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  • il y a 2 heures
Lenaïg Corson, Rugby Girl Academie dans le Face à Face.

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Sport
Transcription
00:07De retour sur le plateau de droite au but à Sport Définition et j'accueille désormais Lénaïque Corson, tu es
00:14la fondatrice de Rugby Gure Académie.
00:16Bonjour Lénaïque. Bonjour, merci pour l'invitation. De rien, c'est normal. Première question, quel est ton rapport au sport,
00:23ton histoire avec le sport ?
00:24Moi, j'ai démarré le sport très jeune. À l'âge de 6 ans, j'ai démarré par l'athlétisme.
00:30J'étais une petite fille qui était très timide, très introvertie.
00:33À l'école, j'ai subi de l'harcèlement scolaire. J'aimais même un petit nom dans l'école qu
00:40'on me donnait, la Madeleine, parce que je pleurais tout le temps à chaque difficulté.
00:43Et le sport est arrivé comme une bouée de sauvetage dans ma vie, par l'athlétisme d'abord. Et puis
00:48à 20 ans, je découvre le rugby, donc extrêmement tard à l'université.
00:53Et là, je tombe amoureuse de ce sport, le fait qu'on partage des choses avec un collectif, se dépasser
00:58ensemble, aller ensemble aussi dépasser nos échecs, les défaites, et jouer avec des profils très différents.
01:05J'ai adoré, je suis tombée amoureuse de ce sport.
01:08Et comment t'es tombée sur le rugby à la fac ? C'est quoi le déclic ?
01:11C'est quoi le déclic ? Écoute, c'est un peu un hasard, pour être honnête. Je voyais que dans
01:17la liste des sports universitaires, il y avait le rugby, le rugby féminin.
01:20Je me suis dit, pourquoi pas essayer ? Et finalement, c'est pas trop dur d'aimer le rugby une
01:25fois qu'on y est, parce qu'on a tout un groupe qui nous pousse à y aller.
01:29Mais peut-être le plus dur, c'est de faire le premier pas, oser y aller, parce qu'à l
01:33'époque, il y avait des freins qui étaient énormes, les stéréotypes de genre.
01:36Le rugby, c'est pas fait pour les filles, des manques de moyens, le peu d'espace que finalement les
01:42femmes avaient.
01:43On n'était que 8000 joueuses en France il y a 15 ans. Aujourd'hui, on est 50 000.
01:47C'est fou, ça.
01:47Il y a eu un gros cap de passé.
01:48Et Rugby Girl Academy, il y a contribué, il y a aidé. Juste avant qu'on vienne dans le cœur
01:52du sujet, ça serait quoi ta définition du sport ?
01:54Si demain, un martien débarque et te demande c'est quoi le sport ? Comment tu arriverais à lui définir
01:58le sport ?
01:59Je pense que le sport, c'est un super moyen pour développer les humains, en fait, tout simplement.
02:05Je pense aussi, si je regarde le rugby, qui a été mon sport pendant plus de 15 ans, 10 ans
02:10à haut niveau en équipe de France,
02:12je pense que c'est un outil qui nous permet de jouer ensemble.
02:15Et pour mieux vivre ensemble dans la société, c'est un outil qui est fondamental.
02:19On ne pense qu'à la compétition aujourd'hui, mais le sport aussi est un moyen autour de la santé
02:23mentale,
02:24de la confiance en soi, de la cohésion d'équipe, trouver sa place dans la société.
02:29Ça, c'est des choses qui sont fondamentales et qui nous servent toute une vie.
02:35Et toutes ces compétences-là nous apportent énormément dans notre quotidien, que ce soit pro ou perso.
02:39Et comment, du coup, est née l'idée de cette fondation ?
02:45Comment tout ça a démarré ?
02:47Et est-ce que tu y avais pensé quand tu étais, parce que tu l'as précisé, je ne l
02:50'ai pas précisé au début,
02:51je t'ai présenté comme fondatrice de la Rugby Rigueur Académie,
02:54mais tu as été internationale de rugby à 15 et aussi à 7.
02:59Comment tout ça a commencé ?
