- il y a 2 jours
Sylvie Abulius fondatrice de Hors Norme dans le Face à Face.
Catégorie
🥇
SportTranscription
00:07Sylvia Budius, bonjour, vous êtes la fondatrice de Hors Normes, je vais vous présenter un
00:12quelques mots. Vous êtes présidente de l'association Marseille United Sport pour
00:16Tous, MUST, qui promeut la pratique sportive inclusive et sans discrimination. Et vous
00:21êtes aussi la créatrice de l'entreprise Hors Normes qui travaille avec des athlètes de haut
00:25niveau afin d'ancrer les pratiques concrètes dans les équipes industrielles. Première
00:30question, votre parcours mêle beaucoup d'influence entre sport, événementiel, recrutement, inclusion
00:35et entrepreneuriat. Quel est le fil conducteur qui relie un petit peu toutes ces expériences ?
00:40Oui, donc bonjour Arnaud et merci beaucoup pour l'invitation. En effet, je suis la fondatrice
00:45de Hors Normes, qui est une agence qui va connecter des sportifs de haut niveau issus de la diversité
00:50et particulièrement des femmes et des parathlètes avec des entreprises. Et en gros, moi, ce que
00:55je vais faire, c'est que je vais transformer tout ce que mettent en place ces athlètes de
00:59haut niveau au quotidien quand ils performent sous contrainte, quand ils travaillent, quand
01:03ils font des compétitions. Et je vais transformer ça en contenu que je vais pouvoir déployer en
01:08atelier d'entreprise. Donc concrètement, ce que je fais, c'est de la formation animée
01:11par des athlètes de haut niveau sur des sujets de management, de cohésion d'équipe et
01:16notamment dans des contextes industriels. Et on va dire que le fil rouge un petit peu
01:21dans tout ça, c'est que je vais détecter le potentiel humain. J'ai travaillé plusieurs
01:27années dans le recrutement, dans les RH, dans une start-up de la RH Tech pendant plusieurs
01:32années où j'ai accompagné des grands groupes sur leur process de recrutement et je les
01:35ai aidés à déceler des profils qu'ils n'auraient pas forcément eu l'occasion, l'opportunité
01:41de déceler via les outils classiques, via le CV parce qu'on sait que ça peut être discriminatoire.
01:46sport. Et j'ai aussi, je navigue dans le sport depuis plusieurs années et je suis
01:51une grande fan de sport et notamment sur le sport féminin. Et je parlais de détection
01:55de potentiel humain. Aujourd'hui, on a plein de sportifs de haut niveau, plein de sportifs
01:59de haut niveau qui ont des parcours extraordinaires, des profils atypiques, plein de choses à raconter
02:04mais qui aujourd'hui sont peu visibilisés, peu médiatisés pour plein de raisons. Et mon
02:10objectif, c'est de rendre visible leur récit et faire de ces champions championnes vraiment
02:15des ambassadeurs en entreprise pour visibiliser leur récit et en faire un levier d'impact et
02:22de transformation pour les entreprises.
02:24Et dans le détail, est-ce que vous pouvez nous parler d'un ou deux champions ou championnes
02:27dont vous vous occupez, dont vous avez pu transformer l'invisible en visible ?
02:32Exactement. Il y a par exemple Jeanne Maréchal qui est intervenue juste avant, qui est escrimeuse,
02:36qui a 25 ans, qui est entrepreneuse et qui est une femme extraordinaire, qui intervient
02:41beaucoup en entreprise, qui joue en équipe de France d'escrime. Je travaille également,
02:47je pense à Alexandre Loveras, qui est paracycliste. C'est un cycliste malvoyant, qui fait du vélo
02:54en tandem sur route et sur piste. Il a eu des médailles à Tokyo, au JO et au JO de
02:59Paris également.
03:01Et je pense également à Alexandre Ani, qui est une boxeuse, une championne de Muay Thai sur Marseille.
