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Cette vidéo fait partie du Corner Football
  • il y a 2 jours
Antoine Ofcard, ingénieur énergie-climat, créateur de contenu et sportif engagé dans le face à face.

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:04Je vais vous présenter en quelques mots. Vous êtes Multicasquette, ingénieur énergie-climat,
00:09créateur de contenu sportif engagé. Vous êtes consultant en transition écologique chez Weston,
00:15spécialisé dans le sujet énergie, carbone et climat et vous accompagnez les entreprises et
00:19les organisations dans leur stratégie de décarbonation. Pas d'erreur pour l'instant ?
00:26Parfait. Justement, vous êtes à l'intersection du sport endurance, de l'écologie et de la
00:30transformation des organisations, donc au carrefour de beaucoup d'événements. A quel moment vous avez
00:35décidé personnellement de relier le sport et l'écologie ?
00:41Merci beaucoup pour cette tribune. Tout a commencé surtout l'année dernière avec une traversée
00:48d'un lac d'Annecy à la nage. J'avais commencé à apprendre la natation dix mois avant et le
00:54but
00:54c'était du coup, je n'ai pas fait un temps stratosphérique, mais l'enjeu n'était pas là. Le
00:59but,
01:00c'était de faire un exploit sportif à mon échelle pour mettre en avant un phénomène qui est
01:05l'accélération du réchauffement climatique. Un chiffre, c'est qu'on peut savoir qu'à date,
01:09en ce moment-là, la température en moyenne à la surface de la Terre augmente de plus d'un quart
01:15de degré par décennie, ce qui fait que le premier jalon des accords de Paris, les 1,5 degrés,
01:20on va les dépasser en 2030. C'est demain matin, c'est dans quatre ans. Et le jalon des 2
01:25degrés,
01:25on le dépassera en 2048. Et donc c'était pour symboliser ça. Je l'ai fait avec un bonnet
01:29qui porte les couleurs des warming stripes. Et donc tout a commencé là. L'idée était de faire
01:34un sport utile et pour une cause qui dépasse le simple chrono, la santé, enfin ma santé
01:38personnelle. Voilà, ça a commencé là.
01:41Mais qu'est-ce qui vous anime personnellement dans ces combats ? Oui, parce que c'est des combats.
01:45C'est quelque chose qui vient à l'intérieur d'incarner tous ces combats, c'est-à-dire
01:49au carrefour du sport et de l'écologie, pour faire prendre conscience et pour peut-être
01:54faire évoluer les mentalités.
01:55Oui, c'est ça. Mon investissement sur la thématique écologique, il a surtout été
02:00motivé par un discours qui est celui d'Étienne Klein, quand il a dit qu'on n'entendait pas
02:04assez les ingénieurs dans le débat médiatique, alors que c'est des gens qui peuvent avoir
02:07un avis mesuré sur les choses. Ils savent peser le pour et le contre. Ils comprennent un peu
02:12le fonctionnement du monde qui nous entoure. Et il a dit en gros que les ingénieurs ne
02:16parlaient pas assez. C'est pour ça que j'ai créé mon média, enfin mon média, ma page
02:19Monsieur pour l'ingénieur. Et après, je suis un passionné de sport et j'aime bien
02:23le faire de manière un peu plus utile que pour le chrono, car je ne serai jamais top
02:271 dans aucune discipline. Voilà, donc le but, c'est d'essayer d'avoir un maximum d'impact
02:31à travers mon métier, mes réseaux et mon sport.
02:35Et on est en pleine Coupe du monde de football. La réponse est un peu dans la question,
02:39mais au niveau du bilan environnemental, c'est une catastrophe. Est-ce qu'on a l'impression
02:45qu'on le déplore, mais que ça ne change pas grand-chose ?
02:48Oui, tout à fait. Vous avez vu les mêmes chiffres que moi. Apparemment, la Coupe du monde
02:53de foot serait la plus carbonée, la plus émissive de toute l'histoire des coupes. Ça s'explique
02:58assez simplement par le nombre de matchs, mais surtout par la localisation des stades.
03:03Effectivement, le premier impact carbone d'une compétition sportive et de loin, c'est
03:07le déplacement des voyageurs. Ici, 88% de l'impact carbone de la Coupe du monde
03:13américaine est dans le déplacement des spectateurs. Effectivement, c'est loin d'être un exemple.