03:00Comment a germé l'idée dans ta tête ?
03:02Je suis partie jouer en Angleterre, il y a maintenant trois ans de ça.
03:08Et là-bas, je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup de choses qui étaient faites pour les
03:12femmes,
03:12pour la diversité, pour l'inclusion, pour les banlieues.
03:15Et je me suis dit, en France, il n'y a pas tout ça.
03:17Je vais venir créer quelque chose qui n'existe pas.
03:20Et le rugby, c'est ce que je connais le mieux, parce que j'en ai fait 15 ans.
03:23Le sport m'a sauvé même la vie, je n'ai pas peur de le dire.
03:26Comment je peux faire que toutes les expériences, toutes les mains tendues que j'ai eues dans le sport,
03:31je peux les partager avec d'autres jeunes filles, la nouvelle génération ?
03:36Aujourd'hui, on a une fille sur deux qui arrête le sport à l'âge de 14 ans, c'est
03:39énorme.
03:41Et aujourd'hui, se priver du sport aussitôt, c'est se priver d'être bien dans sa tête,
03:45d'être bien dans son corps, d'être demain, d'avoir des dirigeantes dans les entreprises, d'avoir des leaders.
03:50On parle beaucoup d'égalité femmes-hommes, mais aujourd'hui, qu'est-ce qu'on fait concrètement ?
03:54Et pour moi, le rugby, c'est un outil fondamental, c'est qu'un outil, un prétexte pour avancer sur
04:00toutes ces causes sociétales.
04:02Donc la Rugby Girl Academy, aujourd'hui, c'est un programme pour aider des jeunes filles à prendre confiance en
04:08elles,
04:08à prendre toute la place et à savoir jouer avec des gens très différents les uns des autres.
04:14Et maintenant que tu as quelques années d'expérience au sein de cette académie, comment tu expliques cette statistique ?
04:20Une adolescente sur deux arrête le sport à l'âge de 14 ans, comment ça s'explique ?
04:25C'est énorme et je le voyais déjà aussi à mon époque où je perdais de plus en plus d
04:29'écoéquipières au fur et à mesure du temps.
04:31Il y a plusieurs critères.
04:34Le manque de confiance en soi, la pression scolaire.
04:37Les parents vous disent non, ma fille ne fera pas du sport parce qu'il faut qu'elle soit focus
04:41dans les études.
04:42Un garçon, on va lui permettre beaucoup plus facilement de faire des études et du sport.
04:47Ensuite, il y a aussi l'environnement familial qui peut aussi dire non, ne cours pas trop vite.
04:54Moi, par exemple, ma mère est prof de PS.
04:57Mes deux parents sont profs du sport, donc j'étais obligée de faire du sport.
05:01Pourtant, je sais que mes frères jouaient dans les buissons, dans les arbres.
05:05Moi, c'est attention, tu vas abîmer ta robe.
05:07Attention, tu vas te salir.
05:08Donc, en fait, c'est aussi en tant que parent, comment on peut aussi laisser les enfants prendre leur place
05:15et s'émanciper.
05:16Et je pense que ça, ça commence dès l'éducation.
05:18Et tu dirais, toi qui étais en Angleterre et qui t'es inspirée de ce qui se faisait en Angleterre,
05:22tu dirais que c'est plus propre à la France.
05:24Et pourquoi il n'y avait pas une académie comme la tienne en France alors que ça existait en Angleterre
05:28?
05:28Qu'est-ce qui explique ça dans la culture française, dans l'éducation française ou dans le…
05:32Je pense que tout simplement, en Angleterre, c'est la place du sport qu'il y a à l'école
05:36même.
05:37Le matin, vous êtes à l'école.
05:38L'après-midi, vous êtes dans un club de sport.
05:40Donc, finalement, la place est beaucoup plus importante pour avoir eu des parents profs de BS.
05:45Ils en ont vu des parents qui ont fait…
05:47Enfin, évidemment, c'était les docteurs qui faisaient des dispenses ou bien même les parents qui faisaient des dispenses pour
05:52leurs enfants.
