00:00Autre point qui posait problème aux contestataires, c'est l'histoire de la rémunération des sélectionneurs.
00:05Alors là, eux, ils sont présidents de club, en plus, ils n'avaient pas trop de liens avec ça.
00:10Ils ont trouvé tous les points qui pourraient poser problème.
00:12Tous les prétextes, pour ne pas que ça passe.
00:14Donc ça, Michel Samar, il faut expliquer de quoi il s'agit. La ministre des Sports en a aussi parlé.
00:20Donc, dans le projet de loi, il y a un plafonnement du salaire des sélectionneurs.
00:24Alors, d'abord, le travail qui a été fait en commission mixte paritaire, c'était de corriger certaines dispositions qui
00:30avaient été votées,
00:31notamment à l'Assemblée nationale, concernant le sujet que vous abordez, le plafonnement des rémunérations.
00:36C'est un amendement qui a été voté à l'Assemblée nationale, qui plafonnait les rémunérations à trois fois le
00:43montant du plafond de la sécurité sociale,
00:46c'est-à-dire à peu près à 12 000 euros brut.
00:48Donc, on a tout de suite, nous-mêmes, été alertés en disant, attention, il ne faut pas non plus qu
00:53'on paupérise le sport professionnel.
00:55En gros, si on veut si bien le sélectionneur, ça ne va pas passer.
00:57Et puis, il n'y a pas que le sélectionneur. Il y a aussi des postes à responsabilité.
01:00Si on veut que dans ces fédérations, dans ces ligues professionnelles, le foot, comme les autres ligues professionnelles,
01:06si on veut qu'à la tête de ces ligues professionnelles, on ait des postes, des postes importants, on ait
01:11des gens qui aient de la compétence
01:13et qui aient un CV qui soit à la hauteur de ces missions, il y a aussi la rémunération qui
01:20doit suivre.
01:21Donc, c'est pour ça qu'avec Laurent Laffont, on a retravaillé avec les députés.
01:25Pour leur découter le plafond qui a été fixé, il faut qu'on le remonte.
01:27Et donc, on l'a monté à 450 000 euros au niveau annuel, avec la possibilité pour chaque président de
01:35fédération
01:35de solliciter l'accord du ministre sur certains postes.
01:41Ce n'est pas sur les personnes. On ne va pas parler de M. Pierre Polujac.
01:46On parle de certains postes qui méritent, au vu de leurs responsabilités et des missions qu'ils doivent accomplir au
01:51sein de la Ligue,
01:52d'avoir une rémunération au-delà des 450 000 euros.
01:54Donc, ce n'est pas le ministre qui fixe le montant des salaires.
01:58Mais la ministre va donner son accord. Je prends le cas de Zidane, qui va gagner plus que 450 000
02:03euros par an.
02:04La ministre va dire, ok, on y va. Alors, là-dessus...
02:06Oui, mais il peut y avoir une ingérence, là-dessus.
02:07Voilà, c'est ça.
02:08C'est-à-dire que s'il y a un nouveau gouvernement en 2027 et que la ministre ou le
02:11ministre n'aime plus Zidane
02:13ou estime que Zidane ne correspond pas à ce qu'il faut, financièrement ou autre,
02:18est-ce qu'elle peut avoir une décision ?
02:21Non, le ministre n'a pas à choisir le sélectionneur.
02:23Ce n'est pas le ministre qui choisit le sélectionneur.
02:25Encore une fois, le président d'une ligue, d'une fédération, va demander au ministre
02:32le fait de déroger à le plafond de 450 000 euros sur certains postes
02:37avec des critères très économiques et professionnels.
02:42un directeur général d'une ligue a sûrement un salaire qui est au-dessus des 450 000 euros annuels.
02:52Bon, et pas uniquement dans le foot.
02:53Donc concrètement, un ministre des Sports ne peut pas casser le contrat d'un sélectionneur ?
02:57Non, il ne peut pas le casser, mais il peut quand même empêcher de recruter tel ou tel sélectionneur factuellement.
03:02Non, mais encore une fois, on ne parle pas d'une personne, on parle d'une fonction.
03:05Moi, mais une fois que c'est validé pour la fonction, il faut quand même à chaque fois lui demander
03:10s'il y a un changement ou non ?
03:11Non.
03:12Ah non, ok, si c'est changé pour le sélectionneur de l'équipe de France, ce sera changé ad vitam
03:16aeternam ?
03:17En fait, ce n'est pas comme ça que ça va se passer.