03:19C'est une très mauvaise idée de le faire. Pour des questions environnementales,
03:23il y a aussi eu des couacs sociales, comme on a pu le voir, éthiques.
03:26Ce n'est pas le bon exemple. Ce qui aurait pu être fait, c'est de choisir un des premiers
03:32leviers.
03:33Il aurait pu être de conditionner la vente des billets à des personnes qui sont localisées
03:39proches des stades afin de minimiser le nombre de spectateurs déplacés.
03:43Vous avez l'impression que, mine de rien, puisque vous êtes beaucoup sur le terrain,
03:47que les mentalités évoluent. On a beaucoup grossi la loupe sur la Coupe du monde de football.
03:51Mais au quotidien, est-ce qu'il y a des actions qui vont dans le bon sens
03:53parmi celles que vous menez et celles d'autres confrères ?
03:57Oui, carrément. Pareil, ce n'est pas binaire. Il y a vraiment un spectre.
04:01On peut voir le pire, peut-être, dans certaines organisations d'événements.
04:05Mais il y a aussi le meilleur.
04:07Le mouvement Sport Planète Maïf, qui me soutient dans mon projet, en est un exemple.
04:11Ils font beaucoup pour accompagner les fédérations,
04:13dont la Fédération française de triathlon.
04:16Notamment sous le signe de l'éco-conditionnalité.
04:18C'est-à-dire qu'ils vont conditionner l'organisation, le soutien à un événement
04:21en fonction des actions qu'ils vont mettre en place pour limiter l'impact.
04:27Ça peut être de limiter la vente de produits dérivés.
04:31Ça peut être dans le déplacement des athlètes.
04:34Ça peut être dans la nourriture qui est donnée lors des compétitions.
04:37Donc ça, ça bouge.
04:38Ça bouge aussi dans les gens qui sont licenciés.
04:41Il y a une association qui s'appelle les Climatosportifs,
04:43de sportifs engagés.
04:44Pareil, qui eux font bouger les lignes.
04:46La manière dont ils s'équipent, dont ils se nourrissent,
04:48dont ils participent aux compétitions.
04:50Donc ça, c'est plein de signaux positifs.
04:52En marge des signaux plus négatifs.
04:54Mais il y a plein de bonnes nouvelles.
04:56Ce qui est encourageant, c'est que tous les leviers sont là.
04:58Il faut juste les activer.
05:00Et on a le sentiment en plus, peut-être que je me trompe,
05:02que la jeune génération est beaucoup plus sensible
05:05à tout ce qui est climat, environnement.
05:07Elle est beaucoup moins climato-sceptique, pour résumer.
05:10Et peut-être caricaturée que les générations d'avant.
05:13Est-ce que c'est ce que vous constatez également ?
05:15Il faudrait vérifier les chiffres.
05:17Parce que parfois, ça peut surprendre.
05:18Mais il y a une certaine aussi dissonance entre la conscience
05:22de la jeune génération, entre guillemets, à ces enjeux-là.
05:26Et les pratiques.
05:28On voit quand même que les jeunes, en moyenne,
05:30prennent beaucoup l'avion ou un quotidien qui est consommateur.
05:34J'en suis le premier coupable.
05:35Enfin, pas pour l'avion, mais pour d'autres raisons.
05:37Donc l'idée, c'est qu'il y a parfois une dissonance cognitive entre ce qu'on sait et ce
05:41qu'on fait.
05:44Les climato-sceptiques sont un peu partout aussi.
05:46Aussi chez les jeunes.
05:48Mais l'important, ce serait effectivement de mobiliser un maximum de monde.
05:51Et de ne pas forcément attendre ceux qui sont dans le déni.
05:54Parce qu'ils seront dans tous les cas toujours là.
05:56Et donc on ne peut pas être freiné par eux quelque part.
05:58Vous avez mentionné la Maïf qu'on voit sur votre T-shirt.
06:01C'est indispensable et important d'être soutenu par des grandes marques, par des entreprises ?
06:05Ça aide beaucoup, effectivement.
06:07Ça aide beaucoup en termes de légitimité, de cadre.
