace économique
10:24de la Côte d'Ivoire.
10:25Et je pense qu'il faut rendre honneur
10:29et saluer tous nos devanciers
10:32qui ont travaillé à cela,
10:33chacun dans un contexte bien précis,
10:35apportant sa note personnelle.
10:39Et comme je le dis souvent,
10:41le président,
10:43le directeur général,
10:44il n'y a rien qu'on a,
10:46a véritablement apporté à la Côte d'Ivoire
10:48en vulgarisant l'informatique
10:52au service de l'administration
10:54et particulièrement l'armée s'attente d'Édouard.
10:56Aujourd'hui,
10:57avec ce que nous avions fait
10:59de 2010 à 2016,
11:04la modernisation,
11:05les réformes
11:07et les chantiers
11:08que nous avons ouverts
11:10avec l'automatisation des procédures
11:12et qui ont été amplifiés,
11:15approfondis par mon prédécesseur,
11:17pardon, mon successeur,
11:18je crois que les douanes ivoiriennes
11:20peuvent être fiers du travail
11:21qui a été accompli
11:22pour redresser la Côte d'Ivoire.
11:24– On parle toujours des douanes ivoiriennes,
11:26c'est une administration
11:27que vous avez dirigée
11:28à l'heure où l'on parle
11:30de la bonne gouvernance
11:31qui demeure aujourd'hui
11:32un enjeu majeur.
11:34Quelles sont, selon vous,
11:35les trois valeurs
11:36qui devraient guider tout responsable ?
11:38– Les trois valeurs,
11:41si on doit s'en tenir à trois,
11:43je pense qu'il y a d'abord
11:46le sens des responsabilités,
11:49avoir une haute conception
11:50du sens de responsabilité.
11:51Si vous êtes directeur général ou autre
11:54et que vous n'avez qu'une conception étriquée,
11:59réduite à votre technicité
12:01sans vous élever,
12:03avoir une certaine conscience politique
12:06qui vient, disons,
12:08drainer comme une sève
12:09votre expertise,
12:12je pense que vous n'avez pas
12:14un vrai sens ensemble.
12:15Ensuite, certainement la performance,
12:18mais l'intégrité, la dignité,
12:20le sens de l'État,
12:21le sens du service public,
12:23tout cela, ça doit habiter un responsable.
12:28Et surtout,
12:29surtout,
12:30pouvoir,
12:31pouvoir,
12:32pouvoir,
12:33pouvoir se libérer
12:34de la proximité immédiate
12:37que constitue la famille.
12:39Parce que chez nous,
12:40on a souvent tendance à penser
12:42que quand un responsable,
12:43quelque part,
12:44nommer un responsable,
12:46c'est toute une famille
12:47qu'on nomme à ce poste-là.
12:50Ou toute une région.
12:51– Vous avez été confronté à cela ?
12:53– Bien entendu.
12:54– C'était quoi vos résolutions ?
12:55– On pense pouvoir
12:56vous enfermer
12:58à l'intérieur d'une région
13:00comme si vous étiez au service
13:01d'une région,
13:02d'une famille,
13:03alors que vous êtes au service
13:04du pays
13:05et de la Côte d'Ivoire
13:06pour ce qui nous concerne.
13:07– Est-ce que ça veut dire
13:08que vous n'avez jamais fait intégrer
13:10quelqu'un de votre région ?
13:11– Dégret, ça veut dire quoi ?
13:15Si j'ai un frère qui est compétent,
13:18qui remplit les conditions
13:19et qui compétit avec d'autres
13:21et qui réussit,
13:22mais je ne veux pas dire
13:23que c'est parce que c'est mon frère,
13:24il faut qu'il soit flagellé.
13:26– D'accord.
13:26– Mais ça ne doit pas être ça
13:28qui doit déterminer le choix.
13:30C'est d'abord la compétence.
13:32– Est-ce pour ça que vous écrivez
13:33dans votre œuvre
13:35le travail, d'abord le travail,
13:38ensuite le travail et enfin le travail ?