03:18C'est-à-dire qu'on va dire, pour recruter un sélectionneur pour l'équipe de France,
03:22on regarde combien on paye le sélectionneur de l'équipe d'Espagne, celui de l'équipe d'Allemagne, celui de
03:27l'équipe d'Angleterre,
03:27on voit à peu près où sont les prix du marché.
03:30Et on dit qu'on est au-dessus des 450 000.
03:33Donc pour ce poste-là, ce n'est pas pour cette personne-là, mais pour ce poste-là, on est
03:39au-dessus des 450 000.
03:40On déroge.
03:40En fait, il faut faire attention parce que la FIFA, en théorie, interdit les ingérences politiques.
03:45On voit que dans certains pays, ils s'asseillent largement sur ce qui se passe.
03:50Mais enfin bon, il faut toujours être méfiant avec tout ça.
03:52Après, il y a ingérence et ingérence, dans le sens où c'est quand même un service public,
03:57et donc c'est quand même sous l'égide du ministère.
04:00Donc bon, toujours un peu...
04:02Il y a un autre aspect dans la loi qui est important, c'est tout ce qui est conflit d
04:05'intérêts.
04:05Et là, ça concerne directement Nasser Al-Ralifi, qui va devoir faire des choix.
04:10Pourquoi ? Parce que vu la nouvelle loi dont vous êtes à l'origine, il ne pourra pas rester à
04:16la fois avec un poste à Binsport,
04:20détenteur éventuel de droits et président du Paris Saint-Germain, messieurs.
04:23Là, ce ne sera pas possible.
04:24Si, si, il peut rester...
04:26Il peut rester...
04:27Allez, vas-y.
04:28En revanche, il ne peut pas, c'est être au conseil d'administration de la société des clubs.
04:32Il ne peut pas être dans la structure qui va décider l'attribution des droits de Vigel
04:37et être lui-même président d'une structure qui fait une offre dans le cadre de cette...
04:43En même temps, ça, on n'a jamais compris comment c'était possible au départ.
04:47Oui.
04:48C'est bien pour ça que, du coup, on est obligé de légiférer.
04:50C'est assez fou.
04:52Comme vous, on n'a pas compris que c'était possible, mais on a constaté que c'était possible.
04:56Et il y a même eu une émission qui avait...
04:59Oui, oui, il peut mettre le cas à sa place.
05:01Comment ?
05:02Comme si c'était au PSG, c'est comme si...
05:03Oui, mais on a bien vu que lors de la retransmission d'une discussion qui avait eu lieu au sein
05:09du bureau de la Ligue,
05:10la présence autour de la table du président qui a aussi des responsabilités de survie n'a pesé dans la
05:17discussion.
05:18Si c'est une autre personne, ça sera beaucoup plus facile pour les clubs de pouvoir dialoguer.
05:23Soyons pas naïfs, Binsport est détruit par le Qatar.
05:26S'il ne saura pas la fiée à des messages à faire passer, il saura les faire passer quoi qu
05:29'il se passe,
05:30même s'il n'est plus en fonction.
05:32Vous voyez ce que je veux dire ?
05:34Bon.
05:35Oui, non mais...
05:36Moi, la question, c'est avec la loi qui vient de passer, est-ce que son champ d'action va
05:40se réduire dans le football français ?
05:42C'est-à-dire, est-ce que le poids qu'il a et qu'il avait sera moindre ?
05:46Non, mais le PSG a un poids sur le plan footballistique, sur le plan économique qui reste le même, ça
05:53ne change rien.
05:53Par contre, on clarifie un certain nombre de règles et on dit clairement que si le président du PSG reste
06:00président de Béine,
06:00il ne peut pas être au conseil d'administration.
06:02Vous dites, effectivement, il peut passer le message par d'autres.
06:05C'est vrai, c'est tout à fait vrai.
06:06Mais je pense que ce n'est pas la même chose pour lui de ne pas être physiquement présent au
06:10conseil d'administration
06:11et de réaliser, j'allais dire, qu'il y a un conflit d'intérêt et qu'en France, on ne
06:16peut pas faire n'importe quoi.
06:19Je signale que Joseph Ougourlian, qui est à la pointe du combat, on va dire, concernant le fonctionnement de la
06:27Ligue,
06:27a tenu à réagir ce soir. Il dit, avec d'autres clubs comme l'OM, on a eu une attitude
06:33proactive concernant la proposition de loi.
06:35La Ligue, elle, s'est complètement figée et rédite dans un déni de réalité, avec un côté un peu injurieux,
06:41dit Ougourlian.
06:42Elle a estimé que tout ce qu'ils font est nul et qu'ils ne comprennent rien à rien.