06:11Ça aide aussi.
06:11Ils nous permettent de rencontrer d'autres acteurs.
06:15Et après, ils créent aussi un mouvement collectif.
06:17Il faut savoir que moi, je fais partie d'une promotion.
06:20Il y a six autres éco-aventuriers qui ont chacun un projet
06:24lié au sport et lié à une cause environnementale.
06:27Pour en citer que trois, il y a Florian qui met en avant la randonnée responsable
06:32dans la préservation des parcs nationaux.
06:33Il y a Léa, par exemple, qui va parler de pollution plastique
06:36en faisant du surf, en se déplaçant à vélo.
06:38Il y a Corly qui va aussi mettre en avant la nourriture vegan.
06:41Et donc, il y a plein de projets comme ça qui sont lancés, qui sont soutenus.
06:44Et cette force du collectif, elle est aussi super utile.
06:46Et au-delà de la Maïf, il y a encore d'autres éco-aventuriers
06:49qui se manifestent partout, des plus ou moins connus.
06:52De Noam Yaron à beaucoup moins connus.
06:53Et du coup, ça, c'est super aussi de sentir cette force du collectif.
06:57Justement, est-ce qu'il y a une sorte de sororité entre vous
06:59pour un peu faire progresser la cause et vos combats ?
07:03Est-ce que vous entraidez ?
07:04Oui, carrément.
07:04Oui.
07:05Oui, on s'est rejoints pas plus tard qu'il y a deux semaines dans une maison
07:08pour justement partager un repas vegan cuisiné pour nous et pour toute l'équipe du tournage.
07:14D'accord.
07:14Pour échanger, pour aussi se challenger, pour aussi préparer de la communication commune.
07:18Et donc ça, effectivement, c'est super utile.
07:22Donc, oui, c'est vraiment top.
07:24Et vous êtes aussi créateur de contenu.
07:26Racontez-nous un petit peu.
07:27Expliquez-nous en quoi c'est important de vulgariser au plus grand nombre vos combats
07:34autour de l'environnement et de l'écologie.
07:36Oui.
07:38Personnellement, moi, je pense qu'il y a deux grands enjeux, deux grandes raisons
07:41pour lesquelles il est important de vulgariser ces notions-là.
07:44La première, c'est à l'échelle individuelle.
07:46Ce serait bien que chacun ait une bonne compréhension des règles du jeu autour des sujets énergie-climat
07:52pour qu'à son échelle, il puisse prendre les bonnes décisions.
07:54Est-ce que j'achète une voiture électrique ou non ?
07:56Est-ce que je convertis ma chaudière au gaz ?
07:58Va une chaudière pour pas chaleur, etc.
08:00Et à un deuxième niveau, c'est tous les citoyens ont le droit de vote.
08:03Et donc là, ce serait pas mal aussi que, vu que la démocratie a un processus remontant,
08:07qu'ils puissent pouvoir élire des responsables politiques
08:10qui vont en fait vraiment les protéger eux et leur avenir
08:14d'un point de vue économique, social, sécuritaire, environnemental.
08:18Et donc ça, ce serait indispensable, effectivement,
08:20que les citoyens ont le droit de vote puissent prendre en main leur destin.
08:24Et donc ça, c'est vraiment une des raisons pour lesquelles moi, je fais ce que je fais
08:27pour essayer de ramener les faits et le réel
08:30à une époque où il est de plus en plus tordu par des gens très influents,
08:34qu'ils soient politiques, qu'ils soient des directeurs d'entreprise.
08:37Et ça, c'est un vrai risque pour la démocratie, pour les conditions de vie sur Terre.
08:42Et donc c'est les principales raisons pour lesquelles moi, j'essaie,
08:44de manière très froide, objective, de rappeler les faits
08:49et ce qu'on peut faire et ce qu'on peut pas faire
08:51grâce aussi à la légitimité que je peux acquérir à travers mon métier
08:53qui est d'accompagner les boîtes dans leur décarbonation.
08:56Et créateur de contenu, vous êtes donc en contact direct avec ceux qui vous interpellent.
09:00Quels sont les premiers échanges que vous pouvez avoir ?
09:03Est-ce que vous trouvez des auditeurs à l'écoute ?