05:53Ma fille, même à ses règles, elle ne peut pas venir faire du sport.
05:56Moi, les règles, ça ne m'a jamais empêchée de faire du sport.
06:00Et voilà, on sait que tout le monde est différent.
06:02Il y en a qui ont des règles très douloureuses, d'autres qui sont très abondantes.
06:06Mais aujourd'hui, il y a des solutions.
06:07Et on est là, notamment à travers l'académie, pour donner ces solutions.
06:11Non, ce n'est pas parce que vous avez vos règles qu'une semaine par mois, vous devez arrêter de
06:15faire du sport.
06:15Non, il y a des solutions.
06:17On va vous les partager.
06:19Aujourd'hui, combien de jeunes garçons aussi et de jeunes filles avez-vous accompagné ?
06:24C'est quoi un peu le bilan de toutes ces années à la tête de cette académie ?
06:29Oui, c'est vrai que tu as raison de le préciser.
06:31On forme autant des garçons que des filles parce que l'égalité homme-femme, ça ne touche pas que des
06:35femmes, évidemment.
06:38Aujourd'hui, on est à peu près à 1300 jeunes formés depuis trois ans.
06:42On en est très fiers, évidemment.
06:44On a des interventions qui se font au collège.
06:46On a nos tournois de rugby dans les quartiers.
06:48On a nos stages de rugby féminin.
06:51Et on a un quatrième programme qu'on développe qui s'appelle Rugby et Avenir.
06:55C'est pour aider les jeunes filles à s'insérer dans la vie professionnelle.
06:59Aujourd'hui, on est face à des difficultés dans la société,
07:02et notamment pour les entreprises qui ont du mal à recruter des femmes.
07:05Et on veut justement féminiser les métiers.
07:08Nous, à côté, on a des filles qui vont vers un sport dit masculin.
07:12Donc comment on peut connecter nos deux mondes ensemble pour que chacun soit gagnant-gagnant ?
07:17Des filles qui s'éclatent dans le rugby et des entreprises qui embauchent des femmes.
07:21Tu parles d'entreprise.
07:22Est-ce que du coup, c'est un peu l'idée de ta venue aussi sur un événement comme Sport
07:26Définition ?
07:27Qu'est-ce que tu vas venir chercher aujourd'hui dans les rencontres que tu pourras faire ?
07:31Évidemment, Sport Définition, c'est aussi vouloir redéfinir le sport, réinventer les règles.
07:36Je pense qu'aujourd'hui, on l'a vu, il y a de moins en moins de subventions publiques.
07:39C'est de plus en plus dur d'aller chercher des partenariats en entreprise.
07:44Donc c'est comment, ensemble, on peut aller trouver les solutions,
07:47parce qu'on connaît les solutions, ce qu'apporte le sport,
07:51le fait que le sport soit un médicament pour notre société,
07:54et il n'est pas assez valorisé aujourd'hui.
07:56Donc ensemble, c'est aussi comme ça qu'on va faire passer des messages et être plus forts, tout simplement.
08:02Je suis un jeune garçon de 14 ans ou une jeune fille de 14 ans,
08:05ou alors je suis parent d'une adolescente ou d'un adolescent.
08:08Comment on peut s'inscrire ? Comment ça se passe si on veut participer à la Rugby Girl Academy ?
08:13Alors c'est très simple.
08:15On va sur le site internet rugbygirlacademie.com
08:20et derrière, on peut s'inscrire pour des stages de rugby féminin.
08:23Alors pour les stages, on ne prend que des filles de 12 à 18 ans,
08:27et aussi cette année, des femmes de 18 jusqu'à 40 ans.
08:31Et voilà, c'est très simple, toutes les informations sur nos réseaux sociaux.
08:35On est beaucoup sur Instagram, donc n'hésitez pas à nous suivre et à vous inscrire.
08:39On a déjà des listes de préinscriptions pour le prochain stage,
08:43parce que ça cartonne, on a tout vendu en deux mois cette année.
08:45Donc voilà, ça nous pousse en tout cas à continuer nos actions et à avoir de l'impact pour nos
08:50filles.