06:45C'est vrai qu'eux, la Ligue, ils avaient tout compris à tout.
06:48Voilà, Ougourlian ajoute, quand vous avez une proposition de loi adoptée à l'unanimité au Sénat et à 75 voix
06:53contre 2 à l'Assemblée,
06:54eh bien, ça veut bien dire qu'on ne peut pas écarter d'un revers de main tout ce qui
06:59se passe.
07:01En ce qui concerne la propriété des clubs, que ce soit la multipropriété ou les fonds d'investissement,
07:07je sais aussi qu'il y a un volet dans la loi.
07:09Quand on voit, malheureusement, et on a une pensée pour tous les supporters d'un des plus grands clubs français,
07:14qui sont les Girondins de Bordeaux, qu'est-ce qui va changer exactement dans ce domaine ?
07:19C'est un sujet qui est important, dont on a évoqué le cas de la multipropriété au Sénat.
07:26Ou même juste de la propriété de gens qui ne sont pas recommandables.
07:31Oui, il y a un amendement qui avait été voté à l'Assemblée nationale interdisant la multipropriété.
07:36On est revenu dessus. Pourquoi ?
07:38Parce qu'on est parti du principe qu'on ne peut pas, seul, nous en France,
07:42avoir une règle sur la multipropriété qui puisse pénaliser les clubs
07:45si la même mesure n'est pas appliquée à l'échelle européenne.
07:49C'est la raison pour laquelle le président de la Commission de la Culture et de l'Éducation de l
07:52'Assemblée nationale
07:52a déposé une proposition de résolution à l'échelle européenne
07:56pour qu'on puisse évoquer ce sujet à l'échelle européenne.
07:59Ce qu'on a pu faire, par contre, au niveau de la Commission de l'Université paritaire,
08:03c'est d'étendre les pouvoirs de la DNCG,
08:05qui, dans l'avenir, pourra avoir un contrôle beaucoup plus rigoureux
08:08sur les demandes de rachat de clubs ou de prise de contrôle de clubs.
08:12Donc, on a renforcé le secteur contrôle de la DNCG,
08:17mais on n'est pas allé jusqu'à la suppression.
08:18Encore une fois, il ne faut pas qu'on pénalise plus le football français.
08:23C'est un combat d'Éric Coquerel, le député aléphique,
08:25qui voulait interdire la multipropriété dans le foot.
08:27Mais là, tu vas contre la lame de fond générale.
08:29Non, mais il ne s'agit pas de l'interdire, il s'agit de l'encadrer.
08:32Lui, il voulait faire ce qu'on a fait.
08:34Là, elle est un peu plus encadrée, en fait.
08:36Oui, mais le texte va assez loin,
08:37parce que la DNCG n'a pas un pouvoir sur le plan financier,
08:40elle a un pouvoir sur le plan sportif.
08:42Et notamment de rétrograder.
08:44Elle peut rétrograder un club d'une division à l'autre,
08:46voire elle peut l'exclure d'un championnat.
08:49Ou des conférences nationales.
08:50À Bordeaux.
08:51Et là, en dotant des pouvoirs plus importants de la DNCG
08:55par rapport quand il y a un changement d'actionnaire
08:58et quand il y a une multipropriété,
09:00les conséquences peuvent aller jusqu'à la décision
09:03sur le plan sportif par la DNCG
09:05de rétrograder le club ou de l'exclure du championnat.
09:07Ce qui n'est évidemment pas du tout la même chose
09:09quand vous rachetez un club
09:10et que parce que vous le rachetez,
09:12vous prenez le risque qu'ils passent de L1 à L2
09:15ou qu'ils disparaissent du championnat.
09:16Et il y aura toujours deux DNCG ?
09:18Une DNCG pour les pros et une DNCG pour les amateurs ?
09:21Ça, c'est l'organisation même de la future société,
09:25le club et de la fédération.
09:26C'est tous les travaux qui vont être sur la table
09:28du prix d'Andiado dans les prochaines semaines.
09:30Une dernière question sur le piratage,
09:31parce qu'on a sans doute beaucoup d'auditeurs
09:33qui écoutent et qui ont des boîtiers IPTD à la maison.
09:40Clairement, qu'est-ce que ça va changer pour le piratage ?
09:44Est-ce qu'enfin des actions concrètes vont pouvoir être mises en place ?
09:47D'abord, il faut rappeler que le piratage représente aujourd'hui
09:51une menace directe sur le financement du sport professionnel.