09:06Et puis comment vous travaillez pour développer vos contenus ?
09:11Ouais, les messages que je reçois souvent le plus, c'est des jeunes gens qui sont des jeunes étudiants
09:19qui ont fini ou qui sont en école d'ingénieur, de commerce ou autre
09:23et qui souhaitent faire comme moi ou à minima avoir un impact en fait.
09:29Et donc ça, c'est vraiment le questionnement que je reçois le plus,
09:31de gens qui cherchent un moyen d'avoir de l'impact.
09:36Est-ce qu'une quête de sens peut-être ?
09:38C'est ça, ouais. Et donc ça, c'est vraiment le message que je reçois le plus.
09:42Et après moi, comment est-ce que je travaille ?
09:43C'est beaucoup d'autodidactes.
09:45C'est apprendre, c'est trouver le temps, faire des sacrifices quand on a besoin
09:49pour pouvoir effectivement faire avancer ce projet-là.
09:52Un combat de tous les jours, j'ai envie de dire.
09:56Justement, comment vous organisez entre votre métier, le créateur de contenu,
09:59l'ultra-endurance, vos combats, vous arrivez à vous discipliner
10:03parce que vous parlez d'autodidactes ?
10:05Ouais, ouais. De toute façon, la création de contenu, il y a des écoles qui émergent
10:09mais ça reste à la marge.
10:10C'est quelque chose de très mouvant qui évolue chaque jour,
10:16que ce soit les trains, que ce soit la manière dont les réseaux sociaux fonctionnent.
10:20Donc ça, on ne peut pas se reposer sur nos acquis. Il faut toujours se réinventer.
10:22Et des créateurs de contenu bien plus connus que moi pourront le témoigner.
10:26Moi, comment je fais ? Concrètement, j'ai un coach sportif qui m'aide pour la partie e-sport,
10:31ou si ce n'est deux, qui m'encadre pour m'accompagner au bon niveau.
10:35Côté création de contenu, on a aussi des réseaux qui s'organisent de créateurs.
10:39On peut citer Creator with a Cause, qui a été créé par Antoine Miska il y a quelques temps.
10:45Et qui, pareil, a réuni des créateurs de contenu engagés pour tenter d'avoir un maximum d'impact
10:49et d'être collectif. Et puis après, le boulot, ça c'est le boulot.
10:52Ce n'est pas le plus gros des problèmes.
10:53Est-ce que, malgré tous les signaux que vous avez évoqués,
10:56est-ce qu'on est quand même sur la bonne voie de la transformation du sport et d'écologie ?
11:00Est-ce qu'il y a quand même quelques signaux forts qui vont dans le bon sens
11:03ou le combat est absolument loin d'être terminé ?
11:08Est-ce qu'il y a une prise de conscience quelque part ?
11:11Oui, on peut dire qu'il y a probablement une prise de conscience.
11:13Après le combat, il va nous occuper encore pour les centaines d'années à venir.
11:17Parce que le combat environnemental est surtout un combat énergétique en fait aussi.
11:22La première cause du changement climatique, c'est les énergies fossiles.
11:25Et à date, nos sociétés sont totalement dépendantes de celles-ci pour fonctionner.
11:28Le pétrole pour les déplacements, le gaz pour chauffer, etc.
11:31Donc c'est quelque chose qui va nous occuper maintenant jusqu'à notre mort
11:34et nos dernières petits-enfants également.
11:37Maintenant, à chaque fois, il y a des pas en avant qui sont faits,
11:38mais il y a aussi beaucoup de pas en arrière.
11:39Malheureusement, on le voit au quotidien,
11:41que ce soit en agriculture avec la loi Duplomb,
11:44pour notre santé et la santé de la vie en général.
11:49Les jets privés ont récemment été réintégrés à la taxonomie verte.
11:52C'est aussi peut-être un pas en arrière.
11:54Après, il y a aussi des pas en avant qui sont faits.
11:57C'est un combat de tous les jours, j'ai envie de dire.
12:01Malheureusement, et on l'a vu avec les canicules,
12:03on n'avance souvent qu'en cas de crise.