08:51Et du coup, tu dirais que l'activité principale de Rugby Girl Academy, c'est des stages ?
08:55Ou ça prend quelle autre forme que des stages ?
08:57C'est quoi la multiplicité d'événements que vous proposez ?
09:00Oui, on a les interventions au collège, on a les stages, on a les tournois des quartiers,
09:05et puis le programme de mentoring entre les entreprises et les jeunes filles.
09:09Et il y a un vrai, en regardant un peu tout ce que vous faisiez, tout ce que tu faisais,
09:14il y a un vrai focus qui est fait sur les quartiers.
09:16Pourquoi ce focus-là ? Est-ce que c'est une mission principale que la Rugby Girl Academy s'est
09:22fixée ?
09:23On a deux missions. On est au plan national avec les stages de rugby féminin.
09:26On a des gens de partout, beaucoup de sudistes d'ailleurs, des filles de la région parisienne
09:30qui viennent en Bretagne faire leur stage.
09:32Et puis après, beaucoup plus localement, régionalement, on est sur les quartiers,
09:36notamment en Essonne, pour aider ces jeunes filles à prendre leur place.
09:40Aujourd'hui, la principale difficulté, c'est qu'on l'a dit, il y a une fille sur deux qui
09:45arrête le sport.
09:46Et encore plus dans les quartiers.
09:48Il y a six jeunes sur dix qui ont peur face à leur avenir.
09:51Donc face à ça, on s'est dit, on va appuyer nos démarches, nos programmes dans ces quartiers
09:56parce qu'ils ont besoin de nous.
09:57Et quand une fille vient nous voir et qui dit, moi, je pensais que le rugby, c'était nul.
10:02Mais en fait, en découvrant le rugby dans les quartiers, notamment au collège ou sur les tournois,
10:06elles se disent, mais moi, je veux faire, je veux en faire en club.
10:08Donc en fait, si on va vers des publics qui, justement, ne vont pas forcément faire du sport
10:14parce que l'environnement familial, le regard des autres et notamment des garçons dans les quartiers,
10:19c'est très difficile de faire sa place.
10:22Si on va dans ces endroits-là, derrière, c'est leur donner aussi l'opportunité de se lancer, tout simplement.
10:28Et à quel moment, du coup, il y a cette interaction avec les garçons pour leur faire changer de regard?
10:32C'est à l'école, dans les interventions et à quel autre moment vous arrivez, du coup, à interagir avec
10:38ces garçons
10:39pour qu'ils changent un peu leur état d'esprit?
10:41Oui, c'est vrai que c'est une vraie problématique qu'on a.
10:45Quand j'interviens dans les classes, c'est très drôle parce que j'arrive, j'ai d'un côté les
10:49garçons, d'un côté les filles.
10:51Et je me dis, ah non, non, ça ne va pas se passer comme ça.
10:53Tout le monde doit se mélanger.
10:55Physiquement, ils sont séparés dans la classe.
10:56Physiquement.
10:57Et puis, on le sent.
10:58Ils viennent se chercher, ils viennent se chahuter.
11:01Il y a beaucoup de violences verbales, physiques même.
11:04Donc, c'est très difficile aussi pour des filles de se trouver.
11:08Donc, on vient les amener à avoir plus de sagesse dans leur comportement.
11:12Et le sport, c'est un super moyen pour faire comprendre qu'un essai, au rugby, tu ne vas jamais
11:18le marquer tout seul.
11:19Tu auras besoin de tes coéquipiers, coéquipières pour aller marquer.
11:22Et c'est beau d'avancer ensemble.
11:24Et ça, c'est un peu ta découverte aussi avec le rugby.
11:25Tu t'es passé de l'athlétisme, qui est plutôt un sport individuel, à un sport collectif.
11:30À quel point ça a été une révélation, le fait de faire un sport collectif, quand tu as découvert, sur
11:34le tard, à la fac, le rugby ?
11:37C'est vrai que l'athlétisme, on gagne, on est tout seul.
11:41On perd, on est tout seul.