03:08Donc ce sont des profils qui sont atypiques, qu'on a peu l'habitude de voir et pourtant,
03:12parce que justement, ils rencontrent aussi des freins structurels dans la vie de tous les jours,
03:16l'accès aux sponsors ou même aux infrastructures quand on a un handicap. Et pour moi, ça fait que
03:22ces sportifs-là, ils font la même chose avec moins, parfois avec plus de freins. Et ce sont vraiment
03:29des surperformeurs. Et ce sont ces athlètes-là que je veux mettre en avant. Et justement, ce qu'ils ont
03:34mis en place
03:36pour performer, pour avoir des médailles, ça a d'autant plus de valeur, je pense, en entreprise,
03:42parce qu'ils sont passés justement par tous ces freins qu'ils peuvent rencontrer.
03:46Vous parliez de freins. On a l'impression que votre combat, parce qu'on peut parler d'un combat,
03:50c'est vraiment une discipline de combat, justement. Comment on fait pour transcender et dépasser le handicap
03:57et tous les freins auxquels vous heurtez ? Est-ce que vous avez des exemples concrets pour mieux mesurer
04:02ce à quoi vous vous affrontez ?
04:04Oui, je peux parler un petit peu de mon histoire personnelle.
04:08Moi, à la base, mon sport favori, c'est le foot. Je fais du football depuis toute petite.
04:14Et j'ai commencé à jouer à une époque où le foot, c'était un sport de garçon.
04:19Ça, elle l'est encore. C'est un sport de garçon. Et j'étais vraiment la seule fille
04:22dans mon entourage à jouer au foot. Et je n'étais pas forcément très bien accueillie
04:27par les garçons. Donc, je vivais vraiment des obstacles. Mais pourtant, j'ai continué
04:32parce que j'adore ça. Et je pense que ça a forgé chez moi un certain caractère.
04:37Aussi, faire du sport quand on est ado, ça aide aussi à se structurer en termes de mental,
04:42en termes de discipline, parce qu'on apprend aussi à faire ses devoirs d'une façon
04:46beaucoup plus productive. Et aujourd'hui aussi, à côté de mon entreprise,
04:53donc vous l'avez dit, je suis aussi dans une association qui s'appelle M.E.S.
04:56où j'aurai l'occasion d'en parler. Et je suis aussi coach. Donc, j'entraîne
05:01notamment des personnes, des femmes qui ont commencé le foot assez tard,
05:05vers la trentaine. Donc, c'est des personnes adultes qui n'avaient jamais fait du foot avant,
05:08justement, à cause de ces freins-là, parce qu'il y a ces stéréotypes
05:13de genre-là. Et je vois comment c'est vraiment un vecteur d'épanouissement.
05:18Ça a vraiment un levier de confiance pour ces personnes-là.
05:21Et donc, c'est la même chose quand on a un handicap, puisque l'accès aux infrastructures
05:26est plus compliqué. Les moindres gestes du quotidien, se déplacer, etc.
05:31Et l'idée, c'est de pouvoir justement offrir un espace de parole en entreprise
05:37et montrer qu'on peut dépasser ces freins-là et que ça peut devenir
05:40ce qui est à la base une faiblesse, une vulnérabilité.
05:42On peut en faire une force et on peut aller décrocher des médailles,
05:46des championnats du monde, des Jeux olympiques, etc.
05:49Est-ce que vous avez le sentiment que les mentalités évoluent malgré tout ?
05:52Votre combat au quotidien, il devient non pas plus évident,
05:56mais qu'il y a une prise de conscience au fil des mois et des années ?
06:00Je l'espère. En tout cas, par rapport à ma situation personnelle,
06:04quand j'ai commencé le foot et ce que je vois aujourd'hui, ce que c'est devenu,
06:06oui, c'est sûr qu'il y a une progression. Quand on parle vraiment du sport féminin,
06:11c'est un marché qui est pour moi sous-exploité et sous-développé.
