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  • il y a 2 jours
Les deux premières semaines du Tour de France ont été marquées par une canicule quasi inédite sur la Grande Boucle. Face à ces fortes chaleurs, les pneumatiques sont en première ligne et leur résistance face à un bitume surchauffé pose question. Vincent Ledieu, directeur du racing program chez Michelin vélo, nous explique comment l’industriel français s’adapte à ces conditions extrêmes.

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Sport
Transcription
00:00Le Tour de France a rarement connu des températures aussi élevées et surtout sur une période aussi longue.
00:06Et si la canicule a émoussé les organismes des coureurs, qu'en est-il du matériel et de sa résistance
00:13à la chaleur ?
00:13Les températures peuvent atteindre parfois 60 degrés ou plus au niveau du bitume
00:18et les pneumatiques sont en première ligne face à ces conditions extrêmes.
00:22Alors, quelle est l'influence de la chaleur sur les pneus des vélos ?
00:26J'ai demandé à Vincent Ledieu, directeur du racing programme chez Michelin Vélo,
00:31partenaire de l'équipe Picnic Post-NL, sur ce Tour 2026.
00:35Je pense qu'on a tous en tête que lorsqu'il fait chaud, des matériaux composites comme est le pneumatique,
00:42avec ce qu'on appelle la gomme, qui est un assemblage de plein de matières premières différentes,
00:48c'est un composite et on a tous en tête que si on laisse un pneu au soleil, il chauffe
00:53et il se ramollit.
00:54C'est globalement vrai et une caractéristique de tous les mélanges qu'on peut retrouver dans les pneus,
01:00c'est que la rigidité intrasèque des mélanges qu'on a dans la gomme,
01:04donc des différents composants qu'on a dans la gomme, peuvent être impactés par la chaleur.
01:08En général, quand il va faire très chaud, en fonction du type de gomme,
01:12le potentiel de grippe peut diminuer si la chaleur augmente.
01:16Également, par très forte chaleur, on peut avoir un rendement amélioré naturellement du grippe,
01:22puisque le pneu a une température de fonctionnement un peu plus haute et on peut avoir un meilleur rendement.
01:26Et on voit que si j'ai un peu moins de potentiel de grippe et un rendement meilleur,
01:31je vais peut-être arriver avec la même puissance un peu plus vite dans le virage et là, il va
01:34falloir être vigile.
01:35Le risque dont parle Vincent Ledieu, c'est évidemment les chutes.
01:38D'un côté, les fortes chaleurs favorisent la perte d'adhérence au bitume.
01:43Et de l'autre, elles entraînent malgré tout une augmentation de la vitesse.
01:48Donc la conséquence, c'est un risque de chute plus important dans les virages.
01:53Mais en cas de forte chaleur, le pneu n'est pas le seul paramètre qui entre dans l'équation.
01:58Il faut savoir que les asphaltes perdent en potentiel de grippe dès que la température est très forte.
02:05Il y a beaucoup d'huiles qui vont remonter du mélange bitumeux qu'on a dans les asphaltes.
02:10Et ça, ça va faire en fait diminuer le potentiel de grippe qui est amené par le sol.
02:16Donc le grippe que ressent un athlète du Tour de France a une composante qui vient du pneu,
02:22qui peut diminuer en fonction du choix des technologies de gomme qu'on utilise.
02:26Ça, on sait le compenser.
02:27Quelque chose qu'on ne peut pas compenser pour le coup,
02:30c'est la diminution du potentiel de grippe que va amener le bitume, l'asphalte.
02:35Et ça, c'est systématique.
02:36Tous les asphaltes dans le monde ont cette tendance.
02:39Autre sujet, les crevaisons.
02:41On l'a vu au début du Tour, de nombreux coureurs, dont Paul Sexas et Kevin Vauclin,
02:46ont connu des crevaisons à répétition.
02:48On s'en est même étonné dans notre podcast, à la fin de la deuxième étape.
02:53Écoutez.
02:53On a prononcé ce mot déjà à peu près 50 fois dans ce podcast, le mot crevaison.
02:57Il y en a eu énormément aujourd'hui.
03:00Comment on l'explique, Julien, ce nombre de crevaisons assez important aujourd'hui ?
03:04C'est une très bonne question.
03:05Je me la suis posée durant l'étape.
03:06On regardait l'état des routes.
03:08Ça ne me paraissait pas particulièrement sale.
03:11À moins que quelqu'un ait posé des clous de manière malveillante.
03:15Non, c'est étonnant.
03:16C'est vrai de voir toutes ces crevaisons.
03:18On a évoqué les plaques d'égout hier pour le chrono par équipe.
03:22Pour les chutes, oui.
03:23Même pour les crevaisons éventuellement aussi.
03:25Oui, bien sûr, parce que le matériel est vachement sollicité à 60 km heure.
03:31Les roues sont tellement rigides.
03:33Mais pour des crevaisons, franchement, c'est un mystère.
03:36La chaleur du bitume qui est vraiment très importante en ce moment,
03:39elle peut avoir un lien avec ça.
03:41C'est une question ouverte.
03:42On va mener l'enquête.
03:43On va poser la question.
03:45Alors, est-ce que les fortes chaleurs enregistrées au début du tour en Espagne
03:49ont pu avoir un impact sur les performances des pneumatiques ?
03:53Et sur la crevaison, il y a vraiment deux typologies, deux facteurs.
03:56Il y a un, le facteur chance.
03:58On se décale, on prend un bord de route un peu moins propre.
04:01On augmente l'occurrence, la possibilité de crever.
04:05Peut-être que nos athlètes ont eu ce facteur chance supplémentaire.
04:09On essaye de s'assurer justement que la solidité de nos carcasses,
04:14parce que là, c'est vraiment la carcasse qui va être le dernier rempart
04:17une fois que la bande de roulement s'est faite couper ou s'est faite pénétrer
04:20par un objet contendant.
04:23Il y a vraiment, en fait, cette mentalité de faire des tests de résistance
04:27à la crevaison à température forte, 30-35 degrés,
04:31et plutôt, on va dire, ambiante, qu'on voit le reste de l'année,
04:35autour de 15 degrés.
04:36Donc, on va avoir dans nos plans de tests,
04:38et dans les placements qu'on peut faire,
04:40et les riding, donc les tests avec des riders qu'on peut faire,
04:43les professionnels,
04:44vraiment des plans de tests par très forte chaleur,
04:47à l'opposé des plans de tests par température très froide.
04:50Ensuite, le dernier point qu'on a,
04:52c'est qu'aujourd'hui, ils utilisent un sealant Michelin,
04:54et on sait que quand tu blesses Reddy,
04:56le sealant peut aider à, on va dire,
04:59boucher les micro-perforations,
05:01et on l'a vu,
05:04certains athlètes français que tu as mentionné, Valentin,
05:07ont eu des malchances.
05:08Est-ce que les quantités de sealant ont été respectées ?
05:11Est-ce que leur sealant, aujourd'hui,
05:13fonctionne aussi bien que le nôtre à haute température ?
05:16Ça, je ne peux pas me positionner,
05:18mais on sait qu'aujourd'hui,
05:19notre sealant a été validé pour l'usage en route
05:22sur plein de conditions différentes de route,
05:24de température, tout au long de l'année,
05:26avant qu'on le mette à disposition pour un team ou en tour.
05:29Pour s'adapter aux conditions climatiques sur le tour,
05:31Michelin met donc à disposition deux types de pneumatiques,
05:34un pour revêtements mouillés,
05:35et un pour revêtements secs.
05:37Mais concernant la gestion des pneumatiques sous des fortes chaleurs,
05:41l'industriel français a demandé à son partenaire,
05:44Picnic Postenel,
05:45de mettre en place des procédures spécifiques.
05:47On a une vigilance sur le stockage des pneumatiques,
05:52une vigilance avant les départs,
05:54une fois que les pressions sont faites,
05:56de laisser les véhicules à l'ombre
05:57pour éviter des variations de pression sur les premiers kilomètres.
06:00Après, ça se régule très vite à la température d'air,
06:03donc à la température du matin.
06:04Et on essaye aussi d'anticiper un peu,
06:07si la pression est faite le matin à 7h dans le protocole,
06:11on va demander de vérifier les pressions au plus proche du départ
06:13pour s'assurer que les pilotes partent avec un pneu
06:16qui va se mettre à la température
06:18qu'il va avoir dans les 4 prochaines heures de l'étape.
06:21Donc on a vraiment tout cet accompagnement.
06:23On s'est assuré en fait que le team qui avait ces protocoles,
06:26il soit aligné avec notre expertise
06:28et qu'on prenne le moins de risques possibles
06:30sur cette variation de pression
06:32que le soleil peut amener de dernière minute.
06:33Ce sujet, de la résistance des pneus à des conditions extrêmes,
06:37froides comme chaudes ou humides comme sèches,
06:40est un des enjeux présents et futurs des fabricants de pneumatiques.
06:44Dans le futur, il faudra donc s'attendre
06:46à de nouvelles évolutions dans les pneumatiques
06:48pour à la fois améliorer le rendement,
06:51mais aussi s'assurer de la sécurité des coureurs.
06:54Clairement, on est en train de travailler,
06:56suite à tous ces retours,
06:58des plans de compréhension pour faire encore mieux
07:00puisque demain, nos clients et nos athlètes,
07:03dans tous les cas, ils iront faire du vélo.
07:05On ne peut pas dire ne roulez pas quand il fait très chaud.
07:08L'être humain va s'habituer à ces chaleurs.
07:10On va être capable d'aller rouler de plus en plus
07:13entre 35 et 40 degrés
07:14parce qu'on va s'hydrater plus
07:15et on sait que demain,
07:17ces fortes chaleurs ne seront pas un frein à l'utilisation.
07:20Il y a 20 ans, par 35 degrés,
07:22on ne voyait pas un coureur cycliste amateur
07:24sur le bord de la route.
07:26Clairement, aujourd'hui, on le voit.
07:28J'en ai encore vu hier soir en rentrant à la maison.
07:30Il faisait 38 degrés sur Clermont-Ferrand.
07:33Donc clairement, on travaille déjà sur le sujet
07:35et c'est quelque chose qu'on intègre directement
07:38dans tous les cahiers des charges,
07:39des projets compétition
07:41et des projets de mission de marché, c'est certain.
07:49Sous-titrage Société Radio-Canada
07:52Merci.
07:53Merci.
07:53Merci.
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