11:43Le rugby, on est beaucoup plus dans le partage, dans le collectif, à faire en sorte que le projet, il
11:48gagne, viser des objectifs communs.
11:51Et ça, c'est vraiment quelque chose qui me passionne.
11:54Parce qu'aujourd'hui encore, même si je ne suis plus sur les terrains de rugby, j'ai composé mon
11:58équipe.
11:59Et je vois bien, à chaque fois qu'on réfléchit ensemble, on va beaucoup plus loin.
12:03Et je pense que c'est surtout, c'est quoi l'objectif commun ?
12:05Pour nous, c'est d'aider des filles à découvrir le sport et à se lancer et à continuer de
12:10faire du sport.
12:11Et quand elles voient l'impact de nos actions sur le terrain, elles se sentent fières et ils se sentent
12:17fières.
12:17Parce qu'il y en a des hommes aussi qui nous soutiennent dans le projet.
12:20Et les émotions, elles sont décuplées en les partageant.
12:24Qu'est-ce qui t'a le plus surpris dans tes interventions dans l'école ?
12:27Quelque chose où tu ne t'y attendais pas ?
12:28Tu ne pensais pas qu'il y avait autant d'opposition entre les garçons et les filles ?
12:31Je ne sais pas quels ont été tes grands apprentissages grâce à la Rugby Girl Academy
12:36dans le rapport que les enfants et les adolescents ont au sport
12:41et dans peut-être les fractures aussi en fonction de s'ils viennent des campagnes, des villes ou de cités
12:47?
12:47Justement, c'est ça qui est beau.
12:49C'est le rugby, c'est la mixité sociale.
12:51Des personnes très différentes qui doivent jouer ensemble.
12:54Et c'est aussi le choc des cultures.
12:56Et ça, c'est ce que j'aime parce que moi, j'ai joué dans des équipes
12:58où il y avait des gens de gabarits différents, de niveaux d'études différents, de religions différentes.
13:04Et ça nous amène à avoir une ouverture d'esprit.
13:06Et je pense que la France, la société en a bien besoin.
13:09Et quoi de mieux que le jeu, le sport pour faire véhiculer toutes ces valeurs ?
13:13Je pense que ce dont je suis le plus fière,
13:16c'est des messages des jeunes filles qu'on peut recevoir après les stages, nos tournois,
13:21qui nous disaient « je ne me sentais pas capable de faire ça ».
13:25Et je pensais que c'était nul, même le rugby.
13:27Et finalement, je me rends compte que j'ai envie de continuer en club.
13:31Et donc, on les met en lien avec les clubs aussi derrière
13:32pour qu'elles puissent continuer tous les week-ends.
13:35Donc, pour moi, c'est la plus belle réussite.
13:37C'est de voir l'impact qu'on a sur elles.
13:40Des jeunes filles aussi qui nous disent « moi, je n'osais pas,
13:42j'avais peur de prendre la parole et aujourd'hui, je suis capitaine de mon équipe ».
13:46Et elles nous disent « c'est grâce aux encouragements,
13:49c'est grâce à vos conseils qu'on a eus à l'Académie ».
13:53On a quand même réussi à mettre quelques graines dans quelques têtes des jeunes filles.
13:57Et on se dit que même deux, trois ans après, elles nous écrivent.
14:01Et à 15 ans, quand elles vous écrivent un texto pour vous dire « merci », ça veut dire beaucoup.
14:06Quelle est l'anecdote ou l'histoire de vie qui te rend le plus fière d'avoir monté cette Académie
14:11?
14:12Est-ce qu'il y en a une qui ressort, même si, là tu disais, c'est les messages,
14:14mais est-ce qu'il y a un parcours où finalement, une petite fille ou peut-être un garçon,
14:19mais plutôt une jeune fille qui finalement aujourd'hui est restée,
14:23enfin n'était pas du tout prédisposée,
14:24maintenant peut-être fait partie aussi des bénévoles de l'Académie ?
14:28Oui, c'est vrai. On est vraiment une famille.