06:16Aujourd'hui, on voit des exemples dans certains pays. En France, ça commence,
06:20mais je pense notamment aux pays anglo-saxons et à toutes les équipes de sport collectif,
06:26à la WNBA, le basket, NWSL pour le soccer, où il y a des franchises,
06:32des clubs qui commencent à générer de l'argent, des clubs qui sont valorisés
06:36à plusieurs centaines de millions de dollars. Donc ça commence à évoluer.
06:41C'est plus, je pense, qu'on a une fille et qu'on fait du sport,
06:44et notamment du football, on n'est plus forcément un ovni.
06:48Donc voilà, ça commence à changer, même s'il y a encore des écarts.
06:52Et je peux prendre un exemple récent un petit peu sur le deux poids, deux mesures.
06:56Le week-end dernier, il y a eu le stade Toulousain Rugby, emmené par Antoine Dupont,
07:02qui était là ce matin, a remporté le top 14, le championnat de France.
07:06Et le même week-end, l'équipe féminine de Bordeaux, les Lyonnes bordelaises,
07:11ont remporté, AXA Elite 1, c'est le nom de leur championnat,
07:15donc ont remporté le championnat pour la quatrième année d'affilée,
07:18au même titre que le stade Toulousain masculin.
07:22Et on en a entendu parler du stade Toulousain,
07:24parce que le président de la République s'est rendu dans les vestiaires,
07:27il y a eu une petite médiatisation, un tweet, etc.
07:30Et pour les filles, il n'y a rien eu.
07:32Donc c'est vrai que le championnat, on va dire féminin, est moins développé,
07:37parce que ça manque encore d'investissement,
07:39mais je pense que pouvoir féliciter une équipe, ça ne coûte rien.
07:44Et pourtant, en termes d'impact, c'est énorme,
07:47parce que si on parle de ça, c'est un impact énorme pour les petites filles
07:51qui se disent « est-ce que j'ai ma place pour faire du rugby ? »
07:54« Est-ce que c'est vraiment fait pour moi, pour les femmes en termes de confiance ? »
07:58Donc je pense que c'est encore un marché, en tout cas, qui est sous-exploité.
08:04Et je pense que si le sport d'élite, on va dire, valide, masculin, professionnel,
08:11en est là où il est aujourd'hui,
08:13c'est aussi parce qu'il y a eu des investissements massifs des pouvoirs publics
08:16qui ont été faits il y a plusieurs décennies.
08:19Et aujourd'hui, on voit les fruits de ce que ça fait.
08:22Donc c'est aussi pour ça qu'il y a ce genre de salon du sport.
08:26C'est parce qu'il y a aussi des opportunités financières en termes d'investissement.
08:30Et je l'espère, en tout cas, c'est la voie qu'on est en train de prendre.
08:34Mais il faut encore, je pense, investir, visibiliser, en tout cas, ces parcours-là.
08:40Et visibiliser, ça ne coûte rien.
08:42Vous venez de parler de rugby féminin.
08:45Revenons aussi sur le football que vous avez évoqué,
08:48que vous avez pratiqué vous-même, plus jeune.
08:50La Fédération française de football a organisé au mois de mai,
08:53à Clarefontaine, le 18 mai, le tournoi des Fiertés.
08:55Vous en avez été une des organisatrices du tournoi.
08:57Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu les coulisses et cet événement ?
09:01Et puis, non pas un partenariat, mais au moins une main tendue
09:03avec la Fédération française de football.
09:06Oui, tout à fait.
09:07Donc, j'ai eu la chance de faire partie de cette aventure-là
09:11et d'être à la prémisse, on va dire, de l'organisation,
09:13d'avoir cette idée de faire une action pour la communauté LGBT.
09:18Dans le football, il faut savoir que dans le football,
09:21on confond souvent les actions menées par la LFP,
09:24la Ligue de football professionnel,
09:25qui fait des actions tous les ans,
09:28qui ne sont pas toujours couronnées de succès,
09:30et la FFF.