12:06Donc c'est dès qu'on se prend un coup de pied aux fesses,
12:08on commence à réaliser que notre quotidien est altéré,
12:12qu'on commence à vouloir prendre des mesures.
12:15Le problème, c'est que si on n'avance qu'en cas de crise,
12:17on va toujours dans la gestion de la crise
12:19et non dans la préparation, de l'anticipation.
12:21Et nos sociétés, pour être transformées dans les différents secteurs,
12:25elles ont besoin de temps.
12:26Pour renouveler un parc automobile, ça prend 10-15 ans.
12:30Pour faire de la rénovation des sorties des bâtiments,
12:32ça prend des décennies.
12:34Pareil pour transformer toute une infrastructure industrielle.
12:40Et donc ça, on ne peut pas le faire du jour au lendemain.
12:42On ne peut pas le faire en cas de crise.
12:43Donc il faut planifier tout ça.
12:44Et ça, c'est ce qui manque aujourd'hui.
12:46C'est ce que le Chief Project, aussi un think tank,
12:47qui réfléchit beaucoup à la décarbonation,
12:50il milite pour ça.
12:51C'est une planification raisonnée, construite,
12:53pour aller à la bonne vitesse et faire les bons choix.
12:56Parce qu'on ne pourra pas, malheureusement,
12:58faire trop de fois essais et erreurs.
12:59On l'a vu avec le nucléaire.
13:01Si on est trop dans une logique de start and stop,
13:04ça menace toute une filière.
13:05Ça a des coûts supplémentaires.
13:08Ça menace un équilibre énergétique européen, etc.
13:13Une des clés de la transition,
13:14ce serait d'arrêter de prendre des mauvaises décisions,
13:16au lieu d'espérer en prendre de nouvelles bonnes.
13:18On a toutes les questions.
13:20Si on répondait à la majeure partie des questions
13:23par la bonne réponse pour notre avenir,
13:26ça suffirait.
13:26Pas forcément besoin de créer d'autres choses pour réparer.
13:29Il faut surtout le faire bien du premier cocoyen.
13:32Revenons un petit peu aussi au sport,
13:33même si tout est lié.
13:35Vous pratiquez l'ultra-endurance.
13:36Je voulais que...
13:37Je relis votre défi.
13:40C'est du 20 septembre au 20 octobre prochain.
13:42Racontez-nous un petit peu,
13:43parce que c'est absolument hors normes comme défi et comme pari.
13:46Et comment vous vous préparez ?
13:48Et concrètement, qu'est-ce que vous attendez de cette aventure assez unique ?
13:51Yes, carrément.
13:52Mon défi prend encore plus sens suite à l'actualité récente.
13:55Donc les arbres sont redevenus un petit peu
13:58un des mots clés dans l'actualité.
14:00En tout cas, ces derniers jours,
14:01et peut-être pour les quelques semaines à venir.
14:04Le but de mon projet,
14:05c'est de réaliser l'équivalent de 10 Ironman en 30 jours,
14:09en transportant un tronc d'arbre.
14:11Donc c'est un défi tout à fait loufoque,
14:13qui paraît extrême.
14:15Le but de cette performance,
14:16ça va être d'attirer de l'audience
14:19pour mettre en avant l'enjeu de la préservation des forêts,
14:22en tant que puits de carbone.
14:23Un premier puits de carbone français,
14:25après les océans à l'échelle de la planète.
14:27C'est un écosystème qui est grandement menacé,
14:31par un parasite notamment qui s'appelle le squelite,
14:33qui est l'un des sujets de mon écoaventure.
14:35L'idée, c'est que le squelite,
14:37il est grandement favorisé à cause du réchauffement climatique.
14:41La baisse du gel en hiver
14:43va le faire pulluler en fait davantage.
14:46Et les sécheresses vont affaiblir les épicéas,
14:48qui est une essence d'arbre qui est attaquée par les squelites.
14:51Ce qui fait qu'aujourd'hui,
14:52on est à peu près sûr que cette essence d'arbre
14:53va littéralement disparaître du territoire.
14:55Il y a 20% des épicéas qui sont morts dans le nord-est à cause de ça.
15:01Et typiquement, de manière comptable carbone,
15:03on sait que la France n'a pas atteint ses objectifs
15:05de décarbonation en 2024 à cause de ça.