09:54Il faut que tous ceux qui nous écoutent en soient conscients,
09:57parce qu'on ne peut pas non plus vouloir soutenir le sport professionnel,
10:00faire le bilan qu'aujourd'hui la Ligue professionnelle
10:02et le foot notamment aujourd'hui,
10:04elle a une situation catastrophique au niveau économique
10:07et dans le même temps, laisser courir le piratage
10:10qui aujourd'hui pénalise fortement les finances du sport professionnel.
10:13Donc la proposition qu'on a faite,
10:16et on a fait un travail important,
10:18aussi bien avec l'ARCOM qu'avec les diffuseurs,
10:21qu'avec l'ensemble des acteurs qui travaillent sur ces sujets
10:24pour renforcer la mission de l'ARCOM sur le contrôle.
10:29Et donc l'objectif, c'est d'aller beaucoup plus vite,
10:32de contrôler beaucoup plus et de pouvoir sanctionner
10:34beaucoup plus rapidement.
10:36On était de 1 à 10 entre ce qui se passe en France
10:39et ce qui se passe dans les pays voisins.
10:41Donc lorsqu'on était à 500 ou 600 blocages,
10:45nos collègues espagnols et anglais étaient à 6 000.
10:48Donc il faut qu'on donne les moyens à l'ARCOM,
10:51c'est ce qui a été fait dans ce texte de loi,
10:52pour que beaucoup des blocages soient beaucoup plus rapides
10:56au niveau des retransmissions qui sont illicites aujourd'hui.
10:59Bon voilà, donc il va y avoir les actions concrètes qui vont être menées.
11:01L'interview de Joseph Fougour-Lyon, c'est dans l'équipe,
11:02je le précise ce soir.
11:04C'est quand même important ce qui vient d'être dit,
11:06parce que souvent, dans plein de domaines,
11:09tu as des gens qui vont donner des grandes leçons,
11:11en disant oui, mais les clubs français,
11:13il faut qu'ils fassent ci, il faut qu'ils fassent ça.
11:14Mais si toi à la maison, tu continues de pirater,
11:16alors qu'aujourd'hui, l'offre de Ligue 1+,
11:19certes, il y a des gens qui sont en difficulté financière,
11:22il n'y a pas de souci,
11:22mais il y a quand même beaucoup de gens qui peuvent se permettre
11:24d'avoir Ligue 1+, et qui ne l'ont pas.
11:27Donc après, c'est bien beau de dire
11:29que les clubs ne font pas ce qu'il faut,
11:30mais si à la maison, tu ne fais pas ce qu'il faut non plus,
11:33forcément, on n'avancera jamais.
11:33– Michel Savin et Laurent Laffont, merci.
11:36C'est donc la fin d'un sort de compagnonnage
11:39entre l'after foot et vous.
11:42– C'est le début, j'ai envie de dire.
11:43– Alors, on a longuement parlé de ce projet de loi,
11:46et ça y est, c'est concret.
11:47Donc maintenant, on va suivre la mise en œuvre par Philippe Dianou.
11:50– Ce n'était pas gagné au départ, je rappelle.
11:52– Ah ben, oui, là, vous allez suivre quand même la mise en œuvre.
11:55– Ah oui, oui, bien sûr.
11:56– On va suivre avec attention.
11:58– C'est peut-être vous, les deux nouveaux Ramières-Cébast.
12:03– Par contre, sans réel pouvoir de...
12:06– Non, mais vous savez, quand on a commencé la commission d'enquête,
12:11en fait, on a fait cette commission d'enquête
12:12parce qu'on avait tous gardé un mauvais souvenir,
12:14pour le dire poliment, d'une audition que nous avions faite
12:17du président de la Ligue de football professionnelle.
12:20– Vincent Lambrouille.
12:21– Oui, quand il était venu pour présenter
12:25pourquoi il fallait créer une société commerciale,
12:28pourquoi c'était important pour le foot professionnel,
12:30pourquoi il ne fallait pas que le championnat français
12:33devienne le championnat slovène,
12:35je ne sais pas si vous vous rappelez les expressions,
12:36il avait pris le Sénat de haut,
12:38il avait pris les parlementaires de haut.
12:40Ça ne s'oublie jamais, vous voyez.
12:42Alors, quelques mois plus tard, on a fait une commission d'enquête
12:44et quelques mois plus tard, il y a une proposition de loi.
12:46– Sous-titrage Société Radio-Canada –
12:48– Sous-titrage Société Radio-Canada
12:51Sous-titrage Société Radio-Canada
12:51– Sous-titrage Société Radio-Canada
12:52C'est parti !
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