09:31Et la FFF, jusqu'ici, a été considérée, à juste titre,
09:36comme une fédération très conservatrice sur les sujets sociétaux.
09:40Mais ça, c'est en train de changer,
09:41notamment avec l'arrivée de Philippe Diallo,
09:42qui a mis en place une direction de l'engagement sociétal,
09:45où il y a de l'argent qui a été mis, justement,
09:47pour que la Fédération française de foot
09:49puisse s'emparer des sujets environnementaux,
09:51sociaux, d'inclusion,
09:52de lutte contre les violences,
09:53de lutte contre les discriminations,
09:55contre le racisme,
09:55et notamment contre les LGBT phobies.
09:58Et donc, pour marquer le coup,
10:00on a organisé un tournoi à Clairefontaine,
10:01qui est le temple du football français.
10:03Là, on voit les joueurs et les joueuses de l'équipe de France.
10:05Donc, c'est un lieu qui est absolument magique.
10:07Et on a invité des équipes,
10:09donc l'année dernière, c'est la première année,
10:11des associations LGBT de foot,
10:14qui luttent au quotidien,
10:15qui subissent des discriminations.
10:17Et cette année, on l'a organisée en mai également.
10:19Et la grande nouveauté,
10:20c'est qu'on a pu faire venir des clubs FFF,
10:24et donc qui ne sont pas forcément des clubs militants LGBT,
10:27parce que des clubs LGBT de foot,
10:28il n'y en a quasiment pas.
10:29En tout cas, il y en a deux, trois connus.
10:32Et ça, c'est un impact immense,
10:35puisque il y a des joueurs et des joueuses qui sont venus,
10:37qui ont porté un maillot avec l'arc-en-ciel,
10:40alors que souvent, ça fait des polémiques pas possibles,
10:42de porter juste les couleurs arc-en-ciel,
10:44alors que c'est très bien.
10:47Et donc, voilà, l'objectif, c'est que ces messages-là
10:51puissent ensuite être diffusés par le foot amateur,
10:55parce qu'il y a encore beaucoup, beaucoup de chemin.
10:57Il y a beaucoup d'homophobie, d'LGBTophobie,
10:59et de violence d'une façon générale dans le football.
11:03Et l'objectif, c'est de pouvoir diffuser ces messages-là.
11:07Et on espère peut-être un jour avoir un joueur,
11:10je parle de joueur, parce que des joueurs, c'est déjà cas,
11:12mais qu'il fasse son coming-out,
11:13ça, je pense que ça aura un impact énorme.
11:15Ça pourrait faire changer les mentalités,
11:17que quelqu'un de connu ou pas connu,
11:18mais assume publiquement pour vous ?
11:20Ah oui, je pense, si demain,
11:21il y a un joueur de l'équipe de France, par exemple,
11:23qui fait son coming-out,
11:24et là encore, je parle vraiment de l'équipe masculine,
11:26parce qu'il y a déjà des joueuses de l'équipe féminine
11:28qui ont fait leur coming-out,
11:29mais sur l'équipe masculine,
11:30je pense que ça aura un impact énorme.
11:33Et vous, à titre personnel,
11:34on parlait du tournoi des fiertés,
11:36des petites graines que vous semez.
11:37Quels sont les projets, vos ambitions et votre vision
11:40pour développer votre activité
11:43et avoir davantage d'inclusivité ?
11:45Oui, alors, j'ai plusieurs casquettes,
11:48et donc, en effet, vous l'avez dit,
11:50je suis présidente de l'association MUST,
11:52Marseille Unalite Sport pour Tous,
11:54qui est la deuxième plus grande association de sport LGBT en France,
11:58qui réunit mille licenciés adhérents sur Marseille,
12:02et qui propose des activités sportives dans 20 disciplines.