15:08C'est parce que les forêts absorbent de moins en moins de CO2.
15:10Et on parle d'une réduction de division par deux ou trois.
15:13Donc c'est vraiment significatif.
15:15Alors bien que la surface des forêts augmente,
15:16leur densité et leur capacité à absorber du CO2 baissent.
15:20Ça a dû à plein de raisons,
15:22dont la hausse des températures.
15:23Et donc le but du projet, ça va être ça,
15:25c'est de faire un ultra triathlon,
15:26ultra treeathlon,
15:28en itinérance en France
15:30pour faire 1800 km de vélo,
15:32422 km de course à pied
15:34et 38 km de natation.
15:36Tout ça en transportant un arbre.
15:37Je le fais avec un vélo en bois aussi
15:38de la marque Wood Alps,
15:40qui est l'un de mes partenaires.
15:43L'objectif, ça va être d'être en itinérance,
15:46en faisant des conférences dans des écoles,
15:48des sensibilisations,
15:49se rapprocher aussi,
15:50et ce que j'ai déjà fait,
15:51la Fédération française de triathlon.
15:53Mettre en avant aussi le travail
15:54de tous les acteurs locaux
15:55qui prennent soin des forêts,
15:56que ce soit dans le secteur privé ou public,
15:59et de faire une campagne de com
16:01la plus grande possible
16:02pour mettre en avant ces enjeux
16:04et plus globalement
16:05tous les enjeux autour du réchauffement climatique.
16:07Et l'idée, c'est de partager
16:07à la fois vos aventures
16:09et vos convictions,
16:10qu'elles soient filmées,
16:11qu'elles soient commentées,
16:12enregistrées au quotidien.
16:13C'est ça, oui.
16:14Donc je me chargerai,
16:15et je serai accompagné aussi pour cela,
16:17de faire une communication
16:18et peut-être un documentaire sur le projet.
16:21En effet, le but, c'est de faire un maximum de bruit
16:24et de se réapproprier des codes de performance,
16:28des codes de divertissement,
16:29parce que le but, c'est aussi ça.
16:31C'est de rendre la transition sexy,
16:32parce qu'elle l'est,
16:33et parce qu'on peut vraiment aussi
16:35véhiculer de nouveaux imaginaires.
16:37Inviter le monde du sport à s'adapter,
16:39à prendre conscience de ses limites.
16:41C'est très important.
16:43Et voilà, effectivement,
16:44tout ça pourrait être suivi sur mon compte,
16:46monsieur l'ingénieur.
16:47Et vous avez utilisé une très bonne formule.
16:48Rendre la transition sexy,
16:50c'est indispensable pour intéresser les gens,
16:52malheureusement, quelque part.
16:53C'est-à-dire qu'il faut absolument
16:55l'incarner comme vous le faites
16:56pour sensibiliser ?
16:58Oui, j'ai l'impression qu'il y a,
16:59pour paraphraser Jean-Marc Jokovici,
17:02il y a deux grands moyens
17:03de faire avancer les gens,
17:04c'est la peur ou l'envie.
17:06Donc je m'attèle à faire un peu peur aux gens
17:07sur mes réseaux parfois
17:08en rappelant juste des faits
17:09et des choses qu'on a prévues
17:11et qui ensuite se passent.
17:13Mais aussi, c'est important de montrer,
17:14et c'est le cas,
17:16quand on met un peu le nez dans le monde d'après,
17:18il est extrêmement épanouissant, rassurant
17:20et peut-être mieux que le monde d'avant.
17:23Et bien qu'on y soit contraint,
17:25l'idée, c'est de s'en emparer,
17:27c'est de le décider.
17:28Et plus on va le planifier,
17:29plus on va le mettre en forme
17:32de la bonne manière,
17:33mieux on le vivra.
17:35En introduction sexy, d'accord,
17:36mais c'est quand même
17:3710 Ironman en 30 jours, en un mois.
17:40Comment physiquement,
17:41athlétiquement, vous vous préparez
17:42pour un défi quand même hors norme ?
17:44En plus, évidemment, en transportant un arbre.
17:46Oui, c'est 10-15 heures de sport par semaine.