14:31Je pense que quand j'ai démarré le rugby, j'avais envie évidemment de faire du sport,
14:38de me dépenser. On pense très égoïstement à soi-même.
14:42Et finalement, on vient trouver autre chose.
14:45On vient trouver une deuxième famille qui vous accueille,
14:47qui a envie de faire en sorte que vous vous sentez bien dans votre tête, dans votre corps,
14:51que vous trouvez même peut-être un boulot grâce au club.
14:54Et j'avais envie de garder cet état d'esprit et cette valeur fondamentale pour moi.
14:58Et aujourd'hui, je suis fière parce qu'on a des jeunes filles qui ne sont plus stagiaires à l
15:03'Académie,
15:04qui sont maintenant soit en service civique, soit qui ont envie d'être bénévoles, stagiaires.
15:08On grossit vraiment d'année en année et surtout avec cette état d'esprit
15:11que je vais véhiculer dans la team rugby à l'Académie.
15:15Et ça, j'en suis très fière.
15:17C'est de l'équipe aussi que j'ai pu composer au-delà des jeunes filles
15:20qui viennent faire les stages de rugby féminin.
15:23Vous êtes combien ? Ça représente combien de personnes aujourd'hui ?
15:25Tu as commencé toute seule ou peut-être avec des amis ?
15:27Est-ce que tu as vraiment commencé toute seule ?
15:29Et aujourd'hui, vous êtes combien à t'accompagner ?
15:32Combien de personnes autour de toi ?
15:33Pour la petite histoire, je quitte le rugby en 2023.
15:38Le 2 juin, j'arrête ma carrière.
15:40Le 3 juin, je me lance sur mon ordi.
15:43J'écris le projet.
15:44Il était un peu dans ma tête depuis les trois derniers mois avant la fin de ma carrière.
15:49Je l'écris.
15:50Et là, je l'écris mais non-stop.
15:52Mais je dors deux, trois heures par nuit.
15:54Je n'en parle pas à beaucoup de monde parce que j'ai peur qu'on me décourage.
15:57Et je me dis, moi, je veux y aller à fond et on verra.
16:01Et en fait, trois mois après, c'est la Coupe du monde de rugby en France.
16:05Et là, je travaille dans les médias.
16:07Je travaille sur M6, RMC.
16:08Je fais pas mal d'interventions dans les entreprises.
16:11Et à côté, je lance mon assaut.
16:13Et là, ça a vite boosté le projet.
16:15Mais j'ai vraiment démarré toute seule.
16:17Ce qui a été très dur, très fastidieux.
16:19Et clairement, je n'aurais pas pu continuer comme ça.
16:22Aujourd'hui, si j'arrive à continuer au-delà des difficultés, parce que ce n'est pas tous les jours
16:26facile de créer une association, de la faire vivre.
16:30Et le plus dur, je pense que c'est d'aller chercher des financements.
16:33Très sincèrement, même si on est persuadé que ce qu'on fait, c'est de nécessité publique et qu'on
16:39a de l'impact sur ces jeunes filles.
16:40Et plus tard, sur des futures femmes, peut-être leaders en entreprise, on se dit qu'on est quand même
16:47fiers d'avoir réalisé tout ça.
16:49Et surtout, d'avoir une équipe pour m'accompagner aujourd'hui.
16:52Et du coup, vous êtes combien ?
16:53On est combien ? On est à peu près 60 bénévoles, si tu veux, à l'année.
16:56Donc, ça fait quand même pas mal de monde qu'on remue en Bretagne et en Ile-de-France.
17:01C'est ça, j'allais te poser la question.
17:02Ça se passe principalement en Bretagne et en Ile-de-France.
17:03Mais t'essayes ou vous essayez d'aller un peu partout.
17:07Comment tu choisis un peu les lieux où se passent les stages ?
17:11Alors aujourd'hui, on est principalement seulement sur deux régions.
17:14Je sais que je suis appelée partout dans la France entière.
17:17J'ai du mal à décupler le programme parce qu'on y met tellement de cœur, tellement de qualité.
17:22Et qu'on ne veut pas faire du quantitatif parce que sinon, ça dégraderait un petit peu la qualité du
17:27stage.
17:28Je dis toujours à mon équipe, viser, on doit être le meilleur stage de France, le meilleur stage de rugby.
17:32Et je pense qu'on l'est parce qu'on s'en voit bien quand même.
17:37Mais du coup, derrière, ce qui m'empêche de pouvoir le dépliquer sur toute la France.
17:42Donc là, on est en train de rechercher un modèle un peu plus léger, peut-être sur deux, trois jours,
17:47pour pouvoir aller dans d'autres villes que la Bretagne et l'Ile-de-France.
17:51Et donc, de quoi tu as besoin ? Qu'est-ce que tu recherches ?
17:53Et qu'est-ce que tu viens chercher ici ?
17:55C'est surtout des financements ou des entreprises partenaires pour t'aider à grandir.
17:58C'est ça dont tu as besoin ?
17:59C'est ça, c'est des entreprises partenaires, des fondations, des mécènes, des partenaires publics.
18:05Pour monter un projet comme ça, on a besoin de tous les soutiens, même bénévoles.
18:12Enfin voilà, on n'a pas que des financiers.
18:16Mais évidemment, c'est pour faire tenir les projets comme ça durablement et de façon efficace, structurée, professionnelle.
18:23On a besoin forcément de moyens financiers.
18:26Quelle est la plus grande difficulté auxquelles tu ne t'attendais pas quand tu as lancé le projet il y
18:29a trois ans ?
18:30Et qu'est-ce que tu ferais différemment d'il y a trois ans quand tu t'es lancé avec
18:35l'expérience que tu as aujourd'hui ?
18:36Je pense que je l'ai dit, je crois que c'est la recherche de financement qui est le plus
18:41compliqué.
18:42Je pensais que c'était d'organiser un stage de rugby, mais finalement, ça, c'est du procès, c'est
18:50de l'organisation.
18:51Mais d'aller convaincre des partenaires de nous suivre, qu'on veut les emmener avec nous.
18:55Là, dernièrement, on a signé Capgemini pour trois ans.
18:58Donc c'est une très belle entreprise qui est très engagée dans le rugby, qui ont envie de féminiser leur
19:03métier.
19:04On essaie aussi de trouver des métiers autour du bâtiment, parce que là encore, j'intervenais chez Bouygues Construction il
19:12n'y a pas longtemps.
19:1212% seulement de femmes dans les effectifs.
19:16Donc on a besoin d'aller féminiser ces métiers de techniciens, d'ingénieurs.
19:20Il y en a besoin partout.
19:21Donc on fait le parallèle, nous, entre le sport et l'orientation professionnelle.
19:26Et quel serait ton conseil pour des sportives en reconversion ou des sportifs ?
19:29Ou tout simplement des sportifs du dimanche, mais qui veulent faire une académie, une fondation en lien avec le sport
19:35?
19:36Ce serait quoi tes trois conseils ?
19:37S'ils veulent se lancer, à quoi ils doivent faire attention ?
19:41Les financements, bien sûr, mais ce serait quoi les deux autres points ?
19:43Non, je pense qu'à l'image de la carrière de rugby que j'ai pu avoir à haut niveau,
19:47c'est le travail.
19:49On ne va pas se mentir, c'est énormément d'investissements personnels.
19:54Être bien entourée.
19:55Et franchement, j'ai appris avec le temps que quand même, c'était ça qui pouvait te faire passer des
20:00caps.
20:01Et ensuite, le troisième, ça reste la passion.
20:04Si vous n'êtes pas passionné, vous ne pourrez pas vous lever tous les matins avec la niaque,
20:08d'atteindre vos objectifs, d'avoir de l'impact auprès des jeunes.
20:13Donc ça serait ça, les trois points.
20:15OK.
20:15Merci beaucoup, les Naïg.
20:16Merci à toi.
20:17Et on se retrouve d'ici une heure avec Damien Liapis, qui est le directeur commercial et marketing des Brûleurs
20:22de loups,
20:22dans OK sur glace.
20:23Bonne journée.
20:24Merci à toi aussi.
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