12:07Et donc, on organise régulièrement des tournois,
12:09on fait venir des centaines de participants
12:11de toute la France et de toute l'Europe.
12:13Et l'idée, c'est de pouvoir proposer un autre sport,
12:17une autre façon de faire du sport sans discrimination,
12:20et de pouvoir vraiment casser, justement,
12:23peut-être ces systèmes d'oppression
12:24qu'il y a dans le sport et ces violences.
12:26Et de l'autre, je suis en train de lancer l'activité hors normes.
12:30Donc, pour moi, l'objectif, c'est d'aider des athlètes de haut niveau,
12:35et particulièrement des femmes et des parathlètes,
12:37à mieux gagner leur vie pendant leur carrière.
12:41Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui,
12:42il y a une grande précarité financière
12:44chez les athlètes de haut niveau.
12:46On en parlait un petit peu dans la table ronde précédente.
12:50Aujourd'hui, il y a un contexte qui est en train de changer,
12:52où c'est de plus en plus compliqué pour les sportifs
12:54d'aller chercher des sponsors,
12:55parce que les entreprises sont en train de couper des budgets.
12:58Il y a également eu la loi du sport sur le sport l'année dernière,
13:01votée par le gouvernement,
13:03qui réduit aussi les budgets qui sont alloués au sport.
13:06Et donc, les athlètes, aujourd'hui, sont un peu livrés à eux-mêmes.
13:10Ils doivent aussi être accompagnés par les fédérations.
13:12C'est maintenant aussi leur rôle.
13:13Mais il y a un gros sujet aujourd'hui pour les athlètes
13:16d'aller chercher leur propre financement,
13:17parce que souvent, quand on fait un sport,
13:19et Jade Marchel en parlait tout à l'heure,
13:21les scrims, ça coûte, je crois,
13:22les 30 000 euros avec le matériel, les déplacements, etc.
13:26Et donc, aujourd'hui, beaucoup de sportifs
13:27doivent avoir cette posture d'entrepreneurs,
13:30justement, pour aller se vendre,
13:33monétiser leurs valeurs, en fait, de sportifs.
13:36Et moi, mon but, justement, c'est de les aider
13:39à mieux les mettre en valeur,
13:41à décortiquer, justement,
13:43ceux qui font qu'ils sont performants,
13:45à décortiquer leurs récits,
13:47et en faire vraiment du contenu
13:49qu'on va délivrer en atelier,
13:51en formation, en entreprise,
13:53pour aider très concrètement des équipes
13:55qui ont des sujets de management,
13:58de turnover dans les équipes de managers
14:00qui ont du mal à fédérer une équipe,
14:02d'équipes qui ont du mal à communiquer,
14:04à respecter les consignes, etc.
14:07Votre pari, en fait, votre ambition,
14:08c'est d'essayer de démontrer
14:09que le sport inclusif peut être viable économiquement.
14:12Comment ça se passe ?
14:13Est-ce que vous heurtez encore à des murs ?
14:15Est-ce que tout doucement,
14:16il y a une prise de conscience ?
14:17Et comment parvenir à les convaincre,
14:19avec les entreprises,
14:20que le sport inclusif peut être viable économiquement ?
14:23Bien, moi, quand je parle aux entreprises,
14:27je ne parle pas forcément de sport inclusif,
14:29je parle simplement de sportif.
14:32Et souvent, on fait des athlètes de haut niveau
14:35un peu un produit de luxe, entre guillemets,
14:37un produit d'élite.
14:39Et c'est souvent le cas
14:40quand on fait intervenir des têtes d'affiches
14:42des sportifs en entreprise.
14:43C'est souvent à destination de publics
14:46assez élites, des top management, etc.
14:48Moi, mon but, c'est de casser cette image-là
14:51et de montrer que les sportifs,
14:53quels qu'ils soient,
14:54qu'ils aient un handicap ou pas,
14:55qu'ils soient hommes ou femmes,
14:56ce sont des travailleurs,
14:58comme des salariés,
14:59comme vous et moi.