17:50Donc ça, beaucoup de choses reposent sur mon équipe,
17:54en termes de renforcement musculaire
17:56et des entraînements de triathlon.
17:58Il y a aussi une grande préparation logistique
18:00qui est sur mes épaules.
18:01Et après, il y aura aussi,
18:03vu que ce n'est pas chronométré,
18:04il y a aussi une grande part dans la gestion,
18:07je pense, qui va avoir lieu.
18:08Et ça, ça se prépare peut-être un peu moins.
18:09C'est à l'instant T,
18:10comment est-ce qu'on fait pour gérer un bobo,
18:12un retard, une blessure,
18:13un cafouillage dans la logistique.
18:15Donc, c'est ça qui va être clé.
18:16Et du coup, là, un esprit, effectivement,
18:18peut-être rationnel, posé,
18:19va être utile pour arriver à MF1.
18:22Et pour vous, ça sera donc un été extrêmement studieux
18:25de préparation.
18:25Il n'y aura pas de vacances.
18:26C'est ça, oui.
18:27Même là, j'ai posé des congés
18:28pour assurer pas mal de réseautage cette semaine.
18:31Donc, c'est l'objectif, oui.
18:33Et quelques mots sur quelqu'un
18:34dont vous êtes un petit peu inspiré
18:35et que, personnellement,
18:36je ne connaissais pas,
18:37Ross Edgley,
18:38qui est un athlete britannique
18:39qui avait porté un tronc de 45 kg
18:41pour sensibiliser à la décarbonisation
18:43de l'île de Nevis.
18:44Racontez un petit peu son histoire
18:45et est-ce qu'il vous a un petit peu nourri
18:47de son influence
18:48pour faire connaître une cause ?
18:50Oui, oui.
18:51Effectivement,
18:51comme vous l'avez dit,
18:52un athlete britannique,
18:53pour mettre en avant
18:54la stratégie de décarbonation du Nil,
18:56a fait un triathlon L ou M
18:57en transportant un tronc d'arbre.
19:00Et effectivement,
19:00le choc a été assez impressionnant
19:02visuellement
19:03de le voir faire ça.
19:05Il est assez impressionnant
19:06dans le fait qu'il repousse toujours les limites.
19:07donc je n'ai pas son niveau
19:08et je ne l'aurai sûrement jamais.
19:10Mais j'aimerais bien essayer
19:12de m'approprier effectivement
19:14sa direction artistique,
19:15si je peux dire,
19:16pour tenter de la remettre
19:19dans une direction
19:19vraiment purement écologique aussi.
19:21Donc c'est une de mes inspirations.
19:23On pourrait citer Marine Leleu aussi
19:24qui dans ses exploits sportifs
19:26est très impressionnante.
19:28D'autres éco-aventuriers,
19:29Mathieu Vidouet, Cléo Léger,
19:31Noam Yaron, etc.
19:32C'est des gens desquels
19:33qui sont objectivement inspirants.
19:36Et donc j'essaie effectivement
19:37de m'imprégner
19:38pour créer mon truc à moi.
19:43On arrive au bout des 20 minutes.
19:44Bon courage, bon défi.
19:46Et vous partirez d'où alors le 20 septembre ?
19:49A priori,
19:49le tracé n'est pas encore défini,
19:50mais je partirai des Alpes
19:51et très probablement d'Annecy
19:52parce que c'est là
19:53où j'ai été récupérer l'arbre
19:54directement dans la forêt
19:55avec une experte
19:56des zones natura 2000
19:58qui m'a dirigé vers cet arbre
19:59qui était mort sur pied.
20:00Donc il est probable
20:01que je parte de là, d'Annecy,
20:02pour remonter vers le Jura
20:03et ensuite aller plutôt
20:04vers l'ouest.
20:05Et l'arrivée ?
20:06Ce n'est pas encore défini.
20:07Malheureusement,
20:08je ne peux pas vous le dire.
20:09Mais dès que je le sais,
20:11je vous l'envoie.
20:12Bon courage à vous en tout cas.
20:13Merci beaucoup.
20:13Bravo Antoine.
20:14Merci infiniment.
20:14Merci.
20:15Merci.
20:15Merci.
20:16Merci.
20:19Merci.
20:20Merci.
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