13:40– Ça résume tout ce que vous dites.
13:41– Absolument, absolument.
13:42Vous savez, j'ai horreur
13:44des gens, des personnes
13:47qui alors qu'ils sont passés par-ci, par-là
13:50pour, comme on dit,
13:52à Trècheville, faire j'ai l'honneur,
13:54et puis quand ils obtiennent le poste,
13:57quand vous les observez,
13:58quand je dis poste,
13:59ce n'est pas forcément le poste
14:01dans un bureau,
14:03mais non, le travail, disons,
14:04l'emploi, disons,
14:05mais vous les observez,
14:06vous avez l'impression
14:07qu'ils considèrent cela comme une corvée.
14:09et ils sont nonchalants,
14:12ils le font sans enthousiasme,
14:14comme si on les y forçait.
14:16Et ça, j'ai dit non.
14:18Vous avez demandé un emploi,
14:20vous avez même pris la place
14:22que certains auraient pu avoir.
14:23Donc il faut donner le meilleur de vous-même.
14:25– Il faut valoriser.
14:26– Il faut le valoriser
14:27parce que c'est ce qui va vous conférer
14:29aussi de la valeur
14:30quand on vous va travailler.
14:32et puis vous pouvez avoir la satisfaction
14:33d'avoir accompli une tâche,
14:37d'avoir été utile,
14:40apporter sa contribution
14:41à la construction du pays
14:43à quelques niveaux où on se situe.
14:45Et donc, moi, je me dis
14:47que rien ici-bas
14:49ne peut s'obtenir sans travail.
14:51Quel que soit,
14:52et ça, c'est ma conception,
14:55quel que soit le milieu
14:56dans lequel vous naissez,
14:57si vous vous contentez
14:59de jouir
15:03de ce que vos parents vous ont laissé
15:04sans savoir quel est l'effort
15:07qu'ils ont consenti pour le faire,
15:09croyez-moi,
15:10cela va disparaître
15:11comme du berg au soleil
15:12lorsque ceux-ci ne seront pas là.
15:14– Et les efforts,
15:15on peut les constater
15:15dans divers secteurs d'activité.
15:17Dans votre livre,
15:18vous parlez également,
15:19vous affirmez
15:20qu'il faut croire
15:21au génie africain.
15:23Les secteurs, selon vous,
15:25qui pourraient permettre
15:27à l'Afrique
15:27de surprendre le monde,
15:29pour vous,
15:29sans lesquels ?
15:30– Je pense d'abord
15:31à la formation,
15:35notamment l'éducation.
15:36S'il n'y a pas
15:37de ressources humaines
15:39bien formées,
15:41c'est difficile
15:42que nous puissions aller
15:43à la conquête,
15:45disons,
15:45au rendez-vous
15:46et de recevoir.
15:47Ensuite,
15:48je vais à grands pas.
15:49Nous arrivons
15:50au niveau supérieur.
15:51Je crois fondamentalement
15:53que nous ne pouvons pas avancer
15:54si nous ne nous consacrons pas
15:57la recherche
15:58comme une priorité,
16:00qu'elle soit fondamentale
16:01ou appliquée.
16:03Il faut que nous investissons
16:05massivement
16:06dans le domaine
16:07de la recherche,
16:08éducation,
16:09recherche,
16:10formation,
16:10université.
16:11Et puis,
16:11la formation professionnelle
16:13et technique.
16:14– D'accord.
16:15– Il faut que nous comprenions
16:17que c'est bien
16:20de pouvoir citer
16:21Victor Hugo
16:22et autres.
16:24Mais c'est chez nous ici.
16:25Nous avons aussi
16:26nos richesses,
16:26nos philosophes,
16:27nos savants.
16:28Il faut les mettre en valeur.
16:29– Et on peut bien
16:30s'inspirer du général
16:31Issa Koulibani.
16:31– Absolument.
16:32– Général,
16:33si dans 50 ans,
16:34un jeune Ivoirien
16:36ouvrait votre œuvre,
16:37pour vous,
16:39ça serait quoi la phrase
16:40ou la leçon
16:41que vous aimeriez
16:42qu'il retienne ?
16:43– J'aimerais qu'il retienne
16:45qu'il faut,
16:46qu'il est l'Africain.
16:48L'Africain n'est pas différent
16:50des autres hommes.
16:51En dehors de la couleur de peau,
16:53quand nous allons au fond,
16:54est-ce que le sang a des couleurs ?
16:56Qu'on soit blanc ou noir,
16:58le sang, il est rouge.
16:59Ça veut dire que fondamentalement,
17:01ce qui nous fait la différence
17:03en nous,
17:04ce sont les contingences géographiques.
17:06Mais le cerveau,
17:07l'intelligence
17:08que Dieu a doté
17:10chaque être humain
17:11de la capacité de réfléchir
17:13et de chercher
17:14et de comprendre
17:15le monde qui l'entoure.
17:17Et donc,
17:17il faut que nous nous fassions
17:18confiance à nous-mêmes.
17:20Les autres,
17:21ceux qui nous apprendront,
17:22ils ne le feront jamais
17:23en servant nos intérêts.
17:25Ils le feront toujours
17:26en servant leurs intérêts.
17:27– D'abord.
17:28– Donc,
17:28je veux que nos jeunes Africains,
17:30nos jeunes frères
17:31qui nous suivent,
17:33croient en leur capacité.
17:34Il n'est pas à baisser
17:35la tête devant
17:36qui que ce soit
17:37parce que simplement,
17:38il a la peau
17:39qui est différente de la sienne.
17:40– On a pratiquement
17:42terminé cette émission,
17:43mais aujourd'hui,
17:43on vous a accordé
17:44de répondre
17:44à cette dernière question.
17:46On va supposer
17:46qu'on referme
17:49cette autobiographie.
17:50Est-ce que vous avez
17:51le sentiment
17:51d'avoir réellement
17:52tout déclaré ?
17:53Puisque c'est
17:54la phase interrogative
17:56qui est à la première
17:58découverte
17:59de cette E,
18:00ou vous pensez
18:00qu'il existe encore
18:01des pages
18:02dont on n'a pas
18:03encore connaissance ?
18:04– Je pense avoir
18:05déclaré une bonne partie.
18:07– Une bonne partie.
18:08– Voilà.
18:09Mais je n'ai pas tout déclaré.
18:10Mais je n'ai pas fait
18:10de fausse déclaration
18:11non plus.
18:12– D'accord.
18:12– Je pense que
18:13Dieu me donnera
18:15longue vie
18:16pour que
18:18certaines choses
18:19qui continuent
18:19à trotter…
18:20– Et nous,
18:20on vous souhaite
18:21d'avoir longue vie.
18:22– Merci.
18:22– Que je puisse trouver
18:22le temps
18:23et l'énergie
18:24et l'opportunité
18:25de le mettre
18:27par écrit.
18:27– Nous,
18:27on vous souhaite
18:28d'avoir longue vie
18:28justement et de trouver
18:29le temps
18:30pour écrire
18:31et de nous revenir
18:32sur ce plateau.
18:33– Merci.
18:33– Qu'avez-vous déclaré ?
18:34C'est l'œuvre autobiographique
18:35du général Issa Koulibaly,
18:37ancien directeur général
18:38des douanes ivoiriennes.
18:39Merci encore
18:40d'avoir répondu
18:41à toutes nos questions.
18:41– C'est moi
18:41qui vous remercie
18:42pour la même présentation.
18:44– Mesdames et messieurs,
18:44on a pris beaucoup de plaisir
18:45à présenter cette émission.
18:46Merci de nous avoir suivis.
18:48À très bientôt.
18:49– Sous-titrage ST' 501
18:52– Sous-titrage ST' 501
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