15:00Tous les jours, ils se lèvent pour aller au travail,
15:02ils font des tâches,
15:03ils travaillent avec une équipe,
15:04même s'ils font des sports individuels,
15:06une équipe avec des personnes
15:07qu'ils n'ont pas forcément choisi.
15:09Et en fait, ils performent sous contrainte.
15:12Et la différence avec nous,
15:14ou en tout cas avec des salariés,
15:15c'est que cette contrainte-là,
15:16elle se vit dans des conditions extrêmes.
15:18Pourquoi ?
15:19Parce que les athlètes de haut niveau,
15:21leur objectif, c'est de finir numéro 1,
15:23d'avoir la médaille d'or,
15:24d'être numéro 1 dans cette catégorie,
15:25de se sélectionner au jeu.
15:26Et la chance de réussite,
15:28elle est infime.
15:29Donc c'est pour ça qu'ils performent
15:31dans des conditions de contraintes extrêmes.
15:34Et l'objectif, pour moi,
15:36c'est d'aller justement décoder
15:38tout ce que ces athlètes-là mettent en place.
15:41Et de transformer ça en contenu pédagogique.
15:45On va faire, on va dire, des parallèles
15:48avec ce que vivent concrètement
15:49les équipes sur le terrain.
15:50Et au final, on se rend compte
15:52que les athlètes dans la vie, tous les jours,
15:54mettent en place des méthodologies
15:55qui sont très proches
15:56de ce qu'on met en place en entreprise.
15:58La différence, c'est que,
15:59voilà, quand on a une formation animée
16:01par un athlète ou une athlète de haut niveau,
16:03encore une fois, quel qu'il soit,
16:04c'est beaucoup plus engageant,
16:06c'est beaucoup plus inspirant.
16:07On parlait d'entreprise et d'entreprenariat.
16:10Votre entreprise, hors normes,
16:11elle est soutenue, accompagnée
16:12par le programme HEC Stand-up,
16:15qui est un programme d'accompagnement
16:16à l'entreprenariat créé par HEC Paris.
16:18En quoi est-ce que c'est un soutien important
16:20et en quoi ça peut vous faire grandir
16:22et vous donner confiance peut-être ?
16:24Oui, donc HEC Stand-up,
16:26c'est un programme pour femmes
16:28qui se déploie partout en France.
16:31Et la chance qu'on a,
16:33c'est que HEC, c'est la meilleure école de commerce
16:36et donc on a des contenus pédagogiques
16:38sur l'entreprenariat
16:39qui sont vraiment du top niveau.
16:41Donc on est accompagné là-dessus
16:43sur vraiment la posture d'entrepreneur
16:46et montrer que,
16:47en fait, même si on est une femme,
16:49on peut entreprendre,
16:50même si on vit des freins.
16:52Parce que dans le programme,
16:54il y a beaucoup, notamment,
16:55de mamans qui n'osent pas se lancer,
16:57se dire, voilà, j'ai des enfants,
16:58j'ai mon mari, etc.
17:01Comment je peux monter une entreprise ?
17:03Et en fait, non,
17:04ce n'est pas destiné
17:06à un certain type de personnes.
17:08Et en fait,
17:09ce qui est fort aussi dans ce programme,
17:11et c'est un conseil aussi
17:12que je donnerais à toutes les personnes
17:13qui se lancent dans l'entreprenariat,
17:15c'est qu'on ne part jamais de zéro.
17:17On peut avoir un réseau,
17:18on peut ne pas en avoir,
17:19mais surtout,
17:20on a fait des expériences dans sa vie,
17:22que ce soit bénévole,
17:23que ce soit avec sa famille,
17:25que ce soit dans d'autres aventures professionnelles,
17:27sur lesquelles il faut capitaliser
17:29et qui vont nous servir, justement,
17:31à entreprendre.
