00:00Vous avez raison, ça nous oblige à adapter notre réponse en permanence.
00:03Ils ont des moyens colossaux, ils s'internationalisent, on a parfois affaire à des cartels.
00:08J'ai lancé un grand plan, lutte contre le narcotrafic pour les Antilles et la Guyane,
00:12à la demande du président de la République, sous l'autorité du Premier ministre,
00:14justement, qui opère un changement d'échelle, pour qu'on soit à minima au même niveau que les trafiquants.
00:20On va renforcer les moyens, les équipements, parce que vous savez que les Outre-mer sont en première ligne,
00:24les stupéfiants qui viennent d'Amérique du Sud, passent aux abords, par les ports, par les aéroports,
00:30des territoires ultramarins.
00:31Donc il faut y mettre les moyens, moyens matériels, radars, moyens de sécurité,
00:35plus de personnel, de douanes, brigades nautiques, c'est ce que nous faisons.
00:38Ça suffira ?
00:40Je vais vous dire.
00:40La corruption notamment, par ces moyens financiers colossaux des cartels ?
00:44Absolument, il y a aussi un plan anti-corruption qui est décliné,
00:47il y a aussi un moyen qui est mis sur les douanes, mais c'est un combat total.
00:50C'est vrai que c'est un combat qui est gigantesque.
00:52Il faut à la fois des moyens de sécurité, mais je vais vous dire,
00:55il faut que tout le monde prenne ses responsabilités.
00:57Il faut que les collectivités et les élus locaux fassent de la prévention.
00:59C'est un appel que vous lancez ce matin ?
01:01Absolument, il faut que les familles jouent leur rôle auprès de leurs enfants aussi,
01:04pour les détourner de ces trafics.
01:07Il faut que l'école apporte aussi ce qu'elle a apporté en termes d'instruction, de valeur, les associations.
01:11Il n'est pas trop tard pour ça ?
01:13Mais il n'est jamais trop tard.
01:13Vous avez des jeunes qui sont gangrénés dans le trafic et dans le narcotrafic,
01:17et qui apportent énormément d'argent, beaucoup plus que les allocations familiales aux familles.
01:21Comment est-ce que vous voulez leur dire ?
01:23Écoutez, non, ce que vous faites, ce n'est pas bien.
01:24En leur donnant des perspectives, d'abord.
01:26Il faut leur donner des perspectives.
01:28C'est ce que je veux faire dans les territoires ultramarins.
01:28Ça peut prendre combien ? Une, deux générations ?
01:32Écoutez, ça ne peut pas être incompréhensible.
01:33Pardonnez-moi d'être plus pessimiste que vous, Naïma Mabchou.
01:35Moi, je ne peux pas me résoudre à dire qu'un enfant va préférer choisir un réseau
01:39plutôt que choisir un travail, une formation ou un apprentissage.
01:42Non, parce que quand vous mettez les moyens, vous voyez les résultats.
01:45C'est ce qu'on fait dans les territoires ultramarins,
01:47parce qu'on accélère sur la feuille de route économique en offrant de l'emploi,
01:50de la formation, de l'apprentissage, en permettant à des étudiants
01:54qui veulent venir continuer à poursuivre leurs études en hexadecone
01:57de pouvoir le faire pour les éloigner, justement, de la tentation de l'argent facile.
02:02Il faut des actions concrètes, c'est vrai.
02:04Ça prend du temps parce que c'est un combat qui se mène différemment aujourd'hui.
02:07C'est pour ça que je vous disais, au moins une génération.
02:09Je ne sais pas si c'est une génération.
02:11Ça va prendre dix ans.
02:11Ce qui est certain, c'est que ma responsabilité, c'est d'agir, c'est d'agir dès aujourd'hui.
Commentaires