17:32Et c'est en ça que ce programme
17:34est vraiment précieux pour ces femmes
17:36et pour moi en particulier.
17:37Ça m'a beaucoup aidé, justement,
17:39sur la phase de lancement.
17:41On arrive bientôt au terme des 20 minutes.
17:44En quelques mots,
17:45qu'est-ce qui vous anime
17:45et vous motive dans votre combat ?
17:47Qu'est-ce qui, au quotidien,
17:48vous nourrit et vous donne,
17:50non pas de la rage,
17:51mais en tout cas de l'énergie pour continuer ?
17:54Eh bien, je dirais,
17:56pour rebondir sur l'entreprenariat,
17:58moi, je considère que c'est un peu
17:59le point de rencontre
18:00entre son enfant intérieur,
18:02sa rage un peu intérieur,
18:03et sa vision de la société.
18:05Et on lance un projet entrepreneurial
18:06quand vraiment les deux sont connectés.
18:08Et moi, je sens que c'est le moment.
18:10Et je vous parlais un petit peu de mon enfance
18:12et de mon histoire avec le football,
18:14avec les garçons, etc.,
18:16dans la cour de recré,
18:17où j'ai très vite pris conscience
18:19des inégalités qu'il y avait
18:21dans le sport en tant que femme.
18:23Et je le retrouve aussi
18:24chez d'autres personnes.
18:25Et c'est vraiment cette envie
18:27de corriger ça,
18:29de créer un business model
18:29qui soit rentable
18:30avec des personnes issues de la diversité,
18:33des personnes atypiques.
18:33Donc c'est ça, aujourd'hui,
18:34qui m'anime.
18:35Pour finir,
18:36ce qui reste un peu plus d'une minute,
18:37qu'est-ce qui vous motive
18:38et quels sont vos...
18:39Voilà, comment vous voyez l'avenir,
18:41votre avenir ?
18:41Est-ce que vous êtes optimiste,
18:43malgré tout,
18:43malgré les difficultés
18:45auxquelles vous heurtez ?
18:46Bah oui, complètement.
18:47Il faut être optimiste.
18:49Sinon, je ne ferai pas ça.
18:51Donc je suis dans une phase
18:52de développement
18:53où ce qui est important pour moi,
18:55c'est déjà,
18:56comme dans tout projet,
18:57c'est de commencer petit.
18:59Trouver un marché, justement,
19:00où je réponds à un besoin,
19:03où je peux vraiment faire
19:04ces parallèles
19:05avec ce que vivent
19:06les athlètes de haut niveau
19:06et ce qu'on vit en entreprise.
19:09Donc aujourd'hui,
19:10je travaille avec particulièrement
19:12des PME industrielles.
19:14Pourquoi ?
19:14Parce que dans l'industrie,
19:16donc c'est souvent
19:17des industries lourdes,
19:19une erreur,
19:19ça peut amener à la catastrophe
19:21et une erreur,
19:22ce n'est pas souvent
19:22tant une question
19:23de machine ou de process,
19:25mais c'est plus une question
19:26de coordination humaine.
19:27Et donc il y a énormément
19:28de parallèles
19:29à faire avec le sport
19:30et donc j'ai déjà
19:32plusieurs clients
19:33au sein de ces industries-là
19:35et l'idée,
19:35c'est de pouvoir continuer
19:37et de construire vraiment
19:38une solution
19:39qui soit fiable
19:40et qualitative
19:41pour ce marché-là.
19:42Merci beaucoup, Sylvie.
19:44Je rappelle,
19:44vous êtes donc la fondatrice
19:45de Hors Normes
19:45dont on peut trouver
19:47facilement les coordonnées
19:48si on souhaite vous contacter.
19:49Merci beaucoup.
19:50Merci beaucoup, Arnaud.
19:51Sous-titrage Société Radio-Canada
19:57Sous-titrage Société Radio-Canada
19:58Sous-titrage Société Radio-Canada
